Publié par L'Institut International du Développement Durable
(IIDD)
Vol. 04 No. 128
lundi 15 novembre 1999
TROISIEME CONFERENCE DES PARTIES DE LA
CONVENTION SUR LA LUTTE CONTRE LA DESERTIFICATION
15-26 NOVEMBRE 1999
La Troisième Conférence des Parties (CdP-3) de
la Convention sur la Lutte Contre la Désertification (CCD) s'ouvre
aujourd'hui à Recife, au Brésil.
Les délibérations de cet événement de deux semaines sont
susceptibles de se dérouler en séances Plénières, dans la Grande
Commission (GC), dans le
Comité sur la Science et la Technologie (CST), dans une Table Ronde
Interparlementaire et dans des séances de dialogue organisées par
les organisations non gouvernementales (ONG).
La réunion du CST est prévue du 16 au 18
novembre et sera consacrée à l'examen, entre autres thèmes, de l'évaluation
des réseaux, des points repères et des indicateurs, des
connaissances traditionnelles et des systèmes d'alerte avancée. La
GC se réunirait tout au long des deux semaines pour examiner le
programme et budget, une annexe de mise en œuvre régionale supplémentaire
et les annexes renfermant les procédures d'arbitrage et de
conciliation, les règles de procédures en suspens, les procédures
et les mécanismes institutionnels prévus pour la résolution des
questions touchant à la mise en application, et le rapport du Mécanisme
Mondial. Un Segment Spécial sur la mise en Œuvre de la
Convention dans la région africaine se tiendra du 22 au 24
novembre. La Table Ronde Interparlementaire se réunira les 22 et 23
novembre pour discuter de la contribution que les parlementaires
pourraient apporter à la mise en œuvre. Deux séances d'après-midi
seront consacrées au dialogue organisé par les ONG les 24 et 25
novembre.
BREF HISTORIQUE DE LA CCD
La CCD fut adoptée le 17 juin 1994 et ouverte à
la signature en octobre de la même année à Paris. Elle entrait en
vigueur le 26 décembre 1996. A ce jour, 159 pays ont ratifié ou ont
accédé à la CCD. La Convention reconnaît: les aspects physiques,
biologiques et socio-économiques de la désertification;
l’importance de la réorientation du transfert technologique de manière
à le rendre plus adapté à la demande; et de l’implication des
populations locales. L'élément central de la CCD est le développement
de programmes d’action nationaux, sous régionaux et régionaux par
les gouvernements nationaux en coopération avec les bailleurs de
fonds, les populations locales et les ONG.
NEGOCIATION DE LA CONVENTION: En 1992,
l’Assemblée Générale de l’ONU, comme requis par la Conférence
des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (CNUED),
adopta la Résolution 47/188 qui appelait à l’établissement d’un
Comité Intergouvernemental de Négociation pour l'élaboration d'une
Convention Internationale sur la Lutte Contre la Désertification dans
les pays gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification,
particulièrement en Afrique (CIND). Le CIND se réunit à cinq
reprises durant lesquelles les délégués élaborèrent la Convention
assortie de quatre Annexes Régionales pour l’Afrique, l’Asie,
l’Amérique Latine et les Caraïbes, et la région Nord Méditerranée.
LA PERIODE INTERIMAIRE: En attendant
l’entrée en vigueur de la CCD, le CIND devait se réunir à 6
reprises entre janvier 1995 et août 1997 pour entendre les rapports
d’avancement de l’action d’urgence menée en Afrique et des
mesures intérimaires entreprises dans les autres régions, et pour
engager les préparatifs de la CdP-1. Les préparatifs inclurent la
discussion de sujets tels que le programme et budget du Secrétariat,
les fonctions du Mécanisme Mondial et les arrangements administratifs
qui s’y rapportent, et l’établissement du CST. En dépit des
progrès considérables réalisés, en particulier dans le domaine de
la coopération scientifique et technique, certaines questions
importantes, comme celles concernant la taille et la composition du
Bureau de la CdP, les
institutions hôtes et certaines fonctions du Mécanisme Mondial, n’étaient
toujours pas résolues à la fin de la dernière session du CIND.
La CdP-1: La Première Conférence des
Parties (CdP-1) de la CCD se réunit à Rome, en Italie, du 29
septembre au 10 octobre 1997. Le CST devait tenir simultanément sa
première session les 2 et 3 octobre. Les ordres du jour de la CdP-1
et du CST-1 portèrent principalement sur les questions d'organisation.
Les délégués choisirent Bonn, Allemagne, comme résidence du Secrétariat
Permanent, et le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA)
comme l'organisation devant administrer le Mécanisme Mondial. Sur
recommandation du CST, la CdP établit un groupe spécial pour la
supervision de la continuation du processus d'évaluation des repères
et indicateurs et décida de charger le CST-2 d'examiner les liens
entre les connaissances traditionnelles et la technologie moderne. Une
réunion Plénière fut consacrée au dialogue entre les ONG et les délégués.
