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Publié
par L'Institut
International du Développement Durable (IIDD)
Vol. 04 No. 162
Lundi 25 Novembre 2002
COMPTE RENDU DE LA PREMIERE SESSION DU
COMITE CHARGE DE L'EXAMEN
DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA CONVENTION
POUR LA LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION:
11-22 NOVEMBRE 2002
La première réunion du Comité chargé de la
Mise en Œuvre de la Convention (CRIC-1) s'est ouverte le lundi
11 novembre 2002, au siège de l'Organisation pour
l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), à Rome, en Italie.
Rappelons que le CRIC avait été établi par la cinquième
Conférence des Parties (CdP), en octobre 2001, pour procéder à
l'examen et à l'évaluation de la mise en application de la
Convention.
Après les déclarations d'ouverture et
l'adoption de l'ordre du jour et autres questions
d'organisation, les délégués devaient entamer l'examen de la
mise en œuvre de la CCD, en vertu des alinéas 2 (a) et (b) de
l'Article 22 (Conférence des Parties) et de l'Article 26
(communication des données). La première semaine, les délégués
devaient entendre des exposés d'études de cas présentés par
les cinq régions de la CCD et portant sur sept sujets
thématiques, à savoir: les processus participatifs impliquant
la société civile, les organisations non gouvernementales (ONG)
et les organisations communautaires de base (OCB); les cadres
ou les arrangements législatifs et institutionnels; les liens
et les synergies avec d'autres conventions environnementales
et, le cas échéant, avec les stratégies nationales de
développement; les mesures visant à la réhabilitation des sols
dégradés; le suivi et l'évaluation de la sécheresse et de la
désertification; les systèmes d'alerte précoce pour
l'atténuation des effets de la sécheresse; l'accès des pays
touchés, Parties, en particulier, des pays en développement
touchés, Parties, aux technologies appropriées, à
l'information et au savoir-faire; et, la mobilisation et la
coordination des ressources, tant nationales
qu'internationales, y compris la conclusion d'accords de
partenariat.
NDLR: Le compte rendu des
travaux de la première semaine de la CRIC-1 est disponible sur
l'Internet, au
http://www.iisd.ca/linkages/desert/cric1/
Au cours de la deuxième semaine, les
délégués près de la CRIC-1 se sont réunis pour tirer les
conclusions et pour mener un dialogue interactif autour des
leçons apprises et faire des recommandations aux régions
Afrique, Asie, Amérique Latine et Caraïbes et aux régions
Méditerranée du Nord et Europe Centrale et de l'Est et Autres
Parties touchées. Mercredi 20 novembre, un Dialogue Interactif
Global s'est tenu, suivi par des déclarations adressées à la
plénière. Le jeudi 21 novembre, les délégués se sont réunis en
comité de rédaction, de composition non-limité, pour négocier
les "conclusions et les recommandations concrètes concernant
les étapes à suivre de la mise en œuvre de la CCD." La
dernière séance plénière s'est déroulée le vendredi 22
novembre et a été consacrée à l'adoption du programme de
travail de la deuxième session du Comité chargé de la Mise en
Œuvre de la Convention et du rapport établi par le Comité à
l'adresse de la Conférence des Parties, y compris les
conclusions et les recommandations (ICCD/CRIC(1)/L.1). Les
recommandations du CRIC seront transmises à la sixième session
de la CdP, prévue en septembre 2003.
BREF HISTORIQUE DE LA CCD
La Convention sur la Lutte Contre la
Désertification fut adoptée le 17 juin 1994 et ouverte à la
signature en octobre de la même année à Paris. Elle entrait en
vigueur le 26 décembre 1996. La Convention reconnaît: les
aspects physiques, biologiques et socio-économiques de la
désertification; l’importance de la réorientation du transfert
technologique de manière à le rendre plus adapté à la demande;
et l’implication des populations locales. L'élément central de
la CCD est le développement de programmes d’action nationaux,
sous régionaux et régionaux (respectivement, les PAN, les PASR
et les PAR) par les gouvernements nationaux, en coopération
avec les pourvoyeurs de fonds, les populations locales et les
ONG. La Convention compte actuellement 184 Parties signataires.
LA NEGOCIATION DE LA CONVENTION: En
1992, l’Assemblée Générale de l’ONU, comme requis par la
Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le
Développement (CNUED), adopta la Résolution 47/188 qui
appelait à l’établissement d’un Comité de Négociation
Intergouvernemental pour l'élaboration d'une Convention
Internationale sur la Lutte Contre la Désertification dans les
pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la
désertification, particulièrement en Afrique (CNID). Entre mai
1993 et juin 1994, le CNID se réunit à cinq reprises durant
lesquelles les délégués élaborèrent une Convention assortie de
quatre Annexes Régionales pour l'Afrique, l’Asie, l’Amérique
Latine et les Caraïbes, et la région Nord Méditerranée. Une
cinquième annexe, pour l'Europe Centrale et de l'Est, fut
élaborée et adoptée au cours de la CdP-4 en décembre 2000.
LA PERIODE INTERIMAIRE: En attendant
l’entrée en vigueur de la CCD, le CNID devait se réunir à 6
reprises entre janvier 1995 et août 1997 pour entendre les
rapports d’avancement de l’action d’urgence menée en Afrique
et des mesures intérimaires entreprises dans les autres
régions, et pour engager les préparatifs de la CdP-1. Les
préparatifs inclurent la discussion de sujets tels que le
programme et budget du Secrétariat, les fonctions du Mécanisme
Mondial et les arrangements administratifs qui s’y rapportent,
et l’établissement de la CST. En dépit des progrès
considérables réalisés, en particulier dans le domaine de la
coopération scientifique et technique, certaines questions
importantes, comme celles concernant la taille et la
composition du Bureau de la CdP, les institutions hôtes et
certaines fonctions du Mécanisme Mondial, n’étaient toujours
pas résolues.
La CdP-1: La Première Conférence des
Parties (CdP-1) de la CCD se réunit à Rome, en Italie, du 29
septembre au 10 octobre 1997. Le CST devait tenir
simultanément sa première session les 2 et 3 octobre. Les
ordres du jour de la CdP-1 et du CST-1 portèrent
principalement sur les questions d'organisation. Les délégués
choisirent Bonn, Allemagne, comme résidence du Secrétariat
Permanent, et le Fonds International pour le Développement
Agricole (FIDA) comme l'organisation devant administrer le
Mécanisme Mondial. Sur recommandation du CST, la CdP établit
un groupe spécial pour la supervision de la continuation du
processus d'évaluation des repères et indicateurs et décida de
charger le CST-2 d'examiner les liens entre les connaissances
traditionnelles et la technologie moderne. Une réunion
Plénière fut consacrée au dialogue entre les ONG et les
délégués. Ces derniers devaient par la suite adopter une
proposition appelant à consacrer des réunions Plénières, au
cours des CdP à venir, au dialogue avec les ONG.
La CdP-2: La Seconde Conférence des
Parties (CdP-2) se réunit à Dakar, au Sénégal, du 30 novembre
au 11 décembre 1998. Le CST se réunit en parallèle à la CdP du
1er au 4 décembre. Les délégués y approuvèrent les
dispositions relatives aux liens institutionnels entre la
Convention et le Secrétariat de l'ONU et à l'Accord concernant
le Siège, conclu avec le gouvernement allemand. Le Secrétariat
s'installa en Allemagne début 1999. La CdP approuva également
les ajustements apportés à son budget et adopta les règles de
procédures en suspens concernant les membres du Bureau, mais
garda entre crochets le libellé concernant le vote majoritaire
en l'absence de consensus. Les pays d'Europe Centrale et de
l'Est furent invités à soumettre à la CdP-3 un projet d'annexe
de mise en œuvre régionale. Le CST établit un groupe spécial
pour le suivi de ses débats sur les liens entre les
connaissances traditionnelles et modernes. Les délégués
abordèrent les décisions concernant la stratégie à moyen terme
du Secrétariat, l'adoption du Mémorandum d'Entente conclu
entre la CdP et le FIDA concernant le Mécanisme Mondial, et la
proposition du G-77/Chine appelant à l'établissement d'un
Comité sur l'Evaluation de la Mise en Œuvre de la Convention (CRIC).
La CdP-3: Les Parties se réunirent pour
la CdP-3 à Recife, Brésil, du 15 au 26 novembre 1999. Le CST
se tint du 16 au 19 novembre 1999. La CdP décida d’établir un
groupe de travail ad hoc pour évaluer les rapports sur les
programmes d’action nationaux, sous-régionaux et régionaux, en
vue de tirer des conclusions et de proposer des
recommandations concrètes sur les futures étapes dans la mise
en œuvre de la Convention. Les délégués s’accordèrent
également pour continuer les consultations sur le projet de
texte de l'annexe de mise en œuvre régionale additionnelle, en
vue d’adoption à la CdP-4. Ils notèrent la nécessité d’une
déclaration sur les engagements d’amélioration de la mise en
œuvre des obligations de la Convention et décidèrent d’appeler
à des propositions pour la formulation d’une telle déclaration,
pour considération et adoption à la CdP-4. La CdP désigna un
panel ad hoc sur le savoir traditionnel et un autre sur les
systèmes de prévention précoce. Les délégués décidèrent
d’examiner encore la stratégie opérationnelle du Mécanisme
Mondial à la CdP-4.
LA CdP-4: Les Parties se réunirent du
11 au 22 décembre 2000, à Bonn, en Allemagne. La CST se réunit
en tandem avec la CdP du 12 au 15 décembre. Nombre de
participants devaient quitter la Conférence regrettant les
occasions manquées et imputant la faute au temps perdu à
essayer de résoudre les obstacles d'ordre procédural qui ont
entravé la progression sur les questions de fond ayant trait à
l'évaluation de l'état d'avancement de la mise en application
de la CCD, mais la conférence n'en a pas moins accompli des
réalisations notables, telles que: l'adoption de la cinquième
annexe régionale consacrée à la région Europe Centrale et de
l'Est, le démarrage des travaux du groupe de travail spécial
chargé de l'évaluation de la mise en application de la CCD,
l'initiation de l'examen des modalités devant encadrer
l'établissement de la commission chargée de la revue de la
mise en application de la Convention (CRIC), la soumission des
propositions concernant l'amélioration du travail de la CST,
et l'adoption de la décision concernant l'initiative du
Conseil du Fonds Mondial pour l'Environnement (FEM) concernant
l'exploration des meilleures options offertes au FEM pour le
soutien de la mise en œuvre de la CCD.
LA CdP- 5: La CdP-5 se réunit du 1er
au 13 octobre 2001, à Genève, en Suisse, et la CST se réunit
en parallèle, du 2 au 5 octobre. La CdP se focalisa alors sur
l'établissement des modalités de travail pour les deux années
d'intervalle qui nous séparent de la prochaine CdP, prévue en
2003. Des avancées furent enregistrées dans nombre de domaines
et portèrent notamment sur l'établissement du CRIC, la
détermination des modalités devant encadrer l'amélioration de
l'efficacité et de l'efficience de la CST, et le renforcement
de la plate-forme financière de la CCD, suite au soutien
vigoureux apporté au FEM dans sa proposition de désigner la
dégradation des terres parmi les pôles de focalisation de ses
financements.
Les conférences préparatoires régionales de
la CRIC-1: Des conférences préparatoires régionales de la
CRIC-1 se déroulèrent: du 8 au 12 juillet, à Damas, en Syrie,
pour la région asiatique, et du 15 au 19 juillet, à Windhoek,
en Namibie, pour la région africaine. La réunion régionale
pour la Méditerranée du Nord et pour l'Europe Centrale et de
l'Est et autres pays touchés Parties, se tint à Genève, en
Suisse, du 23 au 26 juillet. La réunion régionale pour
l'Amérique Latine et les Caraïbes eut lieu du 29 juillet au 1er
août, à Bridgetown, à la Barbade. Ces réunions procédèrent à
l'examen de la mise en œuvre de la CCD au niveau des pays,
examen qui devait porter notamment sur le processus
participatif, et considéra l'expérience acquise et les
résultats accomplis dans l'élaboration et la mise en
application des programmes d'action. Les procès-verbaux de ces
réunions apportèrent, à la CRIC-1, des contributions à travers,
notamment, les conclusions et les recommandations dégagées du
niveau régional.
COMPTE RENDU DE LA DEUXIEME SEMAINE DE LA
CRIC-1
LUNDI 18 NOVEMBRE 2002
LA SESSION CONCLUSIVE CONSACREE A LA REGION
AFRICAINE ET AU DIALOGUE INTERACTIF SUR LES LEÇONS APPRISES ET
LES RECOMMANDATIONS QUI S'Y RAPPORTENT: ouvrant la séance
conclusive consacrée à l'Afrique, le Président du CRIC,
Rogatien Biaou (Bénin), évoqua l'engagement des pays africains
en faveur du processus de la CCD et donna un aperçu sur les
réalisations accomplies aux niveaux national, sous-régional et
régional, en matière d'adoption de plans d'action. Mettant en
exergue les résultats du SMDD et de la Deuxième Assemblée du
FEM, comme autant d'éléments de l'orientation qui doit être
suivie, l'orateur indiqua que le point focal de la mise en
œuvre de la CCD doit porter sur la prise d'actions. Bettina
Horstmann (du Secrétariat de la CCD) présenta une synthèse des
études de cas soumises dans le cadre de l'évaluation
thématique, mettant en relief les conclusions tirées des
présentations de la semaine écoulée. Au sujet de la question
des processus participatifs, l'oratrice nota la nécessité de
prévoir des mesures d'encouragement pour la promotion d'une
participation continue des populations locales, d'une
implication accrue des scientifiques et du secteur privé, et
pour permettre de tirer profit des processus de
décentralisation. Au sujet de la question des cadres
législatifs et institutionnels, elle mit en avant les
recommandations suivantes: fournir des Organes de
Coordinations Nationaux (OCN) disposant de moyens adéquats
pour l'accomplissement de leur missions; renforcer les
capacités des correspondants de la CCD; harmoniser les cadres
juridiques existants; et mettre en application les régulations
de manière effective.
