Bulletin des Négociations de la Terre

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Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par l'Institut International du Développement Durable (IIDD)

 

Vol. 4 No. 197
Mardi 4 septembre 2007

LES FAITS MARQUANTS DE LA CDP 8 DE LA CLD:

LUNDI 3 SEPTEMBRE 2007

La huitième session de la Conférence des Parties (CdP 8) à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CLD) s’est ouverte au Palais des Congrès à Madrid, Espagne, lundi 3 septembre 2007. Après une cérémonie de bienvenue organ­isée sous l’égide des Prince et Princesse héritiers d’Espagne, la première réunion plénière de cette session de deux semaines a entendu les déclarations liminaires des représentants des groupes régionaux, des agences et organismes des Nations Unies et des organisations non gouvernementales.

LA CEREMONIE D’OUVERTURE

La CdP 8 a été déclarée ouverte à 12 h 03. Dans son allocution d’ouverture, Grégoire de Kalbermatten, le responsable en charge du secrétariat de la Convention, a souhaité la bienvenue au Prince et à la Princesse des Asturies, a rendu hommage à l’Ex-Secrétaire exécutif de la CLD, Hama Arba Diallo et a déclaré que la CdP 8 est un moment important de l’évolution de la CLD, compte tenu des récents événements climatiques et des progrès accomplis dans l’élaboration de la stratégie de mise en œuvre de la CLD.

David Mwiraria (Kenya), président de la CdP 7, a rendu hommage à Diallo. Il a ensuite mis en exergue le plan stratégique décennal et les programme et budget au titre de 2008-2009 comme étant deux des points les plus importants devant être traités à la CdP 8.

Alberto Ruiz Gallardón, maire de Madrid, a souhaité aux participants la bienvenue à Madrid et a parlé du modèle de ville adapté à la lutte contre la désertification, qui vise à améliorer la qualité de vie, à impulser l’utilisation efficace de l’eau et à accroître les espaces verts de Madrid.

Cristina Narbona, ministre espagnole de l’environnement, a indiqué que son pays a doublé son APD et a accru son soutien en faveur de l’Afrique, et qu’il s’est engagé à soutenir davantage les pays touchés, dans leurs efforts de lutte contre la désertification. Elle a appelé à l’exploration de nouveaux instruments financiers et de nouvelles initiatives permettant d’impulser la mise en œuvre de la Convention, à la CdP 8.

Felipe de Borbón, Prince des Asturies, a souhaité aux partici­pants la bienvenue en Espagne, a parlé des efforts fournis, de longue date, par l’Espagne pour combattre l’érosion des sols, et a décrit les liens locaux et mondiaux quant aux causes à l’origine du problème de la désertification et aux solutions devant lui être apportées.

LA PLENIERE D’OUVERTURE

Le président de la CdP 7, Mwiraria, a déclaré ouverte la CdP 8. Les délégués ont élu par acclamation le ministre Narbona comme président de la CdP 8. Le responsable du secrétariat, Kalbermatten, a donné un aperçu du travail accompli par le secrétariat depuis la CdP 7. Il a fait état du rôle du président Moore dans la réussite de la cinquième session du CRIC et a déclaré que le secrétariat aspire à un renforcement de la coopération avec le Mécanisme mondial (MM).

ADOPTION DE L’ORDRE DU JOUR ET DE L’ORGANI­SATION DES TRAVAUX: Le président de la CdP 8, Narbona, a invité les délégués à examiner le document concernant l’Adoption de l’ordre du jour et de l’organisation des travaux (ICCD/COP(8)/1 et Corr.1) et a fait état de deux modifications proposées par le Bureau: un nouveau sous-article à ajouter au point 14 de l’ordre du jour (AIDD) concernant la décennie des déserts et de la lutte contre la désertification (2010-2020); et un point 10 de l’ordre du jour rebaptisé (unités de coordination régionales, UCR). L’ordre du jour a été adopté comme révisé oralement.

