Bulletin des Négociations de la Terre

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Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par l'Institut International du Développement Durable (IIDD)

 

Vol. 4 No. 204
Jeudi, 13 septembre 2007

LES FAITS MARQUANT DE LA CDP 8 DE LA CLD:

MERCREDI 12 SEPTEMBRE 2007

Les délégués à la CdP 8 de la CLD se sont réunis dans une séance du matin de la Grande Commission et une table ronde ministérielle de l’après-midi, consacrées au thème Désertification et adaptation aux changements climatiques. Les groupes de contact sur les programme et budget et sur le CRIC, et le Comité des Amis du Président sur le plan stratégique décennal, se sont réunis tout le long de la journée.

LA GRANDE COMMISSION

REGLE 47: Le président de la GC, Ositadinma Anaedu (Nigeria), a ouvert la réunion et le secrétariat a invité les délégués à examiner le projet de texte de la Règle 47 (majorité des voix requise pour l’adoption des décisions) (ICCD/COP(8)/6). Le BRESIL, appuyé par l’ARABIE SAOUDITE et le CANADA, a déclaré que le consensus est la meilleure méthode pour les organ­ismes multilatéraux et n’a pas apporté son soutien à des procédures décisionnelles par voie de scrutin. Le président Anaedu a noté qu’il n’y avait pas d’objection.

LA TABLE RONDE MINISTERIELLE SUR LA DESERTIFICATION ET L’ADAPTATION AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

La présidente de la CdP 8, Cristina Narbona, a présidé une table ronde ministérielle durant l’après-midi. Plusieurs orateurs ont félicité le Secrétaire exécutif de la CLD désigné, Luc Gnacadja, placé à leurs côtés à la tribune. Plusieurs orateurs ont indiqué qu’ils attendaient avec impatience les discussions et le résultat de la réunion de la CLD prévue au mois de décembre prochain à Bali, Indonésie.

Laurent Sedego, ministre de l’environnement et de la qualité de vie, BURKINA FASO, a noté que la désertification entrave le développement de son pays, qu’elle est liée à la pauvreté et qu’elle cause des conflits accrus. Il a appelé à un cadre pour le dialogue aux niveaux international et régional et à la mobilisation de fonds pour le traitement des questions interconnectées de la désertifica­tion et des changements climatiques.

Juan Mario Dary Fuentes, ministre de l’environnement et des ressources naturelles, GUATEMALA, a parlé du travail accompli dans le domaine de l’efficacité énergétique dans son pays, soulig­nant son rôle dans la réduction de la pauvreté et la concrétisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Il a indiqué que l’expansion des investissements privés et publics et l’intégration des considérations touchant aux risques liés aux changements climatiques, restent des défis clés à relever.

Patrizia Sentinelli, vice-ministre des affaires étrangères, ITALIE, a suggéré qu’un instrument consacré à la sécheresse et à l’accès à l’eau améliorerait le traitement de ces questions par la communauté internationale, et a signalé que le gouvernement italien est prêt à accueillir une conférence mondiale sur le droit à l’eau et à la lutte contre la désertification.

Evoquant les récentes oscillations climatiques extrêmes aux Caraïbes, Ligia Dastro de Doens, administrateur général, Autorité nationale de l’environnement, PANAMA, a mis en relief les syner­gies entre les trois Conventions de Rio, et a parlé de l’approche de gestion par écosystème adoptée par Panama dans le domaine de la conservation.

Humberto Rosa, secrétaire d’Etat, ministre de l’environne­ment, de l’aménagement du territoire et du développement régional, PORTUGAL, a déclaré que toutes les sources de finance­ment, y compris celles privées, devraient être prises en considéra­tion et que l’APD devrait être liée aux objectifs du développement durable. Il a mis en relief les réductions d’émissions de gaz carbon­ique proposées par l’UE, en fonction des engagements qui seront pris par d’autres dans ce sens, et a souligné le besoin de remodeler l’approche de la gouvernance environnementale internationale.

Le ministre des ressources naturelles et de l’environnement de SAMOA, Faumina Liuga, a parlé des progrès accomplis dans le PAN de Samoa, parachevé en 2006, et de ses financeurs. Il a noté les défis posés par les changements climatiques aux petits Etats insulaires, et a encouragé la CLD à se concentrer sur cette question.

