Bulletin des Négociations de la Terre

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Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par l'Institut International du Développement Durable (IIDD)

 

Vol. 4 No. 205
Vendredi, 14 septembre 2007

LES FAITS MARQUANTS DE LA CDP 8 A LA CLD:

JEUDI 13 SEPTEMBRE 2007

Les délégués à la CdP 8 à la CLD se sont réunis dans un segment de haut niveau de 10 h à 21h 30. Le groupe de contact sur les programme et budget et le Comité des amis du président sur le plan stratégique décennal se sont réunis tout le long de la journée et le groupe de contact sur le CRIC s’est réuni l’après-midi et s’est poursuivi dans la soirée.

LE SEGMENT DE HAUT NIVEAU

La présidente de la CdP 8, Cristina Narbona, a ouvert le Segment de haut niveau. Grégoire de Kalbermatten, responsable du secrétariat de la CLD, a présenté, de la part du Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon, une déclaration soulignant que les menaces jumelles des changements climatiques et de la déserti­fication affectent notre capacité de réaliser les OMD d’ici 2015, et qui fait part de sa hâte de voir le rôle que le plan stratégique décennal va jouer dans la lutte contre la désertification.

Le Secrétaire exécutif désigné de la CLD, Luc Gnacadja, a accueilli avec satisfaction l’adoption du plan stratégique décennal qui apporte une cohérence et une compréhension commune à la mise en œuvre de la CLD. Décrivant sa vision de la gestion d’une entreprise réussie, il s’est “engagé,” en concertation avec l’ensemble des acteurs appropriés, à restructurer le Secrétariat de manière à le rendre capable de mettre en application la stratégie, à concrétiser toutes les recommandations figurant dans le rapport de l’UIC ainsi qu’une budgétisation axée sur les résultats et vérifiable, à engager les acteurs du secteur privé et à communiquer, de manière régulière, avec le public.

Quatre-vingt-cinq orateurs se sont ensuite adressés au Segment de haut niveau, dont 17 ministres et 9 vice-ministres. Plusieurs orateurs, dont les délégués de BAHRAIN, du CAP VERT, de la CROATIE, de la REPUBLIQUE DOMINICAINE, du KIRGHIZSTAN, du MAROC, du NEPAL, de l’OUGANDA, du VIETNAM et du YEMEN, ainsi que de l’UNION DU MAGHREB ARABE, ont donné un aperçu des activités menées par leur pays dans le cadre de la CLD. Plusieurs orateurs, dont les délégués du SOUDAN et de la PALESTINE, ont souligné les liens entre les ressources naturelles et les conflits. Le délégué du GUATEMALA a parlé des efforts régionaux que son pays est en train de conduire. La NAMIBIE a décrit les efforts nationaux visant à l’adaptation aux changements climatiques, avec une concentration sur les changements devant être apportés dans les systèmes agricoles. L’AFRIQUE DU SUD a décrit ses activités, y compris la mise en place du Réseau de surveillance de la biodiversité, la gestion des plantes exotiques et les stratégies de gestion des feux de veld.

La GUINEE EQUATORIALE a appelé à des directives de la CdP dans l’élaboration des synergies entre les Conventions de Rio. La ROUMANIE a déclaré que la CCCC et la CDB pourraient tirer profit des synergies avec la CLD et pas simplement vice versa. La GAMBIE a déclaré que le manquement à l’acceptation des liens entre les Conventions de Rio sera le signe d’un manque de sérieux et d’engagement en faveur de la CLD. La BOLIVIE a mis en relief les liens entre les eaux et les sols. Le délégué de l’ALBANIE a rapporté que son pays a élaboré un document stratégique sur les synergies entre les trois Conventions de Rio.

La BARBADE a mis l’accent sur la connexion entre les changements climatiques et la désertification et, aux fins de mieux y faire face, a appelé à établir un lien interinstitutionnel formel et à l’établissement d’un programme de coopération, ainsi qu’à une collaboration avec les pays pour comprendre les principales vulnérabilités. Soulignant que la CdP 8 marque un tournant pour la CLD, HAÏTI a réitéré l’importance des synergies des trois Conventions de Rio, et le Portugal, au nom de l’UE, a mis l’accent sur l’adjonction de la rareté de l’eau et la gestion des ces intercon­nexions.

