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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 04 No. 172
Vendredi 5 Septembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-6 DE LA CCD
JEUDI 4 SEPTEMBRE 2003
Le matin, les délégués ont pris part à une
session de dialogue ouvert entre les ONG et les gouvernements
sur les thèmes de l'agro-foresterie et du pastoralisme nomade.
Des consultations officieuses sur les questions du programme
et budget, des Unités Régionales de Coordination (URC), du
Groupe d'Experts Spécial (GES), de l'Article 47 du Règlement
Intérieur, du Suivi des réunions régionales, des synergies et
des critères de la revue du CRIC, se sont poursuivies tout au
long de la journée et jusque tard dans la nuit. La Cinquième
Table Ronde des Parlementaires, a clôturé ses travaux par
l'adoption d'une Déclaration des Parlementaires.
LA SESSION DE DIALOGUE OUVERT
Le matin, les Parties se sont réunies pour
la deuxième session du dialogue ouvert pour procéder à
l'examen des thèmes de l'agro-foresterie et du pastoralisme
nomade. Dans ses remarques d'ouverture, Le Secrétaire Exécutif
de la CCD, Diallo, a mis en exergue les liens entre
l'agriculture, la désertification et la pauvreté. Il a noté
que l'agro-foresterie contribue à la prévention de l'érosion
éolienne, au maintien des niveaux d'humidité du sol et du sous-sol,
et à la réduction des effets des événements climatiques
extrêmes. Le modérateur, Tahirou Diao (Sahel Defis/Djomga 21)
a introduit le thème de l'agro-foresterie. Les délégués ont
ensuite entendu des exposés présentés par nombre d'ONG.
Au sujet de l'agro-foresterie et de
l'agro-écologie en Amérique Centrale, Evelyn Chavez, de
l'organisation 'Agroforestry and Traditional Knowledge in
Central America, ACICAFOC (Costa Rica), a mis l'accent sur
l'importance de la participation de la société civile dans
l'identification des solutions aux problèmes de la
désertification et de la dégradation des terres. Elle a noté
l'intérêt: de l'identification et de la mise en système des
expériences communautaires probantes; de la promotion de
l'échange d'informations entre les organisations; et de
l'amélioration des efforts visant à faire parvenir aux
communautés locales, l'information et les ressources
techniques et financières qui leur sont indispensables. Elle a
indiqué que les enseignements tirés des projets de l'ACICAFOC
englobent l'importance de l'implication de la société civile
dans la divulgation des expériences probantes, et de
l'engagement d'un dialogue ouvert avec les décideurs.
George Bright Awudi, de l'antenne ghanéenne
de l'organisation 'Friends of the Earth', a présenté une étude
de cas portant sur la plantation d'arbres dans les zones
arides, comme base de la lutte contre la désertification et de
l'allégement de la pauvreté. Il a mis en relief l'apiculture
en tant que qu'activité de subsistance alternative pour les
personnes et pour les communautés.
Khukmatullo Akmadov, de l'organisation 'Man
and Nature' (Tadjikistan), a donné un aperçu sur les projets
de reboisement en Asie Centrale dans le cadre desquels les
communautés locales et les ONG mènent les activités, avec le
soutien des gouvernements.
Le modérateur Diao a ensuite introduit le
thème du pastoralisme nomade. Khadija Razavi, du Centre du
Développement Durable et de l'Environnement (Iran), a présenté
un projet, mené en Iran, visant à la facilitation: de la
durabilité de la biodiversité et des moyens de subsistance des
pasteurs nomades. Elle a noté que le capital social est une
ressource économique cruciale, englobant savoir indigène,
leadership coutumier, interdépendance, alliances politiques et
mécanismes de résolution des différents. Elle a indiqué que
les éléments identifié par les nomades, pour le plan d'action,
comprennent: la mise en application des droits de propriétés
et de réformes juridiques, la mise en place de mesures
d'encouragement, le renforcement des systèmes de gestion, et
l'établissement de services et de marchés mobiles. Elle a noté
que les principes directeurs identifiés par les communautés
locales pour les projets similaires, englobent: l'imputabilité,
la participation du public, la durabilité et l'équité.
