Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 129
mardi 16 novembre 1999
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-3 DE LA CCD
LUNDI 15 NOVEMBRE 1999
Les délégués près de la Troisième Conférence
des Parties (CdP-3) de la Convention sur la Lutte Contre la Désertification
(CCD) se sont réunis au Palais des Congrès de Pernambuco, à Recife,
au Brésil, pour une cérémonie de bienvenue, durant laquelle le Président du Brésil, le
Secrétaire Exécutif de la CCD, le Ministre Brésilien de
l'Environnement, le Gouverneur de l'Etat de Pernambuco et le Maire de
Recife ont donné des allocutions d'ouverture. Les délégués
devaient ensuite entamer leurs travaux par l'élection du Président
et des membres du Bureau de la CdP-3, l'établissement d'une Grande
Commission et l'adoption de l'ordre du jour et du calendrier des
travaux.
La CEREMONIE DE BIENVENUE
Roberto Magalhães Melo, Maire de la Ville de Récife,
nota la pertinence de la tenue de la CdP-3 dans une région très
touchée par la sécheresse et la désertification et souligna que ces
problèmes sont souvent causés par des populations agissant de manière
non durable en raison de leur extrême pauvreté. L'orateur mit en
relief la nécessité davantage de connaissances et d'orientation
politique pour la lutte contre les problèmes de sécheresse et de désertification
et affirma que la CdP était en mesure d'offrir une telle opportunité.
Hama Arba Diallo, Secrétaire Exécutif de la CCD,
reconnut le rôle important que le Brésil a joué dans le processus
de la lutte contre la désertification et dans le développement
durable, et indiqua que son soutien de longue date et son engagement
effectif ont créer les conditions favorables à la progression précoce
de la mise en application de la CCD. Il souligna que le propos de la
CCD n'est pas seulement la mise en valeur des ressources naturelles,
mais qu'elle est également un instrument multilatéral au service de
la réduction de la pauvreté et du renforcement du développement
durable. L'orateur devait noter par ailleurs qu'en dépit du fait que
la Convention ne fournit pas des réponses à tous les problèmes posés
dans le processus de développement, ses lignes directrices ouvrent de
nouvelles opportunités pour la création de conditions de vie améliorées
pour les populations évoluant dans les zones arides, semi-aride, sèches
et sub-humides. Il mit également en exergue la nécessité d'élaborer
des accords de partenariat à travers des processus consultatifs et
des initiatives participatives dans le cadre des Programmes d'action
nationaux (PAN), et souligna l'importance de l'évaluation des
rapports concernant l'état d'avancement de la mise en œuvre de la
Convention, en particulier, en Afrique.
José Sarney Filho, Ministre Brésilien de
l'Environnement, rappela aux participants la misère que la désertification
apporte à beaucoup de gens à travers le monde. Il nota que les conférences
des Nations Unies tenues, entre autres, à Stockholm, Nairobi et Rio,
ont forgé les instruments de la lutte contre la menace que la désertification
fait peser sur un quart de la planète.
Il exprima son espoir de voir cette Convention s'avérer un
instrument à travers lequel la désertification pourra être
combattue et les régions touchées, aider dans leur essor économique.
Le Ministre se félicita des points de l'ordre du jour consacrés aux
indicateurs de désertification aux connaissances traditionnelles. Il
souligna la nécessité, pour les délégués, de prendre des mesures
permettant de s'assurer de la réussite du Mécanisme Mondial et de la
disponibilité de fonds adéquats pour que les pays puissent mettre en
œuvre leurs PAN respectifs.
Jarbas de Andrade Vasconcelos, Gouverneur de
Pernambuco, mit l'accent sur l'importance de voir tous les pays
rassemblés pour œuvrer en commun pour l'amélioration de la qualité
de vie des populations vivant certaines parties des plus arides de la
terre. L'orateur nota que nonobstant sa grande diversité
environnementale, le Brésil comptait de larges zones confrontées à
la désertification et la sécheresse, en particulier, dans les Etats
du nord-est. Il mit en
relief le défi que pose la mise en application la CCD pour inverser
les préjudices causés par la désertification dans ces Etats et
ailleurs dans le monde. Il appela à des solutions d'urgence et à un
programme doté d'objectifs bien définis pour faire face aux problèmes
posés et pour minimiser notre dette vis-à-vis des générations
futures.
