Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 133
lundi 22 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTs DE LA CdP-3 DE LA CCD
VENDREDI 19 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la CdP-3 de la CCD ont
dialogué avec les ONG en séance Plénière et ont conclu, par
ailleurs, la troisième session du CST, au cours de la matinée. Ils
se sont réunis brièvement de nouveau en Plénière, l'après-midi,
pour procéder à la revue des progrès réalisés la
première semaine, puis, en Grande Commission, pour entendre
les rapports concernant le Mécanisme Mondial et du Fonds
International pour le Développement Agricole. Samedi, les
consultations informelles devaient se poursuivre autour des questions
de la stratégie à court terme, de la coopération entre les
conventions, de la mise en application de la convention et du
programme et budget.
LA PLENIERE
DIALOGUE AVEC LES ONG: Le Secrétaire Exécutif
de la CCd, Diallo, mit en relief le rôle important joué par les ONG
dans la facilitation de la participation du niveau communautaire.
MORABI (Cap Vert) présenta un exposé sur le partenariat réussi qui
existe entre le gouvernement, les ONG et la société civile, mettant
en lumière le rôle des associations d'agriculteurs et des femmes
dans le processus du P.A.N du Cap Vert. L'oratrice ajouta que les
programmes menés au niveau des municipalités formaient une base
pour l'initiation de plusieurs programmes nationaux et fit état
des sérieux problèmes auxquels les ONG se trouvent confrontées en
raison de l'inadéquation des financements et du renforcement des
capacités institutionnelles. ASSOCIATION FOR VOLUNTEERS FOR
DEVELOPMENT (Burkina Faso) focalisa son intervention sur le soutien
des activités de partenariat et souligna le besoin d'impliquer tous
les concernés dans les processus décisionnels et dans le suivi de
l'application. La DESERT RESEARCH FOUNDATION (Namibie) parla de son
expérience dans la gestion des partenariats. La représentante mit en
exergue la nécessité d'établir des partenariats à long terme avec
les détenteurs des enjeux, à travers les organisations
communautaires de base, et de prendre en ligne de compte la
participation des femmes.
Notant le rôle central des ONG dans la mise en
œuvre de la CCD, l'UE suggéra de leurs accorder davantage de temps
dans le programme de travail de la CdP. La NORVEGE réitéra le lien
entre la participation de la société civile, les droits humains et
la démocratie. L'EGYPTE appela à l'élaboration des critères,
lignes directrices et responsabilités de l'évaluation et à l'octroi
d'une assistance aux ONG pour l'amélioration de leurs performances.
L'ISLANDE, avec le BRESIL, la SYRIE et la MONGOLIE, encouragea les
Parties à s'assurer de l'implication des concernés et de la société
civile dans le processus des P.AN. L'orateur appela le RIOD, le CST et
autres à établir des indicateurs pour l'implication des ONG.
L'OUZBEKISTAN souligna l'importance des projets développés de manière
conjointe pour l'application de la CCD. L'AUSTRALIE nota la nécessité
d'interventions stratégiques pour la maîtrise des graves problèmes
de la dégradation des sols et des menaces économiques et sociales
associées. L'ALGERIE mit en relief l'impératif de décentraliser le
processus et de conférer davantage de pouvoir aux communautés
locales. Le CHILI nota le rôle joué par les ONG dans la formation et
les campagnes de conscientisation. L'ARGENTINE nota le besoin d'une
participation institutionnelle adéquate, de capacités de gestion
accrues, de l'établissement de réseaux, et de la mobilisation de
fonds. L'ARMENIE, avec la CHINE, exhorta les donateurs et les Parties
à soutenir le travail des ONG. Le représentant précisa qu'il
attendait avec impatience l'insertion d'une cinquième annexe dans la
convention pour la promotion de la mise en application de la CCD en
Europe Centrale et de l'Est. Le CAMEROUN fit état du manque d'accès
au crédit et à la terre comme principale entrave à l'implication
des femmes dans le processus de la CCD. La MAURITANIE déclara que les
procédures des organisations financières doivent être révisées et
que les programmes nationaux doivent trouver les financements nécessaires
au renforcement de l'action des ONG. L'AFRICAN-AMERICAN ISLAMIC
INSTITUTE mit l'accent sur la simplification des procédures d'accès
aux financements pour les projets communautaires de lutte contre la désertification.
