Bulletin des Négociations de la Terre

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Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par L'Institut International du Développement Durable (IIDD)

 

Vol. 4 No. 193
Mardi 20 mars 2007

LES FAITS MARQUANTS DE LA CRIC 5 DE LA LA LA CLD:

LUNDI 19 MARS 2007

La cinquième session du Comité chargé de l'examen de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification (CRIC 5) s'est poursuivie lundi 19 mars 2007. Le matin, les délégués ont achevé le débat de vendredi sur l'accès à la technologie et au savoir-faire. Tout le reste de la journée, ils ont traité des liens et des synergies avec d'autres conventions environ­nementales et du suivi et de l'évaluation de la sécheresse et de la désertification. Le soir, un comité des Amis du président s'est réuni pour examiner le projet de rapport de la CRIC 5 à l'intention de la Huitième session de la Conférence des Parties de la CLD (CdP 8).

EXAMEN DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA CONVENTION

Les discussions se sont poursuivies autour du thème 7 sur l'accès des pays touchés parties, en particulier, les pays en dével­oppement touchés parties, aux technologies, connaissances et savoir-faire appropriés.

GROUPE DE DISCUSSION SUR LE TRANSFERT DU SAVOIR-FAIRE ET DES TECHNOLOGIES: Viorel Bludjea, président nouvellement élu du Comité sur la science et technologie (CST), a rapporté la nomination des correspondants en matière de science et technologie, et une proposition d'un programme de bourse universitaire. Il a souligné que le CST devrait être tourné vers la fourniture de produits, viser à produire les méthodologies et les outils nécessaires à la facilitation de la mise en œuvre de la CLD, et a introduit le Programme de travail du CST, précisant que les travaux portant sur les changements climatiques et la dégrada­tion des terres sont une priorité.

Alejandro Leon, au nom du Groupe d'experts (GdE) du CST, a donné un aperçu des rapports nationaux soumis par les pays parties. Il a souligné: que la plupart des correspondants ont présenté le profil de leurs pays et leurs Programmes d'action nationaux; que certains ont manqué de fournir les données concer­nant les systèmes de surveillance et d'alerte précoce; que beaucoup ont omis les données concernant les repères et les indicateurs; que plusieurs ont rapporté un manque de ressources financières et le besoin d'améliorer la création des capacités et le transfert des tech­nologies; et que, d'une manière générale, il n'y a pas d'analyses de rendement ou économiques et pas de compréhension scientifique du savoir traditionnel.

Les principales recommandations du GdE sont: de faciliter l'élaboration des repères et indicateurs; de renforcer les systèmes de surveillance et d'alerte précoce et la création des capacités; de renforcer la coordination et les synergies entre les conventions; et de traduire le savoir traditionnel en compréhension scientifique.

Débat: Le SWAZILAND a suggéré que des sources de financement innovantes, autres que le budget central, devraient être trouvées pour soutenir le fonctionnement du CST.

Le BRESIL et l'INDE ont plaidé pour l'élaboration d'indica­teurs nationaux, mais pas universels. Le KIRGHIZSTAN a plaidé pour des indicateurs pratiques et économiques qui peuvent être appliqués dans les conditions réelles. L'ALGERIE a souligné la nécessité de passer des indicateurs tournés vers les procédures à des indicateurs tournés vers les résultats. Le délégué de l'ARGEN­TINE a encouragé le CST à examiner un ensemble de six indica­teurs adopté dans sa région. La CHINE a souligné que des indicateurs uniformes sont difficiles à élaborer, et a suggéré d'élaborer d'abord un ensemble d'indicateurs de base qui soient appropriés pour tous les pays touchés parties et d'élaborer ensuite une méthode souple pour leur utilisation.

Le ZIMBABWE et la GUINEE-BISSAU ont signalé que de nombreux pays africains se sont battus avec la surveillance, les repères et les indicateurs et ont suggéré que dans chaque région, les pays dotés de points forts, devraient être identifiés et leurs réussites partagées. L'INDE et l'ALGERIE ont parlé de l'utilisation de leurs satellites propres pour le suivi de l'impact des mesures pris dans le cadre de la lutte contre la désertification.

