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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 04 No. 169
Mardi 2 Septembre 2003
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-6 DE LA CCD
LUNDI 1er SEPTEMBRE 2003
Le matin, les délégués près de la CdP-6 se
sont réunis en séance extraordinaire de haut niveau pour
entendre les allocutions des chefs d'Etats et de gouvernements.
L'après-midi, ils ont tenu une table ronde consacrée à
l'échange des points de vue sur le thème de "La CCD, en tant
qu'outil au service des Objectif de Développement du
Millénaire, relatifs à l'éradication de la pauvreté et à la
sécurité alimentaire." Des consultations officieuses autour
des questions du programme et budget, des résultats du SMDD et
des Unités Régionales de Coordination (URC), ont également été
menées dans l'après-midi.
LA REUNION EXTRAORDINAIRE DE HAUT NIVEAU
La Présidente de la CdP-6, Simeón Nigrín, a
ouvert la réunion extraordinaire de haut niveau. Plusieurs
orateurs se sont félicités de la désignation du FEM comme
mécanisme de financement de la CCD, ont souligné l'impératif
de mobiliser des ressources financières et techniques, y
compris le transfert des technologies et le renforcement des
capacités, et a noté l'importance de la mise en œuvre des PAN.
D'autres ont identifié la mondialisation et les politiques
néo-libérales, en particulier celles des subventions accordées
dans le secteur agricole, l'IMF et l'OMC, comme autant
d'obstacles majeurs à l'éradication de la pauvreté et à la
concrétisation du développement durable dans les pays en
développement. Divers autres points ont été soulevés dans les
déclarations, notamment: l'importance des Objectifs de
Développement du Millénaire; les résultats du SMDD; la
nécessité de traiter les causes de la dégradation des terres
et de la désertification en Afrique; et l'implication de la
société civile et des communautés locales.
Dans sa déclaration d'ouverture, le
Président cubain, Fidel Castro Ruz, a mis en exergue
l'importance de l'éducation et de l'amélioration de la prise
de conscience des impératifs du développement durable et de
l'éradication de la pauvreté. Présentant l'exemple des
campagnes d'alphabétisation et d'éducation, il a souligné que
la tâche la plus urgente est celle consistant à réaliser une
prise conscience universelle chez les adultes et chez les
enfants. Le Secrétaire Exécutif de la CCD, Arba Hamma Diallo,
a mis en relief la CCD comme étant un processus multilatéral
important qui transcende les intérêts de chacun des pays. Il a
précisé que la CCD est un véhicule permettant de s'assurer du
développement durable des populations vivant dans des
environnements fragiles. Ibrahim Gambari, représentant du
Secrétaire Général de l'ONU, a souligné l'importance de la CCD,
ce traité multilatéral disposant de la plate-forme la plus
large dans le domaine du développement durable, pour les
efforts fournis en matière de lutte contre la pauvreté rurale
et pour la réalisation de la sécurité alimentaire.
Blaise Compaoré, Président de la République
du Burkina Faso, a mis en relief le besoin d'utiliser la CCD
pour l'amélioration des conditions de vie des pauvres. Il a
affirmé que nonobstant la "baisse" de l'enthousiasme qui avait
"enclenché" les négociations de la CCD, combattre la
désertification par des efforts soutenus, reste possible. Il a
appelé à l'intégration de la lutte contre la désertification,
dans la coopération multilatérale et bilatérale, en vue de
soutenir la mobilisation des ressources.
Alhaji Yahya Jemus Junkung Jammeh,
Président de la République de Gambie, a noté que l'utilisation
non durable des ressources naturelles, mène à davantage de
pauvreté. Affirmant que la pauvreté, la dégradation
environnementale et les modes non durables de consommation
exercent un impact sur tous les pays, il a indiqué que la
coopération internationale doit être considérée comme
l'élément unificateur permettant de relever ces défis.
