Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 134
mardi 23 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-3 dE LA CCD
LUNDI 22 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-3 ont entendu un
certain nombre de déclarations tout au long des séances Plénières
du matin et de l'après-midi et ont examiné au cours d'une séance de
la GC, l'après-midi, la proposition d'adjonction d'une annexe de mise
en œuvre régionale, entre autres questions abordées. Une Table
Ronde Interparlementaire devait également se réunir pour discuter
des contributions susceptibles d'être apportées par les
parlementaires dans la mise en œuvre de la CCD.
LA PLENIERE
Trente-six officiels, dont 17 Ministres et
Ministres Adjoints et trois chefs d'agences des Nations Unies, ont présenté
leurs déclarations au Segment Spécial. Le Secrétaire Exécutif,
Diallo, nota que si les CdP précédentes avaient traité des mécanismes
de la mise en application, la CdP-3 est la première réunion où les
rapports nationaux concernant la mise en œuvre de la CCD sont examinés.
L'orateur appela les Parties à intensifier le soutien nécessaire aux
pays en développement. Le Président de la CdP-3, Sarney Filho (Brésil)
fit part de l'espoir de son pays de parvenir à l'élaboration d'un
Mandat incluant une déclaration d'engagements pour les 10 années à
venir, focalisée sur l'énergie, la gestion de l'eau, le reboisement
et la création de nouvelles forêts, les connaissances
traditionnelles, les systèmes d'alerte avancée et les indicateurs nécessaires
à l'évaluation de l'application de la CCD, et impliquant les
gouvernements, les organisations intergouvernementales, les ONG, le
secteur privé et tous les autres acteurs pertinents. Le Secrétaire Général
de l'ONU, Kofi Annan, dans une déclaration livrée par le Directeur
Exécutif du PNUE, Klaus Töpfer, déclara que ce serait une erreur de
dire que la CCD ne concerne que les seuls pays en développement,
compte tenu de ses liens avec les problèmes des changements
climatiques, de la biodiversité, de la famine et des conflits
politiques et sociaux. Il exprima l'espoir de voir la CdP-3 servir au
renforcement de l'engagement de la mise en œuvre de la CCD à tous
les niveaux. Au nom du PNUE, Töpfer a mis en relief les liens intimes
entre la désertification et la pauvreté, et a souligné que les
stratégies visant l'amélioration de l'environnement doivent prendre
en considération la sagesse des femmes et la coopération avec
l'ensemble des concernés. Il retraça les activités du PNUE dans le
domaine de la lutte contre la désertification, notamment le soutien
apporté aux unités de coordination régionales en Amérique Latine,
en Afrique et en Asie et la coopération établie avec le Mécanisme
Mondial (GM).
Le Président du FIDA, Fawzi Al-Sultan, rappela
qu'aucun financement officiel n'a été accordé au MM en 1998 et que
sans consultation avec le FIDA, le budget initial de US$3 millions
requis pour le MM a été ramené à US$1million seulement. L'orateur
affirma que si le FIDA avait été mis au courant que le MM risquait
d'être financé de manière inadéquate, il aurait retiré son offre
d'accueillir le MM. Il exhorta la CdP de s'assurer de la réalisation
du budget proposé par le MM, aux fins de lui permettre de mener à
bien les fonctions mandatées. Le PDG du FEM, Mohamed El-Ashry, attira
l'attention sur le nouveau programme opérationnel du Fonds pour la
gestion intégrée des écosystèmes et sur le nouveau partenariat établi
avec ses agences d'exécution dans le domaine de la lutte contre la dégradation
des eaux et des sols, avec un accent initial placé sur l'Afrique.
Comme suite aux efforts de collaboration entre le FEM et le Secrétariat
de la CCD, un papier de “liaisons”,
incluant un plan d'action pour le soutien et impliquant une
approche participative, a été élaboré et sera présenté au
Conseil du FEM au mois de décembre.
Le G-77/CHINE
nota que les pays développés Parties accordaient une haute priorité
à leurs responsabilités et exprima l'espoir que le fait que les pays
industrialisés ne soient pas présents à ces travaux à un niveau
ministériel ne reflète en rien un quelconque recul de leur volonté
politique. Le KENYA nota qu'en dépit du nombre record de
ratifications, une perte d'élan était perceptible dans le processus.
