Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 153
Jeudi, 4 Octobre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA
CCD:
MERCREDI 3 OCTOBRE 2001
La Grande Commission (GC) s'est
réunie, le matin, pour procéder à l'examen de l'évaluation de la
mise en application de la Convention. L'après-midi deux groupes de
contact de la GC à composition non limitée se sont réunis pour
considérer les questions juridiques et l'évaluation de la mise en
application de la CCD tandis que le groupe de contact sur le programme
et budget s'est réuni dans la soirée. La Commission des Sciences et
Technologies (CST) s'est réunie le matin et l'après-midi pour
procéder à l'examen du savoir traditionnel, des propositions
concernant la manière de réviser le guide pratique de l'élaboration
des rapports nationaux, des systèmes d'alerte précoce, des
stratégies de communication des données, de l'évaluation de la
dégradation des sols et de l'Evaluation Ecosystémique du
Millénaire, et des repères et indicateurs. Le groupe de contact sur
la manière d'améliorer l'efficience et l'efficacité de la CST s'est
réuni en séance nocturne.
LA GRANDE COMMISSION
EVALUATION DE LA MISE EN APPLICATION
DE LA CONVENTION: Le Secrétariat
introduisit le thème des mécanismes institutionnels supplémentaires
pour l'évaluation régulière de la mise en application de la
Convention (ICCD/COP(5)/3/Add.1).
Le BENIN, au nom du G-77/CHINE, avec
la MAURITANIE, l'IRAN, l'OUZBEKISTAN et d'autres pays, souligna la
nécessité d'établir une commission chargé de l'évaluation de la
mise en application de la Convention (CRIC) en tant qu'organe
subsidiaire intergouvernemental de la CCD. La BELGIQUE, au nom de
l'UE, déclara que l'évaluation de la mise en application doit être
accomplie par les Parties à travers les rapports nationaux et doit
être régulière, structurée, souple et efficace du point de vue
coût.
L'INDE mit en exergue la nécessité
de suivre une approche thématique et d'utiliser les UCR en guise de
correspondants nationaux pour la mise en application. L'ARGENTINE
souligna le besoin de disposer d'instruments et d'outils garantissant
la réussite de la mise en œuvre de la CCD. Le SENEGAL appela à un
organe subsidiaire, auquel les Parties pourraient avoir recours entre
les CdPs, et déclara que l'organe doit avoir la prérogative de
déterminer l'approche à suivre dans l'élaboration des rapports.
CUBA souligna la nécessité de considérer: la fréquence des
réunion; les réalisations accomplies et les lacunes sur la base des
résultats du GTS; le rôle des UCR; et le processus décisionnel. Le
KENYA proposa: un mécanisme à composition non limitée permettant de
s'assurer des échanges d'expériences; un processus d'évaluation
systématique transparent, efficace et rapide; la considération du
suivi des recommandations émanant des processus d'évaluation; et
avec la SYRIE, proposa la considération de la composition du comité.
La SUISSE, avec la NORVEGE, déclara que la discussion doit commencer
par l'examen de la fonction du comité, en particulier, pour ce qui
est de sa relation avec les autres organes de la CCD, et de son
caractère, en planchant sur les avantages d'un mécanisme ad hoc
type.
Notant une possible divergence entre
les suggestions composites du texte portant sur "la mise en
application de la Convention" et les propositions des
délégués, le représentant des ETATS-UNIS déclara que les
délégués se devaient de considérer la signification de ce concept.
L'orateur encouragea également l'examen du point de savoir si le
comité pouvait remplacer la GC durant les sessions de la CdP.
L'AUSTRALIE nota que l'évaluation de la mise en application doit
venir apporter une valeur ajoutée et améliorer l'enseignement tiré
des bonnes pratiques, et que les discussions doivent considérer le
point de savoir laquelle de l'approche thématique ou de l'approche
nationale est préférable en matière d'élaboration des rapports.
Le Président Jabbari (Iran) indiqua
que Franklin Moore (Etat-Unis) avait été désigné Président du
groupe de contact sur ce thème.