Ces derniers devaient par la suite adopter une proposition appelant à
consacrer des réunions Plénières, au cours des CdP à venir, au
dialogue avec les ONG.
La CdP-2: La
Seconde Conférence des Parties (CdP-2) se réunit à Dakar, au
Sénégal, du 30 novembre au 11 décembre 1998. Le CST se réunit en
parallèle à la CdP du 1er au 4 décembre. Les délégués y approuvèrent
les dispositions relatives aux liens institutionnels entre la
Convention et le Secrétariat de l'ONU et à l'Accord concernant le Siège,
conclut avec le Gouvernement allemand. La CdP approuva également les
ajustements apportés à son budget et adopta les règles de procédures
en suspens concernant les membres du Bureau, mais garda entre crochets
le libellé concernant le vote majoritaire en l'absence de consensus.
Les pays d'Europe Centrale et de l'Est furent invités à soumettre à
la CdP-3 un projet d'annexe de mise en œuvre régionale. Le CST établit
un groupe spécial pour le suivi de ses débats sur les liens entre
les connaissances traditionnelles et modernes. Les délégués abordèrent
les décisions concernant la stratégie à moyen terme du Secrétariat,
l'adoption du Mémorandum d'Entente conclut entre la CdP et le FIDA
concernant le Mécanisme Mondial, et la proposition du G-77/Chine
appelant à l'établissement d'un Comité sur l'Evaluation de la Mise
en Œuvre de la Convention, mais décida d'en déférer l'examen à la
CdP-3.
LES RECENTES REUNIONS
Plusieurs réunions ont été organisées l'année
écoulée dans le cadre du suivi des décisions de la CdP-2 et/ou les
préparatifs de la CdP-3.
FORUM DES MAIRES: Les 11et 12 juin 1999
les villes de Bonn et de Rome, le Secrétariat de la CCD et le FIDA
organisèrent le second “Forum
Mondial des Maires sur les Villes et la Désertification” à Bonn,
en guise de suivi des recommandations du Forum de Rome de 1997, qui s'était
réuni en conjonction avec la CdP-1.
Plus de 100 maires et représentant des collectivités locales, issus
principalement des pays en développement touchés, se sont réuni
pour appeler à une implication plus effective dans la mise en
application de la CCD. Les propositions et discussions sont inclus
dans le projet de proposition du 'Cities Against Desertification
Programme (CADP)'. Les objectifs du CADP consistent: à promouvoir le
partenariat entre les collectivités locales pour la lutte contre la désertification;
à promouvoir et à faciliter l'échange d'information, de
connaissances et d'expériences, et de technologies entre les villes
pour la lutte contre la désertification au niveau local; et à élaborer
et à tester divers instruments et diverses procédures permettant de
mieux lutter contre la désertification au niveau local.
ATELIER STAP SUR LES INTERCONNEXIONS AVEC LA
DEGRADATION DES TERRES: L'Atelier STAP sur les Interconnexions
avec la Dégradation des Terres se
tint à Bologne, en Italie, du 14 au 16 juin 1999. Quarante experts
indépendants et les représentants d'agences des Nations Unies, tels
que le FEM, le PNUE, le PNUD et la CCD devaient y prendre part.
L'Atelier visait à cerner les interconnections de la dégradation des
terres avec les domaines de focalisation du FEM, et notamment ceux des
changements climatiques, de la biodiversité et de l'utilisation des
eaux internationales, en vue d'accroître le soutien du FEM aux
activités ayant rapport avec la dégradation des terres. Quelques-uns
mirent l'accent sur la nécessité d'une décision politique pour
l'intégration des projets de lutte contre la désertification/la dégradation
des terres dans le portefeuille du FEM.
GROUPE SPECIAL SUR LES CONNAISSANCES
TRADITIONNELLES: Sur la base de la décision de la CdP-2 de la CCD,
un Groupe Spécial de dix experts, présidé par Jean-Claude Bomba (République
centrafricaine), s'est réuni à Matera, en Italie, du 15 au 18
juillet 1999 pour identifier les expériences probantes et les
conclusions concernant les menaces et autres contraintes qui pèsent
sur les connaissances traditionnelles, les stratégies d'intégration
des connaissances traditionnelles avec les connaissances modernes et
les mécanismes de promotion et d'échange des approches réussies. Le
Groupe proposa que la CdP identifie et soutienne les processus locaux
d'innovation en matière de gestion des ressources naturelles et de
les inclure comme points de départ dans la mise en œuvre des
programmes d'action nationaux. Ils suggérèrent, entre autres, que la
CdP: facilite la compilation des travaux de recherches et
d'information concernant les connaissances traditionnelles dans les
bases de données et élabore des procédures
pour leur compilation; développe les méthodologies et les procédures
adéquates permettant de s'assurer que la recherche orientée vers
l'action est menée sous forme de dialogue horizontal authentique pour
la promotion d'approches de développement partant du bas vers le
haut, dans le domaine de la lutte contre la désertification; assure
le suivi des mécanismes à travers lesquels, la réciprocité entre
les connaissances traditionnelles et modernes est promue; évalue la
manière dont les réseaux créés par la CCD sont en train d'intégrer
les connaissances traditionnelles; et désigne de nouveau le présent
groupe pour l'élaboration des critères appropriés, des méthodologies
et des mécanismes permettant la mise en œuvre de ces activités.
