Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 157
Mercredi, 10 Octobre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA
CCD:
MARDI 9 OCTOBRE 2001
Les délégués se sont réunis,
pour la deuxième journée, dans le Segment de Haut Niveau, lequel
devait inclure, le matin, une séance consacrée au dialogue
interactif autour des interconnexions entre la pauvreté et
l'environnement, et l'après-midi, une séance pour les déclarations
générales par les représentants des pays et autres délégués.
LE SEGMENT SPECIAL DE HAUT NIVEAU
LE DIALOGUE INTERACTIF:
Le Président de la CdP-5, Charles Basset, informa les délégués que
cette séance était consacrée au "complexe
pauvreté-environnement," et leur demanda de procéder à un
échange d'expériences en matière de bonnes pratiques et donna une
indication sur les actions prioritaires pour les gouvernements et pour
les pays pourvoyeurs de fonds.
Plusieurs orateurs mirent en relief
les liens entre la désertification et la pauvreté, et la nécessité
d'intégrer les objectifs et les actions touchant à la lutte contre
la désertification dans le cadre plus large du programme de
développement. Les délégués débattirent également: du
financement; de la planification régionale et sous-régionale; de la
participation des acteurs sociaux et de l'implication et de la
promotion des locaux; et, de la propriété et de la productivité.
Au sujet des questions de
financement, le SWAZILAND déclara qu'un financement était
nécessaire pour le traitement de la question du régime foncier. La
SUEDE déclara que les agences environnementales des pays
industrialisés doivent avoir un accès direct à leurs ministres des
finances lorsqu'il s'agit de la mise en application de la CCD, et que
pour leur part, les pays en développement doivent intégrer leurs
systèmes juridiques et institutionnels relatifs à la gestion des
terres. La MAURITANIE exhorta les pays industrialisés à honorer
leurs obligations en matière de transfert de financements et de
technologies, pris dans le cadre de la CCD. La CONFERENCE
MINISTERIELLE AFRICAINE SUR L'ENVIRONNEMENT (CMAE) mit l'accent sur
les obligations des pays industrialisés et nota, avec appréciation,
la considération du financement de la dégradation des sols par le
FEM. L'AFRIQUE DU SUD souligna les avantages offerts par les
partenariats public-privé, et le BENIN appuya l'idée de mettre des
crédits à la disposition des initiatives locales. Le BURKINA FASO
mit en exergue les facteurs entravant le classement priorité des PAN,
notamment le problème de la dette. L'EGYPTE appela à une assistance
technique en faveur des pays en développement pour la détermination
des retombées économiques potentielles de la mise en valeur des
terres et pour la planification.
Au sujet de la planification
régionale et sous-régionale, de nombreux délégués notèrent que
ces deux planifications constituaient des cadres utiles et
facilitaient l'action locale.
Plusieurs orateurs soulignèrent
également la nécessité d'une participation de l'ensemble des
acteurs sociaux et d'une approche pluri-sectorielle, se focalisant en
particulier sur l'implication et la promotion des locaux. Le DANEMARK
appuya l'inclusion des communautés rurales touchées dans les
processus décisionnels, et l'AFRIQUE DU SUD donna un aperçu sur ses
stratégies de mobilisation du public pour la promotion des
initiatives locales. Le BENIN parla de ses efforts visant à
encourager la contribution des citoyens locaux dans l'identification
des initiatives de génération durable de revenus, et la BELGIQUE
plaida pour une assistance aux communautés à travers la fourniture
de ressources, l'identification de projets, la planification et les
processus décisionnels.
Plusieurs orateurs soulignèrent la
valeur de la sensibilisation et de la conscientisation du public. Le
GHANA appela à un soutien plus important en faveur des communautés
rurale, aux femmes et aux enfants. L'INDE encouragea l'adoption d'une
approche axée sur l'être humain en matière de prises de décisions,
et le CANADA déclara que les mesures concernant les communautés
doivent intégrer des programmes de santé, d'alphabétisation et de
gestion de l'eau.
Au sujet des régimes fonciers et de
la productivité, l'AFRIQUE DU SUD mit en relief ses politiques en
matière de redistribution des terres. Le BURUNDI établit un lien
entre la pauvreté et la faible productivité du capital, ajoutant que
compte tenu du fait que la terre est la principale richesse de bon
nombre de pays, la dégradation des sols est un problème prioritaire.
