Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 150
Lundi, 1er Octobre 2001
CINQUIEME CONFERENCE DES PARTIES DE
LA CONVENTION SUR LA LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION (CdP-5):
1-12 OCTOBRE 2001
La Cinquième Conférence des
Parties (CdP-5) de la Convention sur la Lutte contre la
Désertification et l'Atténuation des Effets de la Sécheresse dans
les Pays Connaissant une grave Sécheresse et/ou Désertification, en
particulier en Afrique (CCD) s'ouvre aujourd'hui au Palais des Nations
à Genève, en Suisse. Parmi les questions devant être examinées par
la Conférence: les procédures ou les mécanismes institutionnels
additionnels nécessaires à l'évaluation régulière de la mise en
application de la Convention, les voies et moyens de l'amélioration
de l'efficience et de l'efficacité de la Commission sur les Sciences
et les Technologies (CST), l'évaluation du rapport concernant les
activités du Mécanisme Mondial, ainsi que l'examen et,
éventuellement, la conclusion des sujets en suspens tels que ceux
ayant trait aux mécanismes procéduriers et institutionnels
nécessaires à la résolution des questions de mise en application,
des annexes concernant les procédures d'arbitrage et de conciliation,
et la Règle 47 du règlement intérieur concernant le vote dans
l'absence d'un consensus.
Nombre d'autres événements sont
planifiés durant la Conférence. Deux séances d'une demi-journée
seront réservées, les 5 et 10 octobre, à un dialogue ouvert entre
les ONG et les gouvernements. Un segment spécial est programmé les 8
et 9 octobre, durant lequel les Parties sont susceptibles de procéder
à une évaluation de la mise en application de la CCD et de faire des
présentations à ce sujet. Deux événements auront également lieu
parallèlement à la CdP: Une réunion de la Commission sur les
Sciences et les Technologies (CST) aura lieu du 2 au 4 octobre, et la
quatrième Table Ronde Interparlementaire est prévue les 4 et 5
octobre.
BREF HISTORIQUE DE LA CCD
La Convention sur la Lutte Contre la
Désertification fut adoptée le 17 juin 1994 et ouverte à la
signature en octobre de la même année à Paris. Elle entrait en
vigueur le 26 décembre 1996. La Convention reconnaît: les aspects
physiques, biologiques et socio-économiques de la désertification; l’importance
de la réorientation du transfert technologique de manière à le
rendre plus adapté à la demande; et l’implication des populations
locales. L'élément central de la CCD est le développement de
programmes d’action nationaux, sous régionaux et régionaux par les
gouvernements nationaux, en coopération avec les pourvoyeurs de
fonds, les populations locales et les ONG. La Convention compte
actuellement 176 Parties signataires. La dernière Partie en date est
le Bellarus qui accéda à la Convention le 29 août 2001.
LA NEGOCIATION DE LA CONVENTION:
En 1992, l’Assemblée Générale de l’ONU, comme requis par la
Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le
Développement (CNUED), adopta la Résolution 47/188 qui appelait à l’établissement
d’un Comité de Négociation Intergouvernemental pour l'élaboration
d'une Convention Internationale sur la Lutte Contre la
Désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse
et/ou la désertification, particulièrement en Afrique (CNID). Entre
mai 1993 et juin 1994, le CNID se réunit à cinq reprises durant
lesquelles les délégués élaborèrent une Convention assortie de
quatre Annexes Régionales pour l’Afrique, l’Asie, l’Amérique
Latine et les Caraïbes, et la région Nord Méditerranée. Une
cinquième annexe pour l'Europe Centrale et de l'Est fut élaborée et
adoptée au cours de la CdP-4 en décembre 2000.
