Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 151
Mardi, 2 Octobre 2001
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-5 DE LA
CCD:
LUNDI 1er OCTOBRE 2001
La Cinquième Conférence des
Parties de la Convention sur la Lutte contre la Désertification
(CdP-5) a débuté ses travaux lundi au Palais des Nations à Genève,
en Suisse. Après une brève cérémonie d'ouverture comportant des
déclarations données par le Secrétaire Exécutif de la CCD, Hama
Arba Diallo, le Président de la CdP-4 de la CCD, Zambiin Batjargal,
et le Chef du Département Fédéral Suisse des Affaire Etrangères,
Joseph Deiss, la Plénière a été suspendue. Elle devait reprendre
ses travaux après une petite pause, pour procéder à l'examen et à
l'adoption de l'ordre du jour et à l'élection des membres du Bureau.
LA CEREMONIE D'OUVERTURE
Dans son allocution d'ouverture, le
Secrétaire Exécutif de la CCD, Hama Arba Diallo, exprima ses marques
de sympathie à l'endroit du gouvernement et du peuple américain au
sujet des attaques terroristes du 11 septembre sur New York,
Washington, D.C. et la Pennsylvanie. Il exprima également ses marques
de sympathie à l'endroit du gouvernement suisse pour les personnes
tuées dans la ville de Zoug le 27 septembre. Une minute de silence
fut observée pour les victimes de ces récents événements
tragiques. L'orateur devait ensuite souhaiter la bienvenue aux
délégués prenant part aux travaux de la CdP-5. Le Secrétaire
Exécutif Diallo indiqua que la Convention comptait désormais 176
ratifications et que 128 rapports concernant sa mise en œuvre ont déjà
été examinés. Il ajouta que la Convention était un outil important
pour la promotion du développement durable mais que les questions
écologiques, économiques et sociales devaient y être prises
davantage en considération. Le Secrétaire Executif Diallo souligna
par ailleurs l'importance du renforcement de la mise en application de
la Convention et la nécessité d'une meilleure synergie avec d'autres
conventions, en particulier celles inscrites dans la perspective du
Sommet Mondial sur le Développement Durable (SMDD) prévu à
Johannesburg en septembre 2002.
Le Président de la CdP-4, Zambiin
Batjargal, au nom des membres du Bureau de la CdP, exprima également
ses condoléances et sa sympathie aux représentants des Etats-Unis
pour les événements tragiques du 11 septembre, et aux autorités
suisses pour à l'événement tragique survenu à Zoug le 27
septembre. Dans sa déclaration d'ouverture, l'orateur devait indiquer
que la Convention était devenue l'un des principaux instruments
internationaux traitant non seulement de la dégradation des sols,
mais de la question du développement durable dans son ensemble. Il
précisa que les zones touchées par les effets de la sécheresse et
de la désertification servaient d'indicateurs de pauvreté et
qu'elles constituaient les principaux liens entre les problèmes
environnementaux qui englobent le changement climatique, la
biodiversité et d'autres accords environnementaux multilatéraux. Le
Président de la CdP-4, Batjargal, affirma qu'il y avait un grand
besoin d'améliorer la coopération dans le domaine du soutien des
efforts fournis par les pays en développement touchés dans la mise
en application de la Convention et que les partenariats sont la clé
de la réussite dans ce domaine. L'orateur mit en exergue la
possibilité de voir la dégradation des sols devenir un nouveau pôle
de focalisation pour le FEM. Avant de conclure, Batjargal, souhaita
bonne chance au nouveau Président et l'encouragea à travailler de
manière encore plus étroite avec le Secrétariat. Il mit en relief
la nécessité pour les délégués de se préparer au SMDD,
soulignant que la CCD est la seule convention touchant au
développement durable, issue directement du Sommet de la Terre de
Rio.