Au sujet de la question des liens et des
synergies avec les conventions environnementales et les
stratégies de développement nationales, elle souligna le
besoin: de renforcer les capacités au niveau local;
d'améliorer les synergies dans la mise en œuvre des AEM au
niveau local; et d'intégrer le processus de mise en œuvre de
la CCD dans les stratégies de développement nationales. Au
sujet des mesures de réhabilitation des sols dégradés, elle
souligna la nécessité de compiler les cas de réussite et les
meilleures pratiques, et d'intégrer dans les PAN, l'ensemble
des mesures prises.
Au sujet de la question de suivi et
d'évaluation, l'oratrice mit en relief les mesures visant: à
tenir compte des données disponibles, dans les processus de
planification socioéconomiques; à prendre en considération les
dispositions prises dans le cadre des divers AEM, dans la mise
en place des systèmes d'information environnementale; et à
déterminer les voix et moyens d'assurer un meilleur suivi des
recommandations de la CST. Au sujet de la question de l'accès
aux technologies, à l'information et au savoir-faire, elle
évoqua la nécessité: de capitaliser les savoirs traditionnels;
d'accroître les échanges d'expériences; et de combiner les
connaissances modernes et celles traditionnelles. Au sujet de
la mobilisation et de la coordination des ressources, elle
souligna l'impératif: d'impliquer les ministères des finances
dans le processus de conclusion des accords de partenariat;
d'entreprendre des concertations participatives avec les
partenaires nationaux et internationaux; et d'augmenter les
allocations budgétaires nationales.
Shirley Bethune (Namibie) passa en revue
les conclusions de la réunion régionale africaine, tenue à
Windhoek, en Namibie, du 15 au 19 juillet. Elle donna un
aperçu sur les objectifs de la CCD en Afrique, présenta une
synthèse des rapports soumis par les parties prenantes
africaines, et donna lecture aux recommandations générales
dégagées par la réunion et portant, notamment, sur la
nécessité: d'améliorer l'efficacité des organes de
coordination au niveau national; de renforcer les synergies
entre les AEM; d'améliorer la dissémination de l'information
concernant les opportunités offertes pour la mobilisation des
ressources disponibles; et d'améliorer les concertations
internes autour des accords de partenariat. Elle mit également
en relief, des recommandations appelant à un suivi et à
l'établissement de rapports, à l'amélioration de la mise en
œuvre et à l'identification des actions devant être menées au
niveau mondial.
Muftah Unis (Organisation Africaine de
Cartographie et de Télédétection) introduisit les activités
inscrites dans le cadre du lancement du quatrième Réseau
Africain de Programmation Technique (RPT-4) en matière de
télédétection. L'orateur expliqua les objectifs du RPT dans la
facilitation d'une action de suivi et d'évaluation cohérente,
à travers le renforcement des capacités des partenaires. Il
parla également de la composition du réseau et du caractère
qu'il revêtait, de la mise en place de centres d'excellence et
de la création d'un site web visant à aider les locaux à
accéder à ces sujets et à leur compréhension.
Gogo Macina (Sénégal) parla des questions
de désertification relevant de la composante environnementale
de NEPAD. L'oratrice passa en revue les objectifs et les
priorités de NEPAD, mit en exergue son programme de lutte
contre la dégradation des sols et contre la désertification,
ainsi que les actions entreprises dans ce contexte.
Dans son exposé sur le thème de la voie
ouverte pour les ONG africaines, Abou Bamba (Réseau pour
l'Environnement et le Développement Durable en Afrique)
décrivit nombre de mesures prises pour le renforcement du rôle
des ONG et des organisations de la société civile dans la mise
en œuvre de la CCD. Il souligna leur rôle dans l'exécution des
projets, la collaboration établie avec les gouvernements, le
travail accompli en matière de défense et de renforcement des
capacités. Au sujet de NEPAD, il suggéra que le Mécanisme
Mondial (MM) apporte son assistance dans la mise en place
d'une initiative ONG, et appela à l'élaboration des
indicateurs nécessaires à la mesure de la mise en œuvre de la
CCD dans la région.
Avant l'ouverture du débat général, le
Président du CRIC, Biaou, requit des représentants du MM de la
région africaine, de donner un aperçu sur leurs activités et
de parler de la situation de la mobilisation des ressources en
faveur des pays africains touchés Parties. Khalida Bourar (MM)
parla des activités menées par le MM dans le cadre de la
détermination des aspects clés devant être pris en compte dans
les PAN et dans l'instauration des environnements favorables à
la mise en œuvre en Afrique du Nord. Elle nota que la
stratégie du MM se fondait sur le principe de subsidiarité et
sur l'implication et la coopération étroite avec l'ensemble
des parties prenantes. Mettant en relief les mesures prises
jusqu'ici, elle indiqua que les activités étaient axées sur:
la concertation entre les partenaires nationaux et étrangers,
pour la mise en œuvre des PAN; l'intégration des PAN dans les
cadres du développement stratégique; le renforcement du rôle
de la société civile; le traitement de la durabilité des PAN;
et l'identification des synergies entre les conventions
environnementales. Abordant la question des leçons apprises,
elle souligna la valeur des activités d'habilitation, du
travail de conscientisation, du développement d'une
compréhension commune des PAN, des partenariats et de la
transparence des dialogues autour de la mobilisation des
ressources.
Kwame Awere (MM) mit en relief le soutien
apporté par le MM pour le renforcement des partenariats,
l'intégration des PAN dans les stratégies de développement et
les budgets nationaux, et pour le renforcement de
l'implication de la société civile dans les sous-régions Est
et Sud de l'Afrique. Il parla d'une série d'ateliers
consultatifs organisés avec les gouvernements, la société
civile et les parlementaires, et du dispositif sous-régional
mis en place pour le soutien de la mise en œuvre de la CCD
dans la sous-région sud-africaine. L'orateur signala également
que le MM était en train d'agir de manière conforme aux
programmes déterminés par les Etats membres des différentes
régions, précisant toutefois que des mesures de réponses plus
appropriées étaient nécessaires dans les pays émergeant de
remous civils, tels que la République Démocratique du Congo ou
la Somalie, ou encore les pays où le soutien apporté par les
donateur est actuellement faible, tels que le Zimbabwe.
Michel Kouda (MM) évoqua le soutien direct
apporté par le MM à l'élaboration des PAN et donna un aperçu
sur la coopération mise en place avec les institutions
intergouvernementales et sous-régionales pour l'élaboration du
Programme d'Action Sous-régional (PASR) en Afrique Centrale et
de l'Ouest. Il mentionna les activités en cours au Mali, au
Sénégal, au
Burkina Faso et en Mauritanie, pour la
mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des PAN,
notant l'élaboration des cadres nationaux régissant le
partenariat, et l'organisation de tables rondes avec les
bailleurs de fonds.
Au cours du débat qui suivit, les délégués
soulevèrent un certain nombre de points portant entre autres
sur:
-
l'amélioration des mécanismes
consultatifs au niveau national;
-
l'apprentissage et l'application des
enseignements tirés des processus consultatifs d'autres
pays;
-
le renforcement des capacités en matière
d'accès aux financements du FEM, de conception de projets
éligibles auprès du FEM et d'élaboration de projets
d'investissement complémentaires aux financements marginaux
du FEM;
-
la coopération dans les mesures
d'évaluation conjointes et dans l'élaboration des profils
des pays;
-
le soutien de l'implication des ONG, le
renforcement des capacités, l'utilisation du savoir
traditionnel et le traitement des rôles des femmes et des
jeunes;
-
l'élaboration d'indicateurs efficaces
pour la mesure des progrès réalisés dans la participation du
public;
-
l'élaboration et l'évaluation d'activités
pilotes dans le domaine de l'encouragement et du
découragement;
-
le traitement du problème de l'absence de
mécanismes de coordination au niveau national;
-
la focalisation sur les cadres juridiques,
au niveau national;
-
le renforcement des capacités de la
Commission Scientifique et Technologique (CST) dans le
domaine de la justification des affectations de ressources;
-
l'octroi d'une priorité à la lutte contre
la désertification, au sein des ministères des finances
nationaux;
-
l'évitement du double emploi entre les
activités de mobilisation des ressources menées par le
Secrétariat de la CDD et celles menées par le MM;
-
l'évaluation du mandat du MM, à la CdP-6;
-
l'utilisation plus efficace des
recommandations de la CST;
-
la définition de l'évaluation du travail
de la CST, à la CdP-6;
-
l'intégration d'évaluations d'experts
techniques dans les travaux du CRIC;
-
le traitement du rôle des experts de la
société civile dans la CST;
-
l'encouragement du recours à des sources
diversifiées d'énergie renouvelable; et
-
l'élaboration d'indicateurs socio-économiques.
LA SESSION CONCLUSIVE CONSACREE A LA REGION
ASIATIQUE ET AU DIALOGUE INTERACTIF SUR LES LEÇONS APPRISES ET
LES RECOMMANDATIONS QUI S'Y RAPPORTENT: Après une brève
introduction de la séance conclusive de la région asiatique,
par Rezaul Karim (du Secrétariat de la CCD), Khaled Al Shara'a
(Syrie) présenta les conclusions tirées de la réunion
régionale asiatique, tenue à Damas, en Syrie, du 9 au 12
juillet 2002. Faisant état des succès importants réalisés dans
la région et de l'émergence de recommandations utiles dégagées
par la réunion, l'orateur souligna la nécessité de promouvoir
un dialogue ouvert avec les partenaires du développement et de
conclure des accords de partenariat dans le domaine de la
formulation et de la mise en application des PAN. Elaborant
sur les besoins de la région, il traita: de l'accroissement
des contributions financières apportées par les niveaux
national et international; de la collaboration avec le FEM; de
l'examen de l'efficacité du processus de participation; de la
mise en place de processus convenables de suivi et
d'évaluation et de l'intégration de leurs résultats dans la
mise en œuvre des projets; et de la détermination des besoins
en matière de renforcement des capacités.
Donnant un aperçu sur les résultats des
travaux de la première semaine, Batu K. Uprety (Népal) parla
des liens entre les divers sujets thématiques examinés. Il
cita nombre d'éléments clés, dont: l'amélioration des
processus de participation; le soutien des cadres
internationaux et de la coordination; le renforcement des
capacités; la mobilisation des ressources; le besoin de
s'assurer de l'efficacité de la mise en œuvre et de la
reproductibilité des mesures probantes; le traitement de la
question de l'habilitation des communautés rurales; et
l'amélioration des partenariats et des réseaux de
collaboration. Il souligna la nécessité de mesures préventives
à objectifs multiples et de mesures de mise de mise en valeur
et donna des exemples de projets de gestion du reboisement, de
l'agro-foresterie et des réservoirs d'eau. Mettant en exergue
la nécessité d'établir des partenariats à tous les niveaux, il
appela le Secrétariat de la CCD, le MM et le FEM à poursuivre
leurs efforts de soutien, et confirma l'importance des Réseaux
de Programmes Techniques asiatiques (RPT) et de l'implication
du secteur privé. Evoquant les défis qui restent à relever et
les objectifs qui restent à fixer dans le futur, il
s'interrogea sur le point de savoir si l'implication des
communautés dans le développement rural était suffisamment mis
en exergue dans les programmes actuels.
Guoxiang Wang (de l'Association 'Inner
Mongolia Combatting Desertification') parla des conditions
climatiques sévissant dans les zones arides du pays Dalate, en
Chine, et souligna que les problèmes de désertification
auxquels la région se trouve confrontée étaient dus, entre
autres, à des facteurs climatiques, à la mauvaise gestion des
terres et à la surexploitation des ressources en eau. Elle
indiqua que les femmes étaient en train de jouer des rôles
importants dans la lutte contre la désertification, à travers
le reboisement et bien d'autres projets, et que leur travail a
permis un allégement de la pauvreté et une amélioration des
conditions de vie. Elle précisa que le gouvernement a à jouer
un rôle significatif dans la fourniture de programmes de
formation, de conseils techniques et de mesures
d'encouragement, pour faire réussir les initiatives. Naser
Moghaddasi (Iran) décrivit les RPT asiatiques et énuméra leurs
objectifs généraux consistant à: servir de cadres originaux
compatibles avec la CCD; fournir des forums de renforcement
des capacités; renforcer les instruments régionaux et
sous-régionaux; augmenter la participation des membres des
réseaux; et accroître les activités complémentaires aux PAN.
Khalida Bourar (MM) donna un aperçu sur les
activités menées par le MM dans la région. Evoquant les défis
à relever dans la mise en œuvre de la CCD, elle énuméra: la
nécessité d'intégrer la CCD dans les processus de
planification du développement national, aux fins de lui
assurer une priorité, au niveau national; le besoin de traiter
les avantages relatifs pouvant être apportés par les divers
ministères et les diverses agences techniques, à la mise en
œuvre de la CCD; et la nécessité, pour les donateurs, de
s'assurer qu'au niveau programmatique, le développement des
zones arides bénéficie d'une priorité adéquate, et que les
programmes et les projets sont orientés de manière à répondre
aux objectifs de la CCD.