Percival James Patterson, Premier ministre de la Jamaïque, a
mis en exergue la nécessité d'un partenariat mondial
permettant de traiter efficacement le problème de la
désertification, et a appelé la CdP-6, à fournir une
compréhension claire de la manière dont les personnes peuvent
se joindre à l'action, et les promesses de financement seront
concrétisées. Pakalitha Bethuel Mosisili, Premier ministre du
Royaume du Lesotho, a déclaré que la CdP-6 marque un tournant
décisif pour la CCD. Il a noté que le traitement du problème
de la dégradation des terres requiert des pays, la mise à
disposition de ressources financières substantielles tirées de
leurs budgets nationaux.
Amadou Toumani Touré, Président de la
République du Mali, a déclaré que la lutte contre la
désertification est de dimension mondiale, mais que les pays
du Sahel se trouvent "au cœur de la bataille." Il a attiré
l'attention sur le rôle de la CCD dans l'évolution de la
perception de la désertification par la communauté
internationale, notant qu'il s'agit là d'un problème de
développement complexe. Sam Nujoma, Président de la République
de Namibie, a appelé à un financement adéquat pour la CCD. Il
a souligné le besoin de promouvoir la prise de conscience
quant aux liens entre la biodiversité, le changement
climatique et la dégradation des terres. Il a fait état des
avancées accomplies dans la région sud-africaine dans le
domaine de la promotion des idéaux de la CCD, au niveau
sous-régional, à travers une focalisation sur la gestion des
écosystèmes et sur l'éradication de la pauvreté. Keith C.
Mitchell, Premier ministre de la Grenade, a parlé de la
vulnérabilité des petits Etats insulaires en développement (PEID)
à la désertification et à la dégradation des terres, et a
appelé les Parties à apporter leur soutien à la mise en œuvre
de la CCD dans ces pays.
Ralph Gonsalves, Premier ministre de Saint
Vincent et Grenadines, a souligné la nécessité d'une gestion
efficace des terres, évitant la déforestation, le surpâturage
et les effets négatifs de l'industrie du tourisme. Hugo Chávez
Frías, Président de la République du Venezuela, a passé en
revue l'historique de la CCD et a noté que nombre de décisions
prises par la CdP, sont en cours d'application dans son pays.
Il a souligné l'importance de la volonté politique pour le
traitement efficace des causes de la pauvreté et de la
désertification. Il a enfin donné un aperçu sur le programme
d'éradication de l'analphabétisme au Venezuela.
Robert Gabriel Mugabe, Président de la
République du Zimbabwe, a fait part de ses préoccupations
concernant la "concrétisation" des promesses faites par les
pays industrialisés d'engager des fonds pour l'amélioration
des conditions de vie des pauvres. Il a mis en exergue le
programme zimbabwéen de réforme agraire. Jacob Zuma, Vice-président
de la République d'Afrique du Sud, a appelé les prochaines
négociations de l'OMC, prévues à Cancún, au Mexique, de se
pencher sur la question de la mise en œuvre de la CCD. Il a
suggéré l'établissement de liens plus forts entre l'Initiative
Environnementale du NEPAD et la CCD, et entre les pays
africains, le FEM et le PNUE. Amara Essy, Président par
intérim de l'Union Africaine (UA), a mis l'accent sur les
initiatives du Sommet de l'UA à Maputo, au Mozambique, et a
souligné le rôle de l'UA dans l'assistance devant être
apportée au Secrétariat de la CCD, dans la mise en œuvre des
programmes de lutte contre la désertification. Le MAROC, au
nom du G-77/Chine, a fait part de ses réserves concernant
l'absence de stratégie à long terme et de moyens crédibles
pour la mise en œuvre de la CCD, en particulier, dans les
domaines des ressources financières, du transfert des
technologies et du renforcement des capacités. Le délégué a
souligné en outre l'importance de la coopération sud-sud,
régionale et sous-régionale, comme étant l'un des éléments
clés d'une mise en œuvre efficace de la CCD.