LA PERIODE INTERIMAIRE:
En attendant l’entrée en vigueur de la CCD, le CNID devait se
réunir à 6 reprises entre janvier 1995 et août 1997 pour entendre
les rapports d’avancement de l’action d’urgence menée en
Afrique et des mesures intérimaires entreprises dans les autres
régions, et pour engager les préparatifs de la CdP-1. Les
préparatifs inclurent la discussion de sujets tels que le programme
et budget du Secrétariat, les fonctions du Mécanisme Mondial et les
arrangements administratifs qui s’y rapportent, et l’établissement
du CST. En dépit des progrès considérables réalisés, en
particulier dans le domaine de la coopération scientifique et
technique, certaines questions importantes, comme celles concernant la
taille et la composition du Bureau de la CdP, les institutions hôtes
et certaines fonctions du Mécanisme Mondial, n’étaient toujours
pas résolues.
La CdP-1:
La Première Conférence des Parties (CdP-1) de la CCD se réunit à
Rome, en Italie, du 29 septembre au 10 octobre 1997. Le CST devait
tenir simultanément sa première session les 2 et 3 octobre. Les
ordres du jour de la CdP-1 et du CST-1 portèrent principalement sur
les questions d'organisation. Les délégués choisirent Bonn,
Allemagne, comme résidence du Secrétariat Permanent, et le Fonds
International pour le Développement Agricole (FIDA) comme
l'organisation devant administrer le Mécanisme Mondial. Sur
recommandation du CST, la CdP établit un groupe spécial pour la
supervision de la continuation du processus d'évaluation des repères
et indicateurs et décida de charger le CST-2 d'examiner les liens
entre les connaissances traditionnelles et la technologie moderne. Une
réunion Plénière fut consacrée au dialogue entre les ONG et les
délégués. Ces derniers devaient par la suite adopter une
proposition appelant à consacrer des réunions Plénières, au cours
des CdP à venir, au dialogue avec les ONG.
La CdP-2:
La Seconde Conférence des Parties (CdP-2) se réunit à Dakar, au
Sénégal, du 30 novembre au 11 décembre 1998. Le CST se réunit en
parallèle à la CdP du 1er au 4 décembre. Les délégués
y approuvèrent les dispositions relatives aux liens institutionnels
entre la Convention et le Secrétariat de l'ONU et à l'Accord
concernant le Siège, conclu avec le gouvernement allemand. Le
Secrétariat s'installa en Allemagne début 1999. La CdP approuva
également les ajustements apportés à son budget et adopta les
règles de procédures en suspens concernant les membres du Bureau,
mais garda entre crochets le libellé concernant le vote majoritaire
en l'absence de consensus. Les pays d'Europe Centrale et de l'Est
furent invités à soumettre à la CdP-3 un projet d'annexe de mise en
œuvre régionale. Le CST établit un groupe spécial pour le suivi de
ses débats sur les liens entre les connaissances traditionnelles et
modernes. Les délégués abordèrent les décisions concernant la
stratégie à moyen terme du Secrétariat, l'adoption du Mémorandum
d'Entente conclu entre la CdP et le FIDA concernant le Mécanisme
Mondial, et la proposition du G-77/Chine appelant à l'établissement
d'un Comité sur l'Evaluation de la Mise en Œuvre de la Convention
(CRIC).
La CdP-3:
Les Parties se réunirent pour la CdP-3 à Recife, Brésil, du 15 au
26 novembre 1999. Le CST se tint du 16 au 19 novembre 1999. La CdP
décida d’établir un groupe de travail ad hoc pour évaluer les
rapports sur les programmes d’action nationaux, sous-régionaux et
régionaux, en vue de tirer des conclusions et de proposer des
recommandations concrètes sur les futures étapes dans la mise en
œuvre de la Convention. Les délégués s’accordèrent également
pour continuer les consultations sur le projet de texte de l'annexe de
mise en œuvre régionale additionnelle, en vue d’adoption à la
CdP-4. Ils notèrent la nécessité d’une déclaration sur les
engagements d’amélioration de la mise en œuvre des obligations de
la Convention et décidèrent d’appeler à des propositions pour la
formulation d’une telle déclaration , pour considération et
adoption à la CdP-4. La CdP désigna un panel ad hoc sur le savoir
traditionnel et un autre sur les systèmes de prévention précoce.
