Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 135
mercredi 24 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-3 DE LA CCD
MARDI 23 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-3 ont entendu 45
déclarations au cours des sessions du matin et de l'après-midi du
Segment Spécial. Ils se sont également réunis brièvement, dans le
courant de la matinée, en session de la GC pour adopter la décision
concernant l'adjonction d'une annexe additionnelle pour l'Europe
Centrale et de l'Est. La Table Ronde Interparlementaire devait, pour
sa part, élaborer une déclaration basée sur les résultats de leurs
deux journées de discussions.
LA PLENIERE
Quarante-cinq officiels présentèrent leurs déclarations
au Segment Spécial, dont neuf ministres et ministres adjoints et un
chef d'organisation internationale. Les délégués reçurent par
ailleurs un rapport sur les travaux de la Table Ronde
Interparlementaire et adoptèrent la déclaration qui en a émané.
La SUISSE encouragea la CdP à faire montre d'une
plus grande imagination pour trouver les solutions appropriées à
l'amélioration du travail du Secrétariat. Le PORTUGAL appuya
l'entreprise d'une action par le Secrétariat pour aider les pays à
identifier les ressources nécessaires au soutien de la mise en
application et à utiliser efficacement les ressources humaines et
financières. La SUEDE fit part de ses réserves concernant les
propositions appelant à l'implication des organes subsidiaires
et du Secrétariat dans des travaux au-delà de l'assistance devant être
apportée aux pays dans l'élaboration de leurs P.A.N respectifs. Le
TOGO exprima l'espoir de voir les négociations de la CdP-3 aboutir à
un soutien plus marqué en faveur du M.M et du Secrétariat. HAITI
appuya l'idée d'établir le budget de fonctionnement du Secrétariat
au niveau présenté par ce dernier et appela, par ailleurs,
à l'octroi d'une assistance appropriée à sa région. Le
LIBAN fit part de son espoir de voir le Secrétariat adopter les
principes de justice et d'équité et s'assurer de l'objectivité en
apportant son assistance dans la mise en œuvre. Le VENEZUELA déclara
que les critères de la répartition géographique ne doivent pas être
perdus de vue, car si certaines régions sont touchées davantage, les
autres ont également des problèmes qu'il est impératif de reconnaître.
La BELGIQUE déclara que l'établissement de
comparaisons entre les différents instruments n'est pas productif et
suggéra de conférer au CST un rôle plus important. Le NIGERIA
exprima son espoir de voir la CdP-3 parvenir à des conclusions
palpables, telles qu'un Mandat de Recife.
La SUISSE indiqua que la mise en application des
P.A.N dépendait du rôle que jouera le M.M en tant qu'intermédiaire
et mit en garde la CdP contre la micro-gestion du M.M et l'adoption de
décisions bureaucratiques impliquant des coûts administratifs élevés.
L'ITALIE et la SUEDE déclarèrent que des ressources financières
doivent être trouvées pour développer le M.M. Le TCHAD et la
REPUBLIQUE DOMINICAINE déclarèrent que davantage de ressources sont
nécessaires à mettre à disposition à travers le M.M. L'AFRIQUE DU
SUD appela le M.M à libérer des fonds. Le BOTSWANA déclara que le
M.M ne s'est pas montré à la hauteur des attentes et demanda aux
pays industrialisés "de cesser de déplacer leur montant de but
chaque fois que nous contrôlons la balle.” L'EQUATEUR appela tout
le monde à réfléchir à un mécanisme de financement capable de
promouvoir efficacement les actions de lutte contre la désertification.
Le DANEMARK mit l'accent sur l'utilité
d'utiliser les institutions et mécanismes existants, notamment le
FEM. La TUNISIE déclara que la question désertification était tout
aussi importante que celle des changements climatiques, de la
protection de la couche d'ozone et de la biodiversité et qu'elle mérite
amplement d'être qualifiée pour les financements octroyés par le
FEM. L'ALLEMAGNE nota que l'un des grands défis posés à la CCD est
son intégration dans les fora établis de la coopération bilatérale
et multilatérale et qualifia le rôle de chef de file de moyen
important de coordonner et de mobiliser les fonds. Le DANEMARK déclara
que les ateliers et les activités individuelles avaient certainement
une valeur, mais qu'il était surtout nécessaire de coordonner les
efforts fournis par tous les partenaires.
La NORVEGE nota que les pays de l'OCDE sont plus
éloignés de l'objectif consistant à destiner 0.7% du PNB à l'APD,
qu'ils ne l'étaient en 1992 et affirma que certains parlaient de
l'accroissement des investissements privés en ignorant sans doute que
ces fonds ont tendance à ne pas atteindre les populations les plus
pauvres et les environnements les plus fragiles. La FRANCE affirma son
engagement à élaborer les outils nécessaires à l'amélioration de
la composante désertification au sein de ses programmes d'aide.
L'ALGERIE et l'ETHIOPIE demandèrent aux pays industrialisés de
maintenir les engagements qu'ils ont pris dans le cadre de la CCD et
de mettre à disposition davantage de fonds. Le CILSS déplora le
faible niveau de participation de bon nombre de pays dans les travaux
de la CdP.