Facho Balam, de l'APPE (Tchad), s'est
focalisé sur les causes et les conséquences du pastoralisme,
les activités de suivi, les leçons apprises et les
recommandations tirées d'une étude menées au Tchad, auprès des
pasteurs nomades vivant de la transhumance de bétails et de
dromadaires. Il a mis en relief les raisons du pastoralisme,
notamment la recherche de pâturages et de l'eau pour les
animaux, et la protection de la santé des troupeaux. Il a
parlé de l'impact faible que les dromadaires exercent sur les
terres, citant les conclusions d'une étude affirmant que le
bétail a détruit 50% de la végétation des parcours.
Alawiyya Jamal, de l'Association Soudanaise
pour la Protection Environnementale, a parlé du projet mené
par l'Association dans la zone aride de Um Jawasir, au Soudan,
et qui est axé sur la conservation environnementale, la
sécurité alimentaire, et l'allégement de la pauvreté. Elle a
indiqué que le projet a permis l'accès à l'eau, à travers des
sondages, a établi l'agro-foresterie, et a renforcé les
capacités institutionnels et humaines. Elle a noté que le
projet a abouti à une certaine auto-suffisance des communautés,
à l'accès des femmes à la propriété foncière, à des activités
économiques et commerciales, et à une interaction sociale.
Elle a souligné que la réussite du projet est due à l'accent
placé sur la gestion communautaire et sur l'établissement de
partenariats solides entre: les parties prenantes, les ONG,
les agences de l'aide, le gouvernement et la CCD.
Les Parties et le groupe d'intervenants ont
ensuite engagé une discussion sur l'agro-foresterie et le
pastoralisme. Au sujet de l'agro-foresterie, la GUINEE
EQUATORIALE a suggéré la mise en place d'élevages basée sur
les produits destinés à la consommation humaine. Evoquant le
récent atelier régional tenu sur le thème de la coordination
des activités menées dans les zones arides, Le représentant du
GROUPE DE COORDINATION DES ZONES ARIDES (Mali) a encouragé les
autres régions à organiser des réunions similaires pour
partager l'expérience acquise. L'ITALIE a mis l'accent sur
l'aspect synergie de l'agro-foresterie, notant ses liens avec
les problématiques de la biodiversité, de la sécurité
alimentaire, de la pauvreté et de la fixation du carbone. Au
sujet de l'exposé concernant le Costa Rica, le GABON a demandé
si les entreprises forestières sont obligées de reboiser, et
comment les produits ligneux sont transformés. En réponse,
Evelyn Chavez a expliqué l'approche globale adoptée dans la
gestion forestière. La FAO a noté que les communautés
traditionnelles pratiquent l'agro-foresterie bien avant que le
terme ne soit connu. Les représentants de l'INTERNATIONAL
CENTRAL ASIAN BIODIVERSITY INSTITUTE (Ouzbékistan), du CAP
VERT et de l'ETHIOPIE ont mis en exergue la lutte contre les
dangers posés par l'introduction d'espèces exotiques, comme
étant partie intégrante de l'agro-foresterie. Le délégué de la
CHINA NATIONAL SAND CONTROL AND DESERT INDUSTRY SOCIETY, a
souligné l'importance de l'implication d'experts locaux dans
les projets et les programmes.
Au sujet du pastoralisme, le représentant
de NATURAMA (Burkina Faso) a souhaité avoir de plus amples
renseignements sur les questions de régime foncier et leurs
aspects ayant trait à l'équité et à la sécurité. Le délégué du
GROUPEMENT DES AIDES PRIVÉES (Niger) a noté les options
consistant à tracer des couloirs réservés aux animaux, en vue
de minorer les risques d'incendies liés au pastoralisme et à
la transhumance. Au sujet de l'apiculture, le porte-parole de
la NIGERIAN ENVIRONMENTAL STUDY a indiqué qu'il s'agit là
d'une activité favorable à l'environnement, qui génère des
revenus équivalent à ceux des autres activités agricoles. Le
SOUDAN a parlé des expériences agricoles utilisant les eaux
souterraines des zones désertiques. Il a demandé comment les
changements enregistrés dans le monde affectent-ils les moyens
de subsistance des pasteurs; et le représentant de la CHINA
NATIONAL SAND CONTROL AND DESERT INDUSTRY SOCIETY, a demandé
comment un lien peut-il être établi entre la culture moderne
et celle traditionnelle des pasteurs. L'OUGANDA a noté
l'importance de l'accès des pasteurs aux divers services. Il a
suggéré l'amélioration qualitative et la réduction
quantitative des élevages. Le MAROC a demandé quel rôle les
ONG peuvent-elles jouer dans ce domaine, et si elles sont
capables de jouer un rôle dans la transition d'un pastoralisme
traditionnel vers un pastoralisme moderne.