Outre la déclaration que la synergie entre les conventions devrait “aller au-delà des mots,” le BURKINA FASO a indiqué que la CLD est un outil pour la réalisation des OMD, mais qu’elle est entravée par des contraintes de ressources. Mettant en exergue le potentiel de la CLD en tant qu’instrument pour le traitement de la pauvreté, l’ALLEMAGNE a déclaré que la Convention est centrée sur les êtres humains et non sur les institutions. Le délégué des ÎLES SALOMON a appelé, contre l’érosion des terres, à des solutions centrées sur l’être humain. Le VENEZUELA, soulignant la contribution en ressources qu’il a apportée à la mise en œuvre de la CLD, a indiqué que l’APD n’augmente pas la dépendance et la pauvreté. L’IRAN a déclaré que la synergie doit commencer au niveau national.

La CCCC a donné un aperçu de sa récente étude sur l’inves­tissement et les flux financiers, qui indique que le financement réservé actuellement à l’adaptation est insuffisant pour la satisfac­tion des besoins futurs en matière d’adaptation, et a indiqué que le Groupe de liaison conjoint (GLC) des Conventions de Rio a déter­miné l’adaptation et traité le déboisement comme étant les domaines de collaboration prioritaires. La CDB a souligné que la réunion de mercredi du GLC avait adopté quatre mesures concrètes pour améliorer les synergies entre les Conventions. L’OMM a élaboré sur l’établissement, en coopération avec la CLD, du Centre de gestion des sécheresses pour le sud-est européen.

Le Pakistan, au nom du G-77/CHINE, a rappelé que le Plan d’action 21 et le Plan de mise en œuvre de Johannesburg détermine la CCCC comme étant l’instrument clé du traitement des change­ments climatiques, et a appelé au renforcement des mécanismes de financement des activités d’adaptation, y compris à travers le FEM et autres fonds en rapport. L’ARMENIE a souligné les rôles des sources de financement, telles que le Fonds d’adaptation et le MDP, dans le traitement de la désertification et les changements climatiques. Le GABON a déclaré que ses forêts absorbent l’équivalent carbonique de la quantité émise par les cinq grandes puissances européennes, et que les pays polluants devraient payer pour le problème causé.

Présentant la Position commune africaine, le GHANA a encouragé les parties à honorer leurs obligations, a soutenir et à institutionnaliser les URC et au renforcement de la coordination entre le MM et le secrétariat.
Au sujet du plan stratégique décennal, les orateurs ont suggéré: qu’il nécessite des objectifs concrets, de préférence quantitatifs (MEXIQUE); qu’il devrait mettre l’accent sur l’amélioration des capacités au niveau local, pour l’adaptation aux changements climatiques et sur l’accroissement du soutien destiné aux pays en développement pour la lutte contre la désertification (CHINE); qu’il permettra l’adoption de meilleures stratégies intégrées région­ales et mondiales (HONDURAS); qu’il devrait rendre compte des besoins des pays du sud-est européen (MOLDAVIE); qu’il devrait être accompagné d’un cadre de mise en œuvre (TCHAD); et qu’il nécessite un budget substantiel pour être efficace (GUINEE). Le SWAZILAND a déclaré que toutes les parties devraient le mettre en application, dans la mesure des différents moyens dont elles disposent.

L’UE a not� que l’approbation du plan strat�gique d�cennal et d’un budget ad�quat, assortie d’une collaboration solide entre le Secr�tariat et le MM, fournit les conditions requises pour la mise en œuvre de la CLD. La C�TE D’IVOIRE a d�clar� que le plan devrait �tre adopt� et les r�formes requises, appliqu�es.

Au sujet du MM, les orateurs ont d�clar� qu’il devrait: �tre localis� au sein du FIDA (GUATEMALA); coop�rer, de mani�re plus �troite, avec le Secr�tariat et poursuivre le travail dans le cadre de ses nouvelles r�formes (BENIN); �tre renforc� dans sa structure (BRESIL); et s’engager dans le renforcement des capacit�s (MALI). Le FIDA a soulign� son grand engagement en faveur du MM. Le MM a d�clar�: qu’il a h�te de “travailler comme un seul organe” avec le Secr�tariat, sur la base de leurs diff�rents mandats et fonctions; que la coop�ration du MM avec le FIDA est en train de devenir plus solide; et que la CdP a d�j� fourni aux MM et au Secr�tariat, des directives solides sur la mani�re d’aller de l’avant. Le NIGERIA a d�clar� qu’on ne devrait pas faire du MM un secr�tariat de rechange ou l’engager dans des fonctions en concurrence avec celle du Secr�tariat. Affirmant son engagement en faveur des Principes de Rio et de la D�claration de Paris, la NORVEGE a mis en relief l’�tablissement des priorit�s de la gestion durable des terres, de mani�re � qualifier la CLD au financement.