RAPPORT DU GROUPE DE TRAVAIL
SPECIAL: Le Secrétariat introduisit le
rapport du Groupe de Travail Spécial (ICCD/COP(4)/AHWG/6) et mit en
exergue sur les conclusions et les recommandations des nombreux
rapports nationaux.
L'ARGENTINE nota l'importance de la
large participation et des progrès réalisés dans le traitement de
l'allégement de la pauvreté dans le contexte de la lutte contre la
désertification. Le BENIN proposa la traduction des recommandations
et les conclusions du rapport en autant de décisions de la CdP. La
SYRIE déclara que les recommandations du rapport pouvaient servir de
programmes d'action pour la mise en œuvre de la Convention. Le MALAWI
souligna la nécessité d'améliorer la conscientisation quant au
processus de la CCD dans les ambassades des pays donateurs. La NORVEGE
mit en relief le renforcement des capacité de bas en haut, comme
étant la clé de la réussite de la mise en application.
LA COMMISSION SUR LES SCIENCES ET
TECHNOLOGIES
LE SAVOIR TRADITIONNEL (ST):
Le Président de la CST, Philbert Brown (Jamaïque) introduisit la
proposition de l'Italie appelant à la réalisation d'un projet pilote
d'un réseau d'institutions, d'organes et d'experts sur le thème du
savoir traditionnel (ICCD/ COP(5)/CST/2). L'ITALIE présenta la
proposition qui se focalise sur la région méditerranéenne et
s'appui sur le travail accompli par le groupe ad hoc. Elle
englobe des composantes cognitives et opérationnelles et implique, entre
autres, la mise en place de structures permettant d'accroître
l'information sur le ST et son application, la recherche de voies et
moyens pratiques permettant de tirer avantage du ST tout en assurant
sa protection juridique, et l'établissement d'une banque de données
interactive, basée sur l'internet. Le projet de deux ans qui
s'élève à US$ 1 million dont une partie sera financée par
l'Italie, englobe des ateliers et un programme de formation et vise à
améliorer le dialogue.
Plusieurs délégués firent part de
leur intérêt à être associés aux projets proposés. Ils
soulignèrent l'opportunité de combiner le ST avec les connaissances
et les techniques contemporaines. Le CANADA appuya l'idée d'inclure
les détenteurs dans le savoir oral. La NORVEGE, le BRESIL et le
SECRETARIAT DU COMMONWEALTH mirent l'accent sur les principes d'accès
et de partage des avantages, et des droits des détenteurs du ST,
proposant de les inclure tout de suite.
REVUE DU GUIDE PRATIQUE DE
L'ELABORATION DES RAPPORTS NATIONAUX: Le
Secrétariat présenta ses propositions de révision du guide pratique
(ICCD/ COP(5)/CST/5). Les délégués exprimèrent des points de vue
divergents concernant la spécificité des lignes directrices et des
préoccupations furent soulevées quant à l'inapplicabilité
potentielle de certains articles. Le Secrétariat clarifia que le
guide pratique est un document général qui a besoin d'être
interpréter par les Parties. L'OBSERVATOIRE DU SAHARA ET DU SAHEL
(OSS), l'AFRIQUE DU SUD, le COMITE INTER-ETATS PERMANENTCHARGE DU
CONTROLE DE LA SECHERESSE DANS LE SAHEL (CILSS) et la FRANCE requirent
l'adjonction de références plus précises. L'ALGERIE souhaita une
meilleure coordination au sein du document. Le JAPON, le MAROC et
d'autres exprimèrent des préoccupations quant au risque de voir la
prise en considération ne pas pouvoir avoir lieu avant le débat sur
le thème des repères et indicateurs. Le Président Brown demanda aux
délégués de soumettre le reste des commentaires par écrit pour
inclusion dans le débat ultérieur.
