Bulletin des Négociations de la Terre

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Un service d'information sur les négociations en matière d'environnement et de développement

 

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Publié par L'Institut International du Développement Durable (IIDD)

 

Vol. 4 No. 188
Mardi 13 mars 2007

LES FAITS MARQUANTS DE LA CRIC 5 DE LA GLD:

LUNDI 12 MARS 2007

Les délégués se sont réunis le lundi 12 mars, à Buenos Aires, en Argentine, pour la cérémonie d'ouverture de la cinquième session du Comité chargé de l'examen de la mise en œuvre de la Conven­tion pour la lutte contre la désertification (CRIC 5) et pour entendre les déclarations du pays hôte, du secrétaire exécutif de la GLD et du président du CRIC, sur l'importance de cette session pour la lutte mondiale contre la désertification. Les délégués se sont ensuite réunis en séances de groupes régionaux puis ont présenté les résultats de leurs délibérations en séance plénière. Après les rapports régionaux, les délégués ont entendu les exposés d'un groupe témoin et ont discuté des processus participatifs impliquant la société civile, les ONG et les organisations communautaires de base (OCB).

SEANCE D'OUVERTURE

Le secrétaire exécutif de la GLD, Hama Arba Diallo, a souhaité aux délégués la bienvenue à la CRIC 5 et a remercié le gouverne­ment argentin pour l'accueil de la réunion. Il a rapporté que depuis la septième Conférence des Parties à la GLD (CdP-7), les activités du secrétariat visant à élargir le soutien mondial en faveur de la Convention ont englobé l'avancement des processus des programmes d'action nationaux (PAN) et des processus d'établisse­ment des rapports nationaux, ainsi que la célébration réussie de l'Année internationale des déserts et de la désertification (AIDD). Il a encouragé les participants à travailler de manière à s'assurer que la CdP-8 puisse être à même de promouvoir une mise en œuvre de la Convention à la fois efficace et dans les délais et a déclaré que la CRIC 5 fera passer la GLD de l'appréciation à l'action.

Romina Picolotti, Secrétaire d'état argentin de l'environnement et du développement durable, a mis en relief la dimension humaine et la souffrance des êtres humains touchés par la désertification. Elle a souligné le rôle des organisations internationales et des insti­tutions financières, y compris le Mécanisme pour un développe­ment propre de la Convention-cadre sur les changements climatiques (UNFCCC), dans l'édification de partenariats stratégiques pour soutenir les efforts fournis par les pays dans le cadre de la lutte contre la désertification.

Daniel Scioli, vice-président de l'Argentine, a souhaité la bien­venue aux participants et a mis en exergue le lien existant entre la lutte contre la désertification et la réalisation des Objectifs du millénaire en matière de développement, pour l'éradication de la pauvreté et l'amélioration des niveaux de vie.

Franklin Moore, président de la CRIC 5, a ouvert la séance, soulignant que la CRIC 5 vient compléter la troisième évaluation des rapports des pays touchés parties et indiquant que la CdP-8 peut tirer d'importants enseignements de cette période. Le prési­dent Moore a précisé que compte tenu du fait que l'UNFCCC accorde davantage d'attention à l'adaptation et à la vulnérabilité, les opportunités de renforcer les synergies avec la GLD se multi­plieront.

Le secrétaire exécutif Diallo a expliqué que cette session exam­inera les mesures prises, l'expérience acquise et les résultats réal­isés par les pays parties des régions autres que l'Afrique, dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention. Il a exhorté les parties à nourrir des interactions fructueuses, au cours de cette session, en vue de déterminer les voies et moyens d'améliorer l'efficacité de la mise en œuvre de la GLD.

QUESTIONS D'ORGANISATION: Le président Moore a introduit l'ordre du jour et l'organisation des travaux (ICCD/ CRIC(5)/1), et le Comité a adopté l'ordre du jour provisoire avec un amendement mineur, et l'organisation des travaux, ajoutant le briefing du président du Groupe de travail intergouvernemental intersession (GTII) au projet du “Plan-cadre stratégique décennal pour améliorer la mise en œuvre de la GLD (2008-2018)”.