La porte-parole de la ZAMBIAN ALLIANCE OF
WOMEN a noté que certaines communautés sont concentrées dans
des couloirs pour leur protection contre les maladies. Se
demandant si ce problème n'était pas également posé aux
pasteurs nomades, elle a souligné l'existence d'un conflit
potentiel avec les exigences de la lutte contre la
désertification et l'éradication de la pauvreté. La SUISSE a
mis en relief l'importance des systèmes pastoraux
traditionnels, compte tenu des pressions accrues exercées sur
les terres par les populations humaines et les cheptels. Le
représentant de l'ORGANISATION MAURITANIENNE POUR LE
DEVELOPPEMENT DES ZONES ARIDES ET SEMI ARIDES (Mauritanie) a
parlé du code régissant le pastoralisme dans son pays, qui
considère la mobilité comme une activité économique à part
entière. Il a indiqué que ce code y sert également de plate-forme
pour la résolution des différents.
La BELGIQUE, avec le CANADA et l'ETHIOPIE,
a appelé la CDP à accorder aux ONG davantage d'opportunités
pour le partage de leurs vues et de leurs expériences. Le
BRESIL a souligné l'importance des ONG dans l'élaboration des
politiques. ENDA TIERS MONDE (Sénégal) a souligné l'importance
des partenariats avec les ONG pour s'assurer que la
décentralisation en cours, aboutira à la prise, par les
communautés, de leurs propres responsabilités. L'ITALIE a mis
en exergue l'utilit� de la facilitation de l'implication des
ONG dans le Groupe d'Experts du CST, en vue d'am�liorer la
qualit� des avis Scientifiques et techniques produits pour la
mise en �uvre de la CCD. Le repr�sentant de l'antenne
chilienne de EARTHACTION INTERNATIONAL a appel� la CdP et les
agences pertinentes � soutenir les initiatives dans les
domaines de la collecte, de la documentation et de la mise en
syst�me, des exp�riences acquises par la soci�t� civile.
LA GC
La Grande Commission s'est r�uni bri�vement
dans le courant de la soir�e. Le Pr�sident Anaedu a signal�
que les consultations officieuses autour des questions du
programme et budget et des URC, se poursuivent encore. Notant
la "raret�" des participants dans la salle, il a report�
l'examen des projets de d�cisions au vendredi 5 septembre.
LES CONSULTATIONS OFFICIEUSES
ARTICLES 47 DU REGLEMENT INTERIEUR: Les
d�l�gu�s se sont accord�s sur un projet de d�cision demandant
au Secr�tariat de la CCD de placer la consid�ration de ce
sujet � l'ordre du jour de la CdP-7.
GROUPE D'EXPERTS SPECIAL: Proc�dures
et m�canismes institutionnels de la mise en �uvre de la CCD
(Article 27): Quelques pays industrialis�s ont fait
objection � une requ�te adress�e au Secr�tariat de la CCD,
d'�laborer un document notant les r�gimes de mise en �uvre
employ�s par d'autres conventions. Les d�l�gu�s ont approuv�,
moyennant quelques amendements mineurs, un projet de d�cision
demandant, entre autres, au GES de se r�unir, de nouveau, � la
CdP-7, et au Secr�tariat de la CCD, d'�laborer un nouveau
document de travail bas� sur les soumissions des Parties.
Proc�dures d'arbitrage et de conciliation
(Article 28): Les d�l�gu�s ont parachev� un projet de
d�cision, qui re-convoque le GES � la GdP-7, pour
l'examen des Annexes consacr�es aux proc�dures d'arbitrage et
de conciliation, et pour la formulation de recommandation � ce
sujet. Il requiert �galement de la CdP, d'inviter les Parties
et les organisations int�ress�es � communiquer leurs vues sur
la question, et du Secr�tariat de la CCD, d'�laborer une
compilation des vues exprim�es et une version mise � jour des
Annexes, refl�tant ces vues.
PROGRAMME ET BUDGET: Les consultations
officieuses autour de la question du programme et budget se
sont poursuivies tout au long de la journ�e et dans la soir�e.
Le texte reste lourdement crochet�.