Le d�l�gu� des EAU a plaid� pour le renforcement des UCR, la MAURITANIE a exprim� son engagement en leur faveur, et le SENEGAL a appuy� l’id�e d’en faire des institutions du Secr�tariat.

L’ARGENTINE a parl� du r�le d’organes scientifiques, tels que le GIEC et le CST, dans la d�termination des m�thodes et solu�tions pour la lutte contre la d�sertification. Le NIGER a indiqu� que le CST devrait faire davantage pour s’assurer que les connaissances scientifiques soient disponibles aux populations. La FRANCE a d�clar� que la CLD devrait �tre le centre d’information et d’exper�tise sur la d�sertification. Le KENYA a indiqu� que la Convention devrait se concentrer sur des outils, mod�les et m�thodes aptes � �tre am�lior�s par les parties. Le d�l�gu� de l’ISLANDE a plaid� pour l’�tablissement d’un groupe d’experts ind�pendant pour la CLD, et a rapport� les r�sultats des r�cents forums sur les sols, tenus dans son pays. ISRA�L a d�crit le R�seau mondial nouvelle�ment �tabli sur les Instituts de recherche sur les terres s�ches (RMIRTS) qui peuvent aider le travail du CST.

La LYBIE, la SYRIE, l’ALGERIE et l’ARABIE SAOUDITE, entre autres, ont apport� leur appui � la proposition de proclamer 2010-2020, d�cennie de la lutte contre la d�sertification. Le QATAR a d�clar� qu’il souhaitait accueillir la prochaine CdP. Le ZIMBABWE a accueilli avec satisfaction les contributions et les d�lib�rations �manant de cette conf�rence sur les pr�paratifs des CDD 16 et 17.

DJIBOUTI a plaid� pour des r�formes au sein du FEM, qui am�liorent l’�quit� entre les Conventions de Rio. La TANZANIE a soulign� au FEM le besoin de cr�er des capacit�s en mati�re d’�lab�oration des programmes. La JORDANIE a r�it�r� l’importance du FEM en tant que principal m�canisme de financement de la CLD, a encourag� la revitalisation du MM, et a appel� � une assistance au-del� de l’Afrique.

La ZAMBIE a appel� les pays industrialis�s parties � adopter des mesures d’encouragement du commerce �quitable qui permettraient � la Zambie et � la Communaut� de d�veloppement de l’Afrique australe (SADC) d’accroitre leur participation dans le commerce international, telles que des mesures en faveur des produits organiques et des produits forestiers.

GROUPE DE CONTACT DE COMPOSITION NON LIMITEE – PROGRAMME ET BUDGET

Copr�sid� par Ositadinma Anaedu (Nigeria) et Jozef Buys (Belgium), le groupe de contact s’est r�uni tout le long de la journ�e. Diverses options concernant le budget ont �t� soumises par les d�l�gations, notamment: l’adoption de la proposition de budget du Secr�tariat; une augmentation budg�taire de 10%, en euros; une augmentation budg�taire de 5% en dollars; et une augmentation nominale nulle en dollars. Anaedu a expliqu� qu’une augmentation de 5% en dollars signifierait une baisse de 10% en euros.

Suite � la suggestion d’une d�l�gation, le groupe a d�termin� les principaux messages qui devraient �tre transmis dans la d�ci�sion concernant les programme et budget, y compris: l’alignement du budget sur le plan strat�gique; la recherche de l’efficacit� dans l’utilisation des ressources et des op�rations du Secr�tariat et du MM; la recherche d’une utilisation judicieuse des ressources du Fonds suppl�mentaire; la prise en compte de toutes les d�cisions de la CdP; et la clart� des rapports financiers �tablis sur la base d’une gestion ax�e sur les r�sultats.

Le groupe a ensuite proc�d� � une deuxi�me lecture du Projet de d�cision 23/COP 8 (programme et budget). Les d�l�gations sont parvenues � s’accorder, entre autres, sur les paragraphes: accueil�lant favorablement l’adoption du plan strat�gique d�cennal; prenant note de la d�signation, par le Secr�taire G�n�ral de l’ONU, du Secr�taire ex�cutif au rang de Secr�taire G�n�ral adjoint; et notant que les op�rations du Secr�tariat et du MM doivent �tre g�r�es sur la base du montant du budget central biennal approuv�. Les d�l�gations reprendront les n�gociations autour des libell�s crochet�s, vendredi. 