Joseph Deiss, Chef du Département
Fédéral Hélvétique des Affaires Etrangères, souhaita aux
délégués la bienvenue en Suisse et déclara qu'avec ses 175
ratifications, la CCD était désormais l'une des plus importantes
conventions multilatérales sur le développement durable et un
puissant instrument pour la réduction de la pauvreté. L'orateur
indiqua que des variations climatiques extrêmes ont accru le nombre
des cas d'inondations et de sécheresse à l'échelle mondiale et que
des mécanismes supplémentaires de prévention des catastrophes sont
requis. Notant que la pauvreté, la violation des droits de l'Homme,
la détérioration de l'environnement mondial et d'autres problèmes
du genre mettaient en péril la survie de l'humanité, Deiss proposa
en guise de solution, l'adoption du concept de "Global Deal"
qui avait émergé des réunions régionales Européennes tenues dans
le cadre des préparatifs du SMDD. Présentant ce concept, l'orateur
indiqua qu'il tenait compte des multiples problèmes auxquels le Nord
et le Sud se trouvent confrontés, exigeait de multiples solutions, et
encourageait l'engagement de tous les pays, chacun d'entre eux devant
apporter sa contribution à la résolution des défis posés à
l'échelle mondiale en fonction des moyens dont il dispose. Il mit en
exergue quelques-unes des approches et des stratégies requises dans
le cadre de la lutte contre la désertification, notamment celles
passant par la coopération bilatérale et multilatérale et par la
mise à disposition d'un financement cohérent. Deiss mit également
l'accent sur le rôle de la recherche dans le domaine de la réduction
de la pauvreté et nota que l'interdépendance des différentes
dimensions du développement durable est de plus en plus évidente et
que ce sujet méritait d'être pris en considération.
LA PLENIERE
Le Président de la CdP-4,
Batjargal, ouvrit la CdP-5 et annonça la nomination de Charles
Basset, Chef de la délégation canadienne, Président de la CdP-5.
Les délégués procédèrent à son élection par acclamation.
Le Président Basset remercia les
délégués et ses collègues du Groupe Europe de l'Ouest et Autres
Pays (WEOG) pour la confiance placée en sa personne et remercia le
Président sortant pour le travail accompli. Notant que le monde a
changé après le 11 septembre, ayant désormais à traiter de
nouveaux problèmes d'ordre sécuritaire, l'orateur souligna le fait
que la désertification continuait à affecter des dizaines de
millions d'êtres humains de par le monde. Il attira l'attention sur
la réunion de haut niveau prévue au cours de la deuxième semaine de
cette conférence et appela à des échanges politiques dynamiques. Le
Président Basset qualifia cette CdP de communauté représentant
nombre d'intérêts particuliers mais capable de dégager des
solutions répondant à l'intérêt de tous. Il indiqua qu'il n'y
avait pas de solutions toutes prêtes dans le domaine de la lutte
contre la désertification et qu'un dur labeur est nécessaire. Il
précisa que tout un chacun "des politiciens aux paysans,"
peut apporter une contribution concrète à la CCD, ce "cousin
pauvre des conventions." Evoquant une expérience personnelle
vécue au Zimbabwe dans le cadre d'un projet de reboisement, le
Président Basset déclara que la CdP-5 aura besoin "de creuser
dur pour planter de beaux arbres."
ADOPTION DE L'ORDRE DU JOUR:
Le Président Basset demanda ensuite aux délégués de procéder à
l'examen de l'ordre du jour (ICCD/COP(5)/1). L'IRAN, au nom du
G-77/CHINE, retraça le lien historique entre le processus de la lutte
contre la désertification et la Conférence des Nations Unies sur
l'Environnement et le Développement (CNUED) tenue à Rio en 1992. Il
suggéra que comme la prochaine CdP de la CCD est prévue en 2003, la
CdP de cette année doit englober dans son ordre du jour l'examen du
processus préparatoire du SMDD. La BELGIQUE, au nom de l'UE, attira
l'attention sur le point 7(g) de l'ordre du jour provisoire, portant
sur l'évaluation de la mise en application de la Convention et de ses
arrangements institutionnels. L'orateur précisa que l'examen des
conclusions ou des recommandations de la Commission sur les Sciences
et les Technologies (CST) avancées dans ce cadre avait été ôté de
l'ordre du jour, et suggéra de le réintroduire. Les délégués
adoptèrent ensuite l'ordre du jour ainsi amendé.