ELECTION DES MEMBRES DU BUREAU AUTRES QUE LE PRESIDENT: Le président Narbona a invité les délégués à élire neuf vice-présidents et le président du Comité sur la science et la technologie (CST). La CdP a élu Sem Shikongo (Namibie), Siddarth Behura (Inde), Khaled al-Sharaa (Syrie), Jii Hlavacek (République tchèque), Yurie Kolmaz (Ukraine) et Mary Rowen (Etats-Unis d’Amérique). Le secrétariat a signalé que le Groupe des pays d’Amérique Latine et des Caraïbes avait nominé Trinité et Tobago et l’Uruguay, mais que les noms des représen­tants n’ont pas été encore fournis au Bureau. L’Ouganda a indiqué que la Tunisie présenterait le nom du second représentant africain. Les délégués ont élu William Dar (Philippines) comme président du CST et ont noté que Franklin Moore (États-Unis) a été élu prési­dent des CRIC 5 et 6.

Les délégués ont ensuite établi une Grande commission (GC). Le président Narbona a indiqué que le Bureau avait modifié le programme de travail de la GC pour donner davantage de temps à la discussion du point 9 de l’ordre du jour (suivi de l’UIM et de l’élaboration de la stratégie). La discussion de ce point et du point 6 de l’ordre du jour (UCR) commencera mardi matin 4 septembre et la discussion des programme et budget commencera vendredi 7 septembre.

VERIFICATIONS DES POUVOIRS DES ORGANISA­TIONS ET ADMISSION DES OBSERVATEURS: Les délégués ont adopté le document concernant la vérification des pouvoirs des organisations intergouvernementales et non gouv­ernementales et  l’admission des observateurs (ICCD/COP(8)14 et Add.1), sans observations.

DECLARATIONS DES PARTIES, DES AGENCES ET DES OBSERVATEURS: Dans leurs allocutions liminaires, les délégations ont rendu hommage au travail accompli par l’Ex- Secrétaire exécutif Diallo. Plusieurs d’entre elles ont également fait part de leur volonté de travailler ensemble de manière cordiale et constructive durant la CdP 8.

Le PAKISTAN, au nom du G-77/Chine, a indiqué que le Groupe est satisfait des progrès accomplis par la CLD. Le délégué a accueilli favorablement le travail accompli par le Groupe de travail intergouvernemental intersession (GTII), a fait part de son appui en faveur du MM en tant qu’instrument utile et a exprimé sa croyance qu’un Secrétariat amélioré améliorera la mise en œuvre de la CLD. Il a appelé les pays industrialisés à honorer les obliga­tions qui sont les leurs en fournissant des ressources financières adéquates aux pays en développement et a invité le FEM à renforcer son domaine de mobilisation relatif à l’érosion des terres et à lui affecter davantage de ressources dans la prochaine reconsti­tution des fonds. Il a également appelé les parties à adopter les programme et budget du secrétariat au titre de 2008-2009. Il a soul­igné l’importance de l’intégration de la mise en œuvre de la CLD dans les programmes d’adaptation aux changements climatiques. Il a déclaré être d’avis qu’avec la mise en place du plan stratégique décennal, la CdP 8 sera une conf�rence historique.

Le PORTUGAL, au nom de l’Union europ�enne, de la Turquie et de la Croatie, a soulign� l’importance de la d�sertification et de la s�cheresse en Europe. Il a affirm� que le soutien politique en faveur de la CLD requiert une approche plus rationalise et plus strat�gique, ce qui ne pourrait �tre r�alis� que si le plan strat�gique d�cennal �tait adopt�. Il a not� que la CdP est � une phase d�cisive et que son cadre institutionnel doit �tre d�termin�. Il a appel� � une interaction plus forte avec d’autres Conventions de Rio.

La BIELORUSSIE, au nom du Groupe des pays d’Europe centrale et orientale, a affirm� l’appui de sa r�gion en faveur du plan strat�gique et a soulign� le besoin de ressources financi�res importantes. Il a appel� � un renforcement des activit�s du FEM et � une am�lioration du r�le du MM dans la mobilisation des ressou�rces. Il a exprim� l’espoir de voir le CRIC �tre retenu comme une institution au sein de la CLD et pr�senter des recommandations claires et pr�cises � la CdP. Il a appel� � des reformes permettant d’accro�tre l’importance du travail scientifique men� par le CST.

