Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 05 No. 112 mardi 23 février 1999
GROUPE DE TRAVAIL INTERSESSIONS DE LA CDD
LUNDI 22 FEVRIER 1999
Les délégués près du Groupe de Travail Spécial (GTS) sur le
thème des Modes de Consommation et la Production et celui du
Tourisme se sont réuni le matin et, de nouveau, l'après-midi et
a procédé à l'élection des Coprésidents, à l'adoption de l'ordre
du jour, et a l'examen des actions menées à ce jour et celles
pouvant être entreprises dans le futur pour l'évolution des
modes de consommation et de production.
QUESTIONS D'ORGANISATION
Les délégués devaient élire Navid Hanif (Pakistan) et Sandor
Mozes (Hongrie) en qualité de coprésidents. Le Coprésident Hanif
indiqua que la réunion produira deux documents distincts, un
rapport de synthèse des Coprésidents et la liste des éléments
possibles devant être intégrés dans la décision de la CDD.
L'orateur souligna par ailleurs que le rôle du GTS n'est pas de
procéder à des négociations mais de s'assurer que les points de
vue exprimés sont présentés de manière équilibrée et juste.
Le représentant du PNUE présenta les résultats du 20ème Conseil
d'Administration du PNUE qui a abordé les principales questions
inscrites à l'ordre du jour de la CDD-7. Il affirma que la
Déclaration de Nairobi de 1998 était pertinente pour le travail
de la CDD. Les délégués devaient ensuite passer à l'adoption de
l'ordre du jour et programme de travail (E/CN.17/
ISWG.1/1999/1).
DECLARATIONS D'OUVERTURE
JoAnne DiSano, Directrice de la Division du Développement
Durable aux Nations Unies, introduisit l'évaluation du
Secrétaire Général concernant l'évolution des modes de
consommation et de production (E/CN.17/1999/2). Elle nota que la
SE/AGNU avait mis en exergue la nécessité de passer du plan
conceptuel a un plan plus pratique du travail. Les travaux en
cours englobent l'analyse des tendances, l'élaboration des
indicateurs opérationnels et, l'évaluation des effets subits par
les pays en développement du fait des changements intervenants
dans les pays industrialisés. Les nouvelles initiatives sont
susceptibles d'inclure une évaluation des effets de la
mondialisation, un engagement accru du secteur privé, et des
efforts favorisant la prise en compte les facteurs sociaux.
La REPUBLIQUE DE COREE présenta un rapport sur la réunion
d'experts intitulée "Modes de Consommation Viables: Tendances et
Traditions en Asie Orientale" tenue en janvier 1999 sur l'Ile de
Cheju, en Corée, et parrainée par Les Gouvernements de Norvège
et de Suède. Les principaux thèmes de la réunion avaient
englober l'impact de la mondialisation et de l'élévation des
niveaux de revenu sur les modes de consommation durables, ainsi
que le rôle potentiel des styles de vie traditionnels et des
valeurs culturelles dans la promotion des modes de consommation
durables. L'impact potentiel de la crise financière sur la
durabilité des modes de consommation fut également abordé.
La NORVEGE présenta un rapport sur la réunion d'experts qui
s'est déroulée à Kabelvåg, en Norvège. L'objectif de la réunion
était de mettre autour d'une même table les experts des pays
industrialisés et leurs homologues des pays en développement
pour l'exploration des expériences positives menées dans le
cadre du programme production plus propre et consommation plus
durable dans leurs pays respectifs.
DEBAT GENERAL
L'ALLEMAGNE, au nom de l'UE, attira l'attention sur les modes
de
consommation et de production non viables qui sont en train
d'endommager l'environnement naturel partout dans le monde. Le
délégué déclara que la majeure partie de ces problèmes est
produite dans les pays industrialisés mais que la plupart des
effets environnementaux les plus graves sont ressentis dans les
régions les plus pauvres du monde. Les pays industrialisés
doivent par conséquent continuer à montrer l'exemple dans la
recherche des voies et moyens de changer les modes de
consommation et de production non viables. La CDD doit inviter:
tous les acteurs pertinents à élaborer et à mettre en uvre des
programmes de prise de sensibilisation; l'Industrie à
développer, entre autres, les technologies propres et les bonnes
pratiques environnementales; et les Gouvernements à mettre place
des objectifs politiques explicites permettant de s'assurer que
les besoins minimums en matière de consommation sont satisfaits.