Le LESOTHO parla des ses efforts visant à raviver et à soutenir les
systèmes agricoles traditionnels productifs. L'ERYTHREE élabora sur
le lien entre le surpâturage et les considérations sociales et
financières, et souligna la valeur de l'attitude encourageante et de
l'évolution des comportement. Le LIBAN proposa l'octroi d'une aide
gouvernementale dans l'établissement de coopératives permettant le
soutien d'un partage des coûts entre les petits agriculteurs. La
SUISSE mit l'accent sur les questions de sécurité alimentaire et de
création d'emploi.
Abordant les questions diverses, le
KAZAKHSTAN et le BENIN soulignèrent la question des liens avec les
autres accords environnementaux multilatéraux (AEM). Le GHANA souleva
des questions ayant rapport avec le commerce international, en
particulier, les problèmes d'accès au marché. Le SENEGAL nota les
liens avec la migration urbaine et la pauvreté. SAINT VINCENT et les
GRENADES et l'AMCEN parlèrent des défis posés aux efforts fournis
dans le domaine de l'atténuation des pressions démographiques.
L'AUSTRALIE présenta un rapport sur son Programme National de Mise en
Valeur des Terres, notant son intégration et sa focalisation sur la
propriété communautaire. Le NIGERIA attira l'attention sur son
approche basée sur le village modèle, où les bonnes pratiques sont
démontrées et reproduites dans les villages voisins. La BANQUE
MONDIALE recommanda une plus grande intégration des considérations
de développement durables dans les stratégies nationales de
réduction de la pauvreté et la nécessité d'une volonté politique.
Dans ses remarques de clôture, le
Président de la CdP-5, Basset, déclara que la séance de dialogue
s'est avérée aussi instructive qu'utile, et indiqua que la synthèse
informelle du Président sera disponible mercredi.
LES DECLARATIONS GENERALES:
Le KENYA fit part de ses réserves concernant l'absence de progrès
dans la lutte contre la désertification et, avec CUBA, présenta un
rapport sur les efforts fournis dans la mise en place des PAN. Le
BURKINA FASO déplora l'absence de soutien de la part des partenaires
du développement, pour son PAN, et fit part de sa déception face aux
attitudes affichées par certaines délégations à l'égard du CRIC,
du budget de la CCD et de l'intérêt des pays en développement, en
général.
Le NIGERIA nota l'échec de ses
efforts à obtenir un financement soutenu pour ses activités ayant
trait à la CCD et l'impact de cet état des faits sur la mise en
place du PAN. Le MAROC donna un aperçu sur les éléments de son NAP,
et encouragea l'octroi d'un soutien aux pays actuellement confrontés
à la sécheresse. L'IRAN offrit de partager son expérience dans le
domaine de la gestion durable des parcours. Le GHANA appela les pays
industrialisés à apporter leur soutien, à travers l'annulation ou
le recyclage de la dette. MADAGASCAR apporta son appui au travail du
MM et à la mise en place du CRIC.
L'ERYTHREE mit en exergue les
efforts fournis pour l'amélioration, entre autres, de
l'environnement économique, du suivi, et des systèmes d'alerte
précoce. Le représentant nota également l'utilisation du fonds de
démarrage fournis par le PNUD, au profit du fonds national de la
lutte anti-désertification. Le LESOTHO présenta un rapport sur
l'état d'avancement de la mise en application incluant, entre
autres, la gestion des parcours, la réhabilitation des terres et
la foresterie sociale. La COMMUNAUTE SUD-AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT
souligna la nécessité d'une participation internationale dans les
activités régionales et sous-régionales. Le SIERRA LEONE évoqua
l'impact des conflits sur la dégradation des terres, et présenta un
rapport sur les politiques nationales visant à inverser le processus.
Le délégué requit qu'à la fois le FEM et le MM apportent à
l'Afrique une aide réservée à la mise en application de la CCD.
