|
Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 04 No. 170
Mercredi 3 Septembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-6 DE LA CCD
MARDI 2 SEPTEMBRE 2003
Les délégués se sont réunis en séances du matin et de
l'après-midi, pour procéder à des échanges de vues au cours
d'un groupe de discussion inter-agence qui a englobé des
exposés présentés par les chefs d'agence et au cours d'une
session de dialogue interactif, avec les ministres. Le matin,
les chefs d'Etat et de gouvernement ont conclu leur table
ronde par une Déclaration. Des consultations officieuses
autour de la question des Unités Régionales de Coordination (URC)
ont eu lieu tout au long de la journée, et un autre groupe
s'est réuni, l'après-midi, pour se pencher sur les résultats
du SMDD, l'Article 47 du Règlement intérieur, le suivi des
réunions régionales, et les synergies.
LE GROUPE DE DISCUSSION INTER-AGENCES
Le groupe de discussion inter-agences s'est réuni pour
examiner le thème: "La CCD: nouvelle opportunité pour
l'amélioration de cadre de la coopération en matière d'APD
pour la promotion du développement durable dans les
écosystèmes arides." La session était modérée par Ian Johnson,
Vice-président de la Banque Mondiale.
Hamdallah Zedan, Secrétaire Exécutif de la
CDB, a mis l'accent sur les synergies entre les trois
conventions de Rio, et a donné un aperçu sur les travaux menés
actuellement par le Secrétariat de la CDB dans le domaine de
la biodiversité des zones arides. Koos Richelle, Directeur
Général du Développement, à la Commission Européenne, a parlé
de l'importance de l'intégration des PAN dans une stratégie
nationale unique. Len Good, CEO du FEM, a souligné
l'engagement fort du FEM en faveur de la mise en œuvre de la
CCD, avec 500 millions de dollars réservés à cette fin, sur
une période de trois ans. Jack Wilkinson, Président de la
Fédération International des Producteurs Agricoles, a appelé à
l'implication des agriculteurs dans les processus décisionnels.
Lennart Båge, Président du Fonds
International pour le Développement Agricole, a mis en exergue
l'importance de l'intégration des questions ayant trait à la
désertification dans les plans de développement nationaux, et
des travaux menés sur les indicateurs de la désertification.
Abdoulie Janneh, Administrateur Adjoint du PNUD, a appellé à
l'amélioration des moyens de subsistance des femmes dans les
zones rurales, en vue de concrétiser les ODM et vaincre la
désertification. Shafqat Kakakhel, Directeur Exécutif Adjoint
du PNUE, a indiqué que la désertification est un défi
pluridimensionnel exigeant l'effort conjoint de l'ensemble des
Parties et de toutes les agences. Pekka Patosaari, chef du
Forum des Nations Unies pour les Forêts (FNUF), a noté que les
travaux du FNUF et de la CCD sont complémentaire, et a
encouragé l'amélioration de la coopération et des synergies
entre les deux Secrétariats. Joke Waller-Hunter, Secrétaire
Exécutif de la CCCC, a noté que les effets adverses du
changement climatique aggravent la désertification, et que les
mesures visant à promouvoir l'adaptation aux changements
climatiques contribuent à l'allégement de la pauvreté et à la
lutte contre la désertification.
Au cours du débat qui a suivi, les
ministres ont souligné la nécessité d'impulser les
partenariats, d'évaluer la qualité et la méthodologie des
projets, d'accroître les financements, et de traiter la
vulnérabilité des PEID. BURKINA FASO a souligné que la CCD
constitue le cadre idéal pour la concrétisation de l'aide aux
pauvres. Le BOTSWANA appelé le groupe de discussion à procéder
à l'identification des mesures permettant l'instauration d'une
utilisation durable des terres et de la faune et de la flore
sauvages, et la sauvegarde des vies humaines. L'AFRIQUE DU SUD
a appelé à l'accroissement de la coopération entre les AEM et
les agences multilatérales, et a fait part de son regret quant
au déséquilibre de la répartition hommes-femmes, au sein du
groupe de discussion. CUBA a mis en relief la portée de la
coopération sud-sud et a souligné le nécessité, à l'échelon
national, de capacités aptes à interpréter les données
scientifiques et techniques.