Theo-Ben Gurirab, Président de l'Assemblée Générale
de l'ONU, nota l'engagement des Nations Unies à l'égard du développement
durable et de la protection environnementale. Il se félicita des 159
ratifications et accessions à la Convention et annonça que d'autres
pays s'apprêtaient à ratifier. Il souligna le rôle actif des pays
africains dans la mise en œuvre de la Convention et nota la
soumission, par certains d'entre eux, de rapports sur l'état
d'avancement de leurs activités ayant trait à l'exécution de la
Convention. L'orateur appela les autres pays à prendre l'exemple dur
l'initiative africaine et à y apporter des améliorations dans l'intérêt
du progrès. En sa qualité de Ministre des Affaires Etrangères de la
Namibie, Gurirab nota l'importance de la Convention pour les actions
menées par son pays dans le cadre de la lutte contre la désertification
et de l'assistance devant être apportée aux populations les plus
touchées. Il ajouta que pour cette raison, aboutir à des résultats
concrets à la CdP-3 est un élément crucial. Il indiqua que la mise
en application de la Convention doit être à des financements adéquats
et au transfert des technologies. Il attira l'attention sur le fait
que la CCD est la seule Convention à ne pas avoir le FEM pour mécanisme
de financement central, précisant que le Mécanisme Mondial devrait
avoir la capacité de permettre aux pays de faire face à la désertification
et à toutes ses conséquences. Il fit observer qu'il ne pouvait y
avoir de développement durable ou de protection environnementale,
l'atténuation des changements climatiques et la conservation de la
biodiversité comprises, si la Terre ne pouvait pas être protégée
de la désertification et de ses conséquences. Gurirab appela tous
les pays à ratifier la Convention d'ici la CdP-4.
Marco Antonio de Oliveira Maciel, Président en
Exercice du Brésil, mit en exergue l'engagement de son pays à l'égard
de l'environnement et de la promotion du développement durable. Il déclara
que le choix de Recife pour la tenue de la CdP-3 était un symbole
compte tenu du fait que cette ville est la capitale de l'un des Etats
brésiliens les plus gravement touché par la désertification.
L'orateur indiqua que la mission de la CdP-3 et son défi consistent
à s'assurer de l'application efficace des objectifs de la Convention
et souligna l'importance de la prise en compte des graves conséquences
économiques et sociales de la désertification. Il appela à
l'implication des différents concernés, tels que les institutions
académiques et les organisations intergouvernementales, et mit en
relief la nécessité du transfert des technologies et de
l'affectation de ressources financières. L'orateur conclut en
appelant les pays, notamment les plus riches, qui ne l'ont pas encore
fait, à ratifier la Convention. Il clôtura la cérémonie
d'ouverture par le lancement d'un nouveau timbre commémoratif brésilien.
LA PLENIERE
Hama Arba Diallo, Secrétaire Exécutif de la CCD
, ouvrit la Troisième Session de la Conférence des Parties de la
Convention sur la Lette Contre la Désertification. Le Président de
la CdP-2, Souty Touré (Sénégal), nota avec appréciation les
activités entreprises depuis la CdP-2, y compris le récent emménagement
du Secrétariat de la CCD à Bonn. Il nota l'engagement des organes de
mise en œuvre de la Convention et déclara que le nombre d'accessions
à la Convention indiquait que les Parties sont sur la bonne voie pour
inverser les effets de la désertification.
Les délégués devaient ensuite élire le
Ministre Brésilien de l'Environnement, José Sarney Filho, Président
de la CdP-3, par acclamation. Le Président Sarney Filho introduisit
le point 3 de l'ordre du jour, adoption de l'ordre du jour et
calendrier des travaux (ICCD/COP(3)/1 and Corr.1). Le CANADA proposa
que l'intégration des ONG dans le programme officiel se produise au
cours de la première semaine de manière à s'assurer que leurs
contributions puissent être d'un apport plus significatif aux délibérations
de la CdP. La représentante ajouta que les discussions préliminaires
avec le Secrétariat indiquaient qu'il était sans doute possible de
reporter l'une des sessions consacrées aux ONG au vendredi 19
novembre. Le Président Sarney Filho précisa que les déclarations prévues
lors de la Session Extraordinaire ne devaient pas dépasser cinq
minutes chacune. Les délégués adoptèrent l'ordre du jour et le
calendrier des travaux.