LES SYSTEMES D'ALERTE PRECOCE: Le
Secrétariat retraça l'historique, le mandat et les principales
préoccupations liées aux Systèmes d'Alerte Précoce (SAP), et le
Président de du groupe ad hoc sur les SAP, Kazuhiko Takeuchi
(Japon) présenta les conclusions du panel (ICCD/ COP(5)/CST/4) à sa
réunion de juin 2001.
Le MAROC, avec la NORVEGE, souligna
les liens entre les SAP, les repères et indicateurs, et l'échange
d'information. L'orateur proposa la formation d'un groupe de travail ad
hoc pour la coordination de ces sujets. Le CANADA nota les liens
avec le ST. Le délégué des ETATS-UNIS mit en exergue les
recommandations du panel appelant à la création de systèmes de
suivi de la désertification et la capitalisation sur les outils de
télédétection, et encouragea l'utilisation de volontaires locaux
pour la collecte des données.
Le délégué de SAINT VINCENT ET
DES GRENADES mit en relief les Caraïbes en tant que nouveau venu dans
le domaine de la lutte contre la désertification, et fit part de son
intérêt à participer dans le programme pilote pour l'élaboration
des repères. La REPUBLIQUE DOMINICAINE souligna l'impératif d'une
coopération Sud-Sud. Le CILSS exprima l'intérêt qu'il porte à
l'expansion de ses systèmes de sécurité alimentaire dans le cadre
de la lutte contre la désertification.
LES STRATEGIES DE COMMUNICATION DES
DONNEES: Le Secrétariat présenta les deux
soumissions "différentes mais complémentaires"
(ICCD/COP(5)/CST/6). La soumission de l'OSS attire l'attention sur la
faiblesse des mécanismes de communication, y compris le format de
l'information et l'absence d'infrastructure dans les pays en
développement. La soumission du CANADA met l'accent sur la
nécessité: d'adapter la communication à l'audience, de synchroniser
les stratégies des gouvernements et des ONG, et d'élargir la
participation locale.
Le CANADA nota le manque de rapports
soumis à la CST, reliant cet état des faits au débat sur
l'efficience et l'efficacité. L'ITALIE décrivit des initiatives
pertinentes, dont un mécanisme italien d'échange d'informations pour
la couverture médiatique de la désertification. Le NIGERIA appela à
la mise en place d'un mécanisme permettant aux membres d'échanger
des programmes modèles. L'ALLEMAGNE décrivit ses efforts de partager
l'information sur les programmes d'action et nota la nécessité d'un
échange à double sens.
EVALUATION DE LA DEGRADATION DES
ZONES ARIDES ET L'ETUDE ECOSYSTEMIQUE DU MILLENAIRE:
Le Secrétariat introduisit le document concernant l'évaluation de la
dégradation des Sols dans les Zones Arides (LADA) et les initiatives
de l'Etude Ecosystémique du Millénaire (MA) (ICCD/COP(5)/INF.7).
Anna Tengberg (PNUE) fit un exposé
sur l'état d'avancement de LADA – qui vise à fournir une
information standard et des outils méthodologiques de base pour
l'évaluation de la dégradation des sols à différentes échelles
géographiques, y compris l'étude des points chauds et des points
brillants au niveau national – notant qu'elle celle-ci en est
aujourd'hui à sa deuxième phase de planification et se trouve dans
le pipeline du processus d'approbation du FEM. L'oratrice indiqua
également que les méthodologies sont encore au stade d'élaboration,
et qu'une approche consultative sera adopt�e.
Walt Reid (MA) pr�senta le MA qui
est une �tude scientifique conjointe servant les besoins des
conventions de la lutte contre la d�sertification, de la
biodiversit� et des zones humides. L'orateur accueillit favorablement
les contributions apport�es par la CCD et encouragea la conduite de
nouvelles �valuations sub-globales. En r�ponse � des questions
pos�es par le parterre, Reid mit en exergue les similarit�s entre le
Panel Intergouvernemental sur le Changement Climatique et le MA,
compte tenu notamment que les deux sont pertinents au plan politique
sans imposer de prescription, et ancr�s dans les pays signataires.