Le CAMEROUN a appelé les participants à
tirer les enseignements nécessaires de l'expérience des pays
exposés à la désertification et à la dégradation des terres,
en vue de mieux identifier les solutions. Le PAKISTAN a
suggéré que les fonds soient répartis de manière égalitaire,
entre les régions, et a appelé le FEM à fournir des détails
sur les montants disponibles, et sur les conditions exigées
pour l'élaboration des programmes et projets. Le BANGLADESH a
appelé à davantage d'APD pour le renforcement des capacités et
la promotion de moyens de subsistance durables. La ZAMBIE a
requis de la Banque Mondiale et du FIDA, la fourniture
d'éclaircissements sur les financements disponibles pour les
programmes de soutien aux moyens de subsistance durable et à
sécurité alimentaire, en particulier, dans les zones rurales,
qui ne suscitent pas l'intérêt des sources de financement
traditionnelles.
Le modérateur a clos le débat en signalant que
les agences traiteront, de manière officieuse, les questions
particulières posées par les pays.
DIALOGUE INTERACTIF DES MINISTRES: La Présidente Simeón
Negrín a désigné Pierre Marc Johnson (Canada) au poste de
modérateur, et les délégués ont élu Anne Marie Skjold (Norvège),
au poste de rapporteur du dialogue interactif des ministres.
Le modérateur a demandé à nombre de pays de réagir aux
remarques du groupe de discussion inter-agence.
La représentante de la BARBADE a souligné l'absence de
financement comme étant le motif le plus important de
l'insuffisance des actions visant à faire avancer l'agenda de
l'atténuation et la résolution des "menaces environnementales."
Elle a mentionné le problème de la longueur des cycles
d'approbation des projets et les critères compliqués de pré-qualification
comme étant autant d'obstacles entravant la concrétisation des
projets. Elle a affirmé que les Caraïbes souffrent du déclin
de l'APD, dû à une perception erronée de la réalité de la
richesse de la région. Le PAKISTAN a souligné le besoin d'une
étroite collaboration entre les agences de développement et
les pays en développement. Notant que la CCD dispose de moyens
plus faibles que ceux des autres conventions, le délégué a
indiqué que sa mise en œuvre nécessite le soutien des agences
donatrices. Il a indiqué également que les projets doivent
être élaborés en concertation avec les pays en développement.
Le délégué des ETATS-UNIS a déclaré que la mise en œuvre doit
être plutôt sous le contrôle des pays que sous celui des
donateurs. Il a mis en relief la participation active des
parties prenantes, y compris les ONG, les femmes et les
organisations d'agriculteurs. Au sujet du financement, il a
noté que la mise en œuvre doit attirer l'investissement du
secteur privé et de ses sources à la fois extérieures et
intérieures, qui peuvent contribuer au co-financement et à
l'amélioration de la productivité des femmes et des hommes,
pour l'éradication de la pauvreté.
REMARQUES INTRODUCTIVES: Plusieurs ministres ont été
sollicités de faire des remarques introductives sur le thème
examiné par le groupe de discussion inter-agence.
Au sujet des flux de l'APD réservés au développement rural,
le BURKINA FASO a noté le déclin enregistré dans ce domaine,
et a identifié le développement rural effectif comme étant une
priorité pour l'éradication de la pauvreté. S'agissant de
l'éradication de la pauvreté, L'AFRIQUE DU SUD a noté que
l'APD peut aider: à la mise en œuvre de programmes visant à
l'amélioration de l'infrastructure rurale et de l'accès aux
marchés; à l'accroissement de l'approvisionnement alimentaire;
à l'extension des zones bénéficiant de programmes de gestion
durable des terres et de systèmes crédibles de contrôle des
ressources en eau; et au renforcement de la recherche agricole.
