Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 155
Lundi, 8 Octobre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA
CDD:
VENDREDI 5 OCTOBRE 2001
La Plénière s'est réunie, le
matin, pour tenir la première séance de dialogue de la CdP-5 avec
les ONG, puis l'après-midi, pour procéder à l'adoption du rapport
du Groupe d'Experts Spécial sur les questions juridiques et pour
entendre lecture des états d'avancement de la CST et de la GC. La CST
s'est réunie, dans le courant de la matinée, pour adopter les
décisions en suspens et conclure ses travaux. La GC s'est réunie
dans l'après-midi et a entamé l'examen de l'évaluation du
Mécanisme Mondial (MM) dans le cadre de la mise en application de la
CCD. Le groupe de contact sur le thème des questions juridiques a
parachevé son travail tandis et celui sur le thème programme et
budget a repris ses travaux dans une séance nocturne. Le groupe de
contact sur la question de la commission chargée de l'évaluation de
la mise en application n'a pas tenu de réunion, en raison des retards
enregistrés dans la soumission des propositions écrites par les
groupes régionaux et, avec le groupe de contact sur le thème
programme et budget, a poursuivi ses travaux durant le week-end.
LA PLENIERE
Le Président de la CdP-5, Basset,
ouvrit la séance de l'après-midi, en invitant le représentant de la
FAO à présenter sa brève intervention. Le représentant mit en
exergue les liens étroits entre la FAO et la CCD dans les domaines de
la lutte contre la désertification, l'insécurité alimentaire et la
pauvreté. Il nota la coopération de la FAO avec le MM dans le
lancement des PAN, et son soutien continu en faveur des synergies avec
d'autres conventions.
Les délégués passèrent ensuite
au document concernant l'accréditation des ONG (ICCD/
COP(5)/9/Add.1), lequel fut approuvé sans objection.
DIALOGUE OUVERT AVEC LES ONG:
Souhaitant la bienvenue aux participants, le Président de la CdP-5,
Basset, nota l'importance du dialogue entre les ONG et les délégués
gouvernementaux et invita les représentants des ONG à présenter
leurs exposés.
Emmanuel SECK (ENDA-Tiers Monde) mit
l'accent sur: le rôle des ONG dans la mise en place des PAN; les
potentialités des ONG à améliorer la prise de conscience concernant
la CDD au sein du processus du SMDD; la nécessité d'une synergie
entre les différentes conventions environnementales; et l'impératif
d'inclure les femmes dans les processus décisionnels. Christian
COMELIAU (University Institute of Development Studies de Geneve)
élabora sur le cadre conceptuel du système mondial dans lequel la
CCD et le développement durable sont mis en œuvre. L'orateur appela
à une évaluation de la manière dont le marché intègre les besoins
élémentaires, et à un accent sur les besoins d'ordre social.
Deiter IMHOF (Swissaid) mit en
exergue: les liens entre la monoculture et la désertification; les
effets négatifs de la production capitaliste sur l'environnement et
sur la biodiversité dans les pays en développement; et le besoin
d'une réforme agraire. Ruth MUBIRU (Uganda Women Tree Planting
Movement) élabora sur le rôle des femmes, la pauvreté et sur la
désertification dans le contexte africain, et proposa la mise en
place de stratégies anti-désertification intégrant l'éducation, la
sensibilisation, la conscientisation du public, le renforcement des
capacités, l'accès des femmes à la terre et à l'éducation des
filles.
Présentant un exposé sur la
synergie entre les conventions, Venkat RAMNAYYA (Youth for Action) et
Yves CORRIVEAU (Solidarité Canada-Sahel) soulignèrent le besoin de
synergies aux niveaux international, régional et local. Ils
indiquèrent que la CCD doit traiter des préoccupations émanant de
divers processus multilatéraux extérieur à Rio, tels que celui de
l'OMC, et de la mise en place de repères et d'indicateurs permettant
de suivre l'implication des ONG dans les PAN.