Les délégués décidèrent d’examiner encore la stratégie
opérationnelle du Mécanisme Mondial à la CdP-4.
LA CdP-4:
Les Parties se réunirent du 11 au 22 décembre 2000, à Bonn, en
Allemagne. La CST se réunit en tandem avec la CdP du 12 au 15
décembre. Nombre de participants devaient quitter la Conférence
regrettant les occasions manquées et imputant la faute au temps perdu
à essayer de résoudre les obstacles d'ordre procédural qui ont
entravé la progression sur les questions de fond ayant trait à
l'évaluation de l'état d'avancement de la mise en application de la
CCD, mais la conférence n'en a pas moins accompli des réalisations
notables, telles que l'adoption de la cinquième annexe régionale
consacrée à l'Europe Centrale et de l'Est, le démarrage des travaux
du groupe de travail spécial chargé de l'évaluation de la mise en
application de la CCD, l'initiation de l'examen des modalités devant
encadrer l'établissement de la commission chargée de la revue de la
mise en application de la Convention (CRIC), la soumission des
propositions concernant l'amélioration du travail de la CST, et
l'adoption de la décision concernant l'initiative du Conseil du Fonds
Mondial pour l'Environnement (FEM) concernant l'exploration des
meilleures options offerte au FEM pour le soutien de la mise en œuvre
de la CCD. Les délégués y décidèrent également la tenue d'une
session de reprise pour la conclusion des travaux du GTS avant la
CdP-5.
LES REUNIONS INTERSSSIONS
LE GROUPE DE TRAVAIL SPECIAL SUR
L'EVALUATION DE LA MISE EN APPLICATION: Le
GTS tint une session de reprise de trois semaines, à Bonn, en
Allemagne, du 19 mars au 6 avril 2001, avec la participation de plus
de 170 pays. La session passa en revue 114 rapports nationaux et
sous-régionaux et aborda, entre autres thèmes, ceux des nouvelles
stratégies et des nouveaux cadres politiques, du processus
d'évaluation de la mise en application, du mécanisme de financement
de la CCD, et du renforcement de la coopération entre les régions.
Les pays en développement réitérèrent le besoin urgent d'ouvrir,
au sein du FEM, un guichet consacré à la mise en œuvre de la CCD,
en vue d'aplanir les obstacles entravant sa mise en application et
appelèrent également à la mise en place urgente d'un mécanisme
consultatif au niveau des pays chargés de la conclusion des accords
de partenariat. Les pays industrialisés Parties parlèrent de leurs
efforts dans le domaine du soutien du processus de mise en application
et présentèrent des propositions visant l'introduction de certaines
améliorations. Quelques pays donateurs firent référence à la
disponibilité de ressources financières, mais l'un d'eux indiqua
qu'il était disposé à examiner l'opportunité d'appuyer activement
l'idée d'accroître les ressources financières réservées à la
lutte contre la désertification, pour la prochaine reconstitution de
fonds du FEM.