L'ITALIE, au nom de l'UE, a souligné le
besoin de renforcer le rôle de la science, de la recherche et
de la technologie, et a encouragé un accroissement de la
participation de tous les acteurs de la société civile dans la
lutte contre la désertification. Le délégué a annoncé que l'UE
a lancé une initiative visant à accroître les capacités
d'assimilation de l'investissement dans l'utilisation durable
des terres, et à rattacher les potentialités stratégiques de
la CCD à l'amélioration de moyens de subsistance des
populations des zones arides. Le BIELORUSSIE, au nom des pays
de l'Annexe de Mise en Œuvre Régionale de la CCD pour l'Europe
Centrale et de l'Est, a mis en exergue les mesures mises en
place dans la région depuis l'entrée en vigueur de l'Annexe,
notamment: l'identification des zones prioritaires;
l'établissement d'accords de partenariat; le renforcement des
capacités scientifiques, institutionnelles et législatives; et
l'élaboration de mécanismes pour la mise en œuvre de la CCD.
La représentante de la communauté des ONG a souligné
l'importance du programme des petits crédits du FEM, pour le
soutien de la mise en œuvre de la CCD à l'échelon local. Elle
s'est félicitée de la participation des ONG dans les
délibérations de la CCD et a exhorté les Parties à s'assurer
de la participation des ONG dans le Comité de Facilitation.
LA TABLE RONDE
Le Président de la table ronde, Fidel
Castro Ruz, a déclaré que le débat permettra un échange de vue
ouvert sur le thème de "La CCD en tant qu'outil au service de
la concrétisation des Objectifs de Développement du Millénaire,
relatifs à l'éradication de la pauvreté et à la sécurité
alimentaire." La NAMIBIE a souligné l'importance de
l'éducation pour une lutte efficace contre la pauvreté.
L'orateur a mis en exergue la coopération sud-sud, en
particulier dans le domaine économique. Le représentant de
SAINT VINCENT ET GRENADINES a déclaré que la coopération
sud-sud est toujours bienvenue, mais que ce sont surtout des
partenariats entre les pauvres et les riches qui sont
n�cessaires pour une mise en �uvre prompte et efficace de la
CCD. Il a tir� deux parall�les entre accords commerciaux et
d�gradation des terres, dans le contexte des plantations et de
l'export de bananes. Le BURKINA FASO a d�clar� que les pauvres
ne peuvent pas participer � la protection de l'environnement
en raison du caract�re pr�caire de leurs moyens de subsistance.
Comme mesures de lutte contre la pauvret�, l'orateur a
mentionn�, la s�curit� alimentaire et l'�ducation visant �
promouvoir le respect de l'environnement.
Le MALI a qualifi� la d�forestation comme
�tant la cons�quence de la collecte du bois de chauffe. Le
repr�sentant a �voqu� la "f�minisation" de la pauvret� au Mali
comme �tant due au fait que les femmes y constituent plus que
la moiti� de la population rurale. S'agissant de la pauvret�
rurale, il a fait part de son regret quant � la d�valuation
des r�coltes du coton dans le Sahel, et a exprim� l'espoir de
voir "la conscience prendre le dessus" � la prochaine r�union
de l'OMC, � Canc�n. Le LESOTHO a parl� de la d�gradation des
terres dans les zones montagneuses, qui ont �t� fragilis�es et
qui se remettent difficilement des effets n�gatifs de la
pression humaine. L'orateur a rappel� que les probl�mes
environnementaux ne respectent pas les fronti�res politiques,
et a encourag� toutes les Parties � mettre en �uvre la CCD.
La JAMAIQUE a not� l'importance de la CCD
pour le traitement du probl�me de la d�gradation des terres et
celui de la situation particuli�re des PEID. Le repr�sentant a
affirm� que les PIED ne cherchent pas, dans le cadre de la CCD,
� obtenir une place prioritaire, au d�triment de l'Afrique,
qui constitue clairement "un cas de force majeur". Le
repr�sentant du Secr�taire G�n�ral de l'ONU a soulign� la
priorit� accord�e par la CCD � la promotion du d�veloppement
durable et � la s�curit� alimentaire, � l'�radication de la
pauvret� et � la concr�tisation des Objectifs de D�veloppement
du Mill�naire. Notant l'importance du NEPAD, il a encourag�
davantage d'investissements en Afrique. Le repr�sentative du
Parlement andin, a appel� les Parties � �laborer une
d�claration appelant au renforcement de la coop�ration sud-sud,
et � examiner l'opportunit� d'�tablir un tribunal
environnemental international.
La couverture de la table ronde par le
Bulletin des N�gociations de la Terre, s'est arr�t�e � 20h45.
