Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 137
vendredi 26 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-3 DE LA CCD
JEUDI 25 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-3 se sont réunis
en Plénière, le matin, pour procéder à l'adoption des six projets
de décisions du CST. Ils ont également entendu les déclarations de
deux observateurs. Des consultations informelles se sont poursuivies
tout au long de la journée autour des projets de décisions en
suspens concernant le programme et budget, le Mécanisme Mondial (MM),
l'Initiative de Recife, l'intégration
des activités des ONG dans le programme de travail officiel de la CdP,
les procédures d'évaluation de la mise en application et la revue
des rapports nationaux. Les délégués devaient quitter la Conférence
du Centre de Pernambuco à 22h avec plusieurs points restant encore à
résoudre.
LA PLENIERE
Le Président du CST, Munemo (Zimbabwe),
introduisit les six projets de décisions à la Plénière pour considération.
La décision concernant le Fichier des Experts
Indépendants (ICCD/ COP(3)/L.1) fut adoptée sans commentaires. Cette
décision invite les Parties à soumettre au Secrétariat, des compléments
de propositions pour inclusion dans le fichier, en vue de le rendre
plus équilibré en terme sexo-spécifique et de s'assurer d'une
meilleure représentation de l'ensemble des disciplines pertinentes.
La décision comprend une liste amendée des disciplines, figurant
dans l'annexe qui lui est attachée. Les Parties y sont invitées à
présenter au Secrétariat, un rapport sur l'usage qu'elles auraient
fait du fichier, avant le 30 juin 2000. Le Secrétariat y est requis
de s'assurer de la mise à disposition du fichier en format électronique,
de la distribution de copies imprimées à toutes les Parties sur une
base annuelle et d'informer le CST-4 de la manière dont le fichier
aura été utilisé.
La décision concernant les Repères et
Indicateurs (ICCD/COP(3)/ L.2) fut adoptée après introduction d'une
correction technique. Cette décision encourage les Parties à
commencer de tester les indicateurs d'impact proposés par le groupe
ayant servi de comité d'organisation dans le processus consultatif
informel (à composition non limitée) sur les repères et indicateurs.
Elle encourage également l'utilisation de ces indicateurs ainsi que
celle des indicateurs numériques qui permettront l'étude comparative
des rapports nationaux devant être remis à la CdP-4. Les Parties et
autres pays et organisations internationales en mesure de le faire, y
sont exhortés à mobiliser des soutiens techniques, scientifiques et
financiers en faveur des pays touchés Parties et à initier l'essai
des indicateurs d'impact.
La décision concernant les Connaissances
Traditionnelles (ICCD/COP(3)/L.3) fut adoptée par voie de consensus.
Sur les dix nominations proposées pour le groupe spécial, six furent
présentées pour adoption: Mohammad Jafari (Iran); Falah Abounukta (Syrie);
Ashot Vardevanian (Arménie); Dumitru Mihail (Roumanie); Amadou Maiga
(Mali); et Etumesaku Diunganumbe (République Démocratique du Congo).
Les Groupes d'Europe de l'Ouest et Autres et d'Amérique Latine et
Caraïbes sont susceptibles de présenter leurs nominations le
vendredi. Cette décision requiert du Secrétariat, le développement
de relations de travail plus étroites avec les institutions
pertinentes et l'engendrement de synergies à travers la
collaboration, y compris le renforcement des liens entre les points
focaux nationaux des différentes conventions environnementales et la
facilitation de la diffusion de l'information concernant les actions
ayant trait à la mise en application des conventions. Les Parties y
sont invitées à inclure dans leurs rapports
nationaux, l'utilisation qu'elles auraient faite des
connaissances traditionnelles dans la mise en œuvre des P.A.N. La décision
désigne, par ailleurs, un groupe spécial chargé de l'élaboration
d'autres critères appropriés, dans la ligne des futurs travaux sur
le thème des repères et indicateurs, qui seront utilisés par les
points focaux nationaux pour: mesurer la réciprocité entre les
connaissances traditionnelles et modernes; évaluer la manière dont
les réseaux et les mécanismes créés par le Secrétariat sont en
train d'intégrer les connaissances traditionnelles et locales dans
leurs programmes de travail; et déterminer les avantages socio-économiques
et écologiques des connaissances traditionnelles à la lueur des
changements environnementaux.
Au sujet de la décision concernant les Systèmes
d'Alerte Avancée (SAA) (ICCD/COP(3)/L.6), l'UE proposa de supprimer
dans les termes de référence, l'appel lancé au groupe spécial sur
les SAA l'invitant à “suggérer une stratégie de moyen terme pour
la mise en application de la convention.” Le porte-parole suggéra
par ailleurs que l'appel lancé au groupe spécial l'invitant à
prendre en considération les résultats de la Décennie des Nations
Unies de la Réduction des Catastrophes Naturelles (UNDNDR) soit
remplacé par un appel à la coopération dans le suivi de l'UNDNDR.