Le président du CST, Bludjea, a déclaré que les gouvernements doivent déterminer les indicateurs dont il est besoin et que les indi­cateurs devraient ensuite être institutionnalisés au niveau national pour permettre leur application régionale et mondiale. La FUNDACION DEL SUR, parlant au nom d'un réseau d'ONG, a déploré que l'actuelle structure du CST empêche la gestion effec­tive des connaissances scientifiques et techniques, et a indiqué que le GdE devrait comprendre des experts des groupes locaux, autochtones et des ONG. Il a ajouté qu'un indicateur devrait être élaboré pour  mesurer la participation.

GROUPE DE DISCUSSION SUR LES SYNERGIES AVEC D'AUTRES CONVENTIONS: Le secrétariat a introduit le thème 4 sur les liens et les synergies avec d'autres conventions environnementales et, selon ce qu'il convient, avec les stratégies de développement nationales, demandant aux parties de présenter leurs observations sur les mesures visant à améliorer les synergies entre les Conventions de Rio.

Tarik-ul-Islam, Bangladesh, a dégagé les thèmes transversaux que partagent les différentes conventions, ainsi que les contraintes posées à l'utilisation des synergies, notamment: les niveaux faibles de la prise de conscience; l'absence de synchronisation entre les politiques nationales; le manque de ressources financières; et l'instabilité politique.

Conrod Hunte, Antigua et Barbuda, a souligné la nécessité pour les gouvernements nationaux de mettre en œuvre les divers mandats des conventions de manière holiste, et a décrit le mécan­isme mis en place dans son pays pour la coordination entre les différents ministères et institutions.

Uriel Safriel, Israël, a indique que les liens n'impliquent pas tous des synergies et a souligné le besoin de poursuivre la recherche sur ce thème, y compris sur les liens possibles entre l'érosion des sols, la désertification, les changements climatiques et l'érosion de la biodiversité. Mettant en relief la nécessité d'une recherche pour éclaircir la magnitude et les synergies éventuelles des mesures de réparation, telles que l'afforestation, il a proposé des efforts de recherche concertés sur les liens et les synergies potentielles et a indiqué que le Réseau mondial des instituts de la recherche sur les zones arides pourrait jouer un rôle de chef de file.

Ivana Bikova, République tchèque, a présenté un exposé sur la coordination des engagements nationaux pris dans le cadre de près de 25 accords et protocoles environnementaux.

Débat: Le CHILI a déclaré que les travaux entrepris dans le cadre de la CLD devraient être reconnus comme étant un processus pour l'adaptation et l'atténuation des changements climatiques. L'ARGENTINE a fait remarquer que les groupes de travail sur l'adaptation et l'atténuation, du Groupe intergouvernemental sur l'évolution climatique (GIEC), sont déjà en train d'�tudier les liens entre les questions de changements climatiques et de biodiversit�, et a d�clar� que son travail doit �tre pris en compte par la CLD. Safriel a appel� � une interaction plus sophistiqu�e avec le GIEC, sugg�rant que la CLD d�termine mieux et �labore son travail sur les questions de d�gradation des sols et de d�sertification pour le GIEC. L'INDE a soulign� l'importance des synergies avec la Convention de Ramsar, expliquant que les zones humides sont des zones tampons contre les s�cheresses et la d�sertification et ajou�tant que le travail sur les synergies ne devrait pas conduire � une convergence des conventions, mais devrait se concentrer sur la minimisation des chevauchements. Le CANADA a mis en garde que la CLD doit parvenir au m�me niveau de solidit� scientifique que les conventions sur la biodiversit� et sur les changements climatiques, si l'on veut que les synergies entre les trois conven�tions soient r�alis�es.

L'ITALIE, l'ARGENTINE et la CHINE ont parl� de projets de reboisement qui r�alisent les synergies par la fixation du carbone, la mise en valeur de terres d�grad�es et la cr�ation d'opportunit�s d'emploi et de prise de conscience environnementales au sein des communaut�s locales. L'ALGERIE a d�crit des projets pilotes synergiques, mentionnant, comme difficult�s rencontr�es, des conflits d'int�r�t entre les minist�res et le manque de participation.

