Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 156
Mardi, 9 Octobre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA
CCD:
LUNDI 8 OCTOBRE 2001
La Plénière s'est réunie le matin
et l'après-midi dans le cadre du Segment de Haut Niveau pour entendre
les allocutions des Présidents du Cap Vert et du Venezuela et des
Premiers Ministres du Mozambique, du Niger et du Bénin, un message de
la part du Secrétaire Général des Nations- Unies, ainsi que des
déclarations de la part s de ministres et de chefs d'organisations et
d'agences des Nations-Unies, d'organes multilatéraux et
d'organisations régionales.
LE SEGMENT SPECIAL
Le Président de la CdP-5, Charles
Basset (Canada), souhaita aux dignitaires et aux délégués la
bienvenue à la session Plénière spéciale de haut niveau et les
encouragea à trouver les voies et moyens d'alléger les souffrances
des populations en s'attaquant de manière efficace à la pauvreté,
à la désertification et à la dégradation des sols.
Le Secrétaire Exécutif de la CCD,
Hama Arba Diallo, déclara que le segment de haut niveau venait
rappeler que le processus de la CCD est tributaire de la volonté
politique, et apporta son appui à l'adoption d'une approche
participative dans la lutte contre la désertification. L'orateur
devait ensuite lire, au nom du Secrétaire Général de l'ONU, Kofi
Annan, un message qui félicite la CCD pour son travail en matière de
lutte contre la pauvreté, exhorte la communauté internationale à
mobiliser des ressources pour les pays touchés, et appuie l'idée de
faire du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM), le principal
mécanisme de financement de la Convention.
Pedro Verona Rodrigues Pires,
Président du Cap Vert, déclara que la réussite de la CCD est
tributaire de la volonté et d'un mécanisme de financement
prévisible tel que le FEM. L'orateur souligna de l'importance de la
participation des acteurs sociaux et indiqua que la CdP de la CCD se
doit: d'établir un comité de suivi, pour l'évaluation de la mise en
application de la CCD (CRIC); de financer des unités de coordination
régionales (UCR); et envisager des voies et moyens de contribuer au
Sommet Mondial sur le Développement Durable (SMDD).
Hugo Chavez Frias, Président du
Venezuela, fit part de sa préoccupation concernant la riposte
militaire en cours aux attaques terroristes contre les Etats-Unis, et
affirma qu'une paix durable ne peut être réalisée que par le
traitement des problèmes de pauvreté, d'inégalité et d'injustice,
qui sont, à son sens, les vrai causes de la violence. Mettant en
exergue le lien entre la pauvreté et la désertification, l'orateur
appela à une coopération mondiale et à de nouvelles idées dans le
traitement de la environnementale, et souligna que les modèles
néo-libéraux actuels ne sont pas la solution. Il proposa par
ailleurs de réduire de 50% les dépenses militaires mondiales et
d'utiliser les fonds ainsi épargnés pour le traitement des
problèmes de pauvreté et d'environnement. Bien que la
désertification ne touche pas de manière sérieuse le Venezuela, il
mit en exergue l'engagement de son pays pour le traitement de ce
"problème international" en annonçant un soutien à la
coopération sud sud autour des projets ayant trait à la
désertification.
Pascoal Manuel Mocumbi, Premier
Ministre du Mozambique, mit en relief les liens entre le changement
climatique et la désertification, notant que les inondations massives
au Mozambique avaient causé une dégradation des sols, une
destruction de l'infrastructure et une stagnation économique.
Soulignant que "la lutte contre la désertification est une lutte
contre la pauvreté," il donna un aperçu sur le Plan d'Action
Anti-Pauvreté du Mozambique pour la période 2001-5, et appela la CdP
à procéder à des évaluations régulières de la mise en
application de la CCD au niveau national. Il encouragea le FEM à
ajouter la dégradation des sols et la désertification comme pôle de
focalisation, et précisa qu'il doit être désigné mécanisme de
financement de la CCD.
Hama Amadou, Premier Ministre du
Niger, mit en relief les difficultés rencontrées par son pays dans
le traitement de la désertification, et appela à une mise en œuvre
urgente de la CCD, soulignant en particulier, le rôle de la
communauté internationale dans la mise à disposition d'une
assistance technologique et financière en faveur de l'Afrique.
