Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 117 mardi 02 mars 1999
GROUPE DE TRAVAIL INTERSESSIONS DE LA CDD
LUNDI 1er MARS 1999
Les délégués près du Groupe de Travail Spécial Intersessions
(GTSI) sur les Océans et les Mers et sur le Développement
Durable des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID) se
sont réunis dans le courant de l'après-midi pour procéder à
l'élection des Coprésidents, adopter l'ordre du jour, entendre
les rapports des réunions intersessions pertinentes et entamer
le débat général sur le thème des océans et des mers.
QUESTIONS D'ORGANISATION
Les délégués devaient élire John Ashe (Antigua et Barbuda) et
Alan Simcock (Royaume-Uni) Coprésidents puis adopter l'ordre du
jour (E/CN.17/ ISWG.II/1999/1). Le Coprésident Simcock expliqua
que les Coprésidents prépareront un rapport de synthèse de la
discussion, lequel sera inclus dans le procès verbal de la CDD à
titre de matériaux de référence et identifiera, par ailleurs,
les éléments proposés pour le projet de décision devant servir
de plate-forme aux négociations de CDD-7. Le GTSI élaborera
aussi un premier projet de texte pour la CDD-7, en prévision de
la Session Extraordinaire de l'Assemblée Générale de l'ONU
(SE/AGNU) consacrée à la revue exhaustive de l'application du
Programme d'Action de la Barbade pour le Développement Durable
des PEID.
DECLARATIONS D'OUVERTURES
Le PNUE présenta la Décision 20/19 du Conseil d'Administration
du PNUE qui porte sur les contributions à apporter à la CDD-7 et
qui aborde le thème des océans et des mers, celui du Programme
d'Action Mondial pour la Protection de l'Environnement Marin des
Activités Terrestres (PAM) et celui des PEID. Le représentant
attira l'attention sur un certain nombre de propositions,
notamment sur celle appelant la CDD-7 à promouvoir la
coordination et à améliorer les dispositions institutionnelles
au sein du système des Nations Unies concernant les activités
marines, en particulier, à travers le travail de la Sous-
commission de l'ACC sur les Océans et les Littoraux.
JoAnne DiSano, Directrice de la Division du Développement
Durables au sein des Nations unies, introduisit le Rapport du
Secrétaire Général sur le thème des Océans et des Mers
(E/CN.17/1999/4). Elle souligna en substance: l'appauvrissement
des zones côtières du à la pression accrue exercée sur les
ressources limitées; la reconnaissance de la nécessité d'une
gestion intégrée des littoraux; et le besoin d'une action
corrective urgente pour s'assurer de l'utilisation durable des
tous les stocks halieutiques.
Le Dr Rudolf Sloof, Bureau de la Coordination des Affaires
Humanitaires, présenta un rapport sur le Premier Séminaire
International sur El Niño 1997-1998, tenu en novembre 1998,
mettant en exergue l'impératif de certaines améliorations dans
les technologies de prévision, de l'accroissement du réseau des
stations d'observation et de la poursuite des efforts visant à
renforcer la coopération.
L'AFRIQUE DU SUD présenta un compte-rendu sur la Conférence de
la Ville du Cap sur le développement et la protection des
environnements côtiers et marins Africains (3-4 décembre 1998).
La conférence a procédé à une évaluation des environnements
marins et côtiers, des politiques nationales dans ce domaine,
des ressources financières, des programmes et accords
multilatéraux pertinents, et des possibilités de renforcer la
coopération. Le BRESIL et le ROYAUME-UNI présentèrent un rapport
sur le Second Atelier de Londres sur les Océans (10-12 décembre
1998) qui a porté sur l'élaboration d'une approche intégrée dans
la gestion des océans, l'identification de la sur-pêche et de la
pollution découlant des activités terrestres comme problèmes
majeurs, et qui a appelé à la fixation de cibles et
d'indicateurs pour la réduction de la sur-pêche. L'AUSTRALIE
nota que le the Symposium International sur la Gestion des
Ecosystèmes Marins Tropicaux, dont les travaux se sont déroulés
à Townsville, en Australie du 23 au 26 novembre 1998, a passé en
revue l'application de l'Initiative Internationale sur les
Récifs Coralliens (IIRC), identifié les lacunes et réaffirmé
l'importance des récifs pour les écosystèmes. Le délégué des
PAYS-BAS parla de la réunion internationale sur les pratiques
environnementales dans les activités offshore dans le domaine du
pétrole et du gaz qui a regroupé un certain nombre d'experts en
novembre 1997.
DEBAT GENERAL
La GUYANE, au nom du G-77/CHINE, déclara que le rapport du
Secrétaire Général était assez exhaustif, bien que des
références répétées aux problèmes de sur-pêche et de capacités
de pêche excessives n'aient pas établi une différenciation entre
les responsabilités et les rôles relatifs des pays
industrialisés et des pays en développement. L'oratrice nota que
la sur-pêche est une crise causée principalement par les flottes
des pays industrialisés. L'ALLEMAGNE, au nom de l'UE, indiqua
que les menaces qui pèsent sur les océans et les mers ne sont
pas sans conséquences pour la sécurité et la biodiversité
mondiales. Le délégué appela à la prise de mesures concrètes
dans les cadres nationaux et régionaux, notamment pour l'arrêt
de la dégradation de l'environnement marin due aux activités
terrestres, à la navigation et aux installations offshores.
L'orateur indiqua que le travail d'évaluation de la CSD-7
devrait englober l'application de l'UNCLOS, des conclusions de
la SE/AGNU, de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB)
et du PAM.
L'Alliance des Petits Etats Insulaires en Développement (AOSIS)
affirma que l'absence d'une approche intégrée a limité
l'efficacité des efforts visant à traiter le problème de la
pollution et de la surexploitation des ressources. Le porte-
parole appela: à la mise en place d'initiatives régionales; à
l'application de l'Accords sur les Stocks Halieutiques
Chevauchants et Grands Migrateurs (Ci-après l'Accord sur les
Stocks Halieutiques); à une action en faveur des récifs
coralliens; à un rôle central pour l'Assemblée Générale de l'ONU
(AG) au niveau de la coordination et de l'amélioration des
mesures dans le débat sur les océans et l'UNCLOS. L'ISLANDE
appela à l'établissement d'un Groupe Intergouvernemental sur la
Pollution Marine, l'arrêt des subventions et autres mesures
causes de distorsion ou de restriction du commerce
international, et l'introduction des incitations de marché,
telles que l'éco-étiquetage.
L'AUSTRALIE proposa que la CDD-7: appelle la CDB à accélérer la
mise en place du système mondial représentatif des zones marines
protégées (ZMP) au sein et à travers les juridictions; fournisse
au FEM une orientation concernant les travaux de l'UICN et la
Banque Mondiale sur les ZMP et reconnaisse l'urgence à adopter
et à mettre en application le Cadre d'Action de l'ICRI.
L'orateur devait aborder par ailleurs: l'amélioration de la
coordination des organes multilatéraux et des mécanismes
juridiques; la mise en place de partenariats entre les agences
des Nations Unies; l'endossement de l'ICRI; l'application du
PAM; et la prévention des pêches illicites, non réglementaires
et non déclarées.
MALTE proposa l'établissement d'une Grande Commission (GC)
chargée de traiter périodiquement du thème des océans, de
manière exhaustive et intégrée. Cette GC engloberait: la
participation universelle des Etats membres des Nations Unies;
la transmission directe des rapports à l'AG; la participation
des organes pertinents des Nations Unies et de la société
civile; et la tenue de réunions biennales hors de la session
annuelle de l'AG. La NOUVELLE ZELANDE appela la CDD a encourager
l'application de l'Accord sur les Stocks Halieutiques et du PAM.
Le délégué souligna la nécessité de la coordination, de mesures
pratiques au niveau régional, de la bonne science et d'un
leadership mondial. La PAPOUASIE NOUVELLE GUINEE nota les
pressions économiques et sociales découlant de la dégradation
marine et côtière. Le délégué plaida en faveur de la coopération
régionale dans le domaine de la gestion intégrée des littoraux.
Il déclara que l'interdiction de la pêche au filet traînant a
produit des résultats limités et appela à davantage de volonté
politique pour la mise en place des ajustements nécessaires.
Le MEXIQUE, au nom du GROUPE de RIO, mit l'accent sur la
coordination institutionnelle en matière de gestion des océans
et souligna que El Niño devait être inclus dans le programme de
travail de la CDD-7. La TURQUIE mit en relief l'importance des
initiatives régionales. La représentante des ETATS-UNIS
identifia les questions touchant à la protection marine des
activités terrestres, aux pratiques durables et à l'évaluation
intergouvernementale de la coordination dans le domaine comme
autant de sujets importants, et appuya l'idée d'établir un
groupe de travail de composition non limité et relevant de l'AG
chargé de l'amélioration de la coopération et de la coordination
intergouvernementale sur les questions touchant au thème des
océans.
La REPUBLIQUE DE COREE indiqua que la protection marine
nécessitait une approche globalisante intégrant des mesures
politiques, économiques, scientifiques, juridiques et
institutionnelles. Le CANADA mit en exergue les progrès réalisés
dans la gestion durable des océans à travers un éventail
d'initiatives complémentaires facilitées par l'Ocean Act
Canadien. La représentante exhorta les autres pays à adopter des
législations sur les océans et appuya l'idée de recourir à des
instruments internationaux. L'INDE fit part de son espoir de
voir l'Accord sur les Stocks Halieutiques garantir les droits
des côtiers pays en développement et ouvrir la voie au soutien
financier et technique pour la mise en valeur de la pêche dans
les pays en développement. Elle souligna l'importance de la
responsabilité nationale quant à l'application des accords sur
la prévention de la pollution marine et de la coopération
régionale quant au respect des lois et réglementations.
L'oratrice plaida pour l'amélioration de la coordination
mondiale, mettant toutefois en garde contre la prolifération des
fora.
La NORVEGE appela à la poursuite des investigations et de
l'identification des problèmes à traiter touchant au thème des
océans. Le délégué souligna le besoin de renouvellement,
revitalisation et amélioration des organes disponibles, en
particulier, du Programme du PNUE sur les Mers Régionales. La
FEDERATION DE RUSSIE mit en exergue les efforts nationaux visant
l'application des accords régionaux et internationaux sur les
océans. Le délégué déclara que la tâche de la CDD-7 doit
consister en l'identification des domaines prioritaires et la
considération de solutions orientées vers l'action au sein du
système des Nations Unies. Il plaida pour l'amélioration de la
coordination entre les diverses organisations des Nations Unies
actives dans le domaine des océans recommanda de bien peser le
pour et le contre des propositions de nouveaux mécanismes. La
CHINE déclara que chaque Etat disposait de la souveraineté de
protéger son territoire marin et qu'aucun Etat n'avait le droit
de polluer le territoire marin d'un autre. Le délégué nota par
ailleurs que les questions non résolues touchant aux ressources
financières handicapaient l'application du PAM. Il appela les
pays industrialisés à assumer des responsabilités plus
importantes quant à la protection de l'environnement marin, au
contrôle de la pollution et, à la mise à disposition de
ressources nouvelles et supplémentaires et au transfert des
technologies à des conditions favorables.
Le JAPON souligna l'importance de la coopération régionale dans
la mise en uvre du Programme du PNUE sur les Mers Régionales.
L'orateur mit l'accent sur la nécessité de traiter le problème
des capacités excessives en matière de pêche et recommanda de
définir le principe d'utilisation durable avant l'élaboration
des PAM. Il parla des préparatifs de la mise en place du centre
de suivi des récifs et de l'initiation d'un observatoire
océanographique. L'AFRIQUE DU SUD appuya les efforts visant à
réduire la flotte de pêche mondiale et nota l'existence de
pêches illicites, non régulières et non déclarées exécutées par
des navires battant pavillons de complaisance. Le délégué des
ILES SALOMON mit en relief l'importance des ressources marine
vivantes en tant que source alimentaire, des moyens de vivre, et
du revenu national. Il souligna aussi l'intérêt de la
collaboration régionale, de la coordination intergouvernementale
et de l'application des accords existants. L'EQUATEUR déclara
que le Premier Séminaire International sur El Niño contribuera à
la mise place de stratégies à long terme de prévention et
d'atténuation des effets et appela à l'introduction d'un point
sur El Niño dans l'ordre du jour. Le délégués des PHILIPPINES
exprima son soutien à la ratification universelle de l'UNCLOS, à
l'octroi d'un rôle pour la CDD, à la réduction puis à
l'élimination des pratiques de pêche inconsidérées et à
l'éradication de la pauvreté. Le délégué de FIJI apporta son
soutien au rapport du Secrétaire Général et appela à un
leadership de la part de l'AG.
Le BRESIL mit en relief l'action nationale dans le domaine des
océans, notamment le conseil interministériel sur
l'environnement marin et le programme de gestion intégré des
littoraux. Concernant la coordination des actions et des
initiatives, il suggéra la discussion d'un mécanisme de
coordination dans une réunion autre que la CDD. La JAMAIQUE
appela à l'élaboration d'une approche globale et
multidimensionnelle dans la gestion effective des ressources
marines et côtières. L'UNESCO déclara que le développement
durable des océans ne sera possible que ses les mesures étaient
basées sur l'entendement scientifique et renforc�es par la
coop�ration et les accords internationaux. L'orateur appela la
r�union � soutenir le Syst�me d'Observation Oc�anographique
Mondial (GOOS).
Le COLLECTIF DES ONG OPERANT DANS LE DOMAINE DES OCEANS d�clara
qu'un accord devrait intervenir � la CDD-7 sur la mise en place
d'un forum efficace sur les actions ayant trait au th�me des
oc�ans. Ce dernier pourrait s'�tablir sous forme de forum
intergouvernemental, de cellule de travail ou de comit�
d'organisation, devra pr�senter ses rapports � la CDD, �
l'ECOSOC et � l'AG et, permettre une participation maximale des
ONG. Le FMN et l'UICN appel�rent les gouvernements et les
agences des Nations Unies � intensifier les efforts visant �
prot�ger les oc�ans et � assurer la gestion durable des
ressources marine � travers des mesures favorisant la p�che
durable, d'un r�seau mondial de PAM et de programmes de
traitement de la pollution marine. L'ORGANISATION MARITIME
INTERNATIONALE (OMI) nota les progr�s r�alis�s dans la
pr�vention de la pollution caus�e par les navires et les
activit�s p�troli�res offshores et dans la protection des zones
particuli�res.
DANS LES COULOIRS
A d�faut de promesses de nouveau financement pour des projets
sp�cifiques lors de la conf�rence prospective des bailleurs de
fonds des PEID organis�e la semaine derni�re � New York,
certains participants ont rapporter que la r�union qui devait
servir � la mobilisation des ressources s'�tait transformer en
une occasion de passer en revue les activit�s r�gionales et ce,
a-t-on pr�cis�, dans une "bonne atmosph�re constructive." Les
offres de poursuite du soutien furent bien accueillies et, au
moins, un groupe dans les rangs des donateurs a d�j� r�pondu
positivement au projet de r�solution �labor� par les PEID pour
soumission � l'AG.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DECLARATION DU PRESIDENT DE LA CDD-7, SIMON UPTON: Le Pr�sident
de la CDD-7, Simon Upton (Nouvelle Z�lande) s'adressera au GTSI
au de la s�ance du matin. Apr�s les pr�sentations, la session
sera probablement ajourn�e pour permettre la poursuite des
consultations du G-77/Chine. Dans l'apr�s-midi, Samoa fera une
pr�sentation suivie d'un d�bat g�n�ral.
RESUME DU DEBAT: Le rapport de synth�se des Copr�sidents sur le
d�bat de lundi concernant le th�me des oc�ans et des mers sera
mis � disposition.
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