Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 114 jeudi 25 février 1999
GROUPE DE TRAVAIL INTERSESSIONS DE LA CDD
MERCREDI 24 FEVRIER 1999
Les délégués près du Groupe de Travail Spécial (GTS) sur les
Modes de Consommation et de Production et le Tourisme s'est
réuni le matin et de nouveau l'après midi pour examiner et
présenter leurs commentaires spécifiques sur le rapport de
synthèse des Coprésidents concernant le débat du lundi et le
texte décrivant les éléments proposés pour le projet de décision
de la CDD sur les Modes de consommation et de production.
LES ELEMENTS PROPOSES POUR LE PROJET DE DECISION DE LA CDD
Le Coprésident Hanif (Pakistan) déclara que la discussion du
texte décrivant les éléments proposés pour le projet de texte de
la CDD devait enrichir le document et l'orienter de manière à le
mettre en harmonie avec ce que pensent les délégués et indiqua
que les commentaires généraux des délégués ont englobé l'annonce
par l'UE de son accord quant l'intégration des modes de
consommation et de production en tant que thèmes prioritaires.
Le représentant présenta un commentaire sur les différents
chapitres, évoquant notamment la nécessité, pour tous les pays,
de réaliser la consommation durable, le rôle des consommateurs
influents et des campagnes de sensibilisation. Il souligna
l'importance de l'impact de l'urbanisation et suggéra que la CDD
établissent une étroite coopération avec l'Agenda d'Habitat sur
les questions en rapport.
Le délégué de l'ARABIE SAOUDITE fit part de ses réserves
concernant les libellés portant sur les objectifs, les
indicateurs et les normes, lesquels, expliqua-t-il, se
trouvaient cités de manière incomplète où hors du contexte qui
est le leur dans les documents de la SE/AGNU. Il souhaita voir
les omissions rectifiées. Le CANADA suggéra de raccourcir le
texte pour qu'il puisse mieux servir de base à une décision
orientée vers l'action. La représentante indiqua que certains
éléments devaient y être insérés, tels que le partages des
responsabilités au sein des sociétés, l'amélioration de la prise
de conscience dans le public, et le rôle de l'information
permettant aux consommateurs de pouvoir prendre les décisions,
en connaissance de cause. Elle proposa également d'élaborer
davantage le texte portant sur la considération de la manière
dont les modes de consommation et de la production des pays
industrialisés influent sur les pays en développement.
La FEDERATION DE RUSSIE accueillit favorablement l'insertion de
références à l'éducation, à l'échange d'information, à la
sensibilisation, au jeunes, et aux pays en transition
économiques. Le délégué des ETATS-UNIS nota le souhait partagé
par toutes les délégations de ne pas perdre trop de temps à
négocier pour des résultats sans grand intérêt hors de
l'enceinte des Nations Unies. Il indiqua que le papier des
Coprésidents, avec un tel nombre d'éléments prioritaires
identifiés pour les futurs travaux, ne correspondait pas tout à
fait à l'approche concise souhaitée par les délégations. Il
ajouta que le GTS aura à réduire la taille du document pour
parvenir au type de résultat souhaité et anticipé par le
Président de la CDD, Upton (Nouvelle Zélande). Il appuya la
proposition du Canada de réécrire le papier. Le JAPON, la
SUISSE, la NOUVELLE ZELANDE et l'AUSTRALIE appelèrent à un texte
court, concis et orienté vers l'action. Les délégués devaient
ensuite procéder à l'introduction de leurs amendements, chapitre
par chapitre.