Le PAKISTAN appela au financement de
la désertification à travers le FEM. Le KENYA et le NIGERIA
appuyèrent l'idée de canaliser le financement à travers des fonds
de développement nationaux.
RAPPORTS DE LA GC ET DU CST: La Plénière
se réunit l'après-midi pour procéder à l'examen des rapports de la
GC et du CST. Le Président de la GC, Ashe, rapporta que la GC s'est réunie
à trois reprises et qu'elle a réalisé des progrès substantiels,
notant toutefois qu'un certain nombre de points en suspens étaient
encore en train d'être examinés de manière informelle. Le Président
du CST, Munemo, déclara que le CST a conclu ses travaux et élaboré
des décisions sur les questions du fichier d'experts, des repères et
indicateurs, des connaissances traditionnelles, des SAA et du
programme de travail du CST. L'UE requit l'insertion de l'évaluation
de l'application de la CCD à l'ordre du jour du CST-4. Les délégués
s'accordèrent sur le report de l'examen des dispositions concernant
le fonctionnement du secrétariat permanent en attendant l'achèvement
des consultations.
AUTRES DECLARATIONS: Le PEROU, au nom du
Groupe d'Amérique Latine et Caraïbes, nota que les pays membres se
trouvaient dans le processus d'élaboration des P.A.N. L'oratrice
requit par ailleurs l'inclusion dans le Secrétariat d'un poste de
secrétaire technique pour le soutien des efforts fournis par ces
pays.
LA GRANDE COMMISSION
RAPPORT CONCERNANT LE MECANISME MONDIAL (MM): Per
Rydén (Directeur Général du MM) présenta l'Evaluation du Rapport
concernant les Politiques, les Modalités Opérationnelles et autres
Activités du MM (ICCD/COP(3)/11) et la Stratégie Opérationnelle du
MM (ICCD/COP(3)/CRP.3). L'orateur déclara que le MM exigeait la
disposition de ressources propres pour la réalisation de ses
fonctions d'édification des partenariats et d'assistance aux pays
dans le lancement des activités clés. Il nota que le FIDA a déjà
fourni US$2.5 millions des US$10 millions qu'il avait promis lors de
son offre d'accueillir le MM. Le solde sera fourni lorsque d'autres
bailleurs de fonds apporteront leurs contributions. Le MM est
actuellement en train de mettre en place une base de données et les
Parties sont requises de remplir un questionnaire conçu pour
s'assurer que sa conception répond bien aux intérêts de l'ensemble
des concernés.
Le BENIN, au nom du G-77/CHINE, appela à l'établissement
au niveau du personnel, d'un poste pour chacune des trois unités régionales:
l'Afrique, L'Amérique Latine et
Caraïbes, et l'Asie. Le délégué suggéra en outre que les
membres du Comité de Facilitation (CF) désignent un point focal pour
servir de relais avec le MM. Il souligna que les fonds promis par le
FIDA doivent être libérés et que le MM doit mettre à disposition
un inventaire exhaustif des mécanismes de financement bilatéraux et
multilatéraux. Il ajouta que le MM doit être en contact avec le
secteur privé. Il souhaita voir la stratégie opérationnelle soumise
à un examen approfondi à la CdP-4. L'UE souligna l'impératif d'intégrer
les questions touchant à la désertification dans les institutions du
CF et la nécessité pour le MM d'éviter les chevauchements avec le
travail du Secrétariat de la CCD. Il remit en question l'implication
du MM dans les projets à orientation technique. Au sujet de la stratégie
opérationnelle encore, l'orateur encouragea le MM à focaliser ses
activités sur l'accroissement de l'efficacité des ressources et mécanismes
de financement disponibles.
Répondant à la requête qui lui fut adressée
de présenter des rapports sur les réunions du CF, Rydén déclara
que le MM s'attelait à agir en tant que secrétariat pour le CF. Il
précisa que la question de savoir si le MM doit fournir des rapports
dépendait désormais de la CdP et nota que le principal objectif de
la mise en place de la base de données est d'aider à l'inventaire
des ressources disponibles entrepris par le MM. Le FIDA indiqua que
chacune des institutions du CF a désigné un point focal. S'agissant
des US$10 millions, la représentante affirma que les déboursements
seront effectués.