La GUYANE, au nom des G-77/CHINE, accueillit favorablement la
tentative du Bureau de donner aux délibérations un caractère
orienté vers l'action et déclara que des résultats concrets
permettraient de répondre aux préoccupations de l'ensemble des
Etats Membres des Nations Unies. La représentante fit part de
son regret que le débat sur la consommation et la production
durables n'aient pas, jusque là, réussi à produire des résultats
tangibles et déboucher sur une action concrète. Elle proposa
d'accorder d'une attention aux questions touchant à la gestion
des ressources et à la production plus propre, et aux actions
concrètes possibles permettant de traiter le problème spécifique
de l'urbanisation. Sans vouloir blâmer les pays industrialisés,
elle affirma que la surconsommation excessive dans le Nord
autant que les problèmes de pauvreté dans le Sud étaient non
viables et que par conséquent des changements structurels sont
cruciaux pour les deux situations. Elle accueillit favorablement
la proposition de mener des études nationales et régionales
concernant les modèles destructifs de consommation et de
production, notamment dans les domaines de l'utilisation de
l'énergie. Elle indiqua que c'est à travers l'investissement
dans les aptitudes, dans les technologies et dans la promotion
de l'efficacité que les pays en développement seront en mesures
d'éradiquer la pauvreté. Elle attira l'attention sur l'influence
de la mondialisation, de la libéralisation du commerce et des
modes de consommation dans les pays industrialisés sur les pays
en développement. Elle proposa de traiter la gestion des
ressources et la production propre, la mondialisation et ses
effets sur les modes de consommation et de production, les
technologies propres et l'urbanisation.
Notant que le fardeau imposé à l'environnement n'a pas décru
dans la plupart des domaines, le JAPON indiqua que le Conseil
Central chargé de l'Environnement du Japon a recommandé de
passer du type de mesures de diffusion de l'information à un
type de mesures de "systèmes sociaux" intégrant des instruments
économiques et des mesures régulatrices assorties d'une mise en
application effective. Le CANADA décrivit trois principes
phares: la nécessité d'un certain pragmatisme; l'intégration des
agendas entre les institutions et les activités internationales
et nationales; et la nécessité d'un partage des responsabilités
entre les gouvernements, l'industrie, les consommateurs et la
société civile. Le délégué mit l'accent sur: l'amélioration de
l'efficience de l'énergie et des ressources; l'expansion du
recyclage par les gouvernements; le soutien des petites et
moyennes entreprises (PME) dans l'application des processus de
production durable; la nécessité de s'assurer que
l'infrastructure communautaire urbaine est conçue pour une
production et une consommation durables; et le transfert des
technologies écologiquement rationnelles.
La SUISSE déclara que les rapports du Secrétaire Général ont
omis les références aux effets positifs que le changement des
modes de consommation dans les pays industrialisés pouvait avoir
sur les pays en développement et la complexité et l'importance
d'intégrer dans la tarification des produits les coûts
écologiques. La représentante souhaita voir la CDD se focaliser
sur la mise en place d'une base rationnelle pour l'élaboration
des politiques, la promotion de la production propre et l'éco-
efficacité, et sur la sensibilisation et l'information du
consommateur. SAMOA, au nom de l'AOSIS, souligna la dépendance
accrue des combustibles fossiles et le challenge consistant à
changer les modèles de consommation de combustibles fossiles
dans les pays industrialisés. La CHINE affirma que la
dégradation environnementale mondiale était causée
principalement par les modes de consommation et de production
dans les pays industrialisés qui doivent montrer l'exemple dans
le traitement du problème. Le délégué ajouta qu'il était
probable que les indicateurs environnementaux ne changeront pas
le volume de la consommation mais que, par contre, ils pouvaient
être utilisés pour la protection du commerce.