L'OUGANDA élabora sur les causes et
les effets de la dégradation des terres dans son "couloir de
passage des troupeaux," dans le nord du pays, décrivit les
réponses apportées, et parla de la réunion planifiée sur le thème
du partenariat, traitant de la coordination des ressources. Le
SWAZILAND encouragea le renforcement du MM, et le FEM appela la CdP-5
à s'assurer d'une représentation de toutes les préoccupations de la
CCD au SMDD. Notant les enseignements de la religion islamique et les
principes régissant les lois de la Sharia comme étant à la base de
sa politique environnementale, l'ARABIE SAOUDITE mit en relief les
activités visant à soutenir la conservation environnementale, y
compris durant la Journée Mondiale sur la Lutte contre la
Désertification
MONACO attira l'attention sur le
rôle de la gouvernance internationale dans la mise en place de
politiques cohérentes dans le domaine de la protection
environnementale, et appuya une augmentation substantielle des
ressources financières pour la CCD. L'AFRIQUE DU SUD appela à des
mesures encourageant l'implication des femmes, des jeunes, des
handicapés et déclara que le SMDD attendu constituait une
"occasion unique" pour l'évaluation des progrès réalisés
depuis Rio. Le KAZAKHSTAN nota l'impact de la dégradation des terres
sur la santé et le bien-être économique des gens, et mit en relief
sur les divers facteurs intervenant dans la dégradation des terres
dans sa région, notamment les contaminations chimique et nucléaire.
Le KYRGYZSTAN parla de ses efforts dans la mise en application de la
CCD, y compris les projets de développement des zones montagneuses et
la promotion de l'éco-tourisme à travers la proclamation de l'an
2001, l'Année du Tourisme. La TUNISIE donna un aperçu sur sa
coopération avec le MM et avec l'Observatoire Sudano-Sahelien, et sur
l'élaboration réussie d'indicateurs de développement pour le suivi
de la mise en œuvre des PAN.
Le DANEMARK s'engagea à poursuivre,
au sein du Conseil du FEM, son soutien à l'ouverture d'un guichet de
financement réservé à la lutte contre la désertification et
annonça l'affectation d'un supplément équivalent à 0.5% du PIB
pour les initiative en faveur "de l'environnement, de la paix et
de la stabilité". L'orateur précisa que c'est le Danemark qui
sera à la présidence de l'UE durant le SMDD. Faisant état de sa
contribution annuelle de 200 millions de francs réservée à la lutte
contre la désertification, la FRANCE parla de ses efforts visant à
améliorer l'expertise et les capacités scientifiques et techniques
au sein des régions. Le JAPON encouragea chacune des Parties à
fournir un effort déterminé en faveur de la poursuite du processus
de la CCD et appuya, entre autres, l'établissement d'une
coopération scientifique et technique, la mise en place de
m�canismes consultatifs propres et la participation de l'ensemble des
acteurs sociaux. Le MEXIQUE mit en relief les liens entre la
d�sertification, la s�curit� alimentaire et la pauvret�, et
�voqua la tenue prochaine, � Monterrey, au Mexique, de la
Conf�rence sur le Financement du D�veloppement, comme �tant
l'occasion de mobiliser les ressources pour le d�veloppement durable.
La BOLIVIE mit en exergue les efforts d'att�nuation des probl�mes de
d�gradation environnementale et de marginalisation socio-�conomique
qui contribuent � la migration urbaine dans les r�gions �loign�es
du Plateau Am�ricain et de la jungle de Grand Chaco. La GUINEE
exhorta les pays industrialis�s � accorder une priorit� � la CCD
dans leur programmes d'aide et � mobiliser les ressources
n�cessaires � sa mise en application.
La BANQUE MONDIALE appela �
l'int�gration des pr�occupations environnementales dans les
strat�gies de r�duction de la pauvret�, dans les strat�gies de la
Banque en mati�re de pr�ts, et indiqua qu'une attention
particuli�re est accord�e � la mise en place de partenariats avec
la soci�t� civile, le secteur priv�, les organisations bilat�rales
et multilat�rales, les ONG et autres acteurs sociaux. Le
repr�sentant de la CONVENTION SUR LES ESPECES MIGRATRICES nota une
convergence d'objectifs avec la CCD et la planification de
l'�laboration d'un m�morandum d'entente et d'un programme de travail
conjoint. Le repr�sentant du COMITE INTER-ETATS PERMANENT POUR LE
CONTROLE DE LA SECHERESSE DANS LE SAHEL (CILSS) nota les activit�s
men�es dans sa r�gion dans le domaine de la lutte contre la
d�sertification, � travers les PASR et les PAN, et appuya la mise en
place d'un organe subsidiaire de la CCD sur la mise en application. Le
porte-parole de l'UNION du MAGHREB ARABE encouragea les organisations
internationales � renforcer la coordination en vue de mieux aider les
pays touch�s dans la mise en application de la Convention. Le
repr�sentant des ONG appela les Parties � consid�rer la soci�t�
civile comme partenaire dans la mise en �uvre de la CCD.