Le NIGER a rapport� l'�tablissement d'un haut conseil pour la coordination nationale et le BURKINA FASO a d�crit le cadre unique mis en place dans son pays pour la coordination entre les Conventions de Rio.

La CHINE a soulign� que les synergies ne doivent pas �tre poursuivies en tant que fin en soi, mais en tant que moyens de r�aliser une plus grande efficacit� dans le d�veloppement durable et, avec l'AFRIQUE DU SUD, a d�clar� que les synergies devraient �tre poursuivies aux niveaux international, national et local. Le BRESIL a soulign� que l'utilisation des synergies peut r�aliser des �conomies d'�chelle et a recommand� l'harmonisation des rep�res, des indicateurs et des donn�es. Le MEXIQUE a sugg�r� le captage des eaux de pluie et la fixation du carbone dans les sols comme les domaines o� les synergies pourraient �tre consid�r�es.

La Gambie, au nom du GROUPE AFRICAIN, a mis en garde que la CLD ne peut pas �tre mise en �uvre de mani�re isol�e et a appel� au rattachement des trois Conventions de Rio et � l'octroi d'un poids �gal � chacune d'elles et � l'adoption d'une approche partag�e dans la mise en �uvre aux niveaux des programmes et des projets.

La repr�sentante de l'AFRIQUE DU SUD a introduit les programmes de son pays pour la r�alisation des synergies entre les Conventions de Rio � travers la collaboration avec les gouverne�ments locaux, la soci�t� civile, les institutions de recherche et le secteur priv�.

L'URUGUAY et la C�TE D�IVOIRE ont soulign� que les synergies requi�rent un cadre clair pour le partenariat, y compris la mise en �uvre de l'int�gration des conventions avec les activit�s de d�veloppement �conomique et d'�radication de la pauvret�.

Les ETATS-UNIS et le BRESIL ont soutenu que, lors de l'�lab�oration des synergies, le mandat de chaque convention devrait �tre respect�. La TUNISIE a plaid� pour l'int�gration des principes et actions des trois conventions dans les plans nationaux de d�vel�oppement �conomique et social, et ont recommand� que les trois conventions soient, dans chaque pays, accueillies et guid�es par un seul et m�me minist�re, pour s'assurer des synergies. ASPAN a soutenu que la question des synergies est li�e � celle du d�veloppe�ment, ainsi qu'� celle des modes de consommation et de produc�tion.

Le secr�tariat a mis en exergue le lien entre la d�gradation des terres et l'adaptation aux changements climatiques, et a soulign� les possibilit�s de drainer des fonds pour l'adaptation, dans le cadre de la Convention des changements climatiques. R�pondant � une question pos�e par l'Afrique du Sud, il a expliqu� que le CST a �t� sollicit� par la CdP pour poursuivre l'examen des synergies et pr�senter les r�sultats � la CdP 8.

GROUPE DE DISCUSSION SUR LA SURVEILLANCE DES SECHERESSES: Le secr�tariat a introduit le th�me 6 consacr� au suivi et � l'�valuation des s�cheresses et de la d�sertifi�cation, soulignant la n�cessit� d'harmoniser les rep�res, m�thodolo�gies et indicateurs pour le suivi de la s�cheresse et ses effets.

Chunlin Zang, Chine, a donn� un aper�u du syst�me mis en place par son pays pour la surveillance de l'utilisation des terres, du type de v�g�tation, de l'humidit� et de l'aridit� des sols, en vue de d�terminer l'�tat actuel et l'�volution de la d�sertification comme plate-forme de la prise des d�cisions. Il a mis en relief le besoin d'�tudier davantage le lien entre la d�sertification et les change�ments climatiques, et de renforcer les liens entre le suivi du niveau macro et la participation locale.

Wilfredo Alfaro Catalan, Chili, a parl� de la surveillance des causes et des effets socio�conomiques et environnementaux de la s�cheresse dans son pays. Il a indiqu� qu'outre la surveillance de la s�cheresse, il est important d'�valuer l'efficacit� des mesures de r�activit� aux s�cheresses, et a �num�r� trois indicateurs:le montant de l'investissement public et du soutien gouvernemental re�u; l'aire g�ographique couverte par les r�ponses apport�es dans le cadre de la gestion; et le nombre d'usagers qui ont en b�n�fici�. 