Après les présentations conclusives, les
participants soulevèrent plusieurs points appelant à:
-
la détermination de la manière dont les
régimes fonciers pourraient faciliter l'intégration des
femmes dans la lutte contre la désertification;
-
l'amélioration de la prise de conscience,
à propos de la CCD, au sein des organes gouvernementaux;
-
la rationalisation du système d'aide
bilatéral aux pays en développement touchés Parties;
-
la reconnaissance des petits Etats
insulaires du Pacifique dans l'Annexe de la CCD consacrée à
la région asiatique;
-
la prise en compte de l'expérience
pratique acquise sur le terrain, des difficultés rencontrées
et des opportunités offertes dans la mise en œuvre des RPT;
-
l'évaluation de la performance des RPT;
-
l'échange des expériences et des
enseignements tirés des initiatives domestiques de
mobilisation de ressources;
-
l'élaboration de programmes de formation
pour la fourniture de personnel qualifié pour la mise en
œuvre de la CCD aux niveaux régional et national;
-
l'établissement d'un équilibre entre le
processus, la planification et les résultats des aspects
économiques et environnementaux et des aspects
socioéconomiques et biophysiques;
-
l'élargissement des RPT-4 à la promotion
de l'utilisation efficiente des eaux dans les domaines non-agricoles;
-
la constitution d'un groupe d'experts sur
la question du contrôle de l'utilisation des sols basées sur
le respect des écosystèmes;
-
la prise en considération des effets des
RPT sur les questions de santé humaine et de sécurité
alimentaire; et
-
l'amélioration de la coopération avec le
secteur de la santé, en se focalisant sur les mesures
d'adaptation et de prévention prioritaires dans les pays à
hauts risques.
MARDI 19 NOVEMBRE 2002
LA SESSION CONCLUSIVE CONSACREE A LA REGION
AMERIQUE LATINE ET CARAIBES ET AU DIALOGUE INTERACTIF
SUR LES LEÇONS APPRISES ET LES RECOMMANDATIONS QUI S'Y
RAPPORTENT: Passant en revue les présentations faites la
semaine précédente, Sergio Zelaya (Secrétariat de la CCD)
souligna qu'une participation accrue était nécessaire à la
mise en œuvre de la CCD, en particulier, des femmes et des
jeunes, au niveau communautaire et national, mais aussi des
ONG, des OCB et de leurs réseaux, et des communautés locales
et autochtones. Au sujet des cadres législatifs et
institutionnels, il souligna le besoin de mesures concrètes
pour l'harmonisation des politiques nationales, de mesures
pour la rationalisation et le développement des synergies dans
la mise en application des AEM, et de nouvelles institutions
consacrées à la mise en œuvre de la CCD.
Au sujet de la mobilisation et de la
coordination des ressources, l'orateur mit en exergue la
nécessité: de pratiques de gestion et de financement, viables;
du financement de mesures préventives dans les zones
vulnérables; d'une approche stratégique favorisant la
participation du secteur privé; et d'une coopération
horizontale à travers les RPT et les correspondants. Au sujet
des liens et des synergies à établir, il indiqua qu'une
attention devait être accordée: à l'élaboration de plans
d'action synergiques dans le cadre des PAN; au besoin de
s'assurer que les agences de coopération internationales
promeuvent les liens entre les initiatives nationales des
différentes sous-régions; à l'aide nécessaire aux petits Etats
insulaires en développement pour la réalisation des synergies;
et aux liens écologiques existant entre les AEM.
Au sujet des mesures de réhabilitation des
terres dégradées, il souligna la nécessité: de disséminer
l'information ayant trait aux bonnes pratiques et aux bonnes
techniques; d'établir un lien avec les données
socioéconomiques et biophysiques relatives à la
désertification et à la sécheresse; et de s'assurer du
financement du transfert des technologies entre les pays du
Sud. Au sujet de la question du suivi et de l'évaluation, il
mit en relief le besoin: de renforcer le soutien de la mise en
œuvre des PAN et des Programmes d'Action Régionaux (PAR);
d'utiliser la large gamme d'expériences tirées des projets en
cours; de procéder à des échanges d'information technique et
des programmes de conscientisation; et de produire et de
documenter les résultats du travail de suivi et d'évaluation.
Au sujet de l'accès aux technologies, aux
connaissances et au savoir-faire, il souligna l'importance
d'une utilisation durable des savoirs traditionnels et de la
promotion des communautés autochtones, et la nécessité de
financer la réplication et l'intégration de ce savoir, entre
autres considérations prioritaires des PAN. Au sujet des
questions de vulnérabilité, il nota la nécessité
d'institutionnaliser et d'harmoniser, au niveau national, les
politiques mises en place dans les domaines de l'environnement
et du développement, de réaliser une implication et une
participation plus effectives de la société civile, et de
s'assurer que des flux financiers substantiels et prévisibles
sont alloués à travers toute la région.
Karen Smith (Barbade) passa en revue les
faits marquants de la réunion régionale de l'Amérique Latine
et Caraïbes, tenue à Bridgetown, à la Barbade, du 29 juillet
au 1er août 2002. L'oratrice évoqua les résultats
prioritaires retenus pour les niveaux national, sous-régional
et régional, et décrivit les progrès réalisés dans chacun des
sept domaines thématiques examinés. Au sujet des questions
politiques globales, elle souligna la nécessité de traiter: la
question des régimes fonciers; la question de l'atténuation
des causes de la migration, de la marginalisation sociale, de
l'instabilité politiques et des conflits; la question de la
restauration de l'équité dans le monde, à travers
l'amélioration des conditions du commerce entre les pays
riches et les pays pauvres; et la question de l'amélioration
de l'accès des produits des zones arides, aux marchés.
Giselle Beja Valent (Uruguay) présenta les
recommandations et les conclusions dégagées par le Groupe
Amérique Latine et Caraïbes (GRULAC) pour la CRIC-1. Plusieurs
points y sont retenus, notamment:
-
la mobilisation des ressources humaines
et financières;
-
la promotion d'un développement rural
intégré;
-
le renforcement des capacités des
ressources humaines;
-
la focalisation sur la question des
régimes fonciers;
-
le traitement des questions de
vulnérabilité;
-
le traitement des questions de migration
interne et externe;
-
l'élaboration de repères et d'indicateurs
pour le domaine de l'alerte précoce des sécheresses;
-
l'utilisation des technologies
traditionnelles et des techniques appropriées;
-
l'encouragement de la participation de la
société civile;
-
la promotion de stratégies favorisant
l'implication du secteur privé dans la mise en œuvre de la
CCD;
-
l'accroissement de l'intégration et de la
coopération horizontales, en particulier, entre les pays du
sud;
-
le renforcement du processus participatif
au sein de la CST, aux fins d'encourager les experts
régionaux à s'engager davantage;
-
le renforcement des politiques et des
cadres institutionnels; et
-
l'engagement du FEM.
Valdemar Rodrigues (Instituto Desert)
présenta, au nom des ONG de la région Amérique Latine et
Caraïbes, une déclaration décrivant les progrès réalisés dans
la région et reflétés dans les divers rapports nationaux, et
souligna le rôle de la société civile. Il indiqua que les
solutions locales apportées aux problèmes rencontrés, étaient
en train de contribuer à la mise en œuvre effective de la CCD,
et nota que, par contre, les synergies avec d'autres
organisations faisaient défaut. Au sujet de la mise en valeur
des terres dégradées et des dispositifs d'alerte précoce, il
suggéra que le PAN se focalise sur les mesures préventives et
fit état de l'absence d'actions gouvernementales pertinentes
visant à atténuer les effets de la sécheresse et de la
dégradation des sols. Il nota par ailleurs que les données et
les chiffres présentés dans les rapports nationaux
correspondaient davantage à des résultats de programmes à
caractère général qu'à des résultats d'actions spécifiques, et
que les situations rapportées ne correspondaient pas toujours
aux réalités vécues par les populations locales.
Au cours du débat qui suivit, les délégués
retinrent les éléments suivants:
-
s'assurer que les PAN ne sont
pas de simples documents théoriques, mais de véritables
instruments au service de la lutte contre la désertification;
-
faire bon usage des cas de
réussite rapportés par les régions, dans le domaine de la
mobilisation des ressources, à travers le MM, et organiser
la CRIC-2 de manière à se focaliser sur ce point;
-
le besoin d'un soutien
financier accru de la part des pays donateurs, pour
l'élaboration et la mise en œuvre des PAN, d'ici 2005;
-
le besoin, pour le Secrétariat
de la CCD, d'accroître le budget de l'unité chargée de la
coordination régionale;
-
intégrer les PAN dans les
projets de développement existants qui fonctionnent bien;
-
élaborer des PAR et des PASR,
avec le soutien du MM;
-
prendre en ligne de compte les
objectifs retenus par le SMDD dans le domaine de
l'éradication de la pauvreté;
-
mettre l'accent sur la
protection des ressources naturelles et de la biodiversité,
dans le traitement du problème de la désertification;
-
complémenter les stratégies
d'habilitation adoptées par le MM avec les mécanismes mis en
place par le FEM;
-
accorder une attention
particulière aux petits Etats insulaires en développement,
en raison de leur petite taille, de leur vulnérabilité, de
la fragilité de leurs écosystèmes et de la limite de leurs
ressources financières;
-
assouplir les procédures pour
faciliter l'accès des PEID, aux ressources financières;
-
procéder à l'évaluation de
l'impact de la mondialisation sur les phénomènes de
désertification et de dégradation des terres;
-
intégrer dans les évaluations
d'impact, les effets de la dégradation des sols sur les
secteurs du tourisme et de la pêche;
-
élaborer des inventaires des
zones à hauts risques;
-
améliorer les synergies entre
les politiques visant à promouvoir la sécurité alimentaire,
la lutte contre la faim et la lutte contre la
désertification;
-
s'assurer que le Secrétariat et
les Parties de la CCD contribuent à la campagne mondiale
contre la faim, lancée par le Sommet Alimentaire Mondial+5;
-
soutenir les mesures visant à
instaurer un climat international favorable au développement
durable;
-
traiter la question de
l'élimination des subventions accordées dans le secteur
agricole;
-
s'assurer de la prévision, dans
le futur, de débats autour de la question de la couverture
des services environnementaux, dans la mise en œuvre de la
CCD;
-
traiter la question des besoins
en matière de soutien financier et technique, pour
l'allégement et la prévention des conséquences des
catastrophes naturelles;
-
promouvoir des forums
regroupant l'ensemble des parties prenantes, consacrés à la
lutte contre la désertification;
-
mettre en place des alliances
stratégiques avec des organisations internationales;
-
soutenir les projets de gestion
intégrée des lignes de partage des eaux;
-
traiter le problème de
l'absence de cadres temporels et d'objectifs dans la CCD; et
-
accroître la coopération et la
collaboration sud-sud.
LA SESSION CONCLUSIVE CONSACREE AUX REGIONS
MEDITERRANEE DU NORD ET EUROPE CENTRALE ET DE L'EST ET AUTRES
PAYS TOUCHES PARTIES, ET AU DIALOGUE INTERACTIF SUR LES
LEÇONS APPRISES ET LES RECOMMANDATIONS QUI S'Y RAPPORTENT:
Elysabeth David (Secrétariat de la CCD) passa en revue les
principaux traits de la dégradation des terres et de la
désertification, énumérant les pays européens touchés par le
phénomène. L'oratrice donna un aperçu sur les étapes franchies
les Parties touchées dans l'élaboration et la mise en œuvre
des PAN, et sur les actions entreprises aux niveaux
sous-régional et régional.
Maurizio Sciortino (Italie) parla des
conclusions de la réunion régionale européenne, tenue à Genève,
du 23 au 26 juillet 2002. Il souligna la nécessité: d'établir
une méthodologie uniforme pour l'élaboration de repères
communs permettant l'évaluation des progrès réalisés à tous
les niveaux; d'une coopération avec les pays de la région
Méditerranée du Nord; et de stratégies particulières élaborées
pour les pays de la région Europe Centrale et de l'Est dans le
domaine de l'atténuation des effets de la sécheresse. Ryszard
Debicki (Pologne) évoqua nombre d'éléments et notamment le
besoin: de fournir une formation dans le domaine des approches
participatives; de renforcer les rôles des correspondants
nationaux; de promouvoir l'implication du secteur privé dans
la mobilisation des ressources; d'intégrer les mesures
inscrites dans le cadre de la mise en œuvre de la CCD, dans
les Stratégies Nationales de Développement Durable (SNDD); de
développer les fonds destinés à la couverture des activités de
mise en valeur des terres; de renforcer les mesures
préventives; et de s'assurer de la sûreté environnementale des
nouvelles technologies.
Victor Louro (Portugal) parla des
spécificités de la mise en œuvre de la CCD dans les pays
industrialisés touchés Parties et souligna que les expériences
vécues par ces pays étaient différentes de celles que
connaissent les pays en développement touchés Parties. Il mit
en exergue la nécessité d'une prise de conscience plus
importante et d'une volonté politique plus ferme, d'une
amélioration du travail en réseaux entre les scientifiques et
les institutions gouvernementales, et d'une amélioration de la
coopération au sein des pays industrialisés touchés Parties.
Abordant la question de la coordination
avec d'autres conventions et accords internationaux pertinents,
Igor Ivanenko (Ukraine) décrivit le processus baptisé "Environnement
pour l'Europe," signalant que ce processus opérait à travers
les diverses réunions internationales organisées sous l'égide
de la Commission Economique pour l'Europe. L'orateur indiqua
que le processus était focalisé sur l'harmonisation des
activités de conservation de la nature en Europe, ainsi que
sur le maintien de la paix, de la stabilité politique et du
développement durable. Il avança les objectifs ci-après:
promouvoir une coopération englobant toute la région;
renforcer la mise en œuvre des traités environnementaux
régionaux; fournir une plate-forme politique élargie pour les
activités régionales et environnementales; et soutenir la
coordination intra-régionale. Il indiqua que le Secrétariat de
la CCD a été requis d'apporter sa contribution dans les
préparatifs de la Cinquième Conférence Ministérielle
Européenne, prévue en 2003, à Kiev, en Ukraine.
Elena Bivol (ONG BIOS) donna un aperçu sur
les activités des ONG moldaves dans le domaine de la lutte
contre la dégradation des sols. L'oratrice souligna la
nécessité pour les ONG d'être respectueux dans leur
interaction avec les communautés locales, de comprendre leurs
perspectives et de tenir compte de la valeur du savoir local.
