Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 136
mardi 25 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CDP-3 DE LA CCD
MERCREDI 24 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-3 de la CCD ont
entendu 16 déclarations au cours de la session matinale du Segment Spécial.
Ils devaient, l'après-midi, ouvrir un dialogue avec les ONG sur le thème
du renforcement du rôle des femmes dans le processus des P.A.N. Les délégués
ont également tenu de brèves réunions de la GC, le matin et l'après-midi,
pour examiner les résultats des consultations informelles.
LA PLENIERE
LE SEGMENT SPECIAL: Seize officiels, dont
un ministre et deux chefs d'organisations internationales, devaient
s'adresser à la session finale du Segment Spécial.
La LIBYE établit un rapport entre l'allégement
des effets de la sécheresse, la lutte contre la désertification et
la sécurité alimentaire. Le représentant exprima son soutien aux
efforts du Secrétariat visant à tisser des liens avec les autres
conventions de Rio. Il fit également part de son appui en faveur du
M.M dans ses fonctions et souligna la nécessité d'un mécanisme de
financement approprié pour permettre à son pays de mener à bien les
responsabilités qui lui incombent et de partager ses expériences
avec d'autres pays, notamment d'Afrique. Il nota que la levée de
l'embargo imposé à son pays lui permettra de procéder à la
mobilisation des fonds nécessaires à la mise en application de la
CCD. Le KYRGYZSTAN mit en relief ses activités dans le domaine,
notamment la tenue d'un forum national qui a permis la réalisation
d'un accord sur les priorités nationales et la mise en place de
cadres législatifs. Le délégué de l'IRAN indiqua que son pays a
adopté des mesures de prévention et de réhabilitation dans le cadre
de la lutte contre la désertification et que l'expérience acquise
dans ce domaine constituait un patrimoine de valeur. Les activités
nationales en IRAN ont englobé l'élection de coordinateurs au niveau
local et la mise en place de comités exécutifs nationaux. Le représentant
du ZIMBABWE déclara que l'analyse de l'expérience de son pays dans
le domaine de la lutte contre la désertification a mené à
l'identification de six domaines programmatiques prioritaires: l'eau,
l'énergie, l'éradication de la pauvreté, la mise en valeur des
terres, l'éducation et les systèmes d'information environnementale.
Son pays a également déterminé les sources de financement
domestiques éventuelles, dont les organes gouvernementaux nationaux
et locaux, les ONG et le secteur privé. L'orateur appela à
l'intensification des partenariats avec les organisations et autres
vis-à-vis internationaux.
Le délégué de PALAU nota que les données
concernant la CCD n'ont pas encore été mises à la disposition du
public et des décideurs, ce qui, en soi, représente un problème
dans un pays de plus en plus touché par la sécheresse et la désertification.
Il appela le Secrétariat de la CCD à organiser, l'année prochaine,
une réunion régionale pour les petits Etats insulaires, de manière
à permettre un échange d'information concernant la sécheresse, l'érosion,
la dégradation des sols et la salification, et demanda une aide
financière du M.M et des pays donateurs pour la couverture de cette réunion.
La COLOMBIE déclara que les rapports des pays africains constituaient
des exemples importants pour les autres régions dans l'élaboration
de leurs rapports. Il accueillit favorablement l'annexe de mise en œuvre
régionale pour l'Europe Centrale et de l'Est qui vient témoigner que
la sécheresse et la désertification sont des problèmes auxquels le
monde entier est confronté. Il apporta son appui à la stratégie de
moyen terme et au Mandat de Recife proposé, qu'il présenta comme étant
une contribution de valeur à la mise en application de la CCD.
Le représentant de l'UNION DU MAGHREB ARABE déclara
que son organisation souhaitait mettre à disposition son expérience
dans le domaine et appela toutes les Parties en mesure de le faire, à
apporter leur assistance dans la mise en œuvre du processus des P.A.N.
Parmi les activités devant être entreprises par la BANQUE AFRICAINE
DE DEVELOPPEMENT (BAD): jouer un rôle actif en tant que membre du
Comité de Facilitation du M.M et mettre en place des partenariats
avec les gouvernements africains, les ONG et le secteur privé aux
fins de s'assurer de l'utilisation efficace des ressources naturelles
africaines. L'INTERGOVERNMENTAL AUTHORITY ON DEVELOPMENT (IGAD) parla
des progrès réalisés au niveau de son P.A.S.R et nota que la mise
en application était entravée par des problèmes de communication et
d'infrastructure ainsi que par des contraintes financières et
techniques. La CONVENTION-CADRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES (CCCC)
nota que si la collaboration était bien entamée avec la CCD, les
synergies n'étaient pas encore pleinement exploitées en raison du
fait que les négociations restaient focalisées sur quelques thèmes
seulement. Le représentant souhaita voir le PNUE jouer un rôle fort
dans la coordination de la mise à disposition de l'information, de la
conscientisation et de la participation du public.