Cristina Narbona, ministre de l’environnement, ESPAGNE, a déclaré qu’il devrait y avoir une progression vers un nouveau modèle de gouvernance, a plaidé pour la mise en place d’une Organisation des nations Unies pour l’environnement, et a indiqué qu’on devrait tirer profit des instruments disponibles, tels que ceux ayant trait aux changements climatiques et aux forêts.

Yvo de Boer, secrétaire exécutif, Convention-cadre sur les changements climatiques, a déclaré que “c’est la volonté politique et non des réformes institutionnelles, quelles qu’elles soient,” qui habilitera les trois Conventions à donner des résultats, et a parlé de quatre domaines de synergie potentielle entre la CCCC et la CLD, à savoir: le reboisement et la gestion des sols; l’adaptation; la sensibilisation, la conscientisation, l’information et la science; et l’atténuation.

Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif, Convention sur la diver­sité biologique (CDB), a rapporté que l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques est en train d’élaborer des directives concernant la manière d’intégrer les changements climatiques dans tous les programmes de travail de la CDB, et a appelé à l’élaboration d’outils d’adaptation.

Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, a souligné la valeur des systèmes d’observation et d’alerte précoce, du renforcement des capacités dans le domaine de la diffusion des informations, et de l’intégra­tion de la prévention des risques dans les décisions politiques prises dans le cadre des synergies entre les Conventions.

Le secrétaire exécutif désigné, Luc Gnacadja, a évoqué la récente étude de l’Université des Nations Unies sur les change­ments climatiques et la désertification, qui classe ces sujets parmi “les plus grands défis de notre temps.” Il a noté la nécessité d’une volonté politique à tous les niveaux, et à la mise à contribution de nouveaux acteurs, notamment, le secteur priv�.

Au cours du d�bat, la GUINEE a soulign� le besoin de technol�ogies agricoles capables de ma�triser les �missions de gaz � effet de serre. Le d�l�gu� de la MOLDAVIE a accueilli avec satisfaction les appels � la synergie et a indiqu� qu’il est � la recherche de parte�naires pour la mise en œuvre de la CLD. L’EGYPTE a encourag� le financement de l’adaptation aux changements climatiques et du plan strat�gique d�cennal, pour r�activer la coop�ration sud-sud, et a offert de fournir une formation en Afrique dans le domaine du g�nie phytog�n�tique pour aider � combattre l’�rosion des terres. Le d�l�gu� du TCHAD a exprim� le souhait de rencontrer le secr�taire ex�cutif de la CDB. CUBA a rappel� le principe de responsabilit�s communes mais diff�renci�es et a d�clar� que des sacrifices doivent �tre consentis par les pays donateurs. L’ARABIE SAOUDITE a soulign� que la d�sertification touche tous les pays. L’IRAN a mis en exergue les avantages de l’approche de gestion par �cosyst�me dans les initiatives relatives aux terres s�ches. HA�TI a appel� la communaut� internationale � soutenir la suppression progressive des effets des changements climatiques. Pour r�aliser des synergies entre les Conventions, la SYRIE a appel� � un cadre de la mise en œuvre int�gr�. La POLOGNE a parl� de l’importance du boisement et a indiqu� qu’elle mettra l’accent sur la gestion des for�ts lorsqu’elle accueillera la CdP 14 de la CCCC � Poznan, en d�cembre 2008. La TURQUIE a mis en exergue la conservation des sols. Le KENYA a demand� � �tre �difi� sur les causes du manque de volont� politique.

GROUPE DE CONTACT DE COMPOSITION NON LIMITEE – PROGRAMME ET BUDGET

Copr�sid� par Jozef Buys (Belgique) et Ositadinma Anaedu (Nigeria), le groupe de contact s’est r�uni toute le long de la journ�e. Un projet de d�cision r�vis� sur la base de la discussion de mardi, a �t� distribu�. Le groupe a d’abord examin� la question du Fonds suppl�mentaire. Une d�l�gation a soulign� le besoin de restructurer le secr�tariat et plusieurs d�l�gations ont indiqu� que le budget du secr�tariat devrait �tre ajust� de mani�re � �tre en phase avec le plan strat�gique d�cennal. Une autre d�l�gation a d�clar� que la CdP ne devrait pas micro-g�rer le Fonds suppl�mentaire.