Elle cita quelques exemples de projets impliquant des enfants
et des jeunes, affirmant que les générations futures avaient
besoin d'être impliquées dans l'élaboration des politiques et
qu'elles pouvaient contribuer positivement à ce processus,
avec de nouvelles idées et de nouvelles perspectives.
Au cours du débat qui suivit, les délégués
évoquèrent plusieurs points, notamment:
-
la nécessité de procéder à une évaluation
du processus du CRIC, de promouvoir, au cours de la deuxième
semaine, plutôt un débat à caractère général qu'une
focalisation persistante sur les détails d'études de cas
particuliers;
-
la faiblesse du nombre d'ONG présentes à
la CRIC-1 et la manière de renforcer la contribution des ONG;
-
le rôle leader des petits Etats
insulaires dans le domaine des mesures préventives;
-
la définition de la "participation du
secteur privé";
-
la promotion de la communication entre
les scientifiques et l'évitement d'une atmosphère de
compétition;
-
la création de nouvelles institutions
pour répondre aux demandes institutionnelles émergentes
découlant de l'élaboration et de la mise en œuvre des PAN;
-
l'accroissement de la coopération entre
les pays du nord et du sud de la Méditerranée;
-
la détermination du rôle de la CST dans
le comblement des écarts qui séparent les différentes
parties prenantes;
-
la création de liens et de synergies
entre la CCD et la Convention d'Aarhus sur l'Accès à
l'Information, la Participation du Public dans les Prises de
Décisions et l'Accès à la Justice dans les Affaires
Environnementales;
-
l'octroi d'une priorité aux programmes
d'éducation, de formation et d'études; et
-
le traitement de la question des
incitations financières en faveur de la lutte contre la
dégradation des sols sur les parcelles privées.
MERCREDI 20 NOVEMBRE 2002
LE DIALOGUE INTERACTIF GLOBAL:
Introduisant le Dialogue Interactif Global (DIG), le Président
du CRIC, Biaou, précisa que le but était de donner aux
participants l'occasion de stimuler le débat et de traiter des
principales questions de désertification ayant trait au thème
de la "CCD en tant qu'instrument clé pour l'utilisation
durable des terres et pour l'éradication de la pauvreté." Il
nota que le DIG comporterait trois segments, à savoir: une
introduction par le Président du CRIC; un groupe de
discussion; et un dialogue ouvert entre les Parties et autres
observateurs. Il rappela que la mise en place du régime de la
CCD était un long cheminement qui avait commencé en 1992, avec
le Plan d'Action 21, et qu'il continuait à évoluer aujourd'hui
encore. Notant que le SMDD a donné un nouvel élan et un nouvel
espoir à la CCD, il appela toutes les parties prenantes à
tirer avantage de ces nouvelles opportunités.
Biaou introduisit ensuite le modérateur du
DIG, Marc Bied-Charreton (France) qui invita les participants
à commencer leurs exposés par l'identification des voies
ouvertes à la mise en œuvre de la CCD.
Les Présentations du Groupe de Discussion:
Valerio Caliziolaio (du Groupe des Personnalités Eminentes de
la CCD) parla des liens entre la désertification et la
pauvreté et souligna les avantages à tirer des décisions de la
Deuxième Assemblée du FEM, désignant la dégradation des terres
parmi les pôles de focalisation de son financement et d'agir
en tant que mécanisme financier de la CDD. Sina Maiga (de
l'Association de formation et d'appui au Développement)
indiqua que la plupart des rapports soumis par les pays
stipulaient seulement que la société civile a participé mais
ne précisent ni les niveaux ni l'efficacité de son
implication. Juan Merega (de la 'Fundación del Sur') souligna
que la qualité de la participation et le degré d'implication
étaient insuffisants. Il mit l'accent sur le besoin de
promouvoir l'implication de collectivités locales dans les
processus de mise en œuvre de la CCD.
Parlant du rôle des collectivités locales
dans les prises de décisions concernant les ressources
naturelles, au Burkina Faso, Mihyemba Ouali (Maire de Gaoua,
au Burkina Faso) mit en exergue les rôles importants donnés à
la concertation et à la coordination, et fit état des
avantages offerts par l'amélioration de la prise de conscience
au niveau local. Boureima Wankaye (de la Société 'Achat
Services International') décrivit les initiatives entreprises
par sa compagnie dans les domaines de la lutte contre la
désertification et de l'éradication de la pauvreté, à travers
la mise au point, la production et la commercialisation de la
gomme d'acacia. L'orateur affirma que les succès enregistrés
par sa compagnie ont eu un effet multiplicateur à travers la
sous-région, donnant lieu au lancement d'initiatives
similaires au Mali, au Sénégal et au Tchad.
Manfred Kern (de Bayer CropScience) déclara
que les compagnies multinationales peuvent jouer des rôles
importants dans l'aide en faveur de la lutte contre la
désertification et que les pays doivent fournir des efforts
visant à engager ces compagnies et à leur procurer des
incitations de sorte que les outils du secteur privé puissent
être utilisés de manière plus étendue dans l'aide à la mise en
œuvre de la CCD. Willem van Cotthem, représentant de la
communauté scientifique, plaida pour la complémentarité entre
les technologies traditionnelles et modernes, et recommanda de
procéder à une sélection d'études de cas probants pour en
dégager un model amplement applicable à la lutte contre la
désertification. Fawzi Rihane (du FIDA) souligna l'importance
des partenariats et de la coopération étroite entre les
donateurs, les bénéficiaires, les communautés locales et les
ONG. El Hadji Sène (de la FAO) parla du Programme d'Opération
Technique mis en place par la FAO pour aider les pays dans
l'application de la CCD, citant des éléments tels que la
facilitation de la mobilisation des ressources financières,
l'établissement de partenariats avec les institutions
académiques et le développement de moyens de formation axés
sur les solutions devant être apportées au niveau du terrain.
Philip Dobie (du PNUD) parla du rôle que le
PNUD peut jouer dans les domaines du renforcement des
capacités institutionnelles et de la mobilisation des
ressources, et souligna la nécessité d'améliorer l'intégration
des questions ayant trait au PAN dans les programmes du PNUD.
Remy Paris (de la Commission de l'OCDE chargée de l'Aide au
Développement (CAD)) déclara que les correspondants nationaux
et les agences responsables doivent être proactives en matière
de requête de l'aide internationale, et appela à l'adoption
d'une approche multidisciplinaire et intersectorielle pour le
traitement des liens entre la désertification, la sécurité
alimentaire et la pauvreté.
Le Dialogue: Après les présentations
par les panélistes et une brève synthèse par le modérateur du
DIG, le Président du CRIC, Biaou, ouvrit la séance consacrée
au dialogue et donna la parole au parterre. Notant que les
financements extérieurs ne devaient pas être assujettis à des
conditions imposées par les donateurs, mais ajustés en
fonction de la situation particulière des pays, Cuba évoqua le
besoin d'édifier une infrastructure scientifique et technique
pour aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre leur
propre savoir-faire et leurs propres capacités. Signalant que
la CCD semblait avoir une importance relativement limitée par
rapport à la CDB et à la CCCC, la Suisse affirma que cela
était du à des motifs d'ordre politique et économique, et nota
que la désertification est souvent perçue, par nombre de pays
industrialisés, comme étant un facteur distant.
La Syrie parla de l'importance de rattacher
la désertification aux questions de sécurité alimentaire et de
pauvreté, et souligna que les pays touchés appauvris
nécessitaient un soutien concret, à travers la prise en compte
de cet élément dans la formulation et la mise en œuvre de
leurs PAN. Pour le traitement des besoins particuliers des
pays touchés, le Bénin appela à l'élaboration de bases de
données comprenant des informations rattachant les données
biophysiques aux types de cultures souhaitées. Le Burundi
appela à la participation de la Société civile dans le
processus de la CCD, et souligna l'importance des projets du
FEM. Notant que le secteur privé était fréquemment négligé
dans le débat autour du rôle de la société civile dans la mise
en œuvre de la CCD, le Burkina Faso, avec l'Erythrée,
l'Afrique du Sud et la Norvège, appela à un accent plus
prononcé sur son rôle dans le processus des PAN. Il suggéra de
se focaliser sur l'établissement de partenariats avec d'autres
groupes concernés, comme les institutions de recherche, les
techniciens des secteurs forestier et agricole et les médias.
Le Libéria proposa que la prochaine session
du CRIC traite d'études de cas portant sur les activités
menées par le secteur privé dans le domaine de la lutte contre
la dégradation des terres, à travers la création de projets
générateurs de revenus. Mettant en relief les liens entre la
lutte contre la désertification et la dégradation des sols, la
sécurité alimentaire et l'éradication de la pauvreté, le
Kirghizstan parla du besoin d'activités agricoles profitables,
d'exploitations forestières viables, d'initiatives
touristiques à caractère écologique et de programmes de
protection de la biodiversité. Faisant état du manque d'accès
aux marchés pour les pays en développement, il suggéra que les
RPT traitent des liens entre les thèmes économiques et la
sécurité alimentaire.
Notant que le MM n'a pas réussi à mobiliser,
de manière adéquate, les ressources nécessaires aux pays
touchés Parties, le Nigeria souligna l'importance du fait que
le FEM soit devenu le mécanisme de financement de la CCD. Le
délégué des Pays-Bas appela à la mise en place de mécanismes
permettant d'assurer une plus grande participation des
communautés locales touchées, dans le processus de la CCD.
'Solidarité Canada Sahel' souligna
l'importance des liens entre la désertification, la sécurité
alimentaire et l'éradication de la pauvreté, dans la mise en
œuvre des Objectifs de Développement du Millénaire, et appela
à la promotion des produits génétiquement non-modifiés.
Affirmant que les processus participatifs
sont coûteux, le Kenya souligna la nécessité d'élaborer des
approches participatives efficientes et efficaces, en
s'assurant que les voix des communautés sont prises en
considération dans la formulation des PAN. Evoquant le manque
de ressources financières et la répartition inégale de celles
disponibles pour la mise en œuvre de la CCD, l'Union Africaine
appela la CAD de l'OCDE à accroître l'allocation des
ressources nouvelles et supplémentaires. Notant que les
transferts de technologies et de ressources financières sont
d'importance pour la mise en œuvre de la CCD, la Chine
souligna la nécessité de baisser le coût des nouvelles
technologies pour les pays en développement touchés Parties.
Mettant en exergue l'intérêt de l'accroissement des
potentialités productives des populations évoluant dans les
écosystèmes des zones arides, la Norvège parla de l'importance
des activités génératrices de revenus et appela la FAO à
accorder une priorité à la CCD dans ses programmes agricoles
et de sécurité alimentaire.
LES DECLARATIONS ADRESSEES A LA PLENIERE:
Mercredi après-midi, les délégués se réunirent en Commission
pour entendre les déclarations des gouvernements, des
organisations internationales et des ONG. Cuba déclara que le
CRIC a aidé à tracer une voie future viable pour l'orientation
et l'expansion de l'action entreprise et pour le renforcement
de la coopération, et souligna que la désertification est un
problème de dimension mondiale, exigeant une prise de mesures
par toutes les Parties. La Namibie affirma que la CCD est un
outil au service de l'allégement de la pauvreté et de la
promotion du développement durable, à travers l'encouragement
de l'essor économique et social, la protection de
l'environnement dans les zones arides, l'accroissement de
l'emploi et la facilitation d'activités alternatives
génératrices de revenus. La République Dominicaine évoqua ses
problèmes de dégradation des terres, notant que des
indicateurs plus objectifs sont nécessaires dans les études de
cas à venir, et suggéra que de nouveaux thèmes, tels que ceux
de la propriété terrienne et de la sensibilisation
environnementale, soient traités dans les futures sessions du
CRIC.
Le délégué des Etats-Unis souligna le
besoin d'organiser le CRIC de manière à optimiser la gestion
des données et à permettre de se concentrer sur les cas de
réussite révélée dans le processus du CRIC, de sorte que les
éléments tirés des leçons apprises puissent être utilisés pour
accroître l'efficacité des activités futures. L'UNESCO parla
de ses projets en cours dans le domaine de la lutte contre la
désertification, à travers des initiatives de renforcement des
capacités et de sensibilisation, englobant une distribution de
kits d'études élémentaires, donnant un aperçu sur certaines
questions liées au problème de la désertification.
La Thaïlande parla du grand intérêt qu'elle
accorde à la CCD et souligna qu'en dépit du fait qu'elle est
une nouvelle Partie de la Convention, elle est en train
d'œuvrer activement pour la mise en place de son PAN. Le
Brésil parla de son engagement dans les processus de la CCD et
souligna la nécessité: d'un financement plus important pour
les initiatives; d'une action immédiate; de la promotion des
synergies avec les projets de sécurité alimentaire et de
réduction de la pauvreté; et d'une coopération.
La Communauté Européenne se félicita du
travail significatif et constructif accompli et de l'esprit de
coopération régnant au sein du CRIC, et souligna la nécessité
d'une coopération, d'une maîtrise des synergies, d'une
participation de toutes les parties prenantes et de
l'intégration de la CCD. Faisant état des effets positifs de
l'atmosphère constructive entourant les activités ayant trait
à la mise en œuvre de la CCD et l'éradication de la pauvreté,
l'Allemagne plaida pour l'utilisation d'incitations et mit en
relief le rôle du MM dans la facilitation des développements
devant survenir dans les processus politiques, stratégiques et
financiers.