La CONVENTION SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE (CDB)
nota les nombreux domaines dans lesquels les thèmes de la CDB et de
la CCD sont en chevauchement, y compris les prochains programmes de
travail de la CDB sur les écosystèmes des zones arides et sur les
connaissances traditionnelles et de la biodiversité forestière.
L'orateur évoqua les complémentarités potentielles entre les
activités des Secrétariats dans l'élaboration des programmes
nationaux et régionaux et dans l'harmonisation des processus d'élaboration
des rapports d'avancement. L'ORGANISATION AFRICAINE DE LA CARTOGRAPHIE
ET DE LA DETECTION A DISTANCE mit en exergue les efforts fournis dans
le cadre de la mise en application régionale, y compris au niveau de
la facilitation des échanges de données, de la mise en place d'un
système d'information intégré et du suivi de la mise en œuvre des
P.A.N et des P.A.S.R.
La CNUCED nota que l'édition 1999 de son Rapport
sur les Pays les Moins Avancés mettait en lumière les liens entre le
commerce international et la protection environnementale, et notamment
la lutte contre la désertification. Le porte-parole proposa d'aider
les pays à mettre la mondialisation au service de leurs propres
objectifs de développement et de s'en servir comme un moyen de lutte
contre la désertification. Le PAKISTAN nota que les pays industrialisés
avaient l'importante responsabilité de soutenir la mise en
application de la CCD dans les pays en développement, et que les pays
en développement avaient l'obligation de trouver un soutien financier
et technique auprès des secteurs privé et non gouvernemental. Le
KAZAKHSTAN a établi un réseau de suivi, travaille à l'accroissement
du nombre d'indicateurs utilisés et souhaite tester les méthodologies
d'indicateurs d'impact développées par la CCD. La représentante
indiqua que trente mille ONG sont actives dans son pays et que ce
dernier a signé la Convention d'Aarhus sur l'Accès à l'Information,
la Participation du Public dans les Processus Décisionnels et l'Accès
à la Justice en matière Environnementale. DIACONIA (Brésil), au nom
des ONG, déplora la faiblesse du nombre d'ONG ayant bénéficié d'un
financement de la part du Secrétariat pour assister aux travaux de la
CdP-3, en comparaison avec les CdP précédentes, en particulier,
compte tenu du fait que beaucoup d'entre elles souhaitaient suivre les
rapports nationaux dans lesquels elles ont participé. L'oratrice
invita les pays touchés à instaurer un environnement adéquat pour
la participation des ONG et souligna l'impératif de résoudre les
problèmes de la dette extérieure.
DIALOGUE AVEC LES ONG: RENFORCEMENT DU RÔLE
DES FEMMES DANS LE PROCESSUS DES P.A.N: Dans ses remarques
d'ouverture, le Secrétaire Exécutif de la CCD, Diallo, devait mettre
l'accent sur la nécessité de renforcer l'implication des femmes dans
le processus de la lutte contre la désertification, en particulier,
en raison du rôle majeur joué par ces dernières dans la gestion des
ressources naturelles. Il encouragea les Etats membres à mieux intégrer
l'implication des femmes dans la formulation et l'élaboration des
P.A.N.
Ruth Mubiru (Ouganda) du COMITE DES FEMMES du
RIOD, mit en relief le besoin de renforcer le rôle des femmes dans la
mise en application de la CCD. Elle exhorta les délégués et les
partenaires à apporter leur soutien aux programmes de promotion des
femmes à travers le renforcement des capacités, la formation, la
conscientisation, l'éducation et les micro-crédits. Maiga Sina Damba
(Mali) de l'AFAD, mit l'accent sur le besoin d'une approche géographique
englobant des organes de coordination nationaux avec les ONG et d'une
approche basée sur différentes catégories d'acteurs et impliquant
la collaboration avec la société civile, les organisations féminines
et autres, aux fins de s'assurer de l'implication des femmes dans le
processus des P.A.N. L'oratrice nota la nécessité pour les femmes:
d'identifier des projets de développement pour les femmes par les
femmes; d'acquérir une visibilité dans les processus décisionnels;
de promouvoir les processus de décentralisation à orientation
sexo-spécifique; et d'accéder aux mécanismes de financement. Najwa
Essiari (Maroc) de ENDA - MAGHREB souligna l'importance des processus
participatifs et la nécessité d'une participation équitable dans
les P.A.N. Elle nota l'insuffisance de l'implication des femmes et de
la conscientisation sur leur rôle au niveau national. Edualda Torres
(Brésil) de la FUNDAÇÃO GRUPO ESQUEL DO BRASIL, mit en exergue les
activités de son organisation dans la diffusion de l'information
concernant les risques posés par la désertification et nota
l'importance d'instituer des liens permanents et interactifs entre les
ONG et les autorités locales, départementales et nationales.
L'oratrice ajouta que l'égalité des sexes doit être soulignée dans
toutes les législations et dans toutes les actions publiques. Enoch
Okpara (Nigeria) de NEST, nota l'impératif d'impliquer les femmes
dans la mise en valeur des terres dégradées et marginales, en
particulier, à travers la mise en place de projets communautaires intégrés.