Giorgi Kolbin, Georgie, a propos� l'�tablissement d'un centre de gestion des s�cheresses pour la r�gion transcaucasienne, pour fournir des renseignements opportuns � l'Arm�nie, � l'Azerba�djan et � la Georgie.

Robert Stefanski, Organisation m�t�orologique mondiale (OMM), a pr�sent� les efforts fournis par l'OMM pour l'am�liora�tion du suivi et de l'�valuation des s�cheresses, exposant les activ�it�s men�es et les �tudes de cas entreprises en Afrique et aux Etats-Unis. Il a soulign� que les causes des s�cheresses peuvent �tre m�t�orologiques, agricoles ou hydrologiques et que chacune n�cessite un ensemble d'indicateurs distincts.

RAPPORT DE LA CRIC 5 A L'INTENTION DE LA CDP 8

En pr�paration pour l'examen de ce point de l'ordre du jour, le Pr�sident Moore a convoqu� un comit� des Amis du pr�sident, ouvert � tous, pour travailler, en s�ance nocturne, sur le projet de rapport de la CRIC 5 � l'intention de la CdP 8, expliquant que le projet est un collationnement organis� des recommandations faites � la pl�ni�re par les participants � la CRIC 5. Les participants ont examin� et se sont accord�s sur les chapitres du projet concernant les processus participatifs et les cadres l�gislatifs et institutionnels.

DANS LES COULOIRS

Au moment o� les d�l�gu�s, visiblement repos�s, donnaient des d�tails sur leurs exp�riences du week-end en mati�re de tango et de football, certains d'entre-eux ont pr�sent� leurs r�flexions sur les r�sultats de la premi�re r�union, tenue samedi, du Groupe de travail sp�cial (GTS) sur l'�tablissement des rapports, faisant �tat de l'�lec�tion de Ramon Frutos du Belize comme Pr�sident et indiquant que la structure du rapport et le calendrier de sa pr�sentation � la CRIC 6 sont d�sormais convenus. D'une mani�re g�n�rale, les partici�pants ont exprim� leur satisfaction quant � l'intention du comit� de concevoir, pour les rapports, un format qui catalysera les progr�s accomplis par les parties, en s'assurant que les rapports nationaux ne serviront pas juste � transmettre les exp�riences nationales au secr�tariat et aux autres parties, mais �galement � inciter la coordi�nation entre les institutions et � stimuler la mise en �uvre de la Convention dans les pays.En attendant, des supputations ont �� entendues sur l'insertion, dans l'ordre du jour de la r�union du Bureau, mardi matin, d'un point portant sur le nouveau Secr�taire ex�cutif, et des bruits ont couru dans les couloirs que deux nouveaux candidats sont en lice pour le poste. 

Ce num�ro du Earth Negotiations Bulletinn � <enb@iisd.org> a �t� r�dig� par Soledad Aguilar, Andrew Brooke, Alexandra Conliffe et Kunbao Xia. Edition num�rique: �ngeles Estrada. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Edition en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James �Kimo� Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le Royaume-Uni (� travers le d�partement du d�veloppement international (DFID), le gouvernement des Etats-Unis d'Am�rique (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales du d�partement d'Etat am�ricain), le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI), le minist�re danois des affaires �trang�res, le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)), le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res et la commission europ�enne (DG-ENV) et le minist�re italien de l'environnement et le directorat g�n�ral de l'am�nagement du territoire et de la protection de la nature. Un soutien g�n�ral est accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2007, par: l'Office f�d�ral suisse de l'environnement (FOEN), les minist�re norv�giens des affaires �trang�res et de l'environnement, le gouvernement australien, le minist�re f�d�ral autrichien de l'environnement, les minist�re su�dois de l'environnement, le minist�re n�o-z�landais des affaires �trang�res, SWAN International, le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES) et le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise du Earth Negotiations Bulletin est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF, et la version espagnole, par le minist�re espagnole de l'environnement. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tous renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD par courriel �: <kimo@iisd.org> ou par t�l�phone au: +1-646-536-7556 ou par voie postale au: 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L��quipe du ENB couvrant la CRIC 5 est joignable par courriel � <soledad@iisd.org>.