L'INDONESIE a déclaré que la pauvreté persistante crée des
conditions qui risquent de mener à des conséquences sociales
et politiques dangereuses aux échelons nationaux et
départementaux. Au sujet de l'aptitude de la CCD à concrétiser
ses priorités stratégiques, l'UE a indiqué que des mesures à
long-terme, visant à une décentralisation politique,
institutionnelle et fiscale, sont nécessaires, pour la
promotion des communautés locales. Au sujet du FEM et des
synergies, la GEORGIE a noté que la mise en œuvre de la CCD
sera plus efficace lorsque les Parties reconnaîtront que la
désertification est un fléau qui affecte le monde entier, et
pas uniquement les pays africains. Le GUATEMALA a décrit les
actions menées aux échelons national et régional, visant à la
création de synergies entre les correspondants des conventions
pertinentes, pour une utilisation plus efficace des ressources
mises à disposition par le FEM.
LA TABLE RONDE
Le Président Castro Ruz a réuni de nouveau la table ronde
des chefs d'Etat et de gouvernement, rappelant aux
participants que leur tâche consiste à débattre et à conclure
l'élaboration d'une Résolution. Plusieurs orateurs ont réitéré
l'importance des campagnes d'éducation et d'alphabétisation,
de la coopération sud-sud, et de l'établissement d'un nouvel
ordre économique mondial. Le représentant du PARLEMENT ANDIN a
proposé l'élaboration d'une résolution soulignant l'engagement
à travailler de manière concertée avec les pouvoirs
législatifs, en vue de coordonner les politiques locales,
nationales, sous-régionale et régionales, et qui serait
indépendante de la Déclaration finale. Le Secrétaire Exécutif
de la CCD, Diallo, a proposé que cela soit envisagé pour le
prochain Forum des Parlementaires. Le Président Castro Ruz, le
VENEZUELA et SAINT VINCENT ET GRENADINES ont procédé à un
échange de vue sur la question de la pauvreté, mettant en
relief, l'insuffisance de l'APD et les structures inéquitables
du commerce international. L'AFRIQUE DU SUD a souligné
l'importance de la question de la paix et de la s�curit�.
Le Secr�taire Ex�cutif de la CCD, Diallo, a ensuite
pr�sent� la D�claration, pour adoption. La D�claration
r�affirme la n�cessit� de mettre en application le PMAJ,
reconna�t la CCD comme �tant l'un des outils les plus
importants pour l'�radication de la pauvret�, et rappelle le
Chapitre 17 du Plan d'action 21, qui reconna�t que les PEID
sont �cologiquement fragiles et qu'ils constituent un cas
particulier dans la perspective du d�veloppement durable. Elle
engage les gouvernements � poursuivre la paix, le
d�veloppement durable, le multilat�ralisme et le respect du
droit international. La D�claration note �galement que les
personnes vivant dans zones touch�es doivent �tre au centre de
tous les programmes de lutte contre la d�sertification, et
encourage l'am�lioration des conditions �conomiques, sociales
et environnementales des pauvres. Elle appelle l'OMC � prendre
note des effets exerc�s par les subventions accord�es dans les
secteurs de l'agriculture et du commerce, sur le d�veloppement
rural et le probl�me de la d�sertification, et � envisager
leur suppression. Elle invite l'ensemble des Parties touch�es
� int�grer la CCD dans les strat�gies nationales de
d�veloppement durable, et d'inclure les programmes de lutte
contre la d�sertification dans les politiques concernant les
terres, l'eau, le d�veloppement rural, les for�ts, l'�nergie
et l'�ducation et la culture.
LES CONSULTATIONS OFFICIEUSES
UNITES REGIONALES DE COORDINATION: Le travail de
r�daction s'est poursuivi tout au long de la journ�e.