DECLARATIONS DES GROUPES REGIONAUX ET AUTRES GROUPES D'INTERET: Après les réunions des groupes régionaux, la plénière s'est réunie de nouveau dans l'après-midi. Le Pakistan, au nom du G-77/CHINE, a souligné que la déserti­fication et l'érosion des sols continuent à menacer le développe­ment durable, notamment à travers le surpâturage, le déboisement et l'expansion démographique humaine, combinés aux effets des changements climatiques. Il a parlé des barrières posées à la mise en application de la Convention, notamment, les faiblesses institu­tionnelles et le manque de ressources financières et humaines. Il a appelé: à un secrétariat renforcé pour améliorer l'interaction avec d'autres acteurs internationaux et mécanismes de financement; le renforcement du domaine de mobilisation du FEM, consacré à l'érosion des sols; et, davantage de financements en sa faveur, de la part des donateurs. Au sujet du projet du plan stratégique décennal, il a souligné la nécessité de mobiliser des ressources financières adéquates, opportunes et prévisibles, et a encouragé les pays indus­trialisés à accroître le transfert des technologies et l'assistance tech­nique aux fins de permettre une meilleure mise en œuvre de la GLD. Il a ajouté que davantage d'investissements pour le traite­ment de la désertification aideraient également les pays en dével­oppement à s'adapter aux effets des changements climatiques.

L'Allemagne, au nom de l'Union européenne (UE), a déclaré que le GTII apportera une contribution importante aux mandat et format futurs du CRIC, qui seront décidés à la CdP-8. Il a demandé si les sept sujets thématiques utilisés par le CRIC pour évaluer et établir ses rapports sur la mise en œuvre de la GLD, devraient continuer à guider ses travaux futurs éventuels. Il a mis en exergue, entre autres: la nécessité de fixer des cibles et des délais; la promo­tion d'une implication plus structurée de la société civile; et, une plus grande priorité pour les réunions de coordination régionale.

La Syrie, au nom du GROUPE ASIATIQUE, a souligné l'importance du plan stratégique décennal pour une meilleure mise en œuvre de la GLD, précisant que le Groupe asiatique attend avec impatience l'examen des résultats préliminaires du GTII. Le délégué a présenté un rapport sur les résultats de la réunion de concertation régionale en tenue l'année écoulée en Asie Pacifique, qui a facilité le processus de l'établissement des rapports nationaux. Il a également requis un soutien financier continu pour l'élaboration des rapports nationaux, précisant que le CRIC est un forum à la fois pour les échanges d'expériences et pour la facilita­tion de la GLD.

L'Equateur, au nom du GROUPE DES ETATS D'AMERIQUE LATINE ET DES CARAÏBES (GRULAC), a fait remarquer que, nonobstant l'insuffisance du financement accordé à la mise en œuvre de la Convention, d'importantes mesures ont été prises au niveau mondial, pour faire face à la désertification. Le délégué a mis en exergue un certain nombre d'activités clés menées dans la région, dont: le Programme d'action sous-régional pour Gran Chaco Americano; le Programme d'action sous-r�gional pour Puna Americana; et le Programme d'action sous-r�gional pour Hispan�iola. Il a conclu en indiquant que la plupart des actions men�es dans le cadre des PAN et des plans sous-r�gionaux et r�gionaux exigent un soutien financier international de la part des parties pays indus�trialis�s et autres institutions financi�res.

Le Canada, au nom du JUSSCANNZ, a soulign� que les mani�festations organis�es dans le cadre de l'AIDD ont �t� utiles pour l'am�lioration de la prise de conscience de la d�sertification et de l'�rosion des sols, en tant que question de d�veloppement s�rieuse. Tout en reconnaissant l'�tendue des probl�mes d'�rosion des terres dans les zones arides africaines, le d�l�gu� a indiqu� qu'il s'agit l� d'un probl�me mondial, et a encourag� les d�l�gu�s � partager les le�ons apprises et � trouver des solutions aux d�fis communs.

L'Ouganda, au nom du GROUPE AFRICAIN, a soulign� la n�cessit� de garder la ligne de mire sur le traitement des principales barri�res entravant la mise en �uvre de la GLD, telles que le manque de ressources ad�quates et de capacit�s institutionnelles aux niveaux local et national. Le d�l�gu� a fait part de la volont� de sa r�gion d'apprendre des approches d'autres r�gions, en particulier, les mesures mises en place pour: relever les d�fis de la d�centralisa�tion; l'implication de la soci�t� civile et du secteur priv�; et l'auton�omisation des communaut�s locales menac�es de perdre leurs moyens de subsistance. Il a �galement appel�: � la d�termination des opportunit�s de coop�ration sud-sud; l'�tablissement de syner�gies avec l'UNFCCC et la CDB; et l'habilitation du FEM � fournir des ressources suffisantes pour le soutien des programmes d'action, en particulier, dans les pays africains et les pays les moins avanc�s parties.