LES GROUPES DE CONTACT
Depuis samedi, le groupe de contact
sur la question du comit� charg� de l'�valuation de la mise en
application (CRIC) se r�unit � trois reprises pour n�gocier le
projet de d�cision r�vis� du Pr�sident concernant la mise en place
du CRIC. Le texte, compilation des positions r�gionales soumises
vendredi et r�vis�es, samedi, suite � la consultation informelle:
d�cide l'�tablissement dun CRIC provisoire, en guise d'organe
subsidiaires de la CdP et, l'adoption des termes de r�f�rence qui
s'y rapportent et qui doivent �tre revus � la CdP-7; requiert du
Secr�tariat la compilation, la synth�se et l'analyse des th�mes
prioritaires, ainsi que des rapports r�gionaux soumis par les Parties
prenant part aux r�unions r�gionales tenues en Afrique, et la
facilitation de l'�laboration des contributions r�gionales �manant
du processus d'�valuation; et invite � des contributions
financi�res pour les r�unions r�gionaux consacr�es au processus
d'�valuation r�gionale. Les termes de r�f�rence du CRIC couvrant
le mandat et les fonctions, la composition, la fr�quence des
r�unions et le calendrier des travaux, le caract�re du processus
d'�valuation et des m�thodologies, les conclusions, et la
transparence des travaux, sont annex�s � la d�cision.
Les n�gociations ont, jusque l�,
port� sur le projet de d�cision et sur le mandat et les fonctions,
et se sont focalis�es sur le point de savoir: si le CRIC doit �tre
un organe permanent ou provisoire; si la CdP-7 doit proc�der �
l'�valuation du CRIC ou de ses TdR; si l'�valuation doit inclure
celle de la CST, du MM et du Secr�tariat de la CCD; et si
l'�valuation des ressources financi�res doit mettre l'accent sur la
priorit� devant �tre accorder � l'Afrique. Le Consensus fut
r�alis� sur l'adjonction de clauses sur le transfert des
technologies et sur l'�valuation de l'efficacit� du MM dans la
canalisation des ressources pour la mise en application de la CCD.
Le groupe de travail sur le
programme et le budget poursuivit ses d�lib�rations autour du Budget
central de la CCD, mais peu de progr�s ont �t� r�alis�s alors que
l'augmentation demand�e dans la proposition de budget sont entre 0%
et 20%.
DANS LES COULOIRS
Le document pr�par� pour la
prochaine R�union sur la Troisi�me Reconstitution du Fonds
Fiduciaire du FEM, "Note Initiale du DG concernant les
Structures, Processus et Proc�dures du FEM," provoqua, mardi, un
certain remous dans les couloirs. Le document sugg�ra de faire du FEM
une entit� juridique s�par�e ind�pendante de la Banque Mondiale.
Au moment o� certains participants en prenaient connaissance,
quelques-uns faisaient part de leur scepticisme quant � ses chances
d'�tre endoss�e par le Conseil du FEMl, notant que la s�paration de
la Banque Mondiale n�cessitera l'�tablissement d'un si�ge et des
ressources additionnelles, ce qui pourrait s'av�rer difficile �
r�aliser. Certains participants se d�clar�rent pr�occup�s du fait
que la suggestion intervienne � un moment o� des r�serves plus
importantes sont exprim�es autour de la question de gouvernance
environnementale internationale, en raison de la prolif�ration des
organes environnementaux ind�pendants. Le r�union du FEM aura lieu
� Edinburgh, en Ecosse, les 11 et 12 octobre. La proposition est
disponible sur: http://www.gefweb.org/Replenishment/Reple_Documents/R.3.16_CEONoteonGEFStructureProcesses_Procedures.doc.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT DE HAUT
NIVEAU: Le Segment Sp�cial
tiendra sa derni�re s�ance de 10h � 13h dans la Salle de
Conf�rence XVIII pour entendre 31 d�clarations d'ordre g�n�ral sur
l'application de la CCD.
PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unira de 15h � 18h dans la Salle de Conf�rence
XVIII pour la seconde s�ance de dialogue avec les ONG sur l'inclusion
des ONG dans le programme de travail officiel de la CdP.
|