L’OUGANDA, au nom du Groupe africain, a d�clare que la CdP 8 devrait se concentrer sur les strat�gies pour l’am�lioration de la mise en œuvre de la Convention et qu’elle devrait accro�tre, de mani�re importante, les ressources destin�es au secr�tariat. Le d�l�gu� a accueilli avec satisfaction les conclusions du GTII et du Groupe de travail sp�cial sur l’�laboration des rapports nationaux, et a sugg�r� que la CdP 8 mandate le secr�tariat de faciliter la production de directives concernant la communication des donn�es, en vue de les mettre � disposition d’ici la CdP 9. Il a �gale�ment soulign� l’importance du programme de travail du CST et des dispositions relatives aux UCR.

Le PARAGUAY, au nom du Groupe Am�rique Latine et Cara�bes, s’est f�licit� du travail accompli par le GTII, et a soulign� la n�cessit� de financer la mise en application du plan strat�gique d�cennal. Il a apport� son appui aux modalit�s sugg�r�es dans le projet de plan, notamment le renforcement du CST et du CRIC ainsi que le renforcement des programmes r�gionaux. Il a soulign� la n�cessit� d’un budget suffisant pour le secr�tariat et a appel� l’ensemble des parties � adopter des mesures ayant rapport avec l’adaptation aux changements climatiques.

MYANMAR, au nom de l’Asie et du Pacifique, a affirm� que le plan strat�gique d�cennal “ouvre la voie � un engagement renou�vel� des parties prenantes.” Le d�l�gu� a encourag� les parties: � d�terminer des objectifs permettant d’optimiser la communication des donn�es et le processus de surveillance et d’identifier les goulots; � �tablir un m�canisme d’�change d’information au sein de la Convention; et � donner un statut permanent au CRIC. Il a appel� � une collaboration �largie entre le secr�tariat et le MM et a fait part de l’int�r�t de son pays dans le suivi de la question d’une gestion fond�e sur des r�sultats ainsi que de son appui en faveur d’un cycle quadriennal pour la soumission des rapports, dans lequel toutes les parties soumettent leurs rapports de mani�re simultan�e.

Le CANADA a implor� les parties � r�aliser des r�sultats et des progr�s � la CdP 8. Le d�l�gu� a soulign� que la CdP 8 est une session pivot qui repr�sente une occasion de travailler ensemble pour mettre la CLD sur la voie des progr�s mesurables, ce qui, a-t-il pr�cis�, ne sera possible que si nous “mettons le pass� derri�re nous et regardons vers l’avenir.” Il a mis en exergue “la qualit� avant la quantit�” et a d�clar� que le passage � une approche fond�e sur les r�sultats sera la cl�. Il a indiqu� que le soutien du plan strat�gique d�cennal et l’engagement en faveur de son adoption seront une mesure critique de la r�ussite de cette CdP et un facteur d�termi�nant dans la d�termination, par son pays, de la valeur de sa partici�pation future.

Le repr�sentant du Programme des Nations Unies pour l’envi�ronnement a d�crit les activit�s de son organisation pour le soutien de la mise en œuvre de la CLD, y compris: la c�l�bration de l’�dition 2006 de la Journ�e mondiale de l’environnement avec le th�me des d�serts et de la d�sertification; l’�laboration et la mise en œuvre des projets; et l’�laboration d’indicateurs applicables � l’�rosion des sols et � la d�sertification. Il a soulign� l’importance de la compr�hension, de l’att�nuation et de l’adaptation aux changements climatiques et les liens avec la lutte contre la d�serti�fication. L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture a sugg�r� des mesures permettant d’am�liorer l’int�gration les activ�it�s des programmes d’action nationaux avec les programmes de d�veloppement gouvernementaux, et a encourag� la promotion des partenariats pour un financement � grande �chelle.

L’Organisation m�t�orologique mondiale (OMM) a pr�sent� un rapport sur la r�union organis�e par l’OMM en 2006 sur le climat et la d�sertification, durant laquelle les participants ont �mis des recommandations pour une utilisation efficace des donn�es clima�tiques aux fins de mieux comprendre la mani�re dont le climat influence et induit l’�rosion des sols. Le repr�sentant de la Strat�gie internationale pour la r�duction des catastrophes a indiqu� que le Cadre d’action Hyogo de  2005 cherche � b�tir des capacit�s de r�sistance des communaut�s et des pays aux risques, tels que la s�cheresse, qui peuvent affaiblir les moyens d’existence et le d�vel�oppement durable.

