Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 123 mardi 20 avril 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDD-7
LUNDI 19 AVRIL 1999
La septième session de la Commission du Développement Durable
(CDD-7) s'est réuni en Plénière d'ouverture pour entendre les
déclarations introductives et procéder à l'adoption de son ordre
du jour. Le Segment consacré au thème du Tourisme s'est réuni
l'après-midi pour la conduite du dialogue sur "les Initiatives
de l'Industrie en faveur du Tourisme Durable."
PLENIERE D'OUVERTURE
Le Président de la CDD-7, Simon Upton (Nouvelle Zélande) nota
que les membres du Bureau de la CDD-7 élus au terme de la CDD-6
étaient Simon Upton, Tibor Farago (Hongrie) et George Talbot
(Guyane). Les membres additionnels élus le 27 juillet 1998 sont
Largaton Ouattara (Côte d'Ivoire) et Navid Hanif (Pakistan).
Sandor Mozes (Hongrie) a, depuis, remplacé Farago. Ouattara
servira en qualité de Rapporteur.
Nitin Desai, Sous-Secrétaire Général, Département des Affaires
Economiques et Sociales, nota que la CDD-7 entreprenait le
premier examen effectué par le système des Nations Unies sur le
tourisme du point de vue de la durabilité. Il mit en exergue la
nécessité d'établir un cadre approprié. L'orateur devait noter,
par ailleurs, l'attente de voir cette session apporter sa
contribution en faveur d'une utilisation plus viable des océans
et souligner l'importance des préparatifs de la CDD pour la
Session Extraordinaire sur les PEID.
Le Président Upton introduisit ensuite l'ordre du jour
(E/CN.17/1999/1) et nota que trois comités de rédaction devaient
être établis. Navid Hanif présidera l'examen le thème des modes
de production et de consommation et celui du tourisme. Sandor
Mozes présidera l'examen des thèmes des océans et des PEID.
George Talbot présidera les travaux sur les thèmes des questions
procédurières et de l'énergie. Durant le Segment de Haut Niveau,
les interventions doivent se limiter à cinq minutes; les
commentaires, durant les séances consacrées au dialogue, ne
doivent pas dépasser deux minutes, et le temps qui restera
servira à accommoder tous les orateurs. Les délégués se mirent
d'accord pour inviter trois organisations intergouvernementales
à assister aux travaux de la CDD-7 à titre d'observateurs
(E/CN.17/1999/L.2).
Navid Hanif, Coprésident du Groupe de Travail Spécial
Intersessions (GTSI) sur les modes de consommation et de
production et sur le tourisme, présenta le rapport du GTSI
(E/CN.17/1999/16). Il mit en relief les domaines prioritaires
pour le programme de travail sur les modes de consommation et de
production: l'élaboration et l'application de politiques
efficaces; la gestion des ressources naturelles et la production
propre; et les effets de la mondialisations et de
l'urbanisation. Alan Simcock, Coprésident du GTSI sur les océans
et les mers et sur les PEID, présenta à son tour le rapport du
GTSI (E/ CN.17/1999/17). Il nota les quatre principaux défis,
dans le domaine des océans et des mers, identifiés par le GTSI:
les ressources marines vivantes; la prévention de la pollution
et de la dégradation marine découlant des activités terrestres
et autres; la compréhension scientifique de la protection de
l'environnement marin; et la coordination et la coopération
internationale. Le Coprésident du GTSI, John Ashe (Antigua et
Barbuda) attira l'attention sur la prochaine revue de
l'application du Programme d'Action de la Barbade et nota que la
CDD-7 produira un texte devant servir de plate-forme aux
négociations durant la revue. L'orateur devait rapporter que le
GTSI a travailler à l'élaboration d'un projet de texte, que des
consultations informelles ont eu lieu avant la CDD-7, et que
d'autres discussions seront menées avant le Segment de Haut
Niveau.