SUIVI DES REUNION REGIONALES: Les
d�l�gu�s se sont accord�s sur le libell� du paragraphe
pr�c�demment crochet� du projet de d�cision concernant l'acc�s
des PEID et des pays africains aux ressources financi�res du
FEM, finalisant ainsi la d�cision.
SYNERGIES: Le projet de d�cision
concernant le renforcement des liens avec d'autres conventions
et organisations internationales, a �t� approuv� par le groupe
officieux qui est parvenu � r�soudre tous les libell�
contentieux, y compris les paragraphes portant sur le
programme de travail concert� de la CCD et de la CDB, et sur
l'encouragement des Parties � se focaliser sur les programmes
et projets int�gr�s, visant � l'instauration d'�cosyst�mes
durables.
PROCEDURES OU MECANISMES ADDITIONNELS
VISANT A AIDER A LA MISE EN �UVRE DE LA CCD: Le projet de
d�cision du groupe officieux, consacr� aux crit�res devant
servir � l'�valuation du cahier des charges et des op�rations
du CRIC, � la CdP-7, a �t� approuv� sans amendements.
UNITES REGIONALES DE COORDINATION: Le
projet de d�cision de la CdP a �t� approuv� apr�s la
r�solution du libell� portant sur les voies et moyens de
financer les trois URC disponibles.
LA CINQUIEME TABLE RONDE DES PARLEMENTAIRES
Les parlementaires ont poursuivi les
travaux de leur table ronde tout au long de la journ�e. Le
matin, ils ont trait� des initiatives lanc�es par les membres
des parlements pour l'obtention du soutien du FEM en faveur de
la mise �uvre de la CCD, et ont d�battu du projet de
D�claration sur le r�le des parlementaires dans la promotion
du d�veloppement durable et de la mise en �uvre de la CCD, �
l'�chelon national. L'apr�s-midi, les participants ont proc�d�
� l'examen de la r�vision de texte du projet de D�claration,
qui a �t� adopt� par acclamation. La D�claration propose,
entre autres: la cr�ation, sous l'�gide de l'Union Inter-parlementaire,
du R�seau des Parlementaires pour la CCD; et l'implication des
�lus, aux �chelons r�gional, sous-r�gional, national et local,
pour l'influence et le suivi des actions de leurs
gouvernements ayant trait � la CCD. Elle requiert par ailleurs
du Secr�tariat de la CCD, d'organiser la prochaine table ronde,
au cours de la CdP-7, et d'assurer le suivi des actions
recommand�es par les parlementaires.
DANS LES COULOIRS
Apr�s des longues n�gociations, les Parties
sont, enfin, parvenus � un accord sur les URC. L'accord
pr�voit le maintien des URC disponibles, � la surface,
invitant � la poursuite de leur financement � partir des
contributions volontaires vers�es au fonds compl�mentaire, et
� l'accueil des organisations qui soutiennent leurs frais de
fonctionnement. Dans un autre coin du Palacio de Convenciones,
le "marathon de La Havane sur la question du budget" s'est
poursuivi jusqu'� une heure tardive de la nuit, avec des
d�l�gu�s aux yeux rougis par la fatigue, accroch�s � faire le
moins de concessions possibles, sur les augmentations non
souhait�es, propos�es pour le budget. Un participant ext�nu� a
confi� que l'accord final pourrait porter sur une augmentation
budg�taire de l'ordre de 15 � 20%. Les d�tails exacts de
l'entremise du Pr�sident Ashe resteront cach�s jusqu'au bout.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE DE LA CDP: La Pl�ni�re de
cl�ture de la CdP se r�unira dans la Salle 1, pour l'adoption
des d�cisions transmises par la GC, et pour l'�lection du
Pr�sident du CRIC.
CONSULTATIONS OFFICIEUSES: Des
consultations officieuses autour du programme et budget se
poursuivraient tout au long de la journ�e.
GC: La GC reprendra ses travaux dans la
matin�e pour approuver les projets de d�cisions.
Pour de plus amples renseignements, pri�re
consulter le Journal et les �crans d'affichage.
RESUME DU ENB: Le r�sum� final du
Earth Negotiations Bulletin consacr� � la CdP-6 de la CCD
sera disponible d�s le lundi 8 septembre sur le site
http://www.iisd.ca/linkages/desert/cop6. La version
fran�aise, quelques jours plus tard, le temps de terminer le
travail de traduction. |