Le groupe a examin� une note �manant du pr�sident du CST � l’intention du pr�sident de ce groupe, note qui d�crit les implica�tions financi�res des d�cisions du CST. Le secr�tariat a pr�sent� des �claircissements sur les implications budg�taires associ�es aux activit�s du CST, y compris le programme de bourses universi�taires, le projet LADA, les r�unions du Bureau du CST et les sessions ordinaires du CST. Une d�l�gation a d�clar� qu’�tant donn� que ces implications financi�res seront le r�sultat des d�ci�sions de la CdP, les d�l�gu�s devraient les accepter. Plusieurs d�l�gations ont d�clar� que le budget devrait �tre examin� lorsqu’elles auront les conclusions des autres groupes de contact. 

Le groupe a �galement examin� le budget du MM (ICCD/COP(8)/2/Add.2). Le MM a pr�sent� le budget, a expliqu� ses besoins en mati�re de personnels et a r�pondu aux questions des d�l�gu�s. Une d�l�gation a encourag� le groupe � ne pas s’attarder sur les d�tails ou la micro-gestion du budget. Le copr�sident Buys a indiqu� que le budget du MM serait int�gr� dans le budget du secr�tariat et examin� davantage. Il a clos la r�union en pr�cisant qu’il attendait le feedback des groupes sur le plan strat�gique d�cennal et sur le CRIC, jeudi.

GROUPE DE CONTACT DE COMPOSITION NON LIMITEE –  CRIC

Le groupe de contact pr�sid� par Bongani Masuku (Swaziland) s’est r�uni bri�vement le matin et a convenu de se r�unir de nouveau l’apr�s-midi, pour examiner deux projets de d�cisions suppl�mentaires, soumis par la GC.  Les d�l�gu�s ont achev� une premi�re lecture du projet de d�cision L.16 concernant le suivi du SMDD et les pr�paratifs des CDD 16 et CDD 17. Les parties ont diverg� sur le point de savoir si elles devaient demander au secr�taire ex�cutif de la CLD d’influencer le programme de travail ou les r�sultats des CDD 16 et CDD 17, ainsi que sur le niveau de d�tail qu’elles devaient fournir au secr�taire ex�cutif � cet effet. Le libell� consacr� � ce sujet est rest� crochet�.

Le groupe de contact a entam� l’examen du projet de d�cision L.15 concernant les proc�dures ou m�canismes institutionnels suppl�mentaires pour aider � l’�valuation de la mise en œuvre de la Convention. Le pr�sident du CRIC, Franklin Moore (Etats-Unis) a expliqu� que toutes les d�cisions li�es au CRIC, � l’exception de celle concernant le programme de la CRIC 7, ont �t� transmises au groupe de contact sur le CRIC, par le groupe de contact sur le plan strat�gique d�cennal, aux fins de faciliter le parach�vement des travaux. Toutes les parties se sont accord�es sur le souhait de renouveler le mandat du CRIC, mais ne sont pas parvenues � s’entendre sur le point de savoir si, oui ou non, il fallait en faire un organe subsidiaire permanent de la CdP. Plusieurs parties ont sugg�r� de renouveler le mandat du CRIC jusqu’� la CdP 9, pour donner le temps d’�tablir les attributions de son �tablissement comme organe permanent � partir de l�. Une d�l�gation a soulign� que de nombreux pays en d�veloppement estiment que le CRIC est le “cœur” de la Convention et a encourag� les parties � “pr�senter une d�claration” l� dessus. La d�l�gation a sugg�r� de rendre le CRIC un organe permanent, sous r�serve de l’adoption de ses attri�butions � la CdP 9. Les parties ont d�cid� de ne pas proc�der � l’�laboration des attributions � la CdP 8 mais n’ont pas pu aller plus loin dans le consensus.  Le groupe se r�unira de nouveau jeudi.