LE GROUPE SPECIAL SUR LES SYSTEMES
D'ALERTE PRECOCE: Cette réunion se tint du
4 au 8 juin 2001, à Fuji Yoshida, au Japon. Elle fut consacrée aux
quatre points stipulés dans la décision 14/CdP-4: la performance des
systèmes d'alerte précoce, de suivi et d'évaluation; les méthodes
et les approches en matière de prévision de la sécheresse et du
suivi de la désertification; les mécanismes de facilitation des
�changes d'informations entre les institutions scientifiques et
technologiques; et les mesures d�taill�es devant �tre prises dans
le cadre de la pr�paration � la s�cheresse et � la
d�sertification, en coop�ration avec les approches en mati�re de
protection et de la gestion des risques, adopt�es dans le cadre de la
Strat�gie Internationale de R�duction des Catastrophes. Le groupe
fit un certain nombre de recommandations (ICCD/COP (5)/CST/4) sur
chacun des th�mes d�battus, et notamment: une collaboration avec les
groupes communautaires charg�s de la collecte des donn�es; l'analyse
d'une vari�t� de donn�es socio-�onomiques tenant compte du r�le
des femmes; l'am�lioration de l'assimilation et de l'acc�s des
d�cideurs et des usagers aux produits de t�l�d�tection;
l'int�gration du savoir traditionnel dans les activit�s de suivi et
d'�valuation; et la cr�ation des conditions favorables � la
participation des utilisateurs locaux des ressources dans la
planification, l'ex�cution et l'�valuation des programmes d'action
locaux.
LES REUNIONS INTERSESSIONS
REGIONALES: Deux r�unions interr�gionales
ont �t� tenues entre les r�gions Afrique et Asie, et Afrique et
Am�rique Latine et Cara�be. Un Atelier Tripartite
Venezuela/Mali/Cuba sur la Plate-forme de la Coop�ration entre
l'Afrique, l'Am�rique Latine et les Cara�bes s'est d�roul� du 21
au 25 mai 2001 � La Havane, � Cuba. Les recommandations des
participants inclurent l'engagement � mettre en place des programmes
d'�change pour les sp�cialistes et les conseillers techniques des
deux r�gions et � organiser chaque ann�e, � partir de 2002 et en
rotation, deux sessions de formation de 15 � 20 jours pour les
sp�cialistes et les techniciens sur le th�me de la salinit� des
sols. Le Secr�tariat de la CCD se doit de transmettre une demande de
financement du projet au FEM et les recommandations de l'atelier aux
agences et organes pertinents des Nations Unies et aux agences de
financi�res multilat�rales et bilat�rales.
Le Troisi�me Forum Asie-Afrique sur
la Lutte contre la D�sertification et l'Att�nuation des Effets de la
S�cheresse s'est d�roul� du 21 au 25 juin 2001, � Ulan Bator, en
Mongolie, en guise de continuation des efforts fournis dans le domaine
des �changes d'exp�riences et pour le d�marrage d'une coop�ration
bas�e sur les enseignements tir�s dans le cadre des Annexes
R�gionales de la CCD pour l'Afrique et l'Asie. L'objectif du Forum
consistait en l'�valuation du Cadre d'Action Asie-Afrique qui avait
�t� adopt� � P�kin en 1997. Le Forum devait noter les retards
enregistr�s dans la mise en �uvre des actions de suivi concoct�es
au cours du Deuxi�me Forum; en partie en raison des difficult�s
d'ordre m�thodologiques rencontr�es par les correspondants nationaux
dans leurs tentatives de mise en application des PAN.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
CONCERTATIONS REGIONALES: Les
r�unions informelles des groupes r�gionaux se tiendront tout au long
de la matin�e.
CEREMONIE D'OUVERTURE:
La Pl�ni�re d'Ouverture est pr�vue � 16h30 dans la Salle de
Conf�rence XVIII. Des d�clarations seront pr�sent�es par le
Secr�taire Ex�cutif de la CCD, Hama Arba Diallo, du Pr�sident de la
CdP-4, Zambiin Batjargal (Mongolie), et du Chef du D�partement
F�d�ral Suisse des Affaires Etrang�res, Joseph Deiss.
PLENIERE:
Une br�ve s�ance pl�ni�re est pr�vue tout de suite apr�s, pour
l'examen des questions d'organisation, y compris l'adoption de l'ordre
du jour, l'�lection des membres du Bureau, le calendrier des travaux
et l'accr�ditation des observateurs. Le Pr�sident �lu de la CdP-5
est susceptible d'y faire une d�claration.
|