Les commentaires additionnels devaient inclure:
la nécessité pour les principes de la stratégie d'être reflétés
sous forme de plans d'action concrets (EGYPTE); des réserves
concernant le risque de voir l'initiative de la stratégie concernant
la séquestration du carbone se transformer en sujet de controverse en
raison de son examen en cours dans le cadre de la CCCC (TANZANIE); le
rôle du MM dans la question concernant la mise à disposition de
ressources nouvelles et supplémentaires pour le financement des
activités de mise en œuvre (CHINE); L'importance d'une bonne stratégie
de communication pour l'information des Parties de l'état
d'avancement des activités (SENEGAL); la nécessité de soumettre des
rapports concernant les réunions du CF (ARGENTINE); et l'opportunité
d'inclure des études d'auto-évaluations dans le rapport émanant du
MM (SUISSE). Le Président de la GC, Ashe, chargea les consultations
informelles facilitées par Michael Ellis (Royaume-Uni) d'approfondir
l'examen de ce sujet.
RAPPORT DU FONDS INTERNATIONAL POUR LE
DEVELOPPEMENT AGRICOLE: Vera Weill-Hallé, au nom de Takao Shibata
(Président Adjoint du FIDA), présenta le rapport du FIDA (ICCD/COP(3)/12
et Add.1 et CRP.4), mettant en relief la haute priorité accordée à
la désertification et aux approches participatives en matière de développement
et notant l'étroite collaboration du Fonds avec les ONG. L'oratrice
ajouta que fonds et subventions techniques étaient disponibles au
renforcement des partenariats des ONG et de la société civile. Elle
mit en exergue, par ailleurs, le travail des membres du CF dans la
conscientisation à propos de la CCD et se félicita de la récente
adhésion du PNUE et de la FAO dans le CF. Le BENIN, au nom du
G-77/CHINE, nota que le rapport ne donnait pas d'indication sur ce que
le FIDA était en train de faire pour mettre à disposition les US$100
millions qu'il a promis pour les projets entrepris dans le cadre de la
Convention. Le FIDA confirma son intention de consacrer ces fonds à
la gestion des zones arides.
PROJET REVISE DU M.E. CONCLU ENTRE LA CdP ET
LE FIDA: Le Secrétaire Exécutif de la CCD, Diallo, introduisit
la révision de texte du mémorandum d'entente (M.E.) (ICCD/COP(3)/10)
pour considération. L'UE fit part de sa satisfaction du nouveau
projet de texte. La MAURITANIE, au nom du G-77/CHINE, requit une étude
approfondie du M.E. et souhaita avoir des éclaircissements concernant
le rôle du FIDA dans la mobilisation des fonds. Le FIDA répondit
avoir fait preuve de son engagement par la libération d'une première
tranche de US$2.5 millions et par l'encouragement de la
Banque Mondiale � fournir des fonds. La repr�sentante indiqua
en outre qu'il n'�tait pas forc�ment pr�vu que le FIDA mobilise
directement les fonds, mais qu'il y apporte l'assistance jug�e
appropri�e par le MM. Le Pr�sident de la GC, Ashe, demanda aux
consultations informelles conduites par Franklin Moore (Etats-Unis) de
poursuivre la concertation autour du M.E.