INTRODUCTION: La Guyane, au nom du G-77/CHINE, proposa de
replacer les appels à la coopération, dans l'esprit de la CNUED
et de réitérer les conclusions de la SE/AGNU pour noter que le
changement des modes de consommation et de production doit:
s'effectuer dans le cadre de l'Agenda 21 et du paragraphe 28 de
la SE/AGNU; se situer dans le contexte de la croissance
économique soutenue et du développement durable; et tenir compte
de la situation des pays en développement affectés par le
processus. Le délégué des PHILIPPINES déclara que tous les pays
du G-77/CHINE risquaient de ne pas être d'accord avec la
proposition. Le BRESIL et l'INDE associèrent leurs positions à
celles du G-77/CHINE et soulignèrent l'importance de ce chapitre
pour l'établissement du cadre de l'accord. Le BRESIL mit
l'accent sur l'importance de l'Agenda 21 et du principe de
responsabilité commune mais différentiée, dans ce contexte. Le
CANADA proposa l'intégration de la notion de partage des
responsabilités. La NOUVELLE ZELANDE suggéra de combiner la
proposition du G-77/CHINE avec les références à l'Agenda 21,
avec d'autres accords internationaux, et avec la proposition
Canadienne. Le délégué des ETATS-UNIS approuva et y ajouta
l'accord de la SE/AGNU et l'objectif d'éradication de la
pauvreté.
La SUISSE déclara que le libellé consacré à l'évitement des
"coûts" du préjudice environnemental et de l'inégalité sociale
doit être élargi pour y insérer la nécessité de résoudre ces
problèmes. L'AUSTRALIE suggéra que la priorité accordée par les
pays en développement à la "l'accroissement de la consommation"
doit être reformulé pour stipuler "à l'élévation du niveau de
vie."
LES PRIORITIES DES TRAVAUX FUTURS: Le délégué des ETATS UNIS
suggéra à la Commission de traiter des modes de consommation et
de production dans le cadre de chacun des thèmes sectoriels
examinés dans les futures sessions de la CDD.
L'EFFICACITE DES POLITIQUES EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT ET
D'APPLICATION: La porte-parole du G-77/CHINE proposa de
supprimer les références à l'implication de "tous les niveaux"
gouvernementaux et suggéra d'ajouter des références au transfert
des technologies appropriées aux "pays en développement."
L'UKRAINE suggéra d'insérer "les pays en transition économiques"
dans la liste des futurs bénéficiaires du transfert des
technologies et des ressources financières. Le G-77/CHINE, l'UE
et d'autres délégations suggérèrent de supprimer les paragraphes
consacrés: à l'application de taxes environnementales non
discriminatoires sur les produits de luxe et les produits
jetables qui ont un impact négatif sur l'environnement;
l'intégration des coûts environnementaux et sociaux dans les
prix du marché et la suppression progressive des subventions
préjudiciables au plan social et au plan environnemental. La
SUISSE proposa d'inclure des références aux étiquettes et à
l'étiquetage et à la reforme de la taxe écologique. Le délégué
des ETATS-UNIS suggéra d'utiliser le texte approuvé de la
SE/AGNU sur le transfert des technologies et la mise à
disposition des ressources financières. Il souligna aussi
l'importance de l'amélioration de la prise de conscience, de la
participation et de l'éducation, et suggéra d'inclure les moyens
d'une politique efficace, tels que les instruments économiques.
Le CANADA proposa de regrouper dans ce chapitre, les références
au transfert des technologies, à l'information, à la prise de
conscience, à l'éducation, à l'implication des femmes et des
jeunes, à des décisions éclairées par les consommateurs, aux
instruments économiques et à l'amélioration de la gestion
environnementale. Le MEXIQUE et la NOUVELLE ZELANDE proposèrent
d'amalgamer les paragraphes portant sur l'implication des
gouvernements et la coopération avec les organisations
internationales, le monde des affaires, les ONG, les
organisations de jeunesse et d'autres détenteurs des enjeux. Le
délégué des PHILIPPINES suggéra d'insérer une référence à
l'évitement des effets potentiellement négatifs sur l'accès des
pays en développement aux marchés.
LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES ET LA PRODUCTION PROPRE:
La
porte-parole du G-77/CHINE souhaita la suppression des
références à la "production propre," à "l'éco-efficacité," aux
"codes de conduite" et à "l'établissement d'objectifs." Les
ETATS-UNIS et l'AUSTRALIE apportèrent leur soutien à l'idée de
mettre l'accent sur les thèmes clés d'éco-efficacité, de bonnes
pratiques, de gestion des styles de vie, de production propre et
de transfert des technologies écologiquement rationnelles (TER).