ASPAN, au nom du r�seau international des ONG contre la d�sertification, a d�plor� que les m�canismes structurel, institu�tionnel et proc�dural de la Convention ne soient pas aussi efficaces qu'ils pourraient l'�tre dans la facilitation de la participation. La repr�sentante a encourag� les correspondants nationaux et r�gionaux � r�fl�chir � une participation plus effective, pr�cisant que les ONG proposeront des m�canismes qui promeuvent le contact formel entre les gouvernements et la soci�t� civile, � la CdP-8.

GROUPE DE DISCUSSION I: PROCESSUS PARTICIPATIFS

Le secr�tariat a introduit et a mod�r� le premier groupe de discussion th�matique sur le point 3 de l'ordre du jour (examen de la mise en �uvre de la Convention et de ses dispositions institution�nelles) sur les processus participatifs impliquant la soci�t� civile, les ONG et les OCB.

Le secr�tariat a pr�sent�, au nom du Bhutan, une d�claration soulignant l'importance des processus participatifs dans l'�labora�tion des PAN, et a expliqu� que le Bhutan a �tabli un groupe de travail multisectoriel pour l'�laboration des lignes directrices encadrant les documents th�matiques sur les questions des sols, pour guider son travail. L'expos� d�crit les le�ons apprises, notam�ment, la n�cessit� d'un consensus autour de la d�termination des causes profondes de l'�rosion des terres et le besoin d'un environne�ment favorable. Le porte-parole a parl� des difficult�s � surmonter, notamment au niveau des valeurs et croyances traditionnelles des syst�mes agricoles de subsistance, et des besoins tr�s divers des parties prenantes.

Ernesto Reyna, vice-ministre de l'environnement, R�publique dominicaine, a pr�sent� un expos� sur le processus de d�veloppe�ment dans son pays, notamment l'organisation de s�ances de concertations, de dialogues et de s�minaires aux niveaux national et local. Il a indiqu� que les organisations internationales, telles que le FEM, le PNUE, l'UNESCO et les institutions de d�veloppement bilat�ral, ont apport� leur soutien et a d�clar� que le PAN est int�gr� dans les plans nationaux de d�veloppement et de r�duction de la pauvret�. Il a soulign� la n�cessit�: de divulguer davantage de donn�es aux niveaux des communaut�s de base; d'atteindre davan�tage de ressources; la r�alisation de davantage de transparence et un niveau �lev� d'engagement politique; et l'harmonisation des poli�tiques.

Ana Almeida (Portugal) a pr�sent� un expos� sur le processus d�mocratique �tabli pour l'�laboration du PAN portugais, donnant des pr�cisions sur les diff�rents acteurs qui prennent part aux processus politiques portugais, leurs objectifs, r�sultats et degr�s de r�ussite. S'agissant de la participation des ONG et des OCB, elle a indiqu� que peu d'organisations sont en train de travailler sur la d�sertification. Elle a mis en relief la contribution des processus participatifs � la d�termination des priorit�s et la divulgation des r�sultats � la communaut�.

Viorel Bludjea (Roumanie) a pr�sent� une approche syst�ma�tique pour le renforcement de l'implication de la communaut� dans la gestion durable des terres et dans la lutte contre l'�rosion des sols. L'approche englobe un programme de surveillance des ressources �daphique nationale, une recherche pour aider � la prise des d�ci�sions et � l'�laboration des directives techniques et des outils de la gestion durable des terres. Elle a recommand� que les pays renforcent et rattachent les ressources disponibles en mati�re de recherche et stimulent la recherche avec un financement innovant.

Juan Luis Merega (Argentine) a soulign� que la participation active de la soci�t� civile est habilit�e par un niveau suffisant de d�mocratisation, une volont� politique forte permettant de s'assurer de la p�rennit� de la participation, et un soutien institutionnel ad�quat. Il a cit� les raisons pour parvenir � la r�ussite de l'engage�ment de la soci�t� civile dans le PAN de l'Argentine, notamment: le d�veloppement de l'espace institutionnel n�cessaire pour s'assurer de la coop�ration et du consensus entre le gouvernement et la soci�t� civile; l'engagement ad�quat de ressources humaines et techniques; et la cr�ation d'une convention sur l'�valuation natio�nale.