Jacqueline Nkoyok (Cameroun) de CONGAC, mit en relief les efforts
fournis par son organisation pour être présente sur le terrain et dégager
des plans d'action capables de permettre aux femmes rurales de
participer dans le processus des P.A.N. Elle insista sur l'importance
d'engager les femmes des zones rurales dans les activités de lutte
contre la désertification à travers le renforcement de leurs capacités,
la fourniture de l'éducation et de l'information, l'ouverture d'un
accès à la terre et leur implication dans les prises de décisions
au niveau local. Elle donna lecture à une Déclaration des Femmes
pour la CdP-3 soulignant l'importance de la participation équitable
des femmes dans les processus des P.A.N et de lutte contre la désertification.
Le TCHAD appuya la déclaration et nota le rôle
décisif joué par les femmes dans le développement socio-économique,
à travers la réduction de la pauvreté et la contribution à l'arrêt
de la désertification. Le BRESIL souligna l'importance de la prise en
considération des perspectives féminines dans les P.A.N. La FINLANDE
déclara que les femmes devaient être impliquées non seulement dans
la mise en œuvre de la CCD, mais �galement au niveau de la prise des
d�cisions. L'ARGENTINE nota que les questions touchant au r�le des
femmes doivent �tre int�gr�es dans toutes les activit�s inscrites
dans le cadre de la CCD, au lieu d'�tre trait�es de mani�re
distincte. UNSO parla du caract�re unique du dialogue avec les ONG,
instaur� dans le processus de la CCD. Le SENEGAL sugg�ra qu'il
serait utile de consid�rer l'aspect implication des femmes, comme un
crit�re d'�valuation des projets de d�veloppement. La SUEDE nota
avec satisfaction que le r�le des femmes a �t� maintenu au niveau
de priorit� qui �tait le sien depuis le tout d�but dans le
processus de la CCD, mais demanda si la Convention a pu enregistrer
une quelconque �volution dans la situation des femmes. Appuy� par la
MAURITANIE et d'autres, l'orateur sugg�ra que les d�l�gations
nationales doivent inclure davantage d'�l�ments f�minins.
LA GRANDE COMMISSION
La GC se r�unit bri�vement pour adopter un
projet de d�cision sur le programme de travail de la CdP. Franklin
Moore (Etats-Unis) rapporta que le texte du projet de d�cision avait
�t� approuv� par voie de consensus et le recommanda � l'adoption
de la GC. L'UE indiqua que le texte avait �t� approuv� dans le
groupe informel, entendu que les questions qui seraient soulev�es
dans les d�cisions attendues, seront prises en consid�ration dans le
programme de travail. La GC adopta le projet de d�cision.
Le pr�sident de la GC, Ashe, attira l'attention
sur la proposition de projet de d�cision du Pr�sident concernant le
budget et requit des d�l�gu�s son adoption par voie de consensus.
L'UE d�clara ne pas �tre encore en mesure d'adopter le projet de d�cision
propos� et sugg�ra de poursuivre les consultations informelles en
vue de parvenir � une conclusion dans les meilleurs d�lais. La GC
adopta le projet de d�cision, notant l'objection �mise par l'UE. Les
consultations se poursuivent sur ce point.
DANS LES COULOIRS I
Une certaine tension a r�gn� dans les couloirs,
jeudi, les d�l�gu�s n'ayant pas �t� en mesure de parvenir � un
consensus sur le budget de la biennale 2000-2001, durant la derni�re
r�union de la GC. Plusieurs d�l�gu�s ont fait part de leurs pr�occupations
quant au risque de voir ce blocage exercer un impact n�gatif sur
l'esprit de partenariat de la CCD et craignent les r�percussions
qu'il pourrait avoir sur la future mise en �uvre des P.A.N.
DANS LES COULOIRS II
Les ONG participant aux travaux de la CdP-3 ont
fait part de leur optimisme concernant la mise en application de la
CCD au niveau des pays. Plusieurs d'entre elles devaient noter qu'en d�pit
des difficult�s rencontr�es dans le processus des P.A.N, les
avantages �mergeants d�passent leurs attentes initiales. Elles ont
parl� de d�veloppements positifs dans leurs rapports avec leurs
gouvernements, avec un certain nombre d'entre elles d�j� impliqu�es
activement dans les prises de d�cision concernant des questions
cruciales. Elles pensent qu'il est temps pour les partenaires de
reconna�tre les multiples avantages offerts par les P.A.N, y compris
le renforcement du pouvoir des femmes et de la soci�t� civile et la
d�mocratisation.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira ce
matin pour l'adoption des projets de d�cisions du CST.
CONSULTATIONS INFORMELLES: Les
concertations informelles se poursuivront en vue de r�soudre tous les
points en suspens concernant, notamment, le M.M, le M�morandum
d'Entente, le Mandat de Recife et les proc�dures d'�valuation de la
mise en application.
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