La Fundaci�n IPADE, Espagne, au nom des ONG, a not� que la d�sertification est en train de causer pauvret� et conflits dans les pays. La repr�sentante a appel� les donateurs � contribuer par des ressources financi�res nouvelles et suppl�mentaires et a affirm� que la mise en application du plan strat�gique d�cennal �tait la “derni�re chance.”  L’UICN, Union internationale pour la conser�vation de la nature, a soulign� le besoin de mieux comprendre les approches de gestion communautaire et a exprim� l’espoir de voir la CdP 8 accorder une “meilleure attention” � l’implication de la soci�t� civile.

DANS LES COULOIRS

Dans leurs r�unions du matin, les groupes r�gionaux ont examin� la nomination par le Secr�taire G�n�ral Ban Ki-Moon, de Luc-Marie Gnacadja du Benin, comme nouveau  secr�taire ex�cutif de la CLD. Plusieurs d�l�gations ont reconnu qu’il est bien qualifi�, ayant servi comme ministre de l’environnement, ayant �tudi� � la Harvard’s Kennedy School of Government, et ayant acquis une exp�rience manag�riale importante dans le secteur priv�. Toutefois, ils �taient intrigu�s quant au processus de s�lec�tion, d�clarant qu’une plus grande transparence aurait �t� souhai�table et ont fait part de leur surprise quant � la h�te avec laquelle on s’est attel� � trouver un nouveau secr�taire ex�cutif. Peu de d�l�ga�tions avaient entendu parler de Gnacadja ou savaient qu’il �tait en lice avant que Ban Ki-Moon annonce sa nomination. Certains ont not� que la d�signation d’un africain �tait probablement in�vitable, apr�s l’annonce par Ban Ki-Moon, en juillet, de son intention d’abolir le poste de Sous-secr�taire G�n�ral, conseiller particulier sur l’Afrique, ce qui a indispos� la communaut� diplomatique africaine � New York. D’autres ont sugg�r� qu’ils auraient pr�f�r� voir un �quilibre r�gional plus important, y compris au sein de l’Afrique, dans la d�signation. En d�pit des failles proc�durales, les d�l�gu�s ont fait remarquer que la d�signation de Gnacadja pour�rait donner � la Convention une deuxi�me chance de r�ussite parce qu’il n’est pas un candidat controvers�. Quelques-uns ont soulign� que le premier d�fi � relever par Gnacadja sera de reb�tir la confi�ance perdue entre le Secr�tariat et les parties, en particulier � la CdP 7, suite � la controverse sur le budget du secr�tariat.

En attendant, apr�s la c�r�monie d’ouverture, les participants entich�s de stars se sont d�lect� de la pr�sence du prince h�ritier et de la princesse durant la r�ception. Plusieurs d’entre eux sont rest�s en cercles concentriques autour du couple princier, se contentant de les admirer � distance, tandis que quelques uns ont pris des photos subreptices ou ont m�me �t� jusqu’� leur serrer la main. 

Ce num�ro du Earth Negotiations Bulletin � <enb@iisd.org> a �t� r�dig� par Alexandra Conliffe, Wagaki Mwangi, Lynn Wagner, Ph.D. et Kunbao Xia. Edition num�rique: Markus Staas. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Edition en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James “Kimo” Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le Royaume-Uni (� travers le d�partement du d�veloppement international (DFID), le gouvernement des Etats-Unis d'Am�rique (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales du d�partement d'Etat am�ricain), le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI), le minist�re danois des affaires �trang�res, le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)), le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res et la commission europ�enne (DG-ENV) et le minist�re italien de l'environnement, de l'am�nagement du territoire et de la protection de la mer. Un soutien g�n�ral est accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2007, par: l'Office f�d�ral suisse de l'environnement (FOEN), les minist�re norv�giens des affaires �trang�res et de l'environnement, le gouvernement australien, le minist�re f�d�ral autrichien de l'environnement, les minist�re su�dois de l'environnement, le minist�re n�o-z�landais des affaires �trang�res, SWAN International, le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES) et le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise du Earth Negotiations Bulletin est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF, et la version espagnole, par le minist�re espagnole de l'environnement. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tous renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD par courriel �: <kimo@iisd.org> ou par t�l�phone au: +1-646-536-7556 ou par voie postale au: 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L’�quipe du ENB � la CdP 8 de la CCD est joignable par e-mail � <lynn@iisd.org>.