Rogatien Biao, du BENIN, souligna le
rôle des ONG et de la société civile dans la mise en application de
la CCD. L'orateur proposa l'instauration de partenariats entre les ONG
du nord et du sud et entre les ONG et les gouvernements dans les
préparatifs du SMDD, et appela les ONG à lancer une campagne de
conscientisation du public visant à mettre en relief les liens entre
la pauvreté, les catastrophes environnementales et la mondialisation.
Maryam Niamir-Fuller (FEM) souligna le rôle du FEM en sa qualité
d'unique fournisseur des plus importants d'un soutien en faveur des
préoccupations environnementales mondiales, évoquant toutefois les
contraintes entravant la mise en œuvre des activités d'habilitation,
y compris, le manque de capacité au niveau des pays, des calendriers
peu réalistes pour la mise en application des projets, et l'absence
de mécanismes de participation.
Le SENEGAL mit l'accent sur la
Nouvelle Initiative Africaine comme étant un bon moyen de pousser
vers l'avant le développement durable en Afrique. Le NIGER déclara
que dans certains pays, les législations doivent évoluer vers
davantage de sensibilité à la perspective féminine, et, avec le
MAROC, appela à un soutien international en faveur des ONG. La SUEDE
souligna que les régimes fonciers et la promotion des femmes sont
important pour la mise en application de la CCD. L'INDE souligna que
la participation des ONG, en particulier celles des femmes, doit être
intégrée dans les processus décisionnels. Le délégué de
l'ORGANISATION DE L'UNITE AFRICAINE mit l'accent sur le rôle de la
société civile dans les processus décisionnels et le KENYA mit en
relief les avantages que viendrait offrir l'implication des Comités
de Coordinations des ONG Nationales dans les PAN. La NORVEGE apporta
son appui au rôle des ONG dans la travail visant à faire de la
question de la dégradation des sols, un thème clé du SMDD.
LE GROUPE D'EXPERTS SPECIAL SUR LES
QUESTIONS JURIDIQUES (GES): Le Président du
GES, Patrick Szell (Royaume-Unis) présenta le projet de décision du
groupe concernant la résolution des questions ayant trait à la mise
en application et les thèmes d'arbitrage et des procédures de
conciliation, lequel fut adopté ad referendum. La décision:
décide de confier à la CdP-6 le soin de poursuivre l'examen et de
faire des recommandations sur les procédures et les mécanismes
institutionnels devant régir la résolution des questions de mise en
application et sur l'arbitrage et les procédures de conciliation, sur
la base d'un nouveau document de travail; requiert du Secrétariat
l'élaboration d'un nouveau document pour utilisation dans son
travail; et invite les Parties à soumettre leurs points de vue avant
le 31 janvier 2003.
RAPPORT DE LA GC:
Présentant l'état d'avancement des travaux, le Président de la GC,
Mohammed Jabbari (Iran), signala que le groupe de contact sur le
Programme et Budget n'a pas enregistré de progrès significatifs et
qu'il se réunira de nouveau pour la clarification des questions en
suspens. Au sujet de la progression des travaux de la commission
chargée de la mise en application de la CCD, le Président Franklin
Moore (Etat-Unis), nota que les points de vue des délégués étaient
en cours de compilation dans un texte crocheté/alternatif.
RAPPORT DE LA CST:
Le Président Philbert Brown (Jamaïque) indiqua que la CST avait
établi des groupes de contact sur l'amélioration de l'efficience et
de l'efficacité de la CST et des thèmes de la CST-6. La CST adopta,
pour transmission à la CdP, des projets de décisions
(ICCD/COP(5)/L.1-10), sur: l'étude d'évaluation des réseaux
disponibles; le fichier d'experts; l'évaluation et la mise en œuvre
des aspects scientifiques et technologiques des rapports nationaux; le
savoir traditionnel; les systèmes d'alerte précoce; l'évaluation de
la dégradation des zones arides (LADA) et l'Evaluation Ecosystémique
du Millénaire; l'amélioration de l'efficience et de l'efficacité de
la CST; le futur programme de travail de la CST; le programme de
travail du groupe d'experts; et, les repères et les indicateurs.