D�bat: Au cours du d�bat qui a suivi, les participants ont soul�ign� que les rapports et les expos�s pr�sent�s � la CRIC 5 sugg�rent que la participation reste faible, et ont recommand� que la CdP-8 examine les voies et moyens de renforcer le processus participatif. Un pays a sugg�r� que les concepts th�oriques de la participation ne sont pas assortis aux r�alit�s du terrain en Afrique, mentionnant le manque d'�quipements, de programmes de conscientisation et de sensibilisation, ainsi  que la faiblesse du pouvoir d'achat, comme principales barri�res entravant la participation dans les zones rurales africaines. D'autres ont propos� le renforcement du r�le des groupes particuliers tels que les femmes et les jeunes, pr�cisant que la participation englobe l'octroi aux personnes du pouvoir de prendre des d�cisions et de comprendre leurs responsabilit�s, et on ajout� que le probl�me de la participation limit�e peut �tre trait� en rattachant les PAN aux strat�gies de d�veloppement nationales. Un participant a d�clar� qu'en mati�re de d�cision politique, la conti�nuit� est n�cessaire pour surmonter la m�fiance des parties prenantes et pour renforcer la participation ult�rieure, et un autre a soulign� l'importance de la participation des entreprises et des scientifiques. Les groupes d'ONG ont plaid� pour une pleine partic�ipation et ont soulign� qu'aussi on�reuse qu'elle puisse �tre, la participation est cruciale pour une mise en �uvre efficace de la Convention.

DANS LES COULOIRS

Les d�l�gu�s r�unis, le premier jour, avec des coll�gues de leurs r�gions, quelques visages inquiets r�v�laient une certaine pr�occu�pation quant � l'avenir de la GLD, compte tenu de l'amenuisement des ressources financi�res affect�es � sa mise en �uvre. Au cours des r�unions r�gionales tenues tout le long de la journ�e, plusieurs participants ont proc�d� � des �changes d'exp�riences et de r�flex�ions sur leurs r�ussites et �checs respectifs dans le domaine de la mobilisation des ressources financi�res aupr�s des institutions financi�res internationales, telles que le FEM et les banques de d�veloppement r�gionales, certains d'entre eux �voquant le vieux d�bat sur la n�cessit� d'un fonds particulier pour la GLD.

Plus loin dans les couloirs spacieux de �La Rural,� dans un �change sur l'avenir de la Convention, plusieurs participants ont pr�dit que le plan strat�gique d�cennal �mis r�cemment pour la Convention va dominer les discussions informelles dans les jours � venir.  

Ce num�ro du Earth Negotiations Bulletin � <enb@iisd.org> a �t� r�dig� par Soledad Aguilar, Andrew Brooke, Alexandra Conliffe et Kunbao Xia. Edition num�rique: �ngeles Estrada. Version fran�aise: Mongi Gadhoum. Edition en chef: Pamela S. Chasek, Ph.D. <pam@iisd.org>. Directeur du Service Information de l'IIDD: Langston James �Kimo� Goree VI <kimo@iisd.org>. Les principaux bailleurs de fonds du Bulletin sont: Le Royaume-Uni (� travers le d�partement du d�veloppement international (DFID), le gouvernement des Etats-Unis d'Am�rique (� travers le Bureau des oc�ans et des affaires environnementales et scientifiques internationales du d�partement d'Etat am�ricain), le gouvernement du Canada (� travers l'ACDI), le minist�re danois des affaires �trang�res, le gouvernement allemand (� travers les minist�res de l'environnement (BMU et de la coop�ration pour le d�veloppement (BMZ)), le minist�re n�erlandais des affaires �trang�res et la commission europ�enne (DG-ENV) et le minist�re italien de l'environnement et le directorat g�n�ral de l'am�nagement du territoire et de la protection de la nature. Un soutien g�n�ral est accord� au Bulletin, au titre de l'exercice 2007, par: l'Office f�d�ral suisse de l'environnement (FOEN), les minist�re norv�giens des affaires �trang�res et de l'environnement, le gouvernement australien, le minist�re f�d�ral autrichien de l'environnement, les minist�re su�dois de l'environnement, le minist�re n�o-z�landais des affaires �trang�res, SWAN International, le minist�re nippon de l'environnement (� travers l'IGES) et le minist�re nippon de l'�conomie, du commerce et de l'industrie (� travers GISPRI). La version fran�aise du Earth Negotiations Bulletin est financ�e par le minist�re fran�ais des affaires �trang�res et l'IEPF/OIF, et la version espagnole, par le minist�re espagnole de l'environnement. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l'IIDD et des bailleurs de fonds. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s uniquement dans des publications non commerciales moyennant une citation appropri�e. Pour tous renseignement, y compris les demandes de couverture d'�v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d'Information de l'IIDD par courriel �: <kimo@iisd.org> ou par t�l�phone au: +1-646-536-7556 ou par voie postale au: 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L��quipe du ENB couvrant la CRIC 5 est joignable par courriel � <soledad@iisd.org>.