LES CONSULTATIONS OFFICIEUSES
UNITES REGIONALES DE COORDINATION: Les
d�l�gu�s se sont r�unis l'apr�s-midi pour examiner le projet
de d�cision soumis par le mod�rateur des consultations. Le
Secr�tariat a �galement fait circuler un papier contenant des
compl�ments d'information sur les URC. Les d�l�gu�s ont d�cid�
que de plus amples d�tails sont n�cessaires � l'examen de la
faisabilit� des URC. Le groupe s'est engag� dans le travail de
r�daction, avec une d�l�gation exprimant une pr�f�rence pour
l'�laboration d'une d�cision concise appelant � la tenue d'un
atelier sur la question du cahier des charges des URC, � la
CdP-7.
PROGRAMME ET BUDGET: Les consultations
officieuses autour de la question du programme et budget se
sont poursuivies dans l'apr�s-midi, avec la pr�sentation de
quatre sc�narios pour le budget du Secr�tariat. Apr�s une
s�ance de questions-r�ponses, la r�union a �t� ajourn�e pour
permettre aux groupes r�gionaux de mener leurs concertations.
RESULTATS DU SMDD: Les consultations
officieuses sur les r�sultats du SMDD se sont poursuivies dans
l'apr�s-midi, avec l'examen du projet de d�cision propos� par
le mod�rateur des consultations. Les d�l�gu�s ne sont pas
parvenus � s'accorder ni sur la formulation appelant le
Secr�taire Ex�cutif de la CCD � participer "activement" dans
les sessions de la CDD, ni sur le point de savoir si cela
devait s'appliquer aux sessions "pertinentes" ou � "toutes"
les sessions. Il n'y a pas eu d'accord non plus sur la
proposition avanc�e par un groupe r�gional, encourageant les
Parties � s'assurer de l'�tablissement de liens entre le PMAJ
et la CCD, l'un des pays industrialis�s ayant sugg�r�
d'assurer plut�t le suivi du SMDD pour les sessions de la CDD
o� l'eau constitue un th�me majeur. Le libell� portant sur la
reconnaissance du SMDD que les PEID constituent un cas
particulier en mati�re d'environnement et de d�veloppement,
est rest� entre crochets.
DANS LES COULOIRS
La r�union de haut niveau a �t�, lundi, au
centre de l'attention des 190 Parties de la CCD, ne serait-ce
que pour l'�change anim� qui a eu lieu entre Fidel Castro et
Hugo Ch�vez, au sujet des grandes questions internationales.
Un nombre important de participants a applaudi les id�es
fortes qui ont �t� exprim�s, notamment concernant la
focalisation sur le probl�me de la pauvret�, la dette du
tiers-monde, les campagnes de sensibilisation, et le r�le
destructeur de l'�conomie de march�. Certains d�l�gu�s se sont
demand�, cependant, si les dirigeants qui ont d�barqu� � La
Havane ne sont pas venus se servir de la CdP � des fins
politique qui d�passent de loin le probl�me de la
d�sertification.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
REUNION DE HAUT NIVEAU: Une r�union de
Haut Niveau comportant un panel inter-agence se d�roulera en
Salle 1, de 9h � 10h30 et de 17h � 20h. La r�union traitera du
th�me suivant: "La CCD: nouvelle opportunit� pour
l'am�lioration de la coop�ration dans le cadre de l'APD, pour
la promotion du d�veloppement durable dans les �cosyst�mes
arides."
TABLE RONDE: La table ronde des Chefs
d'Etat et de gouvernement aura lieu dans la Salle 3, de 11h �
13h. Les d�l�gu�s y traiteront du th�me de "La CCD en tant
qu'outil au service de la concr�tisation des Objectifs de
D�veloppement du Mill�naire, relatifs � l'�radication de la
pauvret� et � la s�curit� alimentaire."
CONSULTATIONS OFFICIEUSES: Des
consultations officieuses seront men�es sur les questions des
URC, des r�sultats du SMDD, de l'Article 47 du R�glement
int�rieur, et du programme et budget.
Pour de plus amples renseignements, pri�re
consulter le Journal et les �crans d'affichage. |