Le BURKINA FASO fit part de sa déception d'avoir eu à constater
durant la première semaine de la CdP-3, que plusieurs pays semblaient
être en retrait par rapport aux engagements auxquels ils avaient
souscrit durant les négociations
de la Convention.
Le KENYA déclara que les rapports nationaux
Africains ont été produits de manière efficace et efficiente du
point de vue coût, et qu'ils fournissaient des expériences utiles
aux autres régions. Concernant la mise en œuvre de la CCD, l'UE
souhaita voir les délégués ne pas manquer l'occasion de réfléchir
aux enseignements tirés du fait d'avoir consacré, durant les conférences,
trop de temps à des sujets de moindre intérêt. Le MALAWI et le MALI
proposèrent d'établir un comité chargé de l'évaluation de
l'application.
Plusieurs Parties, dont le MALI, le NIGER, le
LESOTHO, le CAP VERT et le NEPAL, mirent l'accent sur les similarités
entre les Conventions de Rio, et reconnurent les avantages de la
coordination de leur mise en œuvre. L'UE déclara que la recherche
des synergies doit constituer un objectif majeur dans la mise en œuvre
au niveau tant national que communautaire.
L'UE souhaita, par ailleurs, voir le MM accorder
une priorité à la mobilisation des ressources disponibles. Le MALI,
avec le SENEGAL, le MALAWI, le BURKINA FASO et l'EGYPTE, encouragea
les Parties à accroître le soutien du MM pour lui permettre de
s'acquitter du mandat qui lui est confié. La MAURITANIE déclara que
le MM devrait disposer de trois groupes de travail, un pour chacune
des régions touchées et qu'il devrait organiser des réunions régulières
dans chacune des sous-régions d'Afrique pour l'élaboration des
modalités d'opération et la facilitation de l'accès aux fonds. Le
BURUNDI déclara que le MM devrait établir un système de
communication pour rapporter les résultats de ses activités. Le
NEPAL déclara que le MM pouvait jouer un rôle constructif au niveau
de l'articulation et de l'exécution des P.A.N. Le CAP VERT et le
BENIN mirent en exergue la nécessité d'une coordination efficace
entre le MM et le Secrétariat de la CCD.
Le GHANA, le MAROC et le BURUNDI recommandèrent
le renforcement du Secrétariat pour lui permettre d'accomplir son
mandat et appelèrent à l'approbation de son budget.
La MAURITANIE appuya l'adoption, pour le Secrétariat, d'une
stratégie à moyen terme donnant une priorité à l'Afrique. La CHINE
proposa l'adoption d'une stratégie par la CdP-4. MYANMAR déclara que
les unités de coordination régionales étaient susceptibles de jouer
un rôle important dans la promotion de la coordination au sein des régions
et dans la mise en œuvre des P.A.R. Le LESOTHO proposa d'intégrer
leurs financements dans le budget de la CCD. Le TADJIKISTAN appela le
Secrétariat à apporter un soutien financier à l'organisation d'une
réunion de coordination à Bangkok au profit de la région Asiatique.
Le MALAWI encouragea les gouvernements à renforcer les ONG, comme
moyen de promouvoir la démocratisation. Le KENYA appuya la décentralisation
et, avec l'ERYTHREE, la participation active des communautés locales,
des femmes et des jeunes.
Plusieurs Parties appelèrent les pays
industrialisés partenaires à mettre à disposition des ressources
nouvelles et supplémentaires pour aider les pays touchés à mettre
en application la CCD. Le KENYA appela le FEM à inclure la lutte
contre la dégradation des sols comme l'un de ses points de mire. Le
BENIN ajouta que le FEM devrait opérer comme mécanisme de
financement pour toutes les Conventions de Rio.
La ROUMANIE et l'INDE soulignèrent l'impératif
d'intensifier les travaux sur les systèmes de suivi et les bases de
données géographiques. La TANZANIE appela à un processus bien élaboré
pour s'assurer de l'intégration des connaissances traditionnelles et
des S.A.A dans la mise en application de la CCD. L'OUZBEKISTAN mit
l'accent sur la situation environnementale qui va en empirant dans la
région de la Mer d'Aral, et avec le MALAWI et l'ARMENIE, appuya l'élaboration
d'une cinquième annexe à la Convention
au profit de l'Europe Centrale et de l'Est. Le délégué ajouta que
cette dernière permettrait
de promouvoir la coopération inter-régionale pour la mise en œuvre
de la CCD et de refléter les besoins de ces pays.