Le Président de la CdP-3, Sarney Filho, annonça
la nomination des autres membres du Bureau, y compris celle du Président
du CST, et rappela aux délégués que le règlement intérieur prévoyait
la désignation de neuf vice-présidents et du président du CST en même
temps que celle du Président, et que chacune des régions
géographiques devait être représentée par au moins deux membres.
Les nominations furent comme suit: Pascal Yoadimnadji (Tchad); Koffi
Santy Sany Adade (Togo); Khaled Al Sharáa (Syrie); Ali Bin Saad
Altokhais (Arabie Saoudite); Lazea Gheorghe (Roumanie); Jafarov Ogtay
(Azerbaïdjan); Maria Antónia Masana (Pérou); John Ashe (Antigua et
Barboude) (membre d'office); Sange de Silva (Canada); and Victor Louro
(Portugal). Louro servira également en qualité de Rapporteur. La
nomination du Président du CST revint à Moses Munemo (Zimbabwe).
Les délégués s'accordèrent sur l'établissement
d'une Grande Commission (GC) pour l'examen de la proposition d'une
annexe additionnelle, des Règles de Procédure en suspens, et des
annexes consacrées aux procédures d'arbitrage et de conciliation,
entre autres, et pour désigner John Ashe (Antigua et Barboude) à sa
présidence.
Les délégués examinèrent ensuite la
documentation concernant l'accréditation des organisations non
gouvernementales et intergouvernementales (ICCD/COP(3)/15 and Add.1).
Ils s'accordèrent sur l'accréditation d'une nouvelle organisation
internationale (ECOWAS/ CEDEAO, Economic Community of West African
States/Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest),
ainsi que cinquante-neuf ONG.
DANS LES COULOIRS
En dépit du calme relatif qui a régné sur
l'ouverture de la CdP-3, lundi après-midi, les couloirs du palais des
congrès de Pernambuca ont bourdonner du bruit des participants spéculant
autour des questions susceptibles de dominer les délibérations tout
au long des deux semaines à venir. Un certain nombre d'entre eux
devaient citer la Stratégie à Moyen Terme du Secrétariat qui avait
été abordée à la CdP-2, comme l'une des questions à suivre de près.
Quelques-uns ont estim�
que la strat�gie r�vis�e �tait meilleure que celle pr�sent�e �
la CdP-2 et qu'elle pouvait servir de point de d�part utile pour les
discussions, mais d'autres ont d�clar� qu'elle impliquait toujours
que le Secr�tariat poursuivra ses activit�s au-del� de son mandat.
D'autres participants ont attir� l'attention sur le point suspect
habituel � le programme et budget � mais ont exprim� l'espoir que
le d�bat sur cette question ne d�vie pas l'attention de la question
plus pressante concernant les exp�riences v�cues dans la mise en �uvre
de la Convention.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira �
partir de 10h dans la Salle Pl�ni�re pour entendre les d�clarations
d'un certain nombre d'organisations intergouvernementales, d'agences
des Nations Unies et d'ONG.
GC: La Grande Commission entamera ses
travaux � 15h et se penchera sur le calendrier des travaux et sur le
programme et budget.
CST: Le Comit� de la Science et de la
Technologie se r�unira le matin et l'apr�s-midi. Il commencera par
l'examen du fichier d'experts, de l'�valuation des r�seaux, des
organes menant des travaux pertinents au CST, des rep�res et des
indicateurs, et des connaissances traditionnelles
CONCERTATION FRANCOPHONE: une r�union des
pays ayant en partage la langue fran�aise est pr�vue � 18h en Salle
17. Elle portera sur les enjeux de la CdP-3, l'�tat des rapports
nationaux et la strat�gie devant �tre adopter pour renforcer les
capacit�s de n�gociation des francophones.
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