Soulignant l'importance d'un engagement
intervenant à tous les niveaux, la Tanzanie exprima sa
préférence pour un investissement des ressources nationales,
complémentées par des contributions financières extérieures,
dans des projets concrets au niveau local, et plaida pour une
focalisation sur la recherche de sources d'énergie
alternatives. Israël proposa la dissémination des cas de
réussite en matière de projets visant à résoudre les problèmes
de rareté et d'imprévisibilité des ressources en eau, et
recommanda une réorientation vers la mise en place de moyens
de subsistance alternatifs, tels que l'aquaculture, dans les
zones arides. Evoquant l'importance des mécanismes d'auto-assistance,
le Japon nota la nécessité d'établir des partenariats
permanents entre les pays touchés Parties, et recommanda une
amélioration des contributions apportées par la CST aux
travaux du CRIC. L'Argentine recommanda que le processus
d'évaluation se focalise non seulement sur les indicateurs
biophysiques, mais également sur les indicateurs
socioéconomiques. Appelant à une application plus pratique des
conclusions des rapports nationaux, le Venezuela souligna le
besoin d'améliorer l'efficacité des mécanismes financiers.
Au sujet de l'élaboration des RPT, l'Iran
évoqua la nécessité de lancer des projets pilotes de
restauration et de prévention, et appela à la mise en place
d'une coopération internationale pour améliorer l'implication
des donateurs bilatéraux et multilatéraux et du MM dans la
planification de la phase opérationnelle de la mise en œuvre
de la CCD. Se félicitant des effets positifs anticipés du
processus du CRIC, la Jamaïque, au nom des petits Etats
insulaires des Caraïbes, mit en exergue la bonne volonté
continuelle dont fait montre la région en faveur de la mise en
application de la CCD, et parla du besoin d'améliorer la prise
de conscience des objectifs de la CDD, à l'échelle
internationale.
L'Uruguay mit l'accent sur les liens entre
la pauvreté et la désertification et sur l'impératif de
traiter ces deux problèmes de manière simultanée. Soulignant
la nécessité de combler les écarts entre les PAN et les
projets de développement en cours au niveau national, le
Canada plaida pour une focalisation sur des actions concrètes
et efficaces, et affirma qu'un processus CRIC moins formel,
avec davantage d'interaction entre les parties prenantes,
serait plus efficace.
Notant l'absence de focalisation sur le
problème de la déforestation, au sein du CRIC, le Chili
déclara que les pertes en biodiversité et l'insécurité
alimentaire constituaient autant de raisons importantes
justifiant la lutte contre la désertification, et souligna la
nécessité de faire parvenir les recommandations de la CRIC-1 à
l'ensemble des organes pertinents.
Affirmant que l'examen de la mise en œuvre
réalisée par les pays industrialisés était insuffisant, la
Chine appela les pays industrialisés, les institutions
multilatérales et le MM à honorer leurs mandats en matière de
mobilisation des ressources. Donnant un aperçu sur le travail
du Centre pour le Développement des Zones Arides, le PNUD
évoqua le démarrage, dans les Pays Arabes, d'opérations
inscrites dans le cadre de la mise en application des
programmes d'éradication de la pauvreté dans les zones arides,
en phase avec la CCD et les PAN. La CCCC mit en exergue les
décisions de la CdP-8 tenue récemment à New Delhi, en Inde,
notant l'importance de celles ayant trait: à la coopération
avec les organisations internationales; à l'occupation des
sols, aux changements intervenus dans l'occupation des sols et
la foresterie; à l'éducation, formation et conscientisation;
et, aux lignes directrices et aux préparatifs devant encadrer
les Programmes d'Action Nationaux en matière d'Adaptation.
Notant le besoin d'améliorer la mise en
application des mesures relatives à la mobilisation des
ressources, à la création de synergies, à la sécurité
alimentaire et à la participation, le porte-parole des ONG
affirma que la méthodologie suivie actuellement par le CRIC ne
reflétait pas les réalités vécues au niveau local et appela à
l'application de repères et d'indicateurs socioéconomiques.
L'OMS déclara que la réduction des risques sanitaires associés
à la sécheresse et à la désertification, posés aux niveaux
local et national, pouvait constituer un indice attestant de
la réussite de la mise en œuvre des PAN.
JEUDI 21 NOVEMBRE 2002
Le jeudi 21 novembre, un comité de
rédaction, à composition non-limité, se réunit tout au long de
la journée pour négocier les "conclusions et les
recommandations concrètes concernant les étapes à venir de la
mise en œuvre de la CCD." Au cours de ces négociations, les
pays industrialisés et les pays en développement exprimèrent
des points de vue divergents sur, entre autres:
-
le rôle attendu du FEM et de
son Secrétariat dans le domaine de la mobilisation des
ressources;
-
le soutien attendu du FEM dans
le financement des activités d'habilitation;
-
le mandat du CRIC par rapport à
ses fonctions en matière de prise de décisions;
-
la garantie des droits d'accès
des communautés locales aux ressources naturelles; et
-
le rôle du Secrétariat de la
CCD dans l'entreprise de l'exercice de mise au point
consacrée à la mise en conformité des législations
nationales avec la CCD.
VENDREDI 22 NOVEMBRE 2002
LA PLENIERE DE CLÔTURE: Adoption du
Programme de Travail de la CRIC-2:
Ouvrant la dernière journée de la CRIC-1,
le Président du CRIC, Biaou, présenta, pour adoption, les
recommandations concernant le programme de travail de la
deuxième session du comité chargé de l'examen de la mise en
œuvre de la convention (ICCD/CRIC(1)/L.1). Les recommandations
stipulent que les réunions du CRIC tenues durant les sessions
ordinaires de la CdP seront consacrées: à l'examen du rapport
exhaustif de la réunion de la période intersessions; à la
revue des politiques, des modalités opérationnelles et des
activités du MM; à l'examen des rapports élaborés par le
Secrétariat sur l'exécution de ses fonctions; et à la
considération des rapports concernant la collaboration avec le
FEM. Le Président Biaou nota que le rapport de la CRIC-1 sera
utilisé comme plate-forme pour l'élaboration des projets de
décisions, qui seront soumis pour adoption, à la CdP-6, et
indiqua qu'avant la CdP-6, le Secrétariat fera circuler les
projets de décisions en question, aux fins de faciliter le
processus. Il indiqua par ailleurs que la CRIC-2 procédera
également à l'examen de l'organisation des sessions à venir du
CRIC, en particulier, de sa troisième session, prévue en 2004.
En vue de s'assurer de l'harmonie entre la
CdP-6 et la CRIC-2, le Canada suggéra que l'ordre du jour de
la CRIC-2 soit discuté conjointement par les bureaux de la CdP
et du CRIC, et proposa que le bureau CRIC se prépare à
soumettre à la CdP-6, ses propositions concernant l'ordre du
jour de la troisième session du CRIC.
Au sujet de l'organisation des futures
réunions intersessions, la Finlande, au nom de l'UE, souhaita
voir ces sessions: identifier clairement les rôles de toutes
les parties prenantes, dans le CRIC, et s'assurer que les ONG,
les OCB, les scientifiques et autres partenaires du
développement jouent des rôles significatifs dans le processus
d'évaluation; être structurées en groupes thématiques
restreints, à durée déterminée, et focalisés sur des questions
de dimension régionale; intégrer le groupe d'experts de la
CST; placer un accent plus prononcé sur les considérations
socioéconomiques; disposer davantage d'études de cas de
dimensions sous-régionale et régionale; traiter de trois
sujets thématiques seulement par session; présenter un rapport
sur les résultats, en utilisant des indicateurs appropriés; et
organiser les travaux de chaque session, sur une période ne
dépassant pas cinq jours.
Le Bénin, appuyé par la Belgique, le Brésil
et le Sénégal, suggéra la tenue d'un débat sur la manière de
s'assurer, dans les réunions ordinaires et intersessions
futures, que les délégations de petite taille, ne soient pas
défavorisées par le fait d'avoir des groupes de travail
thématiques restreints et par la concomitance des réunions de
la CST et du CRIC, durant la session de la CdP.
Apportant son appui au Canada et à l'UE, le
Japon nota que la Décision 1/COP.5 stipulait que la
reconsidération des termes de référence du mandat du CRIC et
de ses besoins devait être entreprise avant la CdP-7, et
demanda à ce que ce sujet soit examiné dans le cadre de
l'élaboration du programme de travail de la CRIC-2. En réponse,
le Président, appuyé par les Etats-Unis et le Sénégal,
souligna la nécessité d'organiser des réunions intersessions,
dans le futur, en dehors de toute reconsidération des besoins
du CRIC ou la revue de la nature qu'ils revêtent, et proposa
d'entreprendre ce travail à la COP-7.
Notant que la dégradation des sols
affectait l'ensemble des pays, la Chine souhaita voir les
futures réunions intersessions, procéder à l'examen de la mise
en application de la CCD par chacun des Etats membres. Faisant
état de similarités avec certains éléments de l'intervention
de l'UE, le délégué des Etats-Unis déclara que la prochaine
réunion intersessions devrait établir un lien entre les
domaines thématiques de dimension régionale, tirer avantage du
travail du groupe d'expert de la CST, traiter les données
socioéconomiques et organiser ses travaux sur une période de
temps plus ramassée. Le Brésil proposa que la prochaine
session se penche sur: les problèmes posés aux pays en
développement en matière de mise en œuvre et l'identification
des solutions éventuelles; la priorité devant être accordée
aux questions socioéconomiques; la création de synergies entre
la CCD et les autres processus mondiaux consacrés à la lutte
contre la pauvreté, la faim et la famine; et, la
reconnaissance du lien existant entre les pratiques
protectionnistes utilisées dans le commerce international des
produits agricoles et la désertification, et suggéra que l'OMC
soit requise de présenter les données relatives à ce lien.
Apportant son appui au Brésil, l'Argentine
nota que la prochaine session doit traiter du rôle du secteur
privé dans la mise en œuvre de la CCD et de la nécessité
d'intégrer les éléments du Consensus de Monterrey et de
l'Accord de Doha sur le Développement, qui se rapportent à la
désertification, et proposa la création d'un groupe de travail
mixte avec le FEM, pour aider à l'identification des avantages
environnementaux globaux et des coûts marginaux de la
dégradation des sols et de la désertification, par rapport au
programme opérationnel de la lutte contre la dégradation des
terres.
Au sujet des sujets thématiques
additionnels à proposer pour les futures sessions du CRIC, le
Bangladesh fit part de son souhait d'inclure la dégradation
des littoraux, comme thème de discussion, et le Centre d'Etude
et d'Application du Développement Durable proposa que les
questions ayant trait au thème 'pastoralisme et régimes
fonciers' et de son rapport à la question des femmes et des
communautés doivent être examinées.
Le Secrétaire Exécutif demanda aux
participants de faire parvenir au Secrétariat, des copies
écrites des propositions avancées au cours de la session, qui
se chargera de les transmettre à la CdP, pour examen. Il nota
que compte tenu du fait que la CRIC-2 se tiendra simultanément
à la CdP-6, le temps imparti à la discussion sera limité et
que par conséquent la tenue de séances parallèles du CRIC et
de la CST sera inévitable. Il ajouta que des efforts seront
fournis par le Secrétariat pour faire en sorte qu'au moins
deux délégués de chacun des pays en développement, en
particulier, de chacun des pays les moins avancés, soient en
mesure de prendre part aux travaux de la CdP. Le Mali suggéra
que plutôt que de réduire le nombre de thèmes à débattre, un
nombre moins élevé de présentations pourrait être envisagé
pour chaque thème abordé, de manière à consacrer plus de temps
aux débats. Avant d'ajourner la séance du matin, le Président
Biaou présenta une synthèse des points soulevés au sujet du
futur programme de travail du CRIC.
Adoption du Rapport de la CRIC-1: Le
Rapporteur du CRIC, Franco Micieli de Biase (Italie),
introduisit le rapport provisoire de la
CRIC-1(ICCD/CRIC(1)/L.1). Il rappela que le CRIC avait été
établi en vertu de la Décision 1/COP.5, dans l'objectif de
mener des évaluations régulières de la mise en œuvre de la CCD,
d'en dégager les conclusions nécessaires et de présenter à la
CdP des recommandations concrètes concernant les étapes à
venir de la mise en œuvre. Il précisa que durant les deux
semaines précédentes, le CRIC a tenu, pas moins de 18 séances
de travail, considérant, entre autres:
-
les présentations des pays
touchés Parties;
-
les commentaires faits par les
pays industrialisés Parties;
-
le rapport élaboré par le
Secrétariat concernant les actions visant à renforcer les
liens avec d'autres conventions et accords pertinents;
-
le rapport concernant les
mécanismes financiers mis en place pour le soutien de la
mise en œuvre de la CCD, y compris le FEM; et
-
les données et les conseils
fournis par la CST et le MM.
Elaborant sur les sept principaux sujets
thématiques du CRIC, identifiés à la CdP-5, il mit en exergue
le succès des discussions menées au sein de la plénière et
dans le cadre du Dialogue Interactif Global, et décrivit la
structure du rapport. Le Président du CRIC, Biaou, présenta
ensuite le rapport provisoire du CRIC, pour adoption,
soulignant qu'il constituait le résultat des vues, des
suggestions et autres commentaires présentés par l'ensemble
des Parties.
Plusieurs Parties proposèrent des
amendements au rapport provisoire. La Finlande, au nom de l'UE,
proposa, pour nombre de domaines, de nouveaux libellés
appelant notamment à: appliquer les recommandations de la CST
concernant la question des repères et des indicateurs; inviter
le MM à être actif dans le soutien des dialogues intérieurs
sur la question des partenariats; et, renforcer les synergies
et les liens entre les conventions de Rio, au niveau local. La
Tanzanie, appuyée par la Namibie, proposa l'insertion d'un
amendement appelant à l'utilisation des nouvelles sources
d'énergie alternative pour l'allégement de la désertification
et de dégradation des sols. Au sujet des recommandations
concernant le programme opérationnel du FEM dans le domaine de
la lutte contre la dégradation des terres, la Tanzanie,
appuyée par l'Ethiopie, le Malawi, le Lesotho, la Namibie,
l'Afrique du Sud et la Communauté pour le Développement de la
Région Sud-Africaine, proposa la suppression du libellé actuel
et son remplacement par une formulation plus appropriée tirée
du texte de la décision adoptée par la Deuxième Assemblée du
FEM.