Le VENEZUELA déclara que les liens entre les
Conventions de Rio doivent être encouragés, compte tenu de
l'interconnexion de leurs objectifs. La NAMIBIE déclara que ces liens
étaient susceptibles d'assurer une utilisation efficace des
ressources. La REPUBLIQUE DE COREE accueillit favorablement l'emménagement
du Secrétariat à Bonn, notant que cela permettra de renforcer les
liens avec d'autres conventions qui y sont installées. La SUISSE déclara
que les décisions de l'OMC auront un impact important sur la lutte
contre la désertification et appela à la coordination des processus
décisionnels.
Le ROYAUME-UNI mit en relief l'utilisation des
rapports nationaux pour examiner les enseignements tirés et planifier
l'action future. La ZAMBIE souligna l'importance de la revue et de l'évaluation
de la mise en application et appuya la proposition d'établir un comité
chargé de ce travail. Le DANEMARK mit en exergue le rôle des ONG
dans la mise en œuvre de la CCD. La C.E, avec le CANADA et la NORVEGE,
mit l'accent sur le rôle des femmes, et précisa que beaucoup restait
à faire pour les inclure dans les processus de mise en œuvre. Le
PNUD déclara qu'une bonne partie des connaissances traditionnelles se
trouvait entre les mains des femmes, dont le rôle leader doit être
reconnu à travers leur implication dans la mise en œuvre et dans les
prises de décisions. La GAMBIE souligna le besoin d'identifier les
outils nécessaires à l'intégration des stratégies visant l'éradication
de la pauvreté, tel que prévu dans la Convention, et mit en relief
l'importance de la mise en place de structures institutionnelles adéquates
pour une mise en application efficiente et efficace.
L'ALLEMAGNE mit l'accent sur l'importance de la décentralisation,
des cadres participatifs et du droit de la société civile à jouer
un rôle dans l'utilisation des ressources naturelles. La NORVEGE mit
en exergue la nécessité de la paix, de la démocratie et du respect
des droits humains dans le développement durable. Les principes
directeurs de la coopération de la BELGIQUE englobent, la bonne
gouvernance, les droits humains et le renforcement des populations. Le
NIGERIA nota que son nouveau gouvernement a restauré la liberté
d'expression et d'association et qu'il est en train d'avancer vers la
stabilité politique, autant de préalables conditionnant le développement
durable.
L'ALLEMAGNE déclara que les pays touchés
doivent fournir plus de preuves que la CCD sera utilisée comme
instrument de développement. Le ROYAUME-UNI est en train de mettre en
place un programme permettant aux gestionnaires de son aide au développement
d'examiner les implications des Conventions de Rio sur leurs projets.
Le ROYAUME-UNI et le CANADA suggérèrent que les pays en développement
partenaires soulèvent les objectifs de la Convention dans les
discussions bilatérales. Le PNUD demanda aux pays membres de
travailler à l'évolution des attitudes des bureaucrates et de la
société civile à l'égard de la gestion des zones arides.
Le JAPON mit en exergue ses activités au niveau
bilatéral, lesquelles étaient focalisées sur le reboisement et la
création de forêts, et la formation et le développement
communautaire intégrée en foresterie. L'OMC exprima son soutien en
faveur du CST qui bénéficie déjà de son assistance au niveau des
questions touchant aux repères et indicateurs, aux connaissances
traditionnelles et aux S.A.A. L'ESPAGNE a créé un centre pour la
recherche en matière de désertification et est en train de former
des techniciens latino-américains dans le domaine de la gestion des
bassins versants et dans l'élaboration des P.A.N. Le CHILI et
l'EGYPTE offrirent leur expérience technique en matière de prévention
des sécheresses et de la désertification.
Le BOTSWANA nota que conformément à la
Convention des Nations Unies sur les Droits de l'Enfant, le programme
éducationnel de son pays a été modifié de manière à prendre en
considération les questions environnementales et notamment la désertification.
Les efforts nationaux du MOZAMBIQUE englobent l'établissement d'un
groupe de travail intersectoriel impliquant des représentants des
secteurs public et privé. DJIBOUTI souligna que le programme
d'ajustement structurel que son gouvernement vient de signer avec le
FMI tenait compte de la désertification. L'EQUATEUR décrivit les
activités menées à l'échelle nationale, sous-régionale et régionale,
y compris les efforts visant à élaborer un programme sous-régional
pour les Andes et les plans visant à intégrer les considérations
sexo-spécifiques dans tous les aspects des P.A.N. Le RWANDA nota que
les populations déplacées dans son pays continuaient à détruire
des zones forestières fragiles et appela à un soutien. La SYRIE déclara
que ses activités nationales incluaient l'élaboration de bases de
données, des programmes de foresterie et des programmes de
consientisation. La REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO nota les conséquences
environnementales de la guerre civile et appela à aider son pays dans
ses efforts visant à protéger l'environnement. ISRAEL nota ses échanges
avec les pays de la région méditerranéenne en matière de lutte
contre la désertification et exprima son regret que des considérations
politiques empêchaient son pays d'apporter une contribution aux
efforts de la région asiatique. La POLOGNE déclara que sa
ratification se ferait d'ici l'année prochaine. La RUSSIE affirma son
engagement à l'égard de la Convention.