Plusieurs Parties mirent en exergue les liens
entre pauvreté et désertification. Le GHANA affirma que la pauvreté
était exacerbée par les effets négatifs de la mondialisation et du
commerce international et, avec le BRESIL, appela l'OMC à revoir les
pratiques commerciales exerçant un impact adverse sur l'économie des
pays en développement. Le MAROC nota que les pays touchés ne sont
pas parvenus à mobiliser adéquatement les ressources nécessaires à
cause du fardeau du remboursement de leurs dettes. L'EGYPTE établit
un lien entre la lutte contre la désertification et les améliorations
concrètes devant être apportées au niveau de vie des populations
touchées.
LA GRANDE COMMISSION
ANNEXE DE MISE EN ŒUVRE REGIONALE
ADDITIONNELLE (ICCD/COP(3)/16): Le Secrétariat passa en revue les
efforts fournis depuis la CdP-1 pour l'élaboration d'une annexe de
mise en œuvre régionale au profit de l'Europe Centrale et de l'Est.
Bo Kjellén (Suède) qui facilita les consultations menées sur cette
question, indiqua que la proposition appelant à une annexe
additionnelle témoigne du caractère universel de la Convention. L'UE
encouragea l'ensemble des pays de la région qui ne sont pas encore
Parties de la CDD, à y accéder aussi tôt que possible pour
faciliter l'adoption de l'annexe à la CdP-4. Le G-77/CHINE réitéra
son soutien pour l'annexe, à condition que ces pays adhèrent à la
Convention. Le GROUPE AFRICAIN indiqua qu'il aurait quelques
amendements mineurs à apporter au projet de décision. Le GROUPE
AMERIQUE LATINE ET CARRAÏBES déclara qu'il exprimera son point de
vue concernant l'adhésion au Bureau, une fois l'annexe adoptée et
appuya l'idée d'une répartition géographique équitable au niveau
des adhésions. La SUISSE et le CANADA accueillirent favorablement le
projet d'annexe. Kjellén facilitera les concertations autour du
projet de décision.
PROGRAMME DE TRAVAIL DE LA CdP-4 ET DE LA
CdP-5: Le Président de la GC, Ashe, déclara que le Secrétariat
a élaboré un projet de décision sur ce sujet. Le projet englobe les
revues par la CdP-4: des rapports concernant la mise en application
par les pays touchés Parties, les P.A.S.R et les P.A.R des régions
autres que l'Afrique; le rapport du MM; le financement de la mise en
application de la CCD par les agences et
institutions financières multilatérales; les activités
visant � renforcer les liens avec d'autres conventions pertinentes;
et le programme et budget. Franklin Moore (Etats-Unis)
facilitera les consultations autour de ce projet.
STRATEGIE A MOYEN TERME: Michael Ellis (Royaume-Uni)
introduisit un projet de d�cision, indiquant que le principal �l�ment
op�rationnel prenait note de la strat�gie � moyen terme du Secr�tariat
et l'annexait � la d�cision pour information. Le texte requiert �galement
du Secr�tariat: l'�tablissement de priorit�s dans son programme
d'activit�s; la compilation, le r�sum� et la synth�se de tous les
rapports sur la mise en application; et un rapport sur ses activit�s � la CdP-6. Le projet fut
adopt� moyennant quelques amendements mineurs.
COOPERATION AVEC D'AUTRES CONVENTIONS: Franklin
Moore (Etats-Unis) introduisit le projet de d�cision et d�clara que
l'Islande a propos� un amendement demandant au Secr�taire Ex�cutif
d'accorder une attention � la prochaine CdP de la CCCC qui aura �
examiner des questions touchant � l'utilisation des terres, aux
modifications intervenues dans l'occupation des sols et � la
foresterie. Le Projet de d�cision demande encore au Secr�taire Ex�cutif
d'accorder une attention � la prochaine CdP de la CDB qui aura �
discuter du programme de travail sur la biodiversit� dans les zones
arides, et � collaborer avec les autres conventions pour faciliter
les �changes d'informations scientifiques et techniques. Les d�l�gu�s
adopt�rent le projet.