Prenant note des divers amendements
proposés, le Président Biaou précisa que le chapitre consacré
aux conclusions et aux recommandations de la CRIC-1 a été
produit à travers un comité de rédaction, de composition non-limitée,
formé par un nombre égal de représentants régionaux, et
informa la Plénière que conformément au Règlement Intérieur de
la CCD, il n'entreprendra pas d'introduire ces amendements
dans le texte. Il indiqua que les réserves exprimées par les
Parties concernant les dispositions, seront dûment mentionnées
dans le rapport final de la session.
La Tanzanie souligna que le texte devait
refléter le consensus réalisé par les Parties et affirma que
les amendements proposés concernant les activités du FEM
étaient nécessaires. Le Président Biaou répondit que les
clauses remises en question étaient adéquates, ajoutant que
les délégués se devaient de maintenir le consensus plutôt
autour du texte qu'autour des recommandations qui y figurent.
Le Botswana remit en question le refus du Président de
permettre à la plénière de procéder à une révision du texte
proposé par le groupe de travail à composition non-limitée,
soulignant que les Parties ont le droit de ne pas être
d'accord avec les conclusions du groupe. La Belgique cita la
décision pertinente du Conseil du FEM qui indique que le
libellé des projets de recommandations est exact. Le
Secrétaire Exécutif signala que la pratique de la CCD voulait
que les conclusions des groupes de travail, de composition
non-limitée, soient adoptées par la plénière, de manière
globale. Le Président Biaou ajouta que le groupe de travail,
de composition non-limitée, représentait les intérêts de
toutes les Parties, était ouvert à chacune d'entre elles et
que ses propositions devaient être adoptées par la plénière.
Après la discussion d'un certain nombre de points mineurs, les
Parties adoptèrent les recommandations qui seront transmises à
la CdP-6.
Les Déclarations de Clôture: Commençant
les cérémonies de clôture du CRIC, le Secrétaire Exécutif de
la CCD félicita les participants de la conclusion probante de
leurs travaux, et rappela l'importance de cette réunion. Il
fit l'éloge des présentations qui ont exposé à la fois les
points forts et les points faibles de la CCD, mettant en garde,
toutefois, que des défis majeurs restaient encore à relever et
que les Parties n'auraient pas d'excuses de ne pas œuvrer pour
la réalisation des objectifs de la CCD, intégrés dans les PAN,
les PASR et les PAR.
La Syrie, au nom de la région asiatique,
souligna que la désertification est un problème mondial et que,
par conséquent, la solidarité internationale est nécessaire.
Le délégué des Etats-Unis, au nom du Groupe 'JUSSCANNZ',
déclara que cette première session du CRIC a été une réussite,
qu'elle a permis de tirer beaucoup d'enseignements et qu'il
était impatient d'aider à faire avancer le processus.
L'Uruguay, au nom du GRULAC, déclara que la promotion de
modèles de développement durable dans les pays d'Amérique
Latine et des Caraïbes est difficile, en raison des réalités
environnementales, économiques et sociales de la région, et
souligna la nécessité d'un soutien financier accru. Le
Venezuela, au nom du G-77/Chine, déclara que la réunion a
donné aux délégués une idée claire sur ce qui doit être
accompli pour faire avancer la situation et des défis qui
doivent être affrontés. Le délégué mit en relief le besoin,
pour les pays industrialisés Parties et pour le FEM, de
prendre au sérieux leurs engagements financiers envers le
processus. La République Tchèque, au nom de l'Europe Centrale
et de l'Est, nota l'importance de l'élaboration d'une Annexe
Régionale pour l'Europe Centrale et de l'Est.
La Finlande, au nom de l'Union Européenne,
mit en relief les nombreuses recommandations innovantes et
enthousiastes faites pour une mise en œuvre plus efficace et
plus effective de la CCD, précisant, toutefois, que l'action
devait être, désormais, entreprise sur le terrain. Le délégué
indiqua que des efforts devaient être fournis pour coordonner
l'action avec le FEM. La Chine affirma que le CRIC avait
besoin du soutien de toutes les Parties et qu'au fur et à
mesure de son évolution, il sera à même de jouer un rôle de
plus en plus important dans le processus de mise en œuvre. Il
souligna la nécessité, pour le FEM, d'élaborer un plan
d'exécution et de simplifier les procédures de financement des
projets relevant de la CCD, et déclara que les futures
sessions du CRIC doivent être plus équilibrées et couvrir les
perspectives des pays en développement, des pays
industrialisés et des organisations internationales
pertinentes, de manière à garantir un examen complet de la
mise en œuvre de la CCD.
Dans sa déclaration de clôture, le
Président Biaou souligna que des mesures immédiates étaient
indispensables, tout en gardant un œil sur les résultats à
plus long terme. Il ajouta que la réunion a démontré que
l'initiative du CRIC n'était ni une idée creuse ni une perte
de temps, et se félicita de la reconnaissance de sa grande
utilité. Le Président Biaou clôtura la session à 18h10.
LES CONCLUSIONS ET LES RECOMMANDATIONS
CONCRETES CONCERNANT LES ETAPES A VENIR DE LA MISE EN ŒUVRE DE
LA CONVENTION
Pour la suite de la mise en œuvre de la CCD,
le rapport du CRIC fournit une compilation des idées,
suggestions et propositions avancées par les délégations
durant la CRIC-1. La mise en application des recommandations
de la CRIC-1, au niveaux national, sous-régional, régional et
international, doit avoir lieu après leur considération et
adoption par la CdP-6. Le rapport présente des conclusions et
des recommandations portant sur les sept sujets thématiques
identifiés à la CdP-5, ainsi que des recommandations
additionnelles concernant les étapes à venir de la mise en
œuvre de la CCD.
LES PROCESSUS PARTICIPATIFS IMPLIQUANT LA
SOCIETE CIVILE, LES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES ET LES
ORGANISATIONS COMMUNAUTAIRES DE BASE
S'agissant de ce sujet thématique,
plusieurs conclusions et recommandations furent identifiées
pour les mesures devant être prises, au niveau national, par
les Parties, par le Secrétariat de la CCD et autres concernés.
Elles appellent notamment à:
-
la mise en place de mesures et
d'incitations en faveur du renforcement des capacités, en
vue d'améliorer l'implication d'un large éventail de parties
prenantes;
-
l'élaboration de méthodologies et
d'outils favorisant l'amélioration des processus
participatifs;
-
l'intégration des questions scientifiques
dans les approches participatives, en vue de rapprocher les
repères et les indicateurs, de l'utilisateur final;
-
la mise en place de programmes
éducationnels pertinents et de matériaux d'information
appropriés;
-
l'établissement de liens entre les
campagnes de conscientisation et les programmes d'éducation
et de recherche ciblant un large éventail de parties
prenantes;
-
l'accroissement des campagnes de
sensibilisation en faveur d'un développement rural intégré
et participatif;
-
la focalisation de la campagne mondiale
de conscientisation participative sur la reconnaissance de
la menace que pose la dégradation des sols aux écosystèmes
et moyens de subsistance, et de son impact géopolitique;
-
la reconnaissance que les mesures
préventives présentent un meilleur rapport coût-efficacité
que les mesures de restauration; et
-
l'encouragement du Secrétariat de la CCD
à faciliter l'évaluation des processus participatifs à
travers l'identification de critères et d'indicateurs
appropriés.
LES CADRES OU ARRANGEMENTS LEGISLATIFS ET
INSTITUTIONNELS
Pour ce sujet thématique, plusieurs
conclusions et recommandations furent identifiées pour les
mesures devant être prises, au niveau national, par les
Parties, par le Secrétariat de la CCD et autres concernés.
Elles appellent notamment à:
-
traiter la question de
l'intégration des PAN dans les cadres de planification
appropriés, à travers des processus consultatifs;
-
renforcer les capacités institutionnelles
des correspondants nationaux;
-
encourager la coopération entre les
correspondants nationaux et les représentants locaux des
agences de développement et les correspondants nationaux du
FEM;
-
encourager l'exercice de mise au point de
la conformité de la législation nationale avec la CCD, par
les Parties et les institutions intéressées;
-
revoir les systèmes d'incitations, les
régimes fonciers et les codes de protection des ressources
naturelles pour y intégrer les mesures de lutte contre la
dégradation des sols, la désertification et la sécheresse;
-
déterminer les besoins en matière de
renforcement des capacités et de formation dans le domaine
de l'application et de l'harmonisation des lois;
-
traiter le rôle du secteur privé dans la
lutte contre la désertification, à travers la prise de
mesures législatives tenant compte des droits en matière
d'utilisation des terres et de sécurité des investissements;
-
examiner la faisabilité et les avantages
potentiels de la facilitation de l'accès des produits des
zones arides des pays en développement Parties, aux marchés
internationaux.
LA MOBILISATION ET LA COORDINATION DES
RESSOURCES, A LA FOIS DOMESTIQUES ET INTERNATIONALES, Y
COMPRIS LA CONCLUSION D'ACCORDS DE PARTENARIATS
Pour ce sujet thématique, plusieurs
conclusions et recommandations furent identifiées pour les
mesures devant être prises, au niveau national, par les
Parties, par le Secrétariat de la CCD et autres concernés.
Elles appellent notamment à:
-
entreprendre une étude
exhaustive pour fournir une perspective sur les besoins
financiers de la CCD, en réponse aux préoccupations
d'intérêt public, dans les domaines environnemental,
économique, social et politique, concernant les coûts de
l'inaction;
-
déterminer, à titre indicatif,
le niveau des ressources financières requises pour la mise
en œuvre des programmes d'action, en vue d'élaborer un plan
clair de l'affectation des ressources, avant la CdP-7;
-
revoir et ajuster les
politiques et les procédures bilatérales et multilatérales
de manière à faciliter la participation dans les dialogues
autour de la question du partenariat, aux fins de faciliter
la mise en œuvre des programmes d'action relevant de la CCD;
-
exprimer l'engagement
gouvernemental en faveur de la CCD, à travers la garantie
d'affectations budgétaires à la lutte contre la
désertification et à l'atténuation des effets de la
sécheresse;
-
l'octroi d'une priorité aux
affectations de ressources en vue de finaliser et/ou adopter
les PAN, les PASR et les PAR;
-
améliorer le niveau de réponse
cohérente du système des Nations Unies dans le domaine de la
promotion de la mise en œuvre de la CCD; et
-
rattacher l'implication du
secteur privé à l'identification des opportunités
économiques et commerciales créées par un régime d'échange
plus favorable pour les produits des zones arides.
LES LIENS ET LES SYNERGIES AVEC D'AUTRES
CONVENTIONS ENVIRONNEMENTALES ET, LE CAS ECHEANT, AVEC LES
STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT NATIONALES
Pour ce sujet thématique, plusieurs
conclusions et recommandations furent identifiées pour les
mesures devant être prises, au niveau national, par les
Parties, par le Secrétariat de la CCD et autres concernés.
Elles appellent notamment à:
-
améliorer les efforts visant à intégrer
la mise en œuvre des PAN dans les programmes nationaux de
développement et d'investissement;
-
s'assurer que les synergies sont établies
au niveau du terrain, à travers la reconnaissance de
l'interconnexion des cycles écologiques et la réalisation
d'effets cumulatifs;
-
s'assurer que la mise en œuvre des PAN
établisse des liens avec les initiatives menées dans le
cadre d'autres AEM;
-
promouvoir les efforts visant à renforcer
les capacités des parties prenantes à mener les programmes
synergiques inscrits dans le cadre des PAN;
-
inviter le Secrétariat de la CCD et
d'autres Secrétariats pertinents, à apporter leur assistance
à l'organisation de réunions conjointes entre les
correspondants de la CDD, les responsables d'autres
conventions et les correspondants nationaux du FEM; et
-
améliorer la recherche dans le domaine
des sciences sociales et les contributions dans la
planification participative et synergique de l'occupation
des sols.
LES MESURES DE MISE EN VALEUR DES SOLS
DEGRADES
Pour ce sujet thématique, plusieurs
conclusions et recommandations furent identifiées pour les
mesures devant être prises, au niveau national, par les
Parties, par le Secrétariat de la CCD et autres concernés.
Elles appellent notamment à:
-
renforcer les liens entre les aides
financières et techniques planifiées et destinées au soutien
des initiatives menées dans les zones touchées et dans le
cadre de la CDD, et poursuivre la coopération
interministérielle;
-
focaliser l'action visant à traiter les
conditions écologiques et socioéconomiques locales, sur une
échelle territoriale ou spatiale particulière, et promouvoir,
au niveau local, la mise en œuvre d'activités et de projets
de petites et moyennes tailles;
-
renforcer les capacités dans le domaine
de l'atténuation des effets de la sécheresse, y compris de
l'adaptation des pratiques et techniques agricoles
appropriées;
-
prendre en ligne de compte les paramètres
locaux, dans le traitement de la prévention de la
dégradation des sols, des mesures de mise en valeur et de la
gestion durable des terres;
-
prévenir la dégradation des sols tout en
veillant au maintien ou à l'accroissement de la génération
de revenus;
-
améliorer les incitations visant à
soutenir la chaîne production, transformation et
commercialisation des produits des ressources naturelles et
améliorer leurs accès aux marchés nationaux et
internationaux; et
-
se focaliser sur l'analyse des causes de
la dégradation des sols et sur l'élaboration de mesures de
prévention parallèlement à des mesures de réhabilitation.
LE SUIVI ET L'EVALUATION DE LA SECHERESSE
ET DE LA DESERTIFICATION
Pour ce sujet thématique, plusieurs
conclusions et recommandations furent identifiées pour les
mesures devant être prises, au niveau national, par les
Parties, par le Secrétariat de la CCD et autres concernés.