LA GRANDE COMMISSION
LE RAPPORT CONCERNANT LE MECANISME
MONDIAL: Le Président Directeur Général
du MM, Per Rydén, présenta le rapport (ICCD/COP(5)/ 3 and 4) et
souligna que le MM nécessitait plus de financement et de ressources
humaines pour l'accomplissement de ses activités en expansion qui
englobe: la collecte et la dissémination d'informations; la promotion
d'actions de coopération et de coordination; et la mobilisation et la
canalisation des ressources financières. L'orateur ajouta que le MM
est en train de travailler pour la création de nouvelles
opportunités avec les Parties donatrices, les gouvernements et
d'autres. Accueillant favorablement les suggestions des délégués
appelant à ce que la dégradation des sols devienne un pôle de
focalisation du FEM, il précisa que le MM aide les pays à accéder
aux fonds du FEM. Il suggéra également la conduite d'une évaluation
externe indépendante de la stratégie opérationnelle et du travail
du MM pour revue par la CdP-6.
L'UE souligna l'importance de
l'amélioration de la capacité de réaction du MM, en particulier par
rapport à la coordination avec le FEM, et de l'évitement de la
duplication des activités du FIDA et la FAO. Le G-77/CHINE requit du
MM, la mobilisation de ressources additionnelles et apporta son appui
à une augmentation graduelle des effectifs. Notant que le MM est un
jeune organe qui a besoin de "soins," la CHINE, ICARDA/CGIAR
et le GRULAC, firent état de leur collaboration fructueuse avec le
MM.
LA COMMISSION SUR LES SCIENCES ET
LES TECHNOLOGIES
ELABORATION DU RAPPORT DE LA
CONFERENCE DES PARTIES: La CST se réunit le
matin pour conclure l'adoption des projets de décisions pour la CdP.
Le débat porta sur le programme de travail de la CST, le programme de
travail du groupe d'experts, et les repères et les indicateurs
(ICCD/COP(5)/ L.8-10).
Au sujet du programme de travail de
la CST, l'UE proposa un libellé clarifiant le contenu des soumissions
des Parties concernant les bonnes pratiques, et un libellé limitant
le nombre de réunions intersessions du Bureau de la CST consacrées
à la planification et à l'organisation des travaux. Le CANADA
proposa l'invitation des rapports concernant la recherche innovante.
Au sujet du programme de travail du
groupe d'experts, les délégués débattirent du rôle des groupes
régionaux dans la transmission des recommandations des Parties à la
considération par le Bureau de la CST. Le SENEGAL proposa que les
groupes régionaux ou sous-régionaux synthétisent les
recommandations des Parties pour soumission au Secrétariat. Le
délégué des ETATS-UNIS, appuyé par la SUISSE et d'autres, proposa
que les Parties soumettent leurs propositions directement au
Secrétariat pour accélérer le processus et obtenir un éventail de
propositions le plus large possible. Intégrant les préoccupations de
l'ERYTHREE concernant le risque de voir certaines Parties, seulement,
b�n�ficier du soutien des groupes r�gionaux, et celles de la
BELGIQUE anticipant les difficult�s susceptibles d'entraver la
r�alisation d'un accord autour d'une synth�se r�gionale, la CST
adopta une proposition stipulant que les soumissions doivent �tre
sollicit�es � la fois des Parties et des organisations pertinentes.