LA GRANDE COMMISSION
La GC se réunit en séance matinale pour
examiner le projet de décision concernant l'adjonction à la
Convention d'une annexe de mise en œuvre régionale additionnelle
pour l'Europe Centrale et de l'Est. Le Président de la GC, Ashe, nota
que le projet fut approuvé par voie de consensus dans les
consultations informelles. Bo Kjellén (Suède), qui facilita les
consultations informelles, déclara que le processus d'accession des
pays de l'Europe Centrale et de l'Est ne manquera pas d'encourager
l'ensemble des pays � avancer vers la ratification et de faciliter la
coop�ration et la collaboration avec les autres conventions dans la r�gion.
Le BENIN, pour le GROUPE AFRICAIN, encouragea les pays d'Europe
Centrale et de l'Est � acc�der en grand nombre pour renforcer la
combinaison des efforts pour
la lutte contre la d�sertification et l'att�nuation des effets des s�cheresses.
L'ARMENIE, au nom des pays d'Europe Centrale et de l'Est, exprima sa
gratitude � Bo Kjell�n pour son travail et aux groupes r�gionaux
dont l'attitude constructive a permis la r�alisation d'un consensus
� l'issu des discussions. La GC adopta le projet de d�cision.
LA TABLE RONDE INTERPARLEMENTAIRE
Les Parlementaires poursuivirent les d�bats
autour de leurs contributions � la mise en application de la CCD, en
cette seconde journ�e de la session de table ronde. Le Pr�sident de
la CdP-3, Sarney Filho, intervenant en partie en sa qualit� de d�put�
f�d�ral, parla de la signification que rev�t le travail de la table
ronde et nota l'importance du soutien des parlements nationaux � la
mise en application de la Convention. Plusieurs Parlementaires continu�rent
� souligner l'importance de l'harmonisation des trois Conventions de
Rio (CCCC, CDB et CCD), de la sensibilisation environnementale et de
l'acc�s des femmes � l'�ducation. Un membre ajouta l'id�e de
transf�rer les services de la dette aux programmes �ducationnels. Un
autre mit en relief la gestion durable des for�ts. Les Parlementaires
consacr�rent le reste de la session � l'examen de leur projet de d�claration.
Le projet de d�claration �manant de la table
ronde souligne l'engagement des Parlementaires � l'�gard de la mise
en application de la CCD � travers, entre autres: la mise en place
d'une l�gislation favorisant la lutte contre la d�sertification; le
renforcement des politiques �ducationnelles, scientifiques et
culturelles � travers des campagnes de conscientisation du public; la
promotion de la participation active de la soci�t� civile, des
communaut�s locales, des jeunes et des femmes; et le soutien des
initiatives des agences internationales et des pays donateurs pour la
mobilisation de l'aide financi�re. En mettant en exergue le r�le
fondamental jou� par l'�ducation, la science et la culture dans le
challenge de la r�alisation du d�veloppement durable, ils
appel�rent � l'int�gration de mesures favorisant la lutte contre la
d�sertification dans les domaines de la sensibilisation
environnementale, de la recherche appliqu�e, du transfert des
technologies et du renforcement des capacit�s. La d�claration
contient �galement des d�clarations appelant les Parties �
promouvoir la coop�ration aux niveaux local, national et r�gional et
entre les conventions et organes internationaux pertinents. Les
Parlementaires devaient s'accorder par ailleurs sur l'�tablissement
d'un forum de haut niveau � composition non limit�e devant se r�unir
en marge de chaque CdP de la CCD pour des �changes d'information sur
les initiatives nationales et le suivi des d�cisions de la table
ronde dans les parlements des pays Parties signataires de la
Convention. Apr�s plusieurs amendements, la d�claration fut adopt�e.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s ont continu� � se concerter de
mani�re intensive tout au long de la journ�e du mardi pour essayer
de r�soudre les questions laiss�es en suspens par le Pr�sident de
la GC, avant la date limite du mercredi. Ils ont rapport� que des
difficult�s entravent la r�alisation d'un accord sur le point de
savoir s'il fallait augmenter le budget du Secr�tariat de 10% ou 25%
et s'il fallait �tablir un comit� pour l'�valuation de la mise en
application. Des progr�s ont �t� enregistr�s dans les discussions
autour de l'�laboration du projet de d�cision concernant le M�canisme
Mondial. Des d�l�gu�s ont �galement d�clar� que les
discussions ont commenc� autour d'un �ventuel Mandat de
Recife, mais que des points de vue divergents ont �t� exprim�s
quant � l'opportunit� d'un Mandat dans le cadre de la Convention.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Le Segment Sp�cial reprendra
ses travaux � partir de 10h dans la Salle des Pl�ni�res. Un
dialogue avec les ONG sur le th�me de la promotion du r�le des
femmes dans les processus des P.A.N est pr�vu dans le courant de
l'apr�s-midi.
GC: La GC se r�unira dans le courant de
la matin�e pour la revue des projets de d�cisions concernant les
questions en suspens.
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