La décision fut adoptée avec ces amendements. Le Président nota que
sur les dix nominations proposées pour le groupe spécial, six étaient
prêtes pour adoption:
Kazuhiko Takeuchi (Japon), Zengyuan Li (Chine), Richard Muyungi (Tanzanie),
Abdelah Ghebalou (Algérie), Valentin Sofroni (Moldavie) et Giorgi
Gotsiridze (Géorgie). Les Groupes d'Europe de l'Ouest et Autres et
d'Amérique Latine et Caraïbes n'ont pas encore soumis leurs
nominations. La décision finale établit un groupe spécial formé de
dix experts pour la revue et l'élaboration des thèmes techniques émergeant
des rapports nationaux et des forums régionaux, en particulier, ceux
ayant trait à la collecte des données, à l'accessibilité et à
l'intégration, ainsi qu'à l'évaluation et à la prévision des phénomènes
de sécheresse et de désertification à travers la proposition de
mesures de préparation en coopération avec l'UNDNDR. Le texte invite
également les institutions pertinentes appartenant à chacun des réseaux
des programmes thématiques, à mettre à disposition les experts et/ou
les matériaux de référence nécessaires au soutien du groupe et
requiert du Secrétariat, la facilitation de son fonctionnement.
Dans le préambule de la décision concernant
l'Evaluation des Réseaux Disponibles (ICCD/COP(3)/L.7), l'UE déclara
que le libellé faisant état des dispositions contractuelles entre le
Secrétariat et le PNUE, doit préciser que ces dernières portent sur
la Phase 1. Le délégué des ETATS-UNIS proposa de spécifier que la
“Phase 2” nécessitera une approche pilote. La LIGUE ARABE suggéra
de reconnaître, outre les efforts du PNUE, ceux fournis par les
organes, au niveau de la Phase 1. Les délégués s'accordèrent
finalement pour noter les efforts du PNUE et de son consortium pour
leurs accomplissements à ce jour. Ils adoptèrent la décision avec
cette formulation et avec des propositions de l'UE et des Etats-Unis,
lesquelles: appellent au soutien d'une Phase 2 focalisée sur la région
Sud Africaine; requiert du Secrétariat, l'élaboration des termes de
référence de la Phase 2 et leur soumission à l'approbation du
Bureau du CST à sa réunion intersessions; requièrent du PNUE la
soumission d'une mise à jour de son rapport concernant la Phase 1; et
autorisent le
Secrétariat à ouvrir le processus d'appel d'offre pour la
mise en œuvre de la Phase 2.
Au sujet de la décision concernant le Programme
de Travail du CST (ICCD/COP(3)/L.8), l'UE souligna la nécessité
d'assurer le suivi des décisions précédentes de la CdP et proposa
l'insertion d'un nouveau paragraphe, sur la base, selon le représentant,
d'une question soulevée tout au long du Comité. Sa proposition de
texte appelle le CST-4 à procéder à l'évaluation des rapports
nationaux concernant la mise en application dans les régions
asiatique et latino-américaine, aux fins de permettre au CST
d'apporter sa contribution scientifique et technique au processus d'évaluation,
conformément au paragraphe 18 de la Décision 11/COP-1. Le CANADA
suggéra de placer entre crochets la proposition de l'UE. L'ALGERIE
suggéra d'inclure dans l'examen du thème de la gestion durable des
eaux et des sols dans les terres sèches prévu au CST-4, les zones
“arides et semi-arides”. La
ROUMANIE suggéra d'inclure également dans l'examen, “la gestion
forestière”. Le Président
du CST nota que le Comité a examiné en profondeur la décision telle
que rédigée. Les délégués prirent note de la proposition de l'UE
et adoptèrent la décision sans amendement. Dans la décision adoptée,
la question devant être traitée en profondeur, de manière
prioritaire, sera celles des applications des connaissances
traditionnelles, des repères et indicateurs et des SAA au niveau du
suivi et de l'évaluation de la gestion durable des eaux et des sols
dans les terres sèches, dans le cadre de la mise en œuvre des P.A.N,
en tenant compte du travail complémentaire accompli par les autres
conventions. Le CST-4 discutera également des thèmes figurant à
l'ordre du jour du CST-3, notamment des repères et indicateurs, des
connaissances traditionnelles et des S.A.A. Le Secrétariat est requis
de faciliter la convocation, d'au moins, une réunion intersessions du
Bureau du CST, consacrée à la revue des décisions de la CdP et à
la planification et organisation de la session suivante du CST.