Le CANADA présenta les conclusions de l'atelier intersessions
qui a regroupé les différents concernés sur les thèmes des
initiatives volontaires et qui s'est tenu à Toronto du 10 au 12
mars 1999. La représentante indiqua que l'atelier était le
résultat du dialogue mené au cours de la CDD-6 sur le thème de
l'industrie et le développement durable et nota que le Canada a
trouvé que les initiatives volontaires pouvaient servir d'outils
complémentaires aux régulations. La Suisse présenta une brochure
sur le thème de la consommation et de la production durables. Le
Président Upton déclara que ses collègues ministres ont indiqué
que la CDD risquait de ne plus susciter leur intérêt si elle
devait ne pas aboutir à un résultat palpable. Il précisa que la
tâche de la CDD n'était pas de négocier mais d'illuminer, et
appela à des résultats pratiques et réalisables.
LE SEGMENT SUR LE TOURISME
Le Président Upton demanda aux participants de fournir des
orientations claires quant à ce qui doit être accompli, par qui
et avec quelles ressources.
LES DECLARATIONS D'OUVERTURE: Geoffrey Lipman, Président du
World Travel and Tourism Council (WTTC), au nom de l'Industrie,
souligna que moyennant des politiques, une gestion et des cadres
appropriés, l'industrie du voyage et du tourisme pouvait être un
agent d'évolution positive pour le développement durable.
L'orateur mit en exergue les contributions économiques, sociales
et écologiques ainsi que les potentialités du tourisme, la
pertinence grandissante du tourisme pour tous les pays et, en
particulier, pour les pays en développement, la culture en
évolution en matière de voyage, et les contributions positives
et la force de l'Agenda 21 dans le domaine du Voyage et du
Tourisme.
Leroy Trotman, Président de la Confédération Internationale
des
Syndicats Libres (CISL), au nom des Syndicats, mit l'accent sur
les possibilités offertes par "l'Interface Travailleurs-
Touristes," à travers lequel les travailleurs dans l'industrie
du tourisme peuvent aider à faire évoluer les perceptions des
visiteurs et pratiquer, eux-mêmes, un tourisme plus viable.
L'intervenant ajouta que la formation et l'orientation des
travailleurs restaient nécessaire et recommanda la mise en place
de programmes conjoints de focalisation regroupant les employés
et les employeurs, avec les représentants des syndicats assurant
la coordination des efforts, l'établissement des objectifs à
atteindre sur le lieu du travail et le suivi des progrès. Il
affirma que cela pouvait servir de modèle pour les lieux de
travail non syndiqués et pour les petites et moyennes
entreprises.
Beate Weber, Maire de Heidelberg, au nom des Collectivités
Locales, souligna que les effets environnementaux doivent être
évalués avant la prise des décisions dans les principales
activités et que l'audit écologique est un instrument utile pour
les entreprises particulières. L'oratrice nota également que
rôle que peuvent jouer les collectivités locales en tant
qu'intermédiaires entre les différents intérêts touchés par le
tourisme. Elle souligna la nécessité d'intégrer les plans
établis pour le tourisme dans la planification du développement
local et régional.
Velda Dhanoolal, Réseau des ONG de Trinidad et Tobago pour la
Promotion de la Femme et du Mouvement PanAfricain, au nom des
ONG, souligna que le tourisme durable doit servir de soutien au
développement au niveau local. La représentante déclara
également que la planification du tourisme se devait de
permettre aux communautés locales de procéder à l'évaluation de
la faisabilité du tourisme et que des conseils nationaux
regroupant l'ensemble des concernés doivent pouvoir uvrer pour
l'adoption de Plans Nationaux de Tourisme Durable fondés sur
l'Agenda 21. Elle précisa qu'un Agenda 21 pour le Voyage et le
Tourisme pouvait être un cadre politique utile et appela à
l'établissement d'un groupe consultatif regroupant les
différents concernés pour le suivi de son amélioration et de sa
mise en application effective.
Mark Hambley (ETATS-UNIS) recommanda de procéder à
l'évaluation
de l'application et de l'efficacité des directives en vigueur en
matière de tourisme durable et déclara que la CDD doit décider
en 2002 si des directives internationales sont nécessaires.