PAYS VISES A L'ANNEXE IV: Les Ministres et
les points focaux des pays visés à l'Annexe IV (région Nord Méditerranée)
se sont réunis à Lisbonne, au Portugal, les 17et 18 juin 1999 pour
discuter des progrès réalisés dans leurs Programmes d'Action
Nationaux. Ils considérèrent par ailleurs l'élaboration d'un
Programme d'Action Régional et l'amélioration de la coopération
avec d'autres régions. Un groupe d'expert fut établi pour préparer
les Termes de Référence du Programme d'Action Régional pour les
pays visés à l'Annexe IV.
ATELIER TECHNIQUE ASIE � AFRIQUE SUR LES
SYSTEMES DE DETECTION A DISTANCE: Quarante-cinq experts venus
d'Afrique, d'Asie et d'organisations internationales, r�gionales et
sous-r�gionales, se sont r�unis � P�kin, en Chine, les 22 et 23
juillet 1999 pour l'Atelier Technique Asie � Afrique sur les Syst�mes
d'Alerte Avanc�e (SAA). Les participants discut�rent de la coop�ration
inter-r�gionale dans le domaine de la lutte contre la d�sertification
et l'att�nuation des effets de la s�cheresse. Ils recommand�rent
que le CST int�gre dans son programme de travail, une perspective
pour les interconnections actives entre les annexes de mise en �uvre
r�gionales et renforcer la coop�ration inter-r�gionale. Les pays
africains Parties furent encourager � identifier une institution ou
en ensemble d'institutions capables d'agir comme points focaux R�gionaux
africains dans la coop�ration SAA inter-r�gionale et de participer
dans l'�tablissement d'un plan pour la promotion de la coop�ration
inter-r�gionale pour l'am�lioration des SAA � travers la
normalisation des donn�es, le renforcement des capacit�s, la
formation et la recherche.
RESEAU DU PROGRAMME THEMATIQUE ASIATIQUE: Des
points focaux nationaux, des experts et des repr�sentants
d'organisations internationales, sous-r�gionales et d'ONG se sont r�unis
� P�kin, en Chine, les 26 et 27 juillet 1999 pour participer � la r�union
du lancement du R�seau du Programme Th�matique Asiatique sur le
Suivi et d'Evaluation de la D�sertification pour l'Asie (RPTA). Les
participants s'accord�rent pour dire que l'objectif g�n�ral de la
RPTA consiste � am�liorer le suivi et l'�valuation des capacit�s
en Asie, � travers l'�tablissement d'un r�seau capable d'harmoniser
la gestion des donn�es, les m�thodes analytiques, le renforcement
des capacit�s et la recherche dans le domaine de l'utilisation des
nouvelles technologies d'information et des technologies bas�es sur
l'espace, aux fins de permettre la prise de d�cision en mati�re de d�veloppement.
Les activit�s prioritaires doivent inclure: une �tude sur le suivi
de la d�sertification et une �valuation des capacit�s, des
contraintes et des opportunit�s en Inde; l'�laboration et la
publication du bulletin des RPTA pour la mise � disposition de toute
l'information scientifique pertinente; le d�marrage d'un site web
interactif consacr� au RPTA; et de mettre � disposition de la r�gion
asiatique des cartes g�ographique
montrant l'�tendue de la d�sertification dans la r�gion.
REUNION REGIONALE DES PAYS D'AMERIQUE LATINE
ET DES CARA�BES: Les Parties d'Am�rique Latine et des Cara�bes
pr�s de la CCD, se sont r�unis � Lima, au P�rou, du 9 au 12 ao�t
1999 pour leur Cinqui�me R�union R�gionale. Les questions examin�es
incluaient les projets de mise en �uvre du Programme d'Action R�gional
(PAR), le M�canisme Mondial, les connaissances traditionnelles et les
pratiques qui s'y rapportent, l'harmonisation des politiques publiques
de lutte contre la d�sertification et l'Unit� de Coordination R�gionale,
r�cemment �tabllie.
Au sujet des PAR, les participants ont pris une d�cision
demandant du Pr�sident de la R�union R�gionale de d�battre avec
les diff�rentes agences financi�res des Nations Unies du soutien n�cessaire
aux projets approuv�s dans le cadre du PAR et appelant le M�canