Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 115 vendredi 26 février 1999
GROUPE DE TRAVAIL INTERSESSIONS DELA CDD
JEUDI 25 FEVRIER 1999
Le matin, les délégués près du Groupe de Travail Spécial (GTS)
ont tenu des réunions de groupes régionaux et de groupes
d'intérêt pour élaborer leurs commentaires concernant le rapport
de synthèse du Président au sujet du débat de la journée du
jeudi et les éléments proposés pour le projet de décision de la
CDD sur le tourisme et le développement durable. Ils devaient
présenter ces commentaires au cours de l'après-midi.
ELEMENTS POUR LE PROJET DE DECISION DE LA CDD SUR LE TOURISME
Le document renfermant les éléments proposés pour le projet de
décision de la CDD comportait trois paragraphes préambulaires et
huit paragraphes opérationnels, l'ensemble présenté sous forme
de projet de décision des Nations Unis. Dans un premier temps,
les délégués présentèrent des commentaires généraux sur les
éléments proposés. La représentante du G-77/CHINE déclara que
son groupe se penchera sur l'aspect stylistique du projet de
texte mais que le style ne doit pas se transformer en précédent
et qu'a l'avenir, le GTS ne doit pas dévier de la procédure
approuvée. L'UE accueillit favorablement la nouvelle forme
donnée au projet de texte du GTS. La représentante déclara que
le texte était par trop axé sur le travail devant être accompli
par les organisations internationales et qu'il présentait une
couverture inadéquate du rôle du secteur privé et de celui plus
général des gouvernements.
Le délégué des ETATS-UNIS nota l'offre de l'Organisation
Mondiale du Tourisme, d'entreprendre une étude des initiatives
volontaires existantes et déclara qu'il serait utile d'entendre
la CUNUCED, le PNUD et d'autres qui ne se sont pas adressés
encore au GTS. L'orateur mit également en relief la nécessité
d'avoir des indicateurs du tourisme durable. Le MEXIQUE, au nom
du Groupe de Rio, nota l'absence de liens entre le projet de
synthèse du Coprésident et le document renfermant les éléments
proposés pour le projet de décision. Le délégué déclara que les
propositions d'action ne doivent pas être limitées aux agences
des Nations Unis mais s'étendre à la l'engendrement de l'action
au niveau du terrain. Le CANADA appela à des références au
renforcement des capacités, à l'établissement de dialogues avec
les détenteurs des enjeux, à l'édification de partenariats entre
le secteur public et le secteur privé, à la responsabilité
sociale du secteur privé, à la formation, à l'emploi local et à
la participation des PME et d'autres concernés dans le
développement du tourisme. La FEDERATION DE RUSSIE appela à une
plus grande reconnaissance du rôle économique et social du
tourisme et appuya les commentaires sur le besoin d'éclaircir le
concept d'éco-tourisme.
L'AUSTRALIE suggéra de reconnaître le rôle de tout un éventail
d'organes des Nations Unis et des sponsors de l'Agenda 21 pour
le Voyage et le Tourisme, à savoir l'Organisation Mondiale du
Tourisme, World Travel, Tourism Council et Earth Council. La
représentante suggéra de réorganiser les idées dans les
catégories suivantes: compilation de l'inventaire des outils,
principes, directives et codes de conduite disponibles;
diffusion et promotion de ces matériaux; et promotion des
partenariats. La CHINE souligna la nécessité d'éclaircir le
concept de tourisme durable et suggéra d'insérer un libellé sur
le comportement responsable du touriste.
Le Président devait ensuite inviter les délégués à faire part
de
leurs commentaires sur le format du document. L'UE plaida pour
son maintien. Le G-77/CHINE déclara qu'il considérera le format
comme une exception et qu'il l'utilisera en tant que tel. L'INDE
et le BRESIL approuvèrent, précisant toutefois que le format ne
doit pas être utilisé, la semaine prochaine, pour les questions
touchant au thème des océans.
L'UNION INTERNATIONALE DES COLLECTIVITES LOCALES déclara que le
tourisme durable exigeait une planification et une gestion
unique dans le domaine et doit refléter les initiatives et les
connaissances locales. Le Mouvement Panafricain, au nom du NGO
TOURISM CAUCUS AND TRADE GROUP, fit part de ses réserves
concernant le fait que des sujets tels que ceux des violations
des droits humains, du tourisme sexuel, de l'investissement
extérieur direct et des subventions dans des activités
écologiquement préjudiciables ne soient pas reflétés dans le
projet de texte sur les éléments. L'orateur souligna le besoin
d'un cadre préventif permettant de faire face à ces problèmes.
Le représentant de la Convention sur la diversité Biologique
(CDB) présenta le résultat de la CdP-4 qui eu lieu en mai 1998.
Les Parties y ont été requises de soumettre les données
concernant le tourisme et ses liens avec la diversité
biologique. Cette information est susceptible d'enclencher un
échange d'expériences, de connaissances et de bonnes pratiques.
Le thème sera débattu par la prochaine réunion de l'Organe
Subsidiaire chargé de l'Avis Scientifique, Technique et
Technologique (SBSTTA) et par la CdP-5.
L'ASSOCIATION INTERNATIONALE DE L'HOTELLERIE ET DE LA
RESTAURATION déclara que l'intégration des coûts de l'énergie et
de l'eau doivent s'appliquer équitablement à tous les secteurs
et pas seulement au secteur du tourisme. La représentante appela
par ailleurs à des références aux initiatives volontaires de
l'industrie et à l'endossement, par la CDD, de l'Agenda 21 pour
le Voyage et le Tourisme. Le GROUPE DE SOUTIEN INTERNATIONAL
POUR LE TOURISME DURABLE, intervenant en faveur d'un rôle pour
les peuples indigènes, nota le rôle important du tourisme dans
l'essor économique des communautés indigènes lorsqu'il est
contrôlé par les communautés locales. La représentante fit
observer que dans la plupart des cas, les communautés indigènes
sont impliquées en termes d'exploitation et portent de manière
disproportionnée les coûts du tourisme à travers la perte de
l'accès à la terre et aux ressources, la pauvreté et la
dégradation environnementale, et l'appropriation du patrimoine
culturel indigène par l'industrie. Elle évoqua en particulier
les préoccupations concernant l'éco-tourisme, notant la
réduction des cultures indigènes à un produit dans le processus
de marketing. Elle demanda: que les gouvernements intègrent les
peuples indigènes dans toutes les analyses critiques relatives
au tourisme et à l'éco-tourisme ? que le processus de prise des
décisions au sein de la CDD englobe une représentation des
peuples indigènes; que les connaissances et les technologies
indigènes jouent un rôle dans la redéfinition du tourisme
durable; et, que les gouvernements, les agences onusiennes et
les ONG soutiennent l'innovation chez les peuples indigènes.
Le Coprésident Hanif devait ensuite inviter les délégués à
faire
part de leurs commentaires spécifiques sur le texte. Le G-
77/CHINE déclara que le texte devrait contenir davantage
concernant l'élaboration d'un plan d'action et indiqua que les
concernés avaient besoin d'être impliqués dans ces plans. L'UE
suggéra de référencé les paragraphes spécifiques de la SE/AGNU
requérant de la CDD d'élaborer un programme de travail sur le
tourisme durable. L'UE et les ETATS-UNIS proposèrent de
remplacer "tourisme" par "tourisme durable" tout au long du
document. La SUISSE, la FEDERATION DE RUSSIE et d'autres,
suggérèrent une combinaison des références aux Années
Internationales de l'Eco-tourisme et des Montagnes in 2002.
Au texte identifiant les actions incombant aux gouvernements,
l'UE proposa d'ajouter des appels aux gouvernements d'instaurer
un cadre favorable à la promotion du tourisme durable et
d'intégrer le tourisme dans les stratégies et les plans de
développement durables, pour impliquer l'ensemble des concernés
dans tous les aspects du développement du tourisme durable, et
d'utiliser les instruments économiques et d'élaborer et
d'appliquer une palette d'instruments appropriés. La SUISSE
proposa d'ajouter des références aux normes de l'OIT, au
tourisme sexuel, et au rôle des PME. La NOUVELLE ZELANDE suggéra
d'appeler à une collaboration avec les conseils nationaux du
tourisme. La TURQUIE proposa une référence aux Agendas 21
Locaux.
Dans le libellé appelant à l'action des organes internationaux,
le G-77/CHINE proposa d'ajouter une référence à "d'autres
organisations pertinentes." L'UE souhaita savoir qui dans le
système des Nations Unis allait être le fer de lance pour les
activités confiées au système des Nations Unies. La NOUVELLE
ZELANDE accueillit favorablement davantage de spécificité pour
les acteurs et suggéra d'ajouter un libellé sur le financement
des activités.
Le G-77/CHINE appela à des références: à l'évitement de la
destruction de l'intégrité culturelle des communautés d'accueil;
au soutien des efforts fournis au niveau de l'éducation; à un
comportement responsable du touriste, y compris le respect des
lois des traditions; et la consultation et l'évaluation du
mécanisme centre d'échange d'information existant plutôt que la
création d'un tel mécanisme. La représentante souhaita la
suppression d'une référence à l'élaboration des indicateurs du
tourisme durable. L'UE souhaita un éclaircissement sur les
possibilités de création d'un mécanisme centre d'échange, y
compris de l'information concernant les implications
institutionnelles implications. Elle mit également en garde
contre la proposition d'élaborer un ensemble de lignes
directrices pour le développement durable et suggéra d'élaborer,
en lieu et place, des manuels et de livres. Concernant l'Agenda
21 pour le Voyage et le Tourisme, elle précisa les activités à
venir de l'industrie du tourisme et, notamment, les initiatives
volontaires, l'éducation, l'utilisation des technologies
écologiquement rationnel et des systèmes de gestion, l'éco-
efficacité, la collaboration avec les économies locales dans les
domaines du partage des avantages, et la distanciation entre
l'industrie et le tourisme sexuel et l'exploitation des enfants
ayant rapport avec le tourisme.
Le JAPON proposa d'ajouter une mention spécifique à l'éco-
tourisme et à une élaboration sur les questions soulevées dans
ce contexte dans le débat général devant mener à l'élaboration
des lignes directrices de l'éco-tourisme. Ces lignes directrices
pourraient constituer un sous-ensemble. Le délégué suggéra la
mise en place d'un réseau mondial pour l'échange d'information
et des bonnes pratiques. La NOUVELLE ZELANDE suggéra que les
sujets relevant de la CDB puissent être laissé à cette dernière
pour leurs recommandations. La SUISSE suggéra que la collecte et
l'évaluation de l'information sur les bonnes pratiques
englobaient une étude des effets positifs du tourisme. Le
délégué des ETATS-UNIS suggéra que, dans les pays en
développement et dans les pays en transition économique, des
efforts nationaux soient fournis dans le cadre des ressources
disponibles. Concernant le libellé appelant à diverses
initiatives, le délégué suggéra de clarifier quelle agence des
Nations Unis soutiendrait ces initiatives. Il proposa de retenir
la recommandation to développer des indicateurs de tourisme
durable dans le contexte de la phase du test des indicateurs de
développement durable. L'AUSTRALIE suggéra d'amalgamer les idées
focalisées sur le même sujet et placées dans différentes sous-
chapitres. La représentante ajouta que les références aux
gouvernements doivent inclure des références aux gouvernements
locaux et régionaux.
RAPPORT DE SYNTHESE DU PRESIDENT CONCERNANT LE DEBAT DE MARDI
SUR LE DEBAT SUR LE TOURISME
CONCLUSIONS GENERALE: Le G-77/CHINE proposa l'adjonction d'un
texte notant que le tourisme est en mesure d'apporter une
contribution importante à la croissance économique soutenue et
au développement durable dans les pays en développement. La
SUISSE proposa d'ajouter un libellé sur les régions montagneuses
et d'identifier les possibilités d'établir des liens entre les
Années Internationales de l'Eco-tourisme et les Montagnes en
2002. Le délégué des ETATS-UNIS proposa d'ajouter des références
à la possibilité de "ressources naturelles" surabondantes, outre
à la "culture locale" et aux effets exercés sur les moyens de
vie des habitants des communautés des zones côtières" et dus aux
effets environnementaux du tourisme. L'orateur déclara par
ailleurs que la référence à la pollution de l'air doit traiter
de tous genres de pollution, et pas seulement sa dimension
mondiale. L'AUSTRALIE proposa de noter que moyennant une
planification appropriée, les difficultés ayant trait à la
gestion de l'environnement et au développement des zones
côtières pouvaient être atténuées.
LES CHALLENGES: Le G-77/CHINA proposa un challenge additionnel:
la concentration des services et des profits entre les mains des
grandes firmes transnationales.
ACTION DES GOUVERNEMENTS: Le délégué des ETATS-UNIS déclara que
l'implication du secteur privé dans le financement, est plus
large que les schémas "build-operate-transfer", que ne le laisse
penser le texte. Il rappela que les Etats-Unis et d'autres
avaient mentionner la nécessité de maîtriser le contrôle de la
croissance du tourisme, dans certains cas, pour préserver "les
ressources naturelles."
ACTION DU SECTEUR PRIVE: Le G-77/CHINE rappela que certaines
délégations avaient mentionné que l'éco-étiquetage étaient
encore en examen par la Commission de l'OMC sur le Commerce et
l'Environnement (CCE).
ACTION DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE: Le G-77/ CHINE suggéra
d'ajouter un nouveau paragraphe soulignant la valeur du tourisme
dans la promotion de l'essor économique dans les pays en
développement.
L'AUSTRALIE sugg�ra que la r�f�rence aux secteurs comp�titifs
du
tourisme stipule "le tourisme durable et comp�titif." Le d�l�gu�
des ETATS-UNIS sugg�ra que les modifications dans la r�f�rence �
un tourisme �cologiquement durable soit �tendue � un tourisme
�conomiquement et socialement durable.
DANS LES COULOIRS
Le mise en forme du document des Copr�sidents contenant les
�l�ments propos�s pour le projet de d�cision de la CDD sur le
tourisme ramena � la surface une certaine tension au sein du GTS
et du G-77/Chine, en cours de leurs d�lib�rations, jeudi.
Certains ont trouv� le nouveau format moins apte � inclure les
id�es qu'ils voulaient y voir figurer. Ils ont craint de voir le
style diff�rend de la pr�sentation devenir un pr�c�dent et
�taient particuli�rement pr�occup�s quant au risque de voir que
ses limitations venir handicaper les �changes sur le texte des
"oc�ans", la semaine prochaine. D'autres ont estim� que le
format �tait utile, compte tenu des mandats appelant � un texte
orient� vers l'action et � la production d'un programme de
travail pour le domaine du tourisme. Certains observateurs
croient que l'autre pr�occupation au sein du G-77/Chine, touche
� l'impression qui y r�gne, que le Pr�sident de la CDD-7 et le
Secr�tariat sont en train de pousser un peu trop fort pour
l'obtention d'une conclusion focalis�e et "orient�e vers
l'action".
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DOCUMENTS REVISES: Les versions r�vis�es des rapports de
synth�se des Copr�sidents et les �l�ments propos�s pour les
projets de d�cisions de la CDD seront disponibles � partir de
10h.
GTS: Le Groupe de Travail se r�unira dans la Salle de
Conf�rence
4 � partir de 15h. Le Pr�sident de la CDD-7, Simon Upton
(Nouvelle Z�lande) ferait une adresse � la r�union. Les
d�l�gations pr�senteront aussi leurs commentaires sur les textes
r�vis�s.
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