LE COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE
LES SYSTEMES D'ALERTE AVANCEE (SAA): Le
Vice-pr�sident Valarezo indiqua que le groupe informel a propos� d'�tendre
les r�f�rences relatives aux �syst�mes d'alerte avanc�e� au
� suivi et � l'�valuation de la d�sertification.� La CHINE, le
JAPON, le KENYA et d'autres endoss�rent cet ajout. Le NIGERIA proposa
des SAA �pour le suivi et l'�valuation de la d�sertification.�
Le BRESIL sugg�ra des SAA �pour la s�cheresse et la d�sertification.�
La FRANCE, le SOUDAN, la SUISSE et d'autres apport�rent leur soutien
au maintien de la r�f�rence aux SAA, uniquement. Le Secr�tariat
sugg�ra de garder dans l'intitul�, la r�f�rence retenue par le
CST-2, aux SAA �dans leur sens le plus large� et de se r�f�rer
aux SAA �et au suivi et � l'�valuation de la d�sertification�
dans le texte. La FRANCE, l'EQUATEUR et d'autres approuv�rent. La
repr�sentante des PAYS-BAS proposa de pr�ciser que le groupe sp�cial
�labore sur les th�mes "scientifiques" et techniques
suivants, plut�t que sur �une s�lection de� th�mes. Elle
proposa �galement d'�tablir un lien entre l'�valuation et la pr�vision
des s�cheresses et le suivi de la D�cennie des Nations Unies pour la
R�duction des Catastrophes Naturelles. Le BRESIL protesta contre
l'adoption du libell� consacr� � l'�valuation et � la pr�vision,
�voquant l'absence de discussion � son propos. Le CST adopta le
projet de d�cision.
EVALUATION DES RESEAUX: Au nom du groupe
de travail informel, Le Vice-pr�sident Smith pr�senta les
propositions d'amendements au projet de d�cision. La repr�sentante
des PAYS-BAS, appuy�e par le CANADA, la FRANCE et d'autres, sugg�ra
que les dispositions contractuelles avec le PNUE doivent, tel que
mentionn� dans le Pr�ambule, faire r�f�rence sp�cifique � la
Phase 1. L'EGYPTE annon�a que le Groupe Africain avait d�cid� que
la phase pilote sera mise en ex�cution dans la sous-r�gion sud
africaine. Le projet de d�cision fut accept�.
PROGRAMME DE TRAVAIL DU CST: Le DANEMARK
souligna de nouveau la n�cessit� de rattacher le travail du CST �
la mise en application et sugg�ra que le CST-4 �mette des
commentaires sur les aspects touchant au CST dans les P.A.N. et dans
les rapports soumis par les pays, concernant les sujets des
connaissances traditionnelles, des SAA et des rep�res et indicateurs.
Le CANADA sugg�ra que l'examen propos� de la gestion des eaux et des
sols pouvait servir pour la consid�ration des applications des
connaissances traditionnelles, des indicateurs, et du suivi et �valuation
des SAA dans le cadre de la gestion durable des eaux et des sols, en
vue d'une mise en �uvre efficace des P.A.N.. Le d�l�gu� des
ETATS-UNIS ajouta une r�f�rence aux �rep�res� outre les "indicateurs"
et la NORVEGE sugg�ra d'inclure la prise en consid�ration des
travaux similaires et compl�mentaires r�alis�s dans d'autres
conventions. Les d�l�gu�s s'accord�rent sur le point de
focalisation du CST-4, tel qu'amend�.
L'EGYPTE remercia le Pr�sident et le Bureau du
CST d'avoir mener le Comit� � des projets de d�cisions raisonnables.
DANS LES COULOIRS
Au terme de la premi�re semaine de la CdP-3,
plusieurs participants ont fait part de leur d�ception concernant le
manque apparent d'enthousiasme pour la r�solution des questions en
suspens ayant rapport avec plusieurs points de l'ordre du jour. Des
murmures dans les couloirs ont laisser entendre qu'une proposition
appelant � un Mandat de Recife pourrait �tre pr�sent�e dans le
courant de la deuxi�me semaine. Certains d�l�gu�s esp�rent voir
une telle d�cision servir � revisiter et � r�affirmer les
engagements des Parties et � revitaliser le processus.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Le Segment Sp�cial se r�unira
tout au long des s�ances du matin et de l'apr�s-midi, dans la Salle
des Pl�ni�res. Plus d'une trentaine de d�clarations de ministres et
autres officiels gouvernementaux et de chefs d'organisations des
Nations Unies, sont attendues.
GC: La Grande Commission se r�unira �
partir de 15h pour examiner l'annexe de mise en �uvre r�gional suppl�mentaire
et les programmes de travail de la CdP-4 et de la CdP�5.
TABLE RONDE INTERPARLEMENTAIRE: Les
Parlementaires entament, ce matin, les travaux de leur table ronde.
|