La FEDERATION DE RUSSIE et l'UKRAINE ajoutèrent des références
aux pays en transition économiques dans les contextes du
transfert des TER et du renforcement des capacités. Le CANADA
chercha à placer une phrase introductive sur l'importance d'une
plus grande efficacité dans la consommation et la production
pour l'amélioration de la qualité de vie. La NORVEGE mit en
garde contre des coupes trop importantes dans le texte et
suggéra d'utiliser des tirets pour la mise en relief des thèmes
clés, comme la production propre, la gestion des styles de vie,
l'élaboration des rapports, la gestion de la demande et l'éco-
efficacité. La NOUVELLE ZELANDE appela aussi à un texte plus
court.
Dans le paragraphe consacré à la diffusion des bonnes pratiques
en matière de production propre et de gestion environnementale,
la représentante du G-77/CHINE suggéra de supprimer la locution
"le cas échéant " dans la référence au transfert des bonnes
pratiques vers les pays en développement et ajouta "les
technologies et le savoir-faire requis." L'UE plaida pour des
références spécifiques au rôle du commerce et de l'industrie
dans la facilitation des transferts.
L'AUSTRALIE suggéra la suppression du paragraphe appelant à des
études sur la production propre, sur l'éco-efficacité et sur la
gestion de la demande car ce travail est déjà entrepris par des
agences onusiennes.
La porte-parole du G-77/CHINE proposa de supprimer l'éco-
efficacité et les codes de conduite. La TURQUIE suggéra
d'amender la référence à l'échange d'expériences pour y inclure
une évaluation de l'impact de la gestion environnementale sur la
compétitivité des pays en développement et, particulièrement, de
leur PME. Le CHILI déclara que la référence aux styles de vie et
aux produits qui leur sont associés ne doit pas déborder les
formulations retenues dans Les Directives des Nations Unies pour
la Protection du Consommateur.
Dans le paragraphe appelant les gouvernements à engager
l'industrie dans le débat sur la consommation et la production
durables, l'UE ajouta le thème de "politiques d'intégration des
produits " et une référence à la responsabilité gouvernementales
en matière d'éco-étiquetage.
LA MONDIALISATION ET SON IMPACT SUR LES MODES DE CONSOMMATION
ET
DE PRODUCTION: Le a représentante du G-77/CHINE suggéra que les
études proposées examinent les voies et moyens de promouvoir les
modes de consommation et de production durables. L'UE suggéra
que le champ d'application soit élargi pour y inclure les
questions environnementales. Une proposition stipulant que les
études d'impact de la mondialisation doivent inclure les pays en
développement fut soutenue par la FEDERATION DE RUSSIE.
L'AUSTRALIE proposa que les évaluations du transfert des modes
de consommation soient axées sur les modes de consommation non
viables. Le délégué des ETATS-UNIS proposa que les études menées
sur les effets de la mondialisation couvrent à la fois les
aspects positifs et négatifs et suggéra la suppression des
références aux études sur le transfert des modes de consommation
des pays industrialisés vers les pays en développement. Il
proposa que le document fasse référence uniquement aux
Gouvernements et non à aux organisations internationales pour
renforcer les efforts visant à rendre les politiques du commerce
et celles de la production et de la consommation durables,
aptes à se soutenir mutuellement.
La SUISSE suggéra d'appeler à des études sur le rôle du secteur
financier et des investissements dans les domaines touchant à
l'environnement et à l'amélioration de la cohérence entre les
normes du commerce international et les différents accords
multilatéraux. La NOUVELLE ZELANDE suggéra que les références au
commerce et à la consommation durable englobent une référence à
la nécessité de ne pas créer des barrières commerciales
artificielles. La CHINE exprima de fortes réserves concernant
les références aux normes environnementales universelles,
affirmant que les fora sur le commerce sont les mieux placés
pour aborder cette question.
L'URBANISATION ET SON IMPACT SUR LES MODES DE CONSOMMATION ET
DE
PRODUCTION: La représentante du G-77/CHINE déclara que les
collectivités locales sont implicitement incluses dans les
références au secteur gouvernemental et proposa de supprimer
toutes les références superfétatoires aux collectivités locales.