Le d�bat aborda �galement la
mani�re dont le groupe d'experts pourrait entamer ses travaux avant
la prochaine session de la CST, compte tenu du fait que cette session
n'a adopt� ni son programme de travail ni ses termes de r�f�rence
en raison des contraintes de temps. Les ETATS-UNIS, avec d'autres,
not�rent, avec regret, que la CST n'a pas eu le temps d'aller
jusqu'au d�bat autour de ce sujet et propos�rent de donner au Bureau
de la CST la pr�rogative d'�laborer de mani�re ind�pendante du
programme de travail du groupe d'experts en une seule reprise. Faisant
�tat des pr�c�dents historiques, les ETAT-UNIS, avec la NORVEGE et
la FRANCE, propos�rent que le groupe d'experts op�rent
momentan�ment sans termes de r�f�rence.
Au sujet des rep�res et des
indicateurs, le BURKINA FASO, appuy� par le SENEGAL et d'autres,
propos�rent l'insertion d'un paragraphe op�rationnel encourageant la
coop�ration Sud-Sud dans les domaines de l'�change d'informations et
du renforcement des capacit�s. L'ARGENTINE proposa que le GRULAC soit
mentionn� comme l'une des entit�s encourag�es � continuer de
travailler sur les rep�res et indicateurs. Le RIOD, appuy� par
l'Allemagne, proposa que soit requise l'�laboration d'indicateurs
permettant le suivi de l'implication de la soci�t� civile dans la
mise en application de la CCD.
Les d�l�gu�s furent ensuite
inform�s des probl�mes pos�s au projet de d�cision concernant
l'efficience et l'efficacit� de la CST, qui avait �t� adopt�
jeudi. Le Pr�sident Brown nota que certaines Parties ont estim� que
les th�mes n'ont pas tous �t� couverts de mani�re appropri�e. Un
nouveau paragraphe pr�ambulaire portant sur les liens et les
synergies entre la CST et d'autres organes de la CCD, ainsi qu'avec
d'autres conventions, fut ajout�. Le d�l�gu� des ETATS-UNIS
souleva des r�serves techniques concernant l'annexe de la d�cision
�tablissant le groupe d'experts relevant de la CST. Notant que la
d�cision a d�ja �t� adopt�, le Pr�sident Brown proposa la tenue
de consultations entre les Etats-Unis et le Bureau de la CST, dans
l'objectif de r�viser la d�cision lors de la Pl�ni�re de la CdP.
Le Pr�sident Brown remercia les
d�l�gu�s et le Secr�tariat, et cl�tura les travaux de la CST �
13h15.
DANS LES COULOIRS
La CST a conclu officiellement ses
travaux, vendredi, sans avoir enti�rement r�solu la principale
question de l'am�lioration de l'efficience et de l'efficacit� de la
CST. Des interventions de derni�re minute par le d�l�gu� des
Etats-Unis ont clarifi� que le projet de d�cision concernant le
"groupe d'experts" qui sera �tabli dans le cadre de le CST,
doit �tre r�ouvert en Pl�ni�re. Les possibilit�s de r�soudre les
questions en suspens ont �t� bloqu�es par des difficult�s au
niveau des proc�dures, au moment o� la d�cision en question �tait
pouss�e de mani�re agressive � travers le processus d'approbation,
jeudi. Les consultations avec le Bureau de la CST se sont poursuivies
apr�s la cl�ture de la session de la CST. Certains observateurs ont
not� qu'en ne r�ussissant pas � r�soudre la question de
l'efficience et de l'efficacit�, la CST a, une fois de plus,
d�montr� la n�cessit� d'une r�forme dans ce domaine pr�cis.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La r�union sp�ciale de haut niveau regroupant Chefs d'Etat,
Ministres et Chefs d'organisations intergouvernementales se d�roulera
dans la Salle de Conf�rence XVIII � 9h30 et � 15h. Parmi les
participants de haut rang devant pr�senter une d�claration sur
l'�tat d'avancement de la mise en application de la convention, les
Pr�sidents du Venezuela et du Cap Vert, et les Premiers Ministres du
Mozambique, du Niger et du B�nin.
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