DANS LES COULOIRS I

Le “Comit� des Amis du pr�sident” sur le plan strat�gique d�cennal s’est enferm� dans des n�gociations priv�es tout l’apr�s-midi de mardi et toute la journ�e de mercredi. Durant cette p�riode, le groupe s’est, croit-on savoir, focalis� de mani�re pr�dominante, sur les sept �l�ments d�cisionnels concernant la coordination entre le secr�tariat et le MM. Certains ont rapport� que les d�l�gu�s �taient pr�s du consensus, l’unique question rest�e en suspens �tant la proposition de poursuivre le soutien aux “UCR disponibles.” Des rapports sugg�rent que les deux autres sujets qui ont suscit� l’int�r�t, sont la proposition demandant au secr�taire ex�cutif, en collaboration avec le MM, d’examiner les propositions r�gionales et les voies et moyens de les rendre op�rationnelles, et la proposi�tion de mener une �valuation externe ind�pendante du MM. Plusieurs d�l�gu�s ont fait part, mercredi soir, de leur optimisme de voir une avanc�e rapide se produire, jeudi, vers un accord sur les propositions que le groupe de composition non limit�e a “mis de c�t�” lorsqu’il a transmis le projet aux “Amis” du pr�sident

DANS LES COULOIRS II

Au moment o� la discussion du budget entamait un d�marrage, croit-on savoir, lent mais cordial, certains participants ont fait part de leurs r�serves concernant le point de savoir si l’atmosph�re constructive allait continuer lorsque les interconnexions entre les groupes de contact seront abord�es. Quelques d�l�gations ont estim� que les n�gociations sur le budget devraient commencer lorsqu’elles auront les r�sultats des autres groupes de contact et, en particulier, ceux du groupe sur le plan strat�gique. Toutefois, un d�l�gu� a fait remarquer qu’attendre ces r�sultats pour commencer le travail risquait de donner lieu � des pourparlers nocturnes tardifs, vendredi. Plusieurs d�l�gu�s ont exprim� l’espoir de voir les efforts de coordination avec les divers groupes en vue d’obtenir un renseignement sur les �ventuelles implications financi�res des r�sultats de ces groupes, �tre g�r�s avec soin.

En attendant, les d�l�gu�s ont sembl� positifs au sujet de l’introduction “sans bruit” du secr�taire ex�cutif d�sign� de la CLD, Luc Gnacadja, � la CdP, notant qu’il “a bien jou� sa parti�tion,” la table ronde n’�tant pas “son” forum, mais le forum des ministres. Gnacadja est arriv� � Madrid pendant le week-end pour “�tudier le paysage” et il est en train de travailler avec, dans la poche, une longue liste de groupes et de personnes � consulter.

Ce num�ro du Earth Negotiations Bulletin � <enb@iisd.org> a �t� r�dig� par Alexandra Conliffe, Wagaki Mwangi, Lynn Wagner, Ph.D. et Kunbao Xia. Edition num�rique: Diego Noguera. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Edition en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James “Kimo” Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le Royaume-Uni (� travers le d�partement du d�veloppement international (DFID), le gouvernement des Etats-Unis d'Am�rique (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales du d�partement d'Etat am�ricain), le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI), le minist�re danois des affaires �trang�res, le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)), le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res et la commission europ�enne (DG-ENV) et le minist�re italien de l'environnement, de l'am�nagement du territoire et de la protection de la mer. Un soutien g�n�ral est accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2007, par: l'Office f�d�ral suisse de l'environnement (FOEN), les minist�re norv�giens des affaires �trang�res et de l'environnement, le gouvernement australien, le minist�re f�d�ral autrichien de l'environnement, les minist�re su�dois de l'environnement, le minist�re n�o-z�landais des affaires �trang�res, SWAN International, le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES) et le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise du Earth Negotiations Bulletin est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF, et la version espagnole, par le minist�re espagnole de l'environnement. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tous renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD par courriel �: <kimo@iisd.org> ou par t�l�phone au: +1-646-536-7556 ou par voie postale au: 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L’�quipe du ENB � la CdP 8 de la CCD est joignable par e-mail � <lynn@iisd.org>.