Elles appellent notamment à:
-
utiliser, de manière plus
efficace, les données et les observations disponibles
fournies par les centres mondiaux de modélisation climatique
et des centres d'alerte précoce régionaux et nationaux;
-
élaborer les principaux
indicateurs biophysiques et socioéconomiques nécessaires au
suivi de la mise en œuvre de la CCD, couvrir l'instauration
de conditions favorables et l'impact des mesures mises en
places, et refléter ces indicateurs dans les directives
fournies aux Parties;
-
ajuster les systèmes de suivi
de manière à faciliter leur application dans des mesures
concrètes en faveur de la lutte contre la désertification;
-
intégrer les efforts visant à
améliorer l'état de préparation aux situations de
catastrophes naturelles dans le cadre de la Stratégie
Internationale des Nations Unies pour la Réduction des
Catastrophes, avec les programmes d'action de la CCD;
-
mettre en application des
conclusions des groupes spéciaux de la CST, conformément aux
décisions pertinentes de la CdP;
-
mettre à la disposition des
pays en développement, les technologies de suivi et
d'évaluation pertinentes; et
-
encourager le Secrétariat de la
CCD, l'Organisation Météorologique Mondiale et les agences
partenaires intéressées à soutenir l'élaboration et la mise
en application d'un programme d'alerte précoce exhaustif de
dimension régionale.
L'ACCES DES PAYS TOUCHES PARTIES, EN
PARTICULIER DES PAYS EN DEVELOPPEMENT TOUCHES PARTIES, AUX
TECHNOLOGIES APPROPRIEES, A L'INFORMATION ET AU SAVOIR-FAIRE
Pour ce sujet thématique, plusieurs
conclusions et recommandations furent identifiées pour les
mesures devant être prises, au niveau national, par les
Parties, par le Secrétariat de la CCD, le MM, les
organisations multilatérales et bilatérales et autres
concernés. Elles appellent notamment à:
-
fournir un accès aux nouvelles
technologies et au savoir-faire, des pays industrialisés
vers les pays en développement;
-
renforcer les institutions de
recherche dans le domaine de l'élaboration d'approches et de
technologies innovantes pour la mise en place des mesures à
la fois préventives et curatives;
-
exploiter les connaissances
traditionnelles et le savoir autochtone pour le traitement
des problèmes locaux;
-
promouvoir les bonnes pratiques,
à travers la CST et son groupe d'experts, les 'NCB' et les
médias;
-
soutenir le renforcement des
capacités et l'affectation de financements pour
l'amélioration de la coopération sud-sud et nord-sud;
-
promouvoir la mise en réseau
des institutions scientifiques, l'échange d'expertise, le
transfert des technologies et les formations universitaires,
à travers les PASR et les PAR;
-
soutenir les bonnes pratiques
dans le domaine de la lutte contre la désertification et la
mise en application des recommandations et des priorités
dégagées par la CST, à travers les PTN; et
-
organiser les futures sessions
du CRIC de manière à faciliter les contributions apportées
par la CST et son groupe d'experts.
LES PROCESSUS ET PROCEDURES D'EVALUATION DE
LA COMMUNICATION DES DONNEES, Y COMPRIS CELLES CONCERNANT LA
MOBILISATION ET L'UTILISATION DES RESSOURCES FINANCIERES,
AINSI QUE LES PROCESSUS ET PROCEDURES D'EVALUATION DE LA
QUALITE ET DU FORMAT DES RAPPORTS
Dans l'identification des étapes à venir et
des mesures devant être prises par les Parties et par le
Secrétariat de la CCD, le CRIC recommanda, entre autres:
-
la mise à jour des données fournies au
CRIC, à travers les profils élaborés dans les rapports
nationaux;
-
la fourniture des données concernant
l'état et la dynamique du processus de la CDD et des progrès
enregistrés dans le domaine de la lutte contre la
désertification au niveau national;
-
l'encouragement de l'implication
effective de la société civile dans l'évaluation des progrès;
-
la facilitation d'un examen approfondi
des rapports nationaux soumis au CRIC, de manière à
promouvoir une évaluation plus concrète de la mise en
application de la CCD sur le terrain, au niveau national,
qui doit mettre en exergue, entre autres, l'utilité des
leçons apprises dans les domaines de la mise en valeur des
terres, de l'amélioration des moyens de subsistance et de
l'amélioration de la gouvernance environnementale, et la
focalisation sur les effets des mesures mises en place; et
-
la facilitation d'un examen conjoint de
la mise en œuvre de la CCD par l'ensemble des Parties, dans
le contexte des Annexes de mise en application régionales et
la soumission des conclusions et des résultats, à la CdP-7.
L'EFFICACITE ET L'EFFICIENCE DES MESURES
VISANT A ATTEINDRE L'UTILISATEUR FINAL DES RESSOURCES
NATURELLES
Dans l'identification des étapes à venir et
des mesures devant être prises par les Parties, le CRIC
recommanda, entre autres:
-
d'impliquer le gouvernement
central, des collectivités locales, des OCN et du secteur
privé dans des processus consultatifs visant à établir des
liaisons et à orienter les décideurs;
-
de renouveler l'intérêt et le
soutien en faveur de la dissémination des technologies
appropriées en matière de gestion des eaux et des sols, au
niveau communautaire; et
-
d'intensifier, dans le cadre
des PAN, les activités ayant trait à l'éducation, au
renforcement des capacités et à la formation des formateurs,
en ciblant les parties prenantes importantes au niveau
locales, tels que les femmes et les jeunes.
LA SYNTHESE DES BONNES PRATIQUES, DES
EXPERIENCES ACQUISES ET DES LEÇONS APPRISES ET LES VOIES ET
MOYENS DE PROMOUVOIR LES ECHANGES D'EXPERIENCES ET
D'INFORMATIONS ENTRE LES PARTIES ET L'ENSEMBLE DES
INSTITUTIONS ET AUTRES ORGANISATIONS INTERESSEES
Dans l'identification des étapes à venir et
des mesures devant être prises par les Parties et par le
Secrétariat de la CCD et la CdP, le CRIC recommanda, entre
autres:
-
de convertir les initiatives
participatives de dimension locale et/ou les approches
synergiques probantes en programmes nationaux, à travers les
processus institutionnels facilités par la CCD;
-
de concevoir et de mettre en œuvre des
programmes de travail exhaustifs portant sur les bonnes
pratiques et sur l'inventaire des connaissances
traditionnelles ayant rapport avec les annexes régionales de
la CCD;
-
d'inviter les centres d'excellence
régionaux et sous-régionaux à établir des liens avec le
processus de la CCD, en vue de promouvoir les synergies
entre les AEM;
-
de procéder à la collecte et à la
dissémination des cas de réussite, par le Secrétariat, à
travers le site web de la CCD et d'autres moyens; et
-
d'orienter les efforts vers l'élaboration
d'une synthèse des expériences acquises dans le domaine des
mécanismes d'encouragement de l'amélioration de
l'utilisation des eaux et des sols, de la gouvernance
environnementale et de la décentralisation des processus
décisionnels ayant trait à la gestion des ressources
naturelles.
LES QUESTIONS EMERGENTES ET LES DEFIS A
RELEVER, DECOULANT DE LA MISE EN ŒUVRE DES AJUSTEMENTS
NECESSAIRES A L'ELABORATION DES PROCESSUS ET A L'EXECUTION DES
PROGRAMMES D'ACTION
Dans l'identification des étapes à venir et
des mesures devant être prises par CdP, les Parties, la CST et
le FEM, le CRIC recommanda, entre autres:
-
d'encourager la mise en œuvre
de la CCD à travers la réalisation des objectifs du Plan de
Mise en Application du SMDD et des Objectifs de
Développement du Millénaire;
-
d'accorder une priorité à la
lutte contre la désertification et la sécheresse, et
d'intégrer ces questions dans les forums de négociation plus
larges et dans les réunions ministérielles;
-
d'intensifier, dans le cadre de
la CST, la coopération scientifique dans le domaine des
changements climatiques;
-
d'éviter la création
d'instruments de planification parallèles ayant des
objectifs similaires à ceux de la CCD;
-
d'appliquer les PAN en guise de
plate-forme pour le cadre itératif à moyen terme devant
régir la lutte contre la dégradation des sols et contre la
sécheresse, et la promotion des synergies et de
l'utilisation durable des sols;
-
de s'assurer que le FEM fournit
un renforcement des capacités et une assistance technique
permettant le test des méthodologies de programmation
intégrative et participative destinées à habiliter les
communautés locales à mettre en œuvre les programmes de
lutte contre la désertification et à promouvoir
l'utilisation durable des terres; et
-
d'inviter la CdP-6, à
considérer les recommandations et à entreprendre l'action
appropriée par rapport au processus consultatif conduit par
le pays pour la concrétisation de ses engagements dans le
cadre de la CCD.
LES VOIES ET MOYENS DE PROMOUVOIR LE
TRANSFERT DES TECHNOLOGIES ET DU SAVOIR-FAIRE
Dans l'identification des étapes à venir et
des mesures devant être prises par la CdP et les Parties, le
CRIC recommanda, entre autres:
-
d'inviter la CdP à prendre, sur la base
des recommandations de la CST et de son groupe d'experts,
des mesures appropriées au sujet de l'accès au transfert des
technologies, à l'information et au savoir-faire; et
-
d'améliorer les mesures politiques et les
incitations, pour encourager le secteur privé à s'impliquer
activement dans le soutien de la coopération scientifique et
technologique.
LES RECOMMANDATIONS CONCERNANT LE
FINANCEMENT DE LA MISE EN ŒUVRE DE LA CCD PAR LES AGENCES ET
LES INSTITUTIONS MULTILATERALES, Y COMPRIS LE FEM
Dans l'identification des étapes à venir et
des mesures devant être prises par la CdP, la CST et les
organisations bilatérales et multilatérales, le CRIC
recommanda, entre autres:
-
d'encourager la CdP à prendre
les mesures appropriées par rapport à la décision du SMDD et
de la Deuxième Assemblée du FEM concernant la disponibilité
du FEM à servir comme mécanisme de financement de la CCD;
-
de demander à la CdP de
considérer les recommandations du CRIC quant à la
détermination des questions devant être traitées dans la
mise en application du nouveau programme opérationnel du FEM
dans le domaine de la lutte contre la dégradation des sols;
-
d'encourager les institutions
membres de la Commission de Facilitation du MM, à soutenir
l'accroissement de la mobilisation des ressources;
-
de faciliter l'examen, par la
CdP-6, des politiques, des modalités opérationnelles et
autres activités du MM; et
-
de fournir un soutien aux
petits Etats insulaires en développement, pour la mise en
œuvre de la CCD.
BREVE ANALYSE DE LA CRIC-1
La CdP-5 a été un tournant pour la
Convention sur la Lutte Contre la Désertification (CCD),
tournant au cours duquel, le processus est passé de sa phase
de planification à sa phase de mise en œuvre actuelle. Le
nouveau pôle de focalisation était clair tout au long de la
CRIC-1, les participants ayant travaillé ensemble dans un
esprit positif de coopération, procédant à des échanges de
données et essayant d'avancer en se basant sur les
enseignements tirés de l'expérience des différentes régions du
globe. Mais le CRIC avait également pour responsabilité, de
procéder à l'examen de la mise en œuvre de la CCD et
d'élaborer pour la CdP, un rapport sur les progrès accomplis
dans la lutte contre la désertification. Et c'est là, où se
situent ses insuffisances.
Durant la CRIC-1, nombre de dilemmes
récurrents ont fait surface. Sur le plan conceptuel, il y
avait une certaine incertitude sur le véritable mandat de la
réunion, sur la direction que le CRIC devait prendre et sur la
profondeur appropriée que devait revêtir l'examen des thèmes à
couvrir. Sur le plan procédural, il y avait des doutes quant à
la manière dont la réunion était structurée et quant au rôle
des ONG dans le processus. D'une manière générale, les débats
n'étaient pas articulés sur l'application des données et des
indicateurs scientifiques ou quantitatifs capables de
permettre une détermination de l'étendue du succès de la CCD à
inverser le phénomène de la dégradation des sols. Seul, le
temps dira si le CRIC est en mesure d'être un organe efficace
pouvant être chargé d'un examen critique mais, à juger par la
CRIC-1, il est clair que cela risque d'être un processus long
et ardu.
LES CONSIDERATIONS CONCEPTUELLES: TROUVER
LE MANDAT DU CRIC
L'une des principales préoccupations
exprimées par bon nombre d'observateurs durant la réunion,
portait sur le point de savoir si le CRIC a, oui ou non,
répondu aux objectifs que lui avait assigné la CdP-5 dans
l'annexe de la Décision 1/COP.5. En bref, les objectifs du
CRIC consistaient: à aider la CdP dans l'évaluation de la mise
en œuvre de la CCD, à la lueur de l'expérience acquise aux
niveaux national, sous-régional, régional et international, à
faciliter les échanges d'informations sur les mesures adoptées
par les Parties, à tirer des conclusions et à proposer à la
CdP, des recommandations concrètes concernant les étapes à
venir de la mise en œuvre de la CCD. Le format structurel
donné à la réunion était de nature à faciliter la réalisation
de ces objectifs; Il se trouve, toutefois, que dans leur
conduite des agendas politique et financier, outre le fait de
s'être attardées sur des questions qui n'avaient rien à voir
avec les thèmes établis par la CdP, les Parties ont, pour
certains, donné l'impression de n'avoir guère conscience du
travail qu'on attendait d'eux, pour d'autres, simplement fait
montre d'une volonté d'ignorer le but de la réunion. Cela
s'est révélé de manière évidente dans l'élaboration des
recommandations qui devaient être transmises à la CdP, au
cours de laquelle certains délégués ont tenté de remettre en
question le contenu du rapport provisoire. Les références aux
engagements susceptibles d'être perçus comme émanant des
recommandations ont été contestées, les délégués s'éloignant
de leur mandat consistant à élaborer un rapport sur
l'avancement des travaux du CRIC.