REVUE DE LA MISE EN APPLICATION DE LA
CONVENTION: Franklin Moore (Etats-Unis) rapporta qu'il restait des
divergences de points de vue sur ce sujet et demanda au G-77/CHINE, �
l'UE et au JUSCANNZ de mener des consultations actives.
LA TABLE RONDE INTERPARLEMENTAIRE
Quarante-trois Parlementaires issus de 23 pays
ont pris part � la session de table ronde pour d�battre du r�le que
les Parlementaires peuvent jouer dans la lutte contre la d�sertification
au niveau national. Se basant sur les r�sultats de la table ronde
tenue � Dakar au cours de la CdP-2, ils r�affirm�rent leur
engagement � concevoir des politiques �ducationnelles, scientifiques
et culturelles favorisant l'application de la CCD. Le Pr�sident de la
CdP-3, Sarney Filho, mit en relief la responsabilit� incombant aux
Parlementaires, en leur qualit� d'�lus officiels, d'accorder une
attention particuli�re � la condition humaine, et notamment aux co�ts
sociaux �lev�s ayant rapport avec les probl�mes de d�sertification.
Jaime Trobo, Union Parlementaire Intergouvernementale,
nota l'importance de l'implication des parlementaires dans le
processus de la CCD � travers le renforcement des cadres
institutionnels et l�gislatifs. Michel Temer, Pr�sident de la
Chambre des D�put�s Br�silienne et Pr�sident �lu de la session de
table ronde, nota la n�cessit� de mesures gouvernementales en faveur
de la lutte contre la d�sertification et souligna l'importance des
auditions publiques, des commissions gouvernementales, et des d�bats
nationaux pour le traitement des probl�mes de d�sertification.
Dans une session pr�sid�e par le S�nateur
Grant Chapman (Australie), les membres des parlements mirent l'accent
entre autres sur la n�cessit�: pour les pays qui ne l'on pas encore
fait, de ratifier la Convention dans les meilleurs d�lais possibles;
d'une implication plus marqu�e de la soci�t� civile et des
communaut�s locales, en particulier � travers l'attention au r�le
des femmes; du renforcement des capacit�s � travers l'�ducation,
les campagnes de conscientisation et la diffusion des bonnes pratiques;
du renforcement des cadres l�gislatifs et institutionnels; de
l'application des technologies modernes, telles que la biotechnologie;
et d'une assistance financi�re et technique accrue.
DANS LES COULOIRS
L'Arriv�e de plusieurs visages familiers au d�marrage
de la deuxi�me semaine de la CdP-3 a raviv� les espoirs d'un certain
nombre de participants de voir la m�moire institutionnelle et les
aptitudes de n�gociation qu'ils ram�nent avec eux permettre
revigorer les d�lib�rations de la CdP-3. Certains s'attendent,
cependant, � une longue semaine de consultations informelles,
notamment sur le programme et budget et sur les proc�dures d'�valuation
de l'application de la Convention. Des d�l�gu�s ont rapport� que
certains points du programme et budget doivent attendre les d�cisions
finales devant �tre prises sur d'autres questions � telles que
celles concernant la mise en application et le MM � ainsi que la r�solution
de bon nombre de questions pol�miques, dont celles de savoir si les
fonds peuvent passer d'une ligne budg�taire � l'autre et de conna�tre
la hauteur des financements globaux r�serv�s pour le MM et pour le
Secr�tariat. Les discussions informelles autour de la mise en
application de la Convention ont port�, croit-on savoir, sur le point
de savoir s'il fallait cr�er un nouveau comit�, avec quelques
propositions de compromis sugg�rant des alternatives concernant sa
composition, entre autres aspects.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Le Segment Sp�cial se r�unira
matin et apr�s-midi. Quarante orateurs sont pr�vus de s'adresser �
la CdP.
GC: La GC se r�unira � partir de 10h en
vue d'adopter des d�cisions concernant les questions en suspens.
TABLE RONDE INTERPARLEMENTAIRE: Les
Parlementaires poursuivront leurs d�bats autour du projet de d�claration,
ce matin, et de nouveau cet apr�s-midi.
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