L'orateur exprima également son appui à l'organe subsidiaire de la
CCD chargé de l'évaluation de la mise en application, à un
augmentation du budget du Secrétariat, et à une coopération
sud-sud. Le Premier Ministre du Benin, Bruno Amousou, mit en exergue
le plan septennal mis en place par son pays pour le traitement de la
désertification, accueillit favorablement l'offre du FEM d'apporter
son soutien à la CCD comme mécanisme de financement, et en tant que
pays bénéficiaire, il remercia le Venezuela pour son appui, notant
que le Bénin et le Venezuela étaient en passe de signer un accord de
coopération.
Après les déclarations des chefs
d'Etats et de gouvernements, les délégués devaient entendre celles
d'autres hauts représentants de pays et d'OIG. Les orateurs de
nombreux pays en développement touchés soulignèrent la nécessité
de résoudre les questions en suspens posées à la CdP-5, telles que
celles du financement de la CCD par le FEM, du financement des UCR,
l'établissement du CRIC, et du budget biennal de la CCD. Pour leur
part, les pays industrialisé Parties soulignèrent la nécessité
d'intéger les PAN en matière de désertification dans les papiers
stratégiques de la réduction de la pauvreté (PSRP) et dans les
stratégies nationales de développement durable. Les représentants
des pays en développement exhortèrent également les Parties
industrialisées à faire montre d'un engagement en faveur de la mise
en application de la CCD, en augmentant le soutien financier et le
transfert des technologies. En outre, plusieurs intervenants
endossèrent le rôle critique de la CCD dans le traitement de la
dégradation des sols, et soulignèrent l'opportunité pour la CdP-5
de fournir des orientations et une contribution claires au SMDD de
2002.
La MAURITANIE donna un aperçu sur
ses initiatives nationales en matière de lutte contre la
désertification et indiqua que la CCD peut être revitalisée, entre
autres, à travers la mise à disposition de ressources nouvelles
et supplémentaires au profit du Mécanisme Mondial (MM) et, de la
fourniture d'un soutien et de l'ouverture d'un dialogue avec les ONG.
Notant que la CdP-5 a lieu a un moment ou la communauté est en train
de prendre conscience de la signification de la vulnérabilité, la
NORVEGE déclara que la pauvreté constitue la plus grande menace au
développement durable, et souligna que la question du financement est
le défi le plus sérieux posé à la CCD.
Le FIDA reconnut le rôle important
du MM dans la mobilisation des ressources. Le représentant indiqua
que le FIDA entendait apporter une contribution 2,5 millions de
dollars supplémentaires pour aider le MM à faire son travail. Le
PNUD déclara que la CCD n'est pas en train de bénéficier de
l'attention qu'elle mérite en comparaison avec d'autres conventions
environnementales. Le représentant ajouta que le PNUD accordait aux
zones arides, une grande priorité au projets ayant trait à la lutte
contre la dégradation des sols et qu'il était engagé à accroître
son soutien en leur faveur au niveau du FEM. Le représentant de la
CCCC mit l'accent sur les liens politiques, écologiques, économiques
et sociologiques avec la CCD, ainsi que sur l'arrangement trilatéral
conclu avec la CDB. L'OMM fit état de ses efforts continus pour, entre
autres: apporter un soutien aux systèmes d'observation
améliorés, augmenter les programmes agricole d'adaptation au
changement climatique, et améliorer les capacités den matière de
prévision météorologique. Le FEM déclara être en train d'examiner
les possibilités de désigner la dégradation des terres comme pôle
de focalisation pour le financement et d'inclure une proposition
d'accompagnement de 500 millions de dollars pour les activités de
lutte contre la dégradation des terres au cours de la prochaine
période de reconstitution de fonds. Mettant en exergue les avantages
de la collaboration, l'orateur encouragea les Parties à continuer de
chercher des fonds auprès de sources multiples.