L'orateur recommanda la tenu d'un débat plus large et la mise en
uvre des bonnes pratiques. Il mit en relief le besoin
d'accroître la diffusion et l'application de la recherche qui
permet de déterminer les effets économiques du tourisme et
appela à la poursuite de l'exploration des potentialités
offertes par le tourisme international aux pays en développement
et des aspects sociaux du tourisme. Libran Cabactuian
(Philippines) souligna que les pays en développement étaient des
exportateurs de tourisme et qu'une considération devait être
accordée aux dimensions socioculturelles. Le représentant nota
aussi la nécessité de s'assurer que la planification respecte
les normes culturelles et sociales, reconnaît le besoin de
développer les ressources humaines, et augmente les opportunités
de participation pour les femmes et les jeunes.
LE DIALOGUE: Le Président Upton se félicita du dialogue entre
les différents détenteurs des enjeux et appela à des
interventions focalisées démontrant les initiatives et
l'engagement de l'industrie. Il mit en relief les données de
base qui doivent servir de repères pour l'évaluation des progrès
et nota l'importance de s'assurer des capacités d'accueil, en
particulier pour des pays tels que les PEID. Il souligna que
l'information nécessaire à l'établissement des repères et des
indicateurs devait être engendrée par l'ensemble des concernés.
Concernant les indicateurs, les seuils de base, les repères et
les capacités d'accueil, les ONG soulignèrent que l'industrie
doit les utiliser et les intégrer dans des programmes exhaustifs
où la transparence doit être de mise. Le délégué des ETATS-UNIS
souligna que des repères sectoriels devaient être établis par
les gouvernements. Les ONG appelèrent à un travail sur les
critères socioculturels et invita la CDD à finaliser les
indicateurs du tourisme durable avec la pleine participation des
concernés. Les ONG appelèrent par ailleurs l'industrie à
utiliser l'information fournie par les sources non soumises au
marché et à élaborer des critères et des indicateurs et des
études de cas sur les bonnes pratiques. Les ONG encouragèrent
également l'examen des initiatives que l'industrie doit
entreprendre pour utiliser le tourisme durable puisse servir à
l'éradication de la pauvreté, ainsi que l'évaluation des effets
sur la santé. L'industrie déclara que les opportunités offertes
par le tourisme et les problèmes posés variaient pour les
différentes destinations, et que la collecte des données pour
l'établissement des repères et des lignes de base doit tenir
compte de cela. SAMOA affirma que l'établissement de normes
internationales modifiait les comportements et indiqua que le
sujet devait être débattu à un niveau régional ou sous-régional.
Concernant l'audit, l'industrie donna aux participants un
aperçu
sur l'Initiative Mondiale Verte, un audit indépendant visant à
promouvoir le tourisme durable. Les ONG parlèrent de la
nécessité de débattre d'autres initiatives également. Le porte-
parole des Syndicats attira l'attention sur le besoin d'un suivi
et d'un audit externe si l'on souhaite avoir une certification
efficace. L'industrie attira l'attention sur l'importance de la
poursuite du travail de la CDD sur les mécanismes volontaires et
de reconnaître le travail de l'OCDE dans ce domaine. La CHINE et
le GHANA mirent en garde que dans le débat sur le tourisme, la
CDD doit réaliser que dans un certain nombre de pays en
développement, le tourisme est un luxe.
S'agissant de la réforme des régulations et des initiatives
volontaires, les syndicats appelèrent à la poursuite de
l'action. Le délégué des Collectivités Locales mit en exergue la
nécessité d'établir un équilibre entre les initiatives
volontaires et les contrôles réglementaires au niveau local. Les
ONG soulignèrent que les initiatives volontaires et les
régulations doivent être spécifiques aux pays et mirent en
relief le besoin de tirer des enseignements des effets négatifs
de la mondialisation du tourisme. Le représentant des
Collectivités Locales requit que la décision de la CDD-7 sur le
tourisme reflète le consensus sur le fait que la collaboration
des différents concernés doive inclure les collectivités locales
et se référer aux Agendas 21 locaux en tant que mécanismes
permettant de le faire. Le délégué des Syndicats suggéra
l'établissement de connexions entre l'évaluation de la réforme
des règlements par l'OCDE et celle des accords volontaires par
l'ensemble des différents concernés. Les Syndicats mirent en
relief le besoin pour la CDD d'apporter son appui à
l'application des accords existants, tels que ceux concernant
l'exploitation sexuelle des enfants. Les ONG soulignèrent
l'importance de la campagne contre le tourisme sexuel ciblant
les enfants et indiquèrent que ce tourisme ne pouvait être
éliminé que si l'on offrait aux femmes un emploi alternatif.