Dans le libellé appelant à "l'expertise et ressources
financières de la part des pays industrialisés," elle suggéra de
supprimer "l'expertise des pays industrialisés." L'oratrice
indiqua par ailleurs que des "études approfondies" devaient être
menées aux niveaux nationaux. Le délégué des ETATS-UNIS proposa
de retenir "l'expertise des pays industrialisés" et de remplacer
"ressources financières" par "l'expérience" des pays
industrialisés. L'UE suggéra d'ajouter des références à l'Agenda
d'Habitat et au Centre des Etudes sur les Implantations
Humaines. L'UE, appuyée par l'AUSTRALIE, proposa d'élargir la
référence aux syst�mes de collecte des ordures et aux d�charges,
de mani�re � y ins�rer "la pr�vention, la minimisation et le
recyclage des d�chets." L'UKRAINE ajouta "l'�nergie" � la liste
des effets environnementaux et sociaux de l'urbanisation. Le
d�l�gu� des ETATS-UNIS souhaita voir le libell� portant sur le
"Sommet de la Terre +10" faire r�f�rence � l'�valuation
exhaustive devant �tre men�e par la CDD-10. Il sugg�ra aussi
d'ajouter une r�f�rence � l'information et � l'�ducation du
consommateur.
RAPPORT DE SYNTHESE DU CO-PRESIDENT SUR LES DEBATS DE LUNDI SUR
LA CONSOMMATION ET LA PRODUCTION
Le rapport de synth�se des Copr�sidents comporte six chapitres
intitul�s: introduction, consid�rations g�n�rales, gestion des
ressources naturelles et production propre, impact de la
mondialisation sur les modes de consommation et de production,
urbanisation, information et �ducation du consommateur et
valeurs sociales.
L'UE d�clara que le libell� �tait factuel et qu'il refl�tait
bien le d�bat men� par le GTS. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS proposa
d'ajout� une formule de r�serve pour signaler que le libell� n'a
pas un caract�re consensuel. Le BRESIL mit en garde que le
projet de texte donnait l'impression qu'il est bas� sur un
consensus. La repr�sentante du G-77/CHINE proposa d'accorder une
attention accrue aux activit�s men�es au niveau national et
signala que le libell� n'indiquait pas que les pays
industrialis�s doivent prendre l'initiative dans ce domaine.
L'AUSTRALIE chercha � clarifier qu'un certain nombre de
r�f�rences aux normes en mati�re de consommation devaient �tre
remplacer par des r�f�rences au niveau de vie, au revenu, et �
la qualit� de vie. Le JAPON r�it�ra sa proposition pour des
approches bas�es sur "les syst�mes sociaux" dans les efforts
visant l'instauration de la consommation et de la production
durables.
DANS LES COULOIRS
Les implications budg�taires (� la fois � New York et �
Washington) seront en comp�tition avec la volont� de replacer
"Le Sommet de la Terre" � l'ordre du jour des m�dias
internationaux � travers le d�bat �mergeant sur la possibilit�
d'organiser la r�union CDD/Sommet de la Terre+10 ailleurs qu'�
New York. L'Inde, l'un des pays d'accueil potentiels, est en
train d'examiner activement la suggestion de tenir le Sommet de
la Terre+10 � Nouvelle Delhi. Bangkok et Manille sont �galement
mentionn�s parmi les possibilit�s envisageables. Un observateur
a laiss� entendre qu'il est improbable que la d�cision finale
soit prise avant la prochaine �lection pr�sidentielle pr�vue aux
Etats-Unis.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DISCUSSION DES PROJETS DE DOCUMENTS: Le GTS se r�unira
probablement dans la Salle de Conf�rence 4 � 15h pour examiner
le rapport de synth�se des Copr�sidents et les �l�ments propos�s
pour le projet de d�cision de la CDD sur le th�me tourisme et
d�veloppement durable.
LA CONSOMMATION ET LA PRODUCTION DURABLE AU 21�me SIECLE: Cette
manifestation pr�sentera les perspectives ouvertes aux
principales questions touchant � la consommation et � la
production durables et � leur mise en application par les
d�tenteurs des enjeux. Elle est pr�vue � partir de 13h30 dans la
Salle de Conf�rence D.
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