L'IRAN, au nom du G-77/CHINE, fit
part de sa satisfaction quant au consensus émergeant autour de
l'établissement du CRIC. Le délégué appela: à la mise à
disposition dans le budget central de la CCD d'un financement
suffisant consacré à la couverture du fonctionnement des UCR; à une
action, par le FEM, visant à désigner la dégradation des terres
comme pôle de focalisation; et à une décision invitant le FEM à
devenir le mécanisme financier de la CCD. L'UE souligna la
nécessité, entre autres: de requêtes de financement
reflétant les PAN; d'une responsabilité des pays industrialisés à
promouvoir les partenariats bilatéraux; et de l'appui en faveur d'un
nouveau guichet de financement au sein dui FEM. Notant la possibilité
de voir des pays touchés devenir des pays membres de l'UE, la
COMMISSION EUROPEENNE fit part de son intention de renforcer la
participation dans les divers forums de la CCD et attira l'attention
sur: l'action politique au niveau national dans les pays touchés;
l'allégement de la pauvreté en tant qu'objectif central de
développement; et sur les efforts de la CE visant à traiter les
problèmes associés aux questions du commerce, de l'aide et de
l'investissement international.
Soulignant l'impératif d'une
approche de coopération, L'ALLEMAGNE mit en relief: les approches
participatives dans la mise en œuvre de la CCD; la progression de
l'ouverture d'un guichet consacré à la CCD au sein du FEM; et le
rôle potentiel de la CCD dans le comblement des inégalités
mondiales. La SUEDE fit part de sa satisfaction quant au travail
accompli par le MM et par la CST et mit l'accent sur l'importance
d'une approche "axée sur l'être humain humain" aux niveaux
national et régional et sur la nécessité pour la CdP d'envoyer un
message à la Conférence sur le Financement du Développement.
La CHINE nota que la
désertification affectait 27% de sa surface terrestre totale ainsi
que 400 millions de personnes. L'orateur présenta un rapport sur une
récente législation consacrée à la prévention et à la maîtrise
des dunes de sable et qui marque une nouvelle étape dans les efforts
consentis par le pays, et mit en relief l'aide financière et le
transfert des technologies comme étant cruciaux pour une mise en
application efficace de la CCD. La CROATIE brossa un tableau sur les
défis qui restent à relever à l'échelle nationale dans le domaine
de la lutte contre la dégradation des sols, y compris l'existence de
plus d'un million de mines anti-personnel.
La SUISSE fit état des
interconnexions entre les Conventions de Rio, et appela la CCD à
promouvoir une approche intégrée. Le délégué souligna
l'importance d'un classement prioritaire pour les questions de
dégradation des terres et de pauvreté au SMDD. Le CANADA souligna
l'importance des partenariats et la nécessité de promouvoir les
synergies entre les accords environnementaux, et appuya l'idée de
profiter de la dynamique du SMDD pour susciter un soutien public et
politique en faveur du d�veloppement durable.
Le ZIMBABWE pr�senta un rapport sur
ses actions visant � �laborer le PAN avec une large participation
des acteurs sociaux et sur le manque de fonds n�cessaires �
r�aliser avec succ�s cet objectif, et appela les participants �
profiter de la CdP-5 pour proc�der � des �changes d'id�es sur la
mise en place des PAN. Le d�l�gu� du NEPAL d�crivit les
initiatives nationales de son pays visant � r�duire la pauvret� et
la d�gradation des terres et appela � un traitement particulier pour
les pays les moins avanc�s dans la mise en application de la CCD. La
TANZANIE nota le besoin de r�soudre collectivement le probl�me du
terrorisme international, mit en relief l'int�gration de ses PAN dans
les programmes nationaux et sous-r�gionaux, et indiqua que le succ�s
du SMDD sera mesur� par la mani�re dont la question de pauvret�
aura �t� trait�. Le MALI �labora sur ses objectifs en mati�re de
lutte contre la pauvret� et contre la d�sertification et exhorta les
d�l�gu�s � r�soudre les questions en suspens, telles que celles
de la mise en place des groupes d'experts de la CST. Le d�l�gu�
appela � des m�canismes de financement et autres outils aptes �
acc�l�rer la mise en application de la CCD.