ELECTION DES AUTRES MEMBRES DU
BUREAU: Les groupes régionaux désignèrent
neuf Vice-présidents et le Président de la CST et la Plénière
procéda à leur élection par acclamation. Les Vice-présidents sont:
Etienne Kayengeyenge (Burundi) et Aboubaker Douale Wais (Djibouti)
pour l'Afrique; Zambiin Batjargal (Mongolie) et Mohammed Jabbari
(République Islamique d'Iran) pour l'Asie; Dagmar Kubinova
(République Tchèque) et Ashof Vardevanyan (Arménie) pour l'Europe
de l'Est; Guido Soto (Chili) et Carmen Farias (Venezuela) pour le
Groupe Amérique Latine et Caraïbes; et Markku Aho (Finlande) pour le
GEOA. Philbert Brown (Jamaïque) fut élu par acclamation Président
de la CST. Le Président de la CdP-5, Basset, indiqua que l'élection
du Rapporteur aura lieu ultérieurement.
LE CALENDRIER DES TRAVAUX:
Le délégué des Etats-Unis proposa que les questions d'ordre
juridique telles que celles des articles en suspens figurant dans les
documents ICCD/ COP(5)/ 7 et ICCD/COP(5)/8, programmées pour la
deuxième semaine, doivent être traitées dans le courant de la
première semaine, étant donné que bon nombre d'experts juridiques
quitte la conférence à la fin de la première semaine. La Plénière
décida que les réunions des experts juridiques auront lieu le
mercredi 3 octobre pour être sûr que les services de traduction
seront disponibles.
La Plénière établit également
une Grande Commission (GC), ouverte à la participation de toutes les
délégations, chargée de recommander les décisions concernant les
points en suspens à l'adoption de la CdP. Le Président Basset
désigna Mohammed Jabbari (Iran) au poste de Président de la GC.
DANS LES COULOIRS
Dés le démarrage de la première
séance de travail de la CdP-5, tard dans l'après-midi du lundi, une
certaine préoccupation était perceptible dans les rangs des
délégués concernant le nombre de points inscrits à l'ordre du jour
de cette année et qu'on voudrait voir parachever dans le courant de
la première semaine. La deuxième semaine sera par conséquent
consacrée uniquement au segment de haut niveau qui inclura un groupe
de discussion ministériel et des séances consacrées au dialogue
avec les ONG et aux préparatifs du SMDD. Certains délégués ont
fait part de leur scepticisme quant à la possibilité de terminer
l'examen de tous les points de l'ordre du jour plus tôt que prévu,
compte tenu, en particulier, du nombre de questions en suspens restant
à résoudre telles que celles du budget, de la Règle 47 du
règlement intérieur et de la mise en place de la commission chargée
de l'évaluation de la mise en application de la Convention (CRIC).
Des craintes ont été également exprimées quant au risque de voir
nombre de questions en suspens ne pas bénéficier d'un examen
suffisant, certains délégués clés devant quitter la conférence
pour assister à la huitième session du Comité de Négociation
Intergouvernemental (CNI) pour la Préparation de la Conférence des
Parties de la Convention de Rotterdam sur l'Application du
Consentement Préalable en Connaissance de Cause (PIC).
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE:
La Pl�ni�re se r�unira � 10h dans la Salle de Conf�rence XVIII
pour terminer l'examen des questions organisationnelles en suspens
concernant l'accr�ditation des observateurs et les lettres de
cr�ances des d�l�gations.
GC: La
Grande Commission se r�unira le matin et de nouveau l'apr�s-midi
dans la Salle de Conf�rence XVIII d�s l'ajournement de la
Pl�ni�re. Elle commencera par l'examen des questions ayant trait au
programme et budget.
CST: La
Commission charg�e des Sciences et des Technologies se r�unira dans
la Salle de Conf�rence XII � 10h puis l'apr�s-midi � 15h, pour
discuter du calendrier de ses travaux, de l'�tablissement du fichier
d'experts, de l'�tude d'�valuation des r�seaux, des voies et moyens
d'am�liorer l'efficience et l'efficacit�, et des rep�res et
indicateurs.
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