Le Président Upton suggéra que les principaux groupes sociaux
se
réunissent pour élaborer un avis concernant les efforts
appropriés à fournir du côté de la réglementation, des efforts
additionnels que l'industrie doit entreprendre et l'action
nécessaire à mener par les collectivit�s locales et les
gouvernements nationaux. En r�sum�, les ONG accueillirent
favorablement les initiatives de l'industrie mais souhait�rent
les voir int�gr�es dans un contexte plus large, et soulign�rent
l'importance de la participation de tous les concern�s et de la
transparence au niveau de ces efforts. Le porte-parole nota
l'accord vigoureux sur l'importance des indicateurs, dont
l'�laboration pourrait �tre supervis�e par la CDD. Le d�l�gu�
des Collectivit�s Locales pr�f�ra les initiatives volontaires et
l'autor�gulation, indiquant qu'elles �taient compl�mentaires �
la r�gulation. Il souligna aussi la n�cessit� de se focaliser
sur le niveau local dans l'�laboration des plans et dans
l'�tablissements des normes. Le repr�sentant des Syndicats mit
en relief la n�cessit� de poursuivre l'examen des rep�res.
L'industrie souligna que si les principaux groupes sociaux
parvenaient � s'accorder sur les actions recommand�es, ils
peuvent s'attendre � un soutien fort de la part de la CDD et des
gouvernements pour leur mise en application.
DANS LES COULOIRS I
Les repr�sentants des Syndicats, des Collectivit�s Locales, des
ONG et de l'Industrie se sont r�uni de nouveau le lundi soir
pour la r�alisation d'un consensus sur leur contributions au
Segment consacr� au Tourisme. Le dialogue devait se focaliser
sur les initiatives de l'industrie. Un repr�sentant syndical
compara les contributions au dialogue de l'apr�s-midi � des
positions d'ouverture dans une n�gociation, confirmant la
n�cessit� d'une opportunit� d'assurer un suivi permettant aux
parties l'identification des priorit�s communes. The valeur de
la session, selon un repr�sentant des collectivit�s locales,
d�pendra de la volont� des ministres � prendre en consid�ration
les recommandations sorties du dialogue.
DANS LES COULOIRS II
Le r�le de la CDD dans la fourniture d'une plate-forme globale
et une opportunit� de travailler en r�seau � l'ensemble des
concern�s fut d�montr�, lundi, par la signature d'un M�morandum
d'Entente entre l'organe de l'industrie du tourisme, le World
Travel and Tourism Council, et le Conseil International pour les
Initiatives Environnementales Locales. Les deux organisations se
mirent d'accord, entre autres, d'explorer les voies et moyens
d'int�grer les principes retenus par l'Agenda 21 en mati�re de
Voyage et le Tourisme dans la planification de leurs travaux
respectifs.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
LE SEGMENT CONSACRE AU TOURISME: Le Segment consacr� au
Tourisme
m�nera des s�ances de dialogue sur "l'Evolution du Comportement
du Consommateur" au cours de la matin�e et sur "Promotion d'un
D�veloppement Durable � Base Elargie � travers le Tourisme,
Sauvegardant l'Int�grit� des Cultures Locales et Prot�geant
l'Environnement" l'apr�s-midi. Les deux r�unions auront lieu
dans la Salle 1.
EVENEMENTS SPECIAUX: La d�l�gation Helv�tique organise un
�v�nement sp�cial sur le th�me du Tourisme et D�veloppement
Durable des Montagnes, de 18h15 � 19h00 dans la Salle de
Conf�rence 1. Consultez 'CSD Today' pour les autres �v�nements
sp�ciaux de la journ�e.
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