La JORDANIE parla de ses efforts
visant � att�nuer les effets de la d�sertification et la
d�gradation des sols, et encouragea l'octroi d'une assistance dans la
mise en �uvre des PAN. Le d�l�gu� mit en exergue: l'imp�ratif
d'une coop�ration r�gionale et sous-r�gionale, le r�le important
des ONG, et la valeur des efforts visant � la conscientisation du
public. La MONGOLIE �voqua ses mesures de r�ponse � la d�gradation
des sols et � la s�cheresse au niveau int�rieur, souligna la
n�cessit� d'une coop�ration Nod-Sud et Sud-Sud, et encouragea une
collaboration �troite entre le Secr�tariat de la CCD, le MM et le
FEM.
Le d�l�gu� de la REPUBLIQUE
TCHEQUE pr�senta un rapport sur la r�union consacr�e � la CCD
organis� r�cemment par son pays, et offrit l'expertise dont le pays
dispose dans les divers domaines ayant rapport avec la CCD. L'UNESCO
parla de ses activit�s pertinentes, dont le kit �ducatif destin�
aux enseignants des �l�ves �g�s entre 10 et 12 ans, et son
initiative intitul�e " l'Homme dans la Biosph�re ". Le
repr�sentant mit en relief le souhait de l'UNESCO d'intensifier la
collaboration autour des questions environnementales, notant la
n�cessit� d'�viter la duplication.
DANS LES COULOIRS
Le segment de haut niveau a
d�marr� en force, avec les d�clarations de deux chefs d'�tats et
de trois premiers ministres. Particuli�rement int�ressants, les
discours passionn�s du Pr�sident du Venezuela, Hugo Chavez, ayant
suscit� des commentaires dans les rangs des d�l�gu�s, au sujet de
son aptitude � �tablir un lien entre la d�sertification, la
pauvret� et les r�centes attaques terroristes et repr�sailles
militaires. Beaucoup parmi les pr�sents se sont f�licit�s du profil
relativement �lev� conf�r� � la session par la participation de
hauts dirigeants politiques, par comparaison aux ann�es
pr�c�dentes, certains allant m�me jusqu'� affirmer que cela vient
d�mentir les all�gations selon lesquelles la CCD ne b�n�ficierait
pas de l'attention internationale qu'elle m�rite. Plusieurs
d�l�gu�s semblent estimer que les deux journ�es consacr�es aux
d�clarations de haut niveau sont utiles pour la r�affirmation de
l'importance de la Convention, mais certains participants ont fait
part de leurs r�serves, affirmant que leur temps aurait pu �tre
mieux utilis� � travailler, dans des r�unions parall�les, � la
r�solution des questions de fond �pineuses inscrites � l'ordre du
jour, telles que celles du programme et budget et du CRIC. Selon des
participants des groupes de contact charg�s de ces th�mes, quelques
progr�s ont �t� r�alis�s sur la question du CRIC, m�me si
beaucoup reste � faire pour garantir une conclusion probante.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT DE HAUT NIVEAU:
Le Segment de Haut Niveau se r�unira � 10h dans la Salle de
Conf�rence XVIII pour une s�ance de dialogue interactif qui portera
sur le rapport entre pauvret� et environnement.
Le Segment de Haut Niveau se
r�unira de nouveau � 15h dans la Salle de Conf�rence XVIII pour
entendre les d�clarations de 13 ministres et huit ministres adjoints,
ainsi que de chefs d'agences multilat�rales et d'organisations
intergouvernementales et d'un repr�sentant d'ONG.
EN MARGE DE LA CONFERENCE:
Un panel de personnes �minentes se r�unira de 15h � 17h dans la
Salle de Conf�rence VIII sur le th�me "The poverty-environment
nexus in the context of a timely and efficient CCD
implementation." Les orateurs engloberont l'ancien Directeur
Ex�cutif du PNUE, Mostafa Tolba, l'ancien Premier Ministre Canadien,
Pierre-Marc Johnson, l'Envoy� Sp�cial du secr�taire G�n�ral de
l'ONU pour l'Afrique, Mahmoud Sahnoun, et l'ancienne Directrice du
FNUAP au S�n�gal, Mme. Marie-Angelique Savane.
|