GROUPE DE CONTACT DE COMPOSITION NON LIMITEE – CRIC

Le groupe de contact pr�sid� par Bongani Masuku (Swaziland) s’est r�uni l’apr�s-midi. Les d�l�gu�s ont �t� inform�s que, pour des raisons juridiques, il n’est pas possible d’harmoniser les rapports �tablis dans le cadre des trois Conventions de Rio, ils ont ensuite modifi� la formulation portant sur ce sujet, figurant dans le projet de d�cision 6 du CRIC, pour demander au Secr�tariat, avec d’autres secr�tariats du GLC, de fournir des conseils sur la mani�re de rendre les rapports plus efficaces.

Au sujet du projet de d�cision L.15 de la GC, les parties ont d�cid� de renouveler le mandat du CRIC en tant qu’organe subsidi�aire de la CdP. Elles ont convenu qu’il devrait fonctionner en vertu de ses attributions actuelles “selon ce qu’il convient” et que ces attributions devraient �tre “r�vis�es en fonction des besoins,” � la CdP 9, en gardant � l’esprit le plan strat�gique d�cennal, les d�ci�sions pertinentes de la CdP 8, et les r�sultats des CRIC 7 et 8.

DANS LES COULOIRS

Le “Comit� des amis du pr�sident” sur le plan strat�gique d�cennal s’est r�uni tout le long de la journ�e et �tait susceptible de travailler jusque tard dans la nuit, jeudi, suite � une “perc�e” r�al�is�e � 2 h du matin, jeudi. On croit savoir que les parties pourraient avoir d�cid�: d’avoir l’UIC mener une �valuation du MM, ainsi que du cahier des charges de l’�valuation; et de continuer � soutenir les UCR, en attendant l’�laboration de propositions r�gionales sur les m�canismes pour la facilitation de la coordination r�gionale et l’�valuation men�e par le Secr�tariat des initiatives actuelles, pour examen � la CdP 9. Les progr�s, d’ordre g�n�ral, accomplis ont �t�, selon des sources inform�es, lents, et jeudi soir les d�l�gu�s ont abord� uniquement les dispositions relatives au Secr�tariat, au MM et au suivi de la performance, et a signal� qu’on allait sans doute vers une situation sans issue, le groupe sur le budget en train d’attendre que des progr�s soient accomplis sur le plan strat�gique et vice versa.

  COMPTE RENDU FINAL DU ENB: Le num�ro du Earth Negotiations Bulletin consacr� � la synth�se et analyse de la CdP 8, sera disponible en ligne � partir du lundi 17 septembre 2007, �: http://www.iisd.ca/desert/cop8/

Ce num�ro du Earth Negotiations Bulletin � <enb@iisd.org> a �t� r�dig� par Alexandra Conliffe, Wagaki Mwangi, Lynn Wagner, Ph.D. et Kunbao Xia. Edition num�rique: Diego Noguera. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Edition en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James “Kimo” Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le Royaume-Uni (� travers le d�partement du d�veloppement international (DFID), le gouvernement des Etats-Unis d'Am�rique (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales du d�partement d'Etat am�ricain), le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI), le minist�re danois des affaires �trang�res, le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)), le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res et la commission europ�enne (DG-ENV) et le minist�re italien de l'environnement, de l'am�nagement du territoire et de la protection de la mer. Un soutien g�n�ral est accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2007, par: l'Office f�d�ral suisse de l'environnement (FOEN), les minist�re norv�giens des affaires �trang�res et de l'environnement, le gouvernement australien, le minist�re f�d�ral autrichien de l'environnement, les minist�re su�dois de l'environnement, le minist�re n�o-z�landais des affaires �trang�res, SWAN International, le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES) et le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise du Earth Negotiations Bulletin est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF, et la version espagnole, par le minist�re espagnole de l'environnement. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tous renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD par courriel �: <kimo@iisd.org> ou par t�l�phone au: +1-646-536-7556 ou par voie postale au: 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L’�quipe du ENB � la CdP 8 de la CCD est joignable par e-mail � <lynn@iisd.org>.