TROUVER LA DIRECTION DU CRIC
Les événements qui ont eu lieu entre la
CdP-5 et la CRIC-1, notamment, la Quatrième Réunion
Ministérielle de l'OMC, la Conférence Internationale sur le
Financement du Développement, le Sommet Alimentaire Mondial+5,
le Sommet du G-8, le SMDD et la Deuxième Assemblée du FEM, ont
fait naître l'espoir de voir le CRIC agir pour l'avancement de
la mise en œuvre, de manière efficace et orientée vers
l'action, mais la réalité est que les délégués se sont montrés
divisés, entre ceux qui voulaient voir le CRIC être consacré à
l'examen exhaustif des progrès accomplis dans la mise en œuvre
de la CCD et ceux qui souhaitaient utiliser la réunion comme
un atelier d'échange d'informations.
Les participants qui voulaient voir le CRIC
procéder à un examen critique de la mise en œuvre de la CCD
ont trouvé que les présentations, faites durant la première
semaine, donnaient une idée sur les programmes mis en place
par les Parties, mais qu'elles fournissaient peu d'indications
objectives quant aux progrès palpables réalisés sur le
terrain. Certains délégués ont expliqué que compte tenu de la
diversité des circonstances et des conditions des pays et des
interprétations possibles, il était difficile d'appliquer des
normes objectives, car cela risque d'aboutir à des obligations
inéquitables pour nombre de pays touchés Parties, et qu'en
outre, le manque des capacités humaines et financières,
nécessaires à l'application de ces normes, pose problème.
Reste, cependant, que dépourvu d'éléments d'objectivité, en
terme de repères à la fois biophysiques et socioéconomiques,
le travail d'évaluation s'est transformé en une simple
célébration des politiques et des programmes nationaux.
L'accent placé sur l'échange d'informations
a été bien accueilli par plusieurs délégations, mais le degré
d'applicabilité de bon nombre des leçons apprises à travers
les régions, risque d'être bien faible. Les conditions
particulières des pays ne permettent pas toujours d'accommoder
les enseignements tirés des expériences menées ailleurs, et
cela remet en question l'efficacité de l'approche basée sur la
conduite d'études de cas. L'orientation prise par la réunion a
été influencée par la décision du Bureau du CRIC d'avoir
recours à des études de cas, focalisant ainsi l'attention sur
les échanges d'informations au lieu de la concentrer sur les
recommandations devant être présentées à la CdP. En fait, le
temps imparti à l'élaboration des recommandations à été
relégué à l'avant dernière journée de la réunion, dans un
comité de rédaction limité à un nombre restreint de
représentants des Parties.
LES THEMES COUVERTS
Les thèmes sélectionnés à la CdP-5, étaient
focalisés sur les principaux éléments nécessaires à jeter de
solides fondations pour la mise en œuvre de la CCD, mais bon
nombre de questions cruciales en étaient exclues. Parmi ces
dernières, plusieurs points fondamentaux, considérés par
certains observateurs comme devant être examinés avant
l'édification des structures de la mise en œuvre, basées sur
les sujets thématiques abordés à la CRIC-1. Les questions
concernant les régimes fonciers, l'agriculture, le
pastoralisme, la pauvreté et la sécurité alimentaire, doivent
dans bien des cas, être traitées avant que les technologies,
la mobilisation des ressources et les cadres législatifs et
institutionnels soient fermement établis.
Plusieurs participants ont fait part de
leur déception quant au caractère superficiel de la portée des
thèmes couverts, les débats ayant évité d'aborder les causes
profondes des problèmes posés. Les discussions ont été axées,
de manière particulière, sur des questions ayant trait aux
seuls pays en développement touchés Parties. Les thèmes
englobant la question de la mobilisation et la coordination
des ressources, ont évité l'ouverture d'un débat significatif
sur les causes d'un nombre important des problèmes posés,
telles que celle de l'impact des subventions agricoles
accordées dans les pays industrialisés. D'autres participants
ont recommandé que soient examinés, non seulement les cas de
réussite, mais également les cas d'échecs.
LES CONSIDERATIONS ROCEDURALES: LA
STRUCTURE DE LA REUNION
Pour des discussions plus approfondies et
des échanges d'informations plus exhaustifs, des séances de
travail plus longues dans des groupes plus restreints auraient
sans doute été plus efficaces. Des groupes de travail
thématiques, tenus en simultanée et regroupant des
participants issus de toutes les régions auraient pu répondre
aux réserves exprimées, en une période de temps bien plus
courte (et aux préoccupations des participants qui estiment
qu'une réunion de deux semaines entières revient un peu cher
et qu'elle exclu ceux qui ne disposent pas d'assez de fonds).
Mais tel qu'il a été conduit, le processus a, semble-t-il,
empêché de fait les délégations de petites tailles, de
participer à toutes les séances de travail qui les
intéressaient, et, sans interprètes, a même été jugé
discriminatoire.
Quelques délégués ont recommandé de couvrir
un nombre moins élevé de thèmes et d'autres ont suggéré de
couvrir davantage de thèmes, mais avec un nombre moins élevé
de présentations pour chacun d'entre eux. Une focalisation
plus équilibrée sur les activités des pays industrialisés, des
pays en développement, des organisations intergouvernementales
et des ONG, aurait également donné aux délégués une vue plus
exhaustive des problèmes. Dans les présentations, les grandes
lignes directrices du CRIC étaient, d'une manière générale,
suivies, mais les débats qui les suivaient ont fréquemment
viré à des séances de déclaration de positions politiques,
faisant dévier la réunion de son cours normal. La première
semaine a été entièrement consacrée à la présentation d'études
de cas par les différentes régions de la CCD, dont chacune
portait sur l'un des sept sujets thématiques identifiés à la
CdP-5. Avec un programme rigoureux comprenant chaque jour, 12
exposés, suivis par des questions posées par une audience
composée de plus de 180 participants, le temps était plutôt
serré.
Les contraintes de temps ont fait que les
présentations étaient souvent trop générales ou un peu
fragmentées et les discussions peu efficaces. Les débats
étaient aussi, souvent redondants et n'ont, à aucun moment,
réussi à appréhender les sujets de différents angles, tels que,
par exemple, de la perspective des organisations
intergouvernementales ou celle des ONG. Les réunions
régionales tenues avant le CRIC avaient permis la conduite de
discussions approfondies entre les participants, mais les
enseignements qui en avaient été tirés, n'ont pas été vraiment
reflétés dans les présentations coincées par le temps faites
au CRIC.
OÚ SONT PASSEES LES ONG?
Dans une convention sensée être axée sur
les besoins des pauvres, le fait que leurs voix n'étaient pas
entendues dans les discussions, était frappant. Dans les
débats, en effet, un accent significatif a été placé sur
l'amélioration de la participation des populations locales
dans le processus de la CCD, mais les voix de leurs
représentants n'ont pas été beaucoup entendues. Quelques
participants ont suggéré, de manière officieuse, qu'engager
les ONG à élaborer et à présenter au CRIC, un rapport sur
l'état d'avancement des PAN, sur la base des expériences
vécues par les populations locales, pouvait résoudre à la fois
le problème de l'objectivité des rapports et celui de
l'absence des voix locales. D'autres ont exprimé des doutes
quant à la question de savoir dans quelle mesure les ONG
pouvaient représenter ces intérêts.
En fait, seul un petit nombre des ONG
accréditées auprès de la CCD était présent à la CRIC-1. Cela
était peut-être dû au manque de volonté politique – pas
tellement dans les pays touchés du Sud, mais dans les pays
donateurs du Nord. Seuls, deux pays ont apporté une aide
financière aux ONG pour prendre part à la réunion. La Durée de
la réunion a sans doute également fait que le coût de
participation était trop élevé pour nombre d'ONG intéressées.
EN ROUTE POUR LA CRIC-2
La CCD est souvent perçue comme étant "la
sœur pauvre" des AEM et, dans l'esprit de certains
participants, la création d'un organe subsidiaire était un
effort consenti pour la hausser aux niveaux de la
Convention-Cadre sur les Changements Climatiques et de la
Convention sur la Diversité Biologique. Cependant, plusieurs
participants ont souligné que l'organe subsidiaire doit
remplir une fonction utile en fournissant des conseils à la
CdP. Qu'il doit non seulement servir de mécanisme d'échange
d'informations, mais procéder également à l'examen critique de
la mise en œuvre de la CCD et présenter, à la CDP, des
rapports exhaustifs sur les progrès réalisés.
En tant que point de départ du processus
d'évaluation de la mise en œuvre, la CRIC-1 a permis de
dégager des enseignements, non seulement concernant la mise en
application de la CCD, mais aussi sur la manière d'améliorer
la structure des réunions du CRIC, elles-mêmes. Il est clair
que la profondeur des débats et l'objectivité des évaluations
auraient pu être de meilleure qualité. Pour certains
participants, la réunion a fourni des moyens réalistes utiles
à l'amélioration de la mise en œuvre de la CCD. Pour d'autres,
elle a été simplement l'occasion de solliciter des
financements bilatéraux et d'exprimer des positions politiques.
Reste qu'avec le temps et un peu plus d'expérience, il est
certain que les participants parviendront à une meilleure
compréhension de leurs mandats et à réaliser des progrès
significatifs dans l'évaluation de la mise en œuvre de la CCD.
Mais, pour cela, le CRIC doit d'abord déterminer ce qu'il
voudrait être: Un forum consacré à l'amélioration de la prise
de conscience et à l'échange d'informations ou une entité
d'évaluation critique.
A SUIVRE D'ICI LA CdP-6
HUITIEME REUNION DE L'ORGANE SUBSIDIAIRE DE
CONSEIL SCIENTIFIQUE, TECHNIQUE ET TECHNOLOGIQUE DE LA CDB:
La huitième réunion de l'Organe Subsidiaire de Conseil
Scientifique, Technique et Technologique de la Convention sur
la Diversité Biologique (SBSTTA-8) se tiendra du 10 au 14 mars
2003, à Montréal, au Canada. Pour de plus amples
renseignements, contacter: CBD Secretariat; tel:
+1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail:
secretariat@biodiv.org;
Internet:
http://www.biodiv.org
TROISIEME FORUM MONDIAL SUR L'EAU: Le
Troisième Forum Mondial sur L'Eau est prévue du 16 au 23 mars
2003, simultanément à Kyoto, Shiga et Osaka, au Japon. La
Conférence Ministérielle qui s'y rapporte se déroulera les 22
et 23 mars 2003, à Kyoto. Pour d'autres détails, contacter the
WWC Secretariat; tel: +81-3-5212-1645; fax: +81-3-5212-1649;
e-mail:
office@water-forum3.com; Internet:
http://www.worldwaterforum.org
NEUVIEME CONFERENCE ANNUELLE INTERNATIONALE
SUR LA RECHERCHE EN MATIERE DE DEVELOPPEMENT DURABLE, 2003:
La Neuvième Conférence Annuelle Internationale sur la
Recherche en matière de Développement Durable aura lieu les 24
et 25 mars 2003, à Nottingham, au Royaume-Uni. Pour plus
d'informations, contacter: Elaine White; tel: +44 (0)1274
530408; fax: +44 (0)1274 530409; e-mail:
elaine@erpenv.demon.co.uk; Internet:
http://www.erpenvironment.org
CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES
MOYENS DE SUBSISTANCE EN MILIEU RURAL, LES FORETS ET LA
BIODIVERSITE: La conférence Internationale sur les Moyens
de Subsistance en Milieu Rural, les Forêts et la Biodiversité,
se déroulera du 19 au 23 mai 2003, à Bonn, en Allemagne. Pour
plus de renseignements, contacter: William Sunderlin, Center
for International Forestry Research; tel: +251-622-622; fax:
+251-622-100; e-mail:
w.sunderlin@cgiar.org; Internet:
http://www.cifor.cgiar.org/shared/template/events.asp
TROISIEME SESSION DU FORUM DES
NATIONS UNIES SUR LES FORETS: La Troisième Session du
Forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF-3) est prévue du
26 mai au 6 juin 2003, à Genève, en Suisse. Pour plus de
détails, contacter: Mia Soderlund, UNFF Secretariat; tel:
+1-212-963-3262; fax: +1-212-963-4260; e-mail:
unff@un.org; Internet:
http://www.un.org/esa/sustdev/forests.htm
XIIéme CONGRES MONDIAL SUR LA
FORESTERIE: Le XIIème Congrès Mondial sur la Foresterie se
tiendra du 21 au 28 septembre 2003, dans la ville de Québec,
au Canada. Pour plus de détails, contacter: The Congress
Secretariat: tel: +1 (418) 694-2424; fax: +1 (418) 694-9922;
e-mail:
sec-gen@wfc2003.org;
Internet:
http://www.cfm2003.org/page.php?c=/en/index.html
CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LES SAVANES
ET LES FORETS PARTIELLEMENT ARIDES DES REGIONS TROPICALES:
ECOLOGIE, ENVIRONNEMENT ET DEVELOPPEMENT: La Conférence
Internationale sur les Savanes et les Forets Partiellement
Arides des Régions Tropicales se déroulera du 14 au 20
septembre 2003, à Edinburgh, en Ecosse. Pour de plus amples
informations, contacter: Edinburgh Centre for Tropical
Forests; tel: +44 (0)131 440 0400; fax: +44 (0)131 440 4141;
e-mail:
savanna-conference@ectf-ed.org.uk; Internet:
http://www.ectf.co.uk
CdP-6 DE LA CCD: La sixième session de
la Conférence des Parties de la Convention pour la Lutte
Contre la Désertification est prévue en septembre 2003, à La
Havane, à Cuba. Pour plus de renseignements, contacter: CCD
Secretariat; tel: +49-228-815-2800; fax: +49-228-815-2898/99;
e-mail:
secretariat@unccd.int; Internet:
http://www.unccd.int |