Plusieurs orateurs soulign�rent la n�cessit� d'�laborer des liens
de proc�dure entre le MA et la CST/ COP.
LES REPERES ET INDICATEURS:
Ce th�me (ICCD/ COP(5)/CST/7) fut inaugurer par un aper�u donn� par
le Secr�tariat sur les efforts fournis � ce jour. Le CILSS pr�senta
son rapport concernant les initiatives visant � d�velopper des
rep�res et des indicateurs, traitant, entre autres: des
efforts fournis en mati�re de d�finition et de suivi et
d'�valuation de la mise en application, des enseignements disponibles
tir�s de la mise en application des PAN, et des conclusions du
travail d'�laboration des indicateurs.
LES GROUPES DE CONTACT
Le groupe de contact sur les
questions juridiques se r�unit puis s'ajourna apr�s un �change
pr�liminaire de points de vue sur les points de convergence et de
divergence possibles concernant les Articles 27 (mesures visant �
r�soudre les questions touchant � la mise en application) et 28
(r�glement des diff�rents) et d�cida de se r�unir apr�s que les
groupes r�gionaux aient eu le temps de tenir leurs consultations. Les
Groupes furent encourag�s � consid�rer la possibilit� de d�battre
de chaque Article de mani�re s�par�e.
Le groupe de contact sur
l'�valuation de la mise en application entama ses d�lib�rations
autour du projet des termes de r�f�rence de la commission sur
l'�valuation de la mise en application de la Convention (CRIC).
L'examen tourna vers un d�bat sur le point de savoir si le CRIC doit
oui ou non devenir un organe subsidiaire de la Convention, mais on ne
parvint � aucun accord. Le groupe reprendra ses discussions jeudi.
Dans le groupe de contact sur le
programme et budget, les d�l�gu�s ont pos� des questions et
cherch�rent � obtenir des �claircissements sur nombre de points
pr�cis. Le Secr�tariat y r�pondra au cours de la prochaine r�union
du groupe de contact.
DANS LES COULOIRS
Au d�marrage de la troisi�me
journ�e de la r�union, l'impression �tait que l'objectif ambitieux
de terminer la majeure partie des questions de fond de la CdP avant la
fin de la premi�re semaine, �tait plut�t bien engag�, avec les
discussions de la GC et de la CST suivant leur bon train. Ce plan
semble maintenant �tre en difficult�, compte tenu du peu de progr�s
enregistr� dans les groupes de contact sur l'�valuation de la mise
en application et sur les questions juridiques. Une partie du
probl�me que le groupe juridique doit traiter porte sur les diverses
attentes des groupes r�gionaux quant � savoir quels pr�c�dents
appartenant aux conventions post-Rio, devraient d�terminer
l'orientation de la CCD. Quelques participants ont �galement insinu�
que le d�bat autour des questions juridiques a des liens avec la
question du CRIC et que cela affecte la progression sur ce sujet.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GC: La GC
se r�unit � 10h puis � 15h dans la Salle de Conf�rence XVIII pour
examiner l'information concernant le financement de la mise en
application de la CCD par les agences et les institutions
multilat�rales, l'�valuation des progr�s r�alis�s et des
r�sultats obtenus par les pays en d�veloppement Parties dans la mise
en �uvre de la CCD, et le rapport du M�canisme Mondial sur les
contraintes rencontr�es par les pays touch�s Parties dans
l'ex�cution des programmes d'action.
CST: La
CST se r�unira � 10h puis � 15h dans la Salle de Conf�rence XII
pour parachever ses travaux. Les d�l�gu�s d�battront des rep�res
et indicateurs, de l'�tablissement de panel(s) ad hoc et du
programme de travail de la CST. Ils �laboreront �galement un projet
de rapport et adopteront des recommandations pour la CdP.
GROUPES DE CONTACT: Les
groupes sur les questions juridiques, l'�valuation de la mise en
application et le programme et budget se r�uniront probablement de
nouveau jeudi.
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