DECLARATIONS DES PARTIES ET DES OBSERVATEURS: L'AUSTRALIE
déclara qu'elle se trouvait dans la dernière étape de la décision
de ratifier la CCD et qu'en attendant cette décision, elle serait intéressée
par l'accueil de l'une des CdP à venir. La représentante mit en
relief les efforts fournis à l'échelle nationale pour le traitement
des problèmes posés aux zones arides en Australie, y compris un
programme national de mise en valeur des terres qui suscite l'intérêt
en tant que modèle à suivre dans d'autres pays. Elle nota par
ailleurs les activités de son pays dans le cadre de son aide au développement
extérieur, notamment le soutien apporté dans l'élaboration des
P.A.N. Le YEMEN nota que la désertification est un problème grave
pour la plupart des domaines économiques, et en particulier, pour
l'agriculture, et qu'elle compte parmi les causes des problèmes
sociaux et de la pauvreté. Le délégué souligna également
l'importance de l'action efficace rapide pour la mise en œuvre des
activités inscrites dans le cadre de la lutte contre la désertification
qui constituent une partie intégrante du plan de développement
national du Yémen. Il ajouta que ce plan et les activités en rapport
sont non seulement poursuivis par les agences gouvernementales, mais
implique également les communautés locales, les ONG et les groupes
de femmes. L'orateur exprima, enfin, l'espoir de voir le Secrétariat,
les donateurs multilatéraux et bilatéraux apporter un soutien aux
efforts de son pays.
MISE A JOUR DES CONSULTATIONS INFORMELLES
Les délégués ont conclu les consultations
informelles autour du projet de décision concernant la première évaluation
des politiques, modalités opérationnelles et activités du MM,
lequel sera recommandé à la Plénière pour adoption, vendredi. Ce
projet de d�cision r�affirme que le MM fonctionnera conform�ment
aux orientations fournies par la CdP � laquelle il doit rendre compte,
et reconna�t que la premi�re priorit� du MM consiste � d�velopper
ses op�rations sous forme de m�canisme de r�ponse aux demandes, con�u
pour la facilitation de la mobilisation et la canalisation des
ressources n�cessaires � l'�laboration et � la mise en �uvre des
programmes d'action. Au sujet des modalit�s op�rationnelles du MM,
le projet de d�cision englobe une recommandation appelant le
Directeur G�n�ral du MM � compl�ter le recrutement du personnel
avant la CdP-4. Il comprend �galement un appel � la poursuite de
l'examen de la strat�gie op�rationnelle du MM � la CdP-4 et une
recommandation invitant le MM � mettre en place une strat�gie
d'information et de communication visant � faciliter le contact avec les Parties et les autres acteurs
et � accro�tre la prise de conscience par rapport � la CCD. Le
projet de d�cision engage, enfin, le Comit� de Facilitation �
explorer la possibilit� d'inviter un repr�sentant des ONG �
assister � ses r�unions et � pr�senter � la CdP-4 un rapport sur
la d�cision prise sur cette question.
DANS LES COULOIRS I
Des bruits de pr�occupation et de d�ception se
sont faits entendre dans les couloirs, jeudi apr�s-midi, alors que
les d�l�gu�s continuaient � essayer de r�soudre l'impasse o�
s'est embourb�e la question du budget. Certains ont sp�cul� que ces
discussions risquaient de se poursuivre jusque tard dans la soir�e du
vendredi, affirmant que le probl�me �tait d� au fait que certaines
d�l�gations changeaient de place �le montant de but� chaque fois
que le consensus semblait � port�e de main. D'autres ont critiqu�
le manque de transparence dans le d�roulement des n�gociations et
ont affirm� que la d�cision de d�f�rer une bonne partie des
questions � des consultations informelles avant m�me d'�tre ad�quatement
trait�es par la GC, a contribu� aux difficult�s qu'il faut,
maintenant, affronter. Quels que soient les motifs �voqu�s, beaucoup
semblent d'avis que le probl�me principal r�side dans l'�chec de la
prise en consid�ration des rapports nationaux des pays �manant des
pays touch�s, et ceux des pays donateurs, comme plate-forme pour l'�tablissement
des priorit�s du budget de la prochaine biennale.
DANS LES COULOIRS II
Les ONG ont fait circuler un papier exprimant
leurs r�serves quant aux h�sitations constat�es au niveau du
soutien devant �tre apport� au budget de la CCD, dans lequel elles
font part de leur profonde pr�occupation concernant le retard
enregistr� dans les discussions autour de ce sujet et d�plorent la
baisse qui a marqu� le soutien de leur participation aux travaux de
la CdP. Elles appellent � un renforcement du soutien de la
participation des ONG, ainsi que des activit�s men�es par les ONG
dans les pays touch�s et des besoins budg�taires des pays en d�veloppement
touch�s n�cessaires � la mise en �uvre des P.A.N, et � la
conclusion d'un accord sur des m�canismes efficaces pour l'�laboration
des rapports.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira �
partir de 10h pour l'adoption des d�cisions concernant toutes les
questions rest�es en suspens et du
rapport de la CdP-3 de la CCD.
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