Plusieurs Parties ont pr�f�r� une d�cision ratifiant
l'existence de trois URC, d'autres ont estim� que davantage de
donn�es sont n�cessaires pour garantir une prise de mesure par
la CdP. Deux propositions textuelles ont �t� avanc�es. L'une,
requiert du Secr�tariat, d'entreprendre une �tude de
faisabilit�, � co�t �valu�, des arrangements de collaboration,
"utilisant au mieux les entit�s r�gionales et sous-r�gionales
disponibles," et de la soumettre � la consid�ration de CdP-7.
L'autre proposition demande la soumission des points de vue
sur les fonctions et les modalit�s des URC, d'ici le 1er
avril 2004. Elle requiert �galement du Secr�tariat, la
compilation des soumissions, l'�laboration d'une �tude de
faisabilit� pr�liminaire, pour examen, par un atelier organis�
en conjonction avec la CRIC-3, et l'�laboration d'un rapport
formel sur la faisabilit�, pour la CdP-7, o� sera finalis� le
cahier des charges des URC.
RESULTATS DU SMDD: Les d�l�gu�s ont poursuivi leurs
consultations officieuses, examinant un papier r�vis� soumis
par le mod�rateur, rest� lourdement crochet�.
SUIVI DES REUNIONS REGIONALES: Le groupe n'a pas �t� en
mesure de s'accorder sur le texte invitant les pays
industrialis�s et les agences multilat�rales � contribuer
volontairement aux activit�s de mise en �uvre des programmes
d'action, certains pays industrialis�s pr�f�rant l'insertion
d'une r�f�rence aux "diverses agences int�ress�es, � la fois
publiques et priv�es," et la suppression du terme "industrialis�s"
du libell� rest� entre crochets.
ARTICLE 47 DU REGLEMENT INTERIEUR: Les participants ont
examin� le papier officieux soumis par le mod�rateur du comit�
de r�daction officieux. Les Parties ont d�lib�r� du point de
savoir si la question devait �tre examin�e au cours de cette
CdP ou �tre report�e � la CdP-7.
SYNERGIES: Dans les consultations officieuses
convoqu�es sur la question des synergies, un groupe de pays a
sugg�r� l'insertion d'un libell� sur l'acc�s des PEID, aux
ressources financi�res relevant du programme op�rationnel du
FEM pour la gestion durable des terres. Le sujet sera repris
mercredi 3 septembre.
DANS LES COULOIRS
Sur une note positive, le Secr�tariat de la CCD a sign�,
mardi, un M�morandum d'Entente avec le Secr�tariat de la
Convention sur les Esp�ces Migratrices. Plusieurs d�l�gu�s
esp�rent que cet �v�nement donnera une nouvelle impulsion aux
consultations officieuses autour de la question des synergies.
Certains ont, toutefois, fait part de leurs r�serves
concernant le risque de voir l'�v�nement passer pour une sorte
de "note mineure de bas de page" en comparaison avec ceux de
la signature de la R�solution finale, par les chefs d'Etat, et
de la d�claration Conjointe des groupes de pays africains, des
Cara�bes, du Pacifique et de l'UE.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
REUNION EXTRAORDINAIRE: Le groupe de discussion inter-agence
se r�unira de nouveau de10h � 13h, en Salle 1, pour conclure
le dialogue interactif avec les ministres et entendre les
d�clarations des chefs de d�l�gations, des agences des Nations
Unies et des organisations internationales.
PLENIERE DE LA CdP: La CdP se r�unira de 15h � 18h, en
Salle 1, pour examiner les projets de d�cisions transmis par
le CST et le CRIC.
CONSULTATIONS OFFICIEUSES: Des consultations
officieuses seront men�es tout au long de la journ�e, pour
poursuivre la r�daction des d�cisions de la CdP concernant les
URC, le programme et budget, les synergies, les r�sultats du
SMDD, et l'Article 47 du R�glement int�rieur. |