La FEDERATION DE RUSSIE plaida pour une focalisation sur: les
travaux de recherche analytiques, l'évaluation de l'efficacité
des mesures proposées, l'amélioration des mécanismes juridiques
et économiques, la mise sur pied de partenariats constructif,
l'échange d'information, et l'élaboration de programmes
éducationnels.
La NOUVELLE ZELANDE endossa le texte consensuel, approuvé à
l'issue des consultations facilitées par le Coprésident Hanif
(Pakistan), portant sur l'insertion d'un libellé consacré à la
consommation durable dans les Directives des Nations Unies pour
la Protection du Consommateur. Le délégué nota les tendances
inquiétantes dans les industries de pêche et des industries
agricoles à l'échelle mondiale et appela au développement, à
l'analyse, et à l'échange d'information et des données et plaida
pour une focalisation équilibrée sur la consommation et sur la
production. S'agissant de la consommation durable, il fit état
du fardeau placé sur les pays en développement et reconnut
l'importance du transfert des technologies et du renforcement
des capacités.
Le CHILI indiqua la nécessité d'une stabilité économique,
financière et sociale pour la réalisation de modes de
consommation durables dans les pays en développement. L'orateur
nota qu'une participation plus importante de la société civile,
des cadres économiques et régulateurs adéquats, et l'évaluation
de l'impact environnemental étaient essentiels pour la
réalisation de modèles de production et de consommation
durables. Il mit en relief sur le rôle des organisations de
femmes dans la promotion de la consommation durable au Chili.
Le délégués des ETATS-UNIS déclara que le rapport du Secrétaire
Général a manqué de mentionner l'action sur les produits
chimiques. Il fit objection à une modélisation à l'échelle
mondiale et indiqua que de tels efforts doivent être fournis à
un échelon sous-régional ou national. Il suggéra aussi la mise
en relief des Recommandations du Conseil de l'OCDE de 1996 sur
l'Amélioration de la Performance Environnementale des
Gouvernements et la Résolution du Conseil sur l'Amélioration de
la Performance Environnementale de l'OECD. Le MEXIQUE, au nom du
Groupe de Rio, déclara que le rapport du Secrétaire Général
limitait son analyse aux modes de consommation et de production
au plan national, négligeant le contexte mondial. Le délégué
indiqua par ailleurs que le rapport n'abordait pas l'impact sur
l'économie des pays en développement des instruments de
changement des modes de consommation et de production. Il
précisa que l'éco-étiquetage doit être basé sur les conditions
spécifiques des pays et assujetti aux règles du système du
commerce multilatéral. Il indiqua, enfin, que toutes les
subventions exerçaient des effets négatifs et suggéra
l'identification de ce qui pouvait favoriser la mise en place de
politiques environnementales rationnelles.
La NORVEGE parla de l'intérêt constant porté à la production
propre et à la consommation durable. Le délégué affirma que
l'amélioration des modes de consommation et de production était
importante à la fois pour les pays riches et pour les pays
pauvres. Il nota que le transfert des technologies et de
meilleures politiques étaient essentielles à la réalisation de
la consommation durable et indiqua que la Norvège continuera à
soutenir une coopération plus grande entre les pays
industrialisés et les pays en développement à cette fin. Le
SOUDAN indiqua qu'en dépit de l'intérêt porté par la CDD, depuis
1992, à la question des modes de consommation et de production,
la commission n'a pas encore identifié les voies et moyens de
parvenir à une production propre et n'a pas encore traité
l'impact de la mondialisation sur les modes de consommation et
de production. L'orateur souligna la nécessité d'avoir des ponts
de vue clair sur ce sujet. Il mit en exergue l'importance des
différentes traditions, cultures et valeurs sociales, en
particulier dans les pays en développement, pour les modes
durables de consommation et de production.
L'AUSTRALIE déclara qu'il était nécessaire de changer les modes
actuels de consommation et de production et que les pays
industrialisés se devaient de donner l'exemple. Dans ce
contexte, l'Australie organisera un Atelier de l'OCDE sur l'Eco-
efficacité, à Sydney (15-18 mars 1999) suivi par une table ronde
impliquant tous les concernés pour promouvoir l'éco-efficacité.
L'INDONESIE déclara que compte tenu du fait que la
mondialisation présente des opportunités à saisir et des défis à
relever, elle doit être élargie pour inclure la protection du
consommateur, des garde-fous plus important pour le consommateur
et une protection générale de l'environnement. L'�change
d'information concernant la mise en application des politiques
et les bonnes pratiques aidera � parvenir aux d�cisions
rationnelles.
L'IRAN nota que quatre-vingt pour cent de la population
mondiale
est responsable de moins de un tiers de la consommation mondiale
et que vingt pour cent consomment plus de deux tiers. Le d�l�gu�
affirma que les pays exportateurs de p�trole compteront parmi
les pays qui seront touch�s par les changements intervenant au
niveau de la consommation et de la production. L'orateur indiqua
que les priorit�s de ces pays sont en train d'�tre r�trograd�es
et marginalis�es par les instruments �conomiques distordant le
march� et par les taxes pr�lev�es sur l'�nergie, ce qui dilue la
comp�titivit� �conomique des pays exportateurs de p�trole. La
Strat�gie du BRESIL dans le domaine de la consommation et
production durables est guid�e par le principe selon lequel la
consommation durable est une partie essentielle du d�veloppement
durable. La repr�sentante donna un aper�u sur les activit�s
entreprises dans ce cadre, et notamment l'adoption d'une
l�gislation importante, et accueillit favorablement l'id�e que
les n�gociations incorporent la consommation durable dans les
Directives des Nations Unies concernant la Protection du
Consommateur. L'INDE sugg�ra de garantir une consommation
minimale � travers les programmes qui traitent des besoins
nutritionnels, �ducationnel et sanitaires des femmes, de
garantir l'emploi aux ruraux pauvres, et des programmes
d'alphab�tisation. Le d�l�gu� �voqua les activit�s nationales, y
compris l'utilisation des cellules photovolta�ques solaires, et
souligna l'importance de la sensibilisation, de la prise de
conscience du consommateur et des valeurs sociales.
Le repr�sentant de Consumers International, au nom du NGO
CAUCUS
ON SUSTAINABLE PRODUCTION AND CONSUMPTION, mit en exergue la
n�cessit� de l'acc�s � l'information et de la participation dans
les prises de d�cision. Il d�clara que dans le projet de texte
des Directives des Nations Unies sur la Protection du
Consommateur, �tendu sur la base des propositions soumises par
le Sao Paulo, bon nombre de points ont subit des amendements
peu rassurants. Il appuya les Directives, appela � la mise en
place des instruments n�cessaires � les rendre effective, et
proposa des consultations annuelles sur les travaux en cours
dans le cadre de la consommation et de la production.
DANS LES COULOIRS
Motiv�e par l'engagement du Pr�sident de la CDD, Simon
Upton, en
faveur de la tenue d'une session orient�e vers l'action, an mois
d'avril, l'Irlande est en train de proc�der � un sondage dans
les couloirs pour tester le degr� de soutien des diff�rentes
d�l�gations en faveur de l'�tablissement d'un organe de
coordination intergouvernemental pour les initiatives sur les
oc�ans. Avec plus de trente m�canismes internationaux impliqu�s
dans la gestion et la recherche sur les oc�ans, certains
estiment qu'il est temps de faire preuve de plus de coh�rence
dans ce domaine. On s'attend � voir au moins deux papiers
traitant de cette approche �tre soumis dans le courant de la
semaine prochaine.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
DEBAT SUR LE TOURISME : Apr�s l'introduction des rapports du
Secr�taire G�n�ral et des r�unions intersessions pertinentes,
les d�l�gu�s aborderont probablement le th�me du tourisme aux
cours des sessions du matin et de l'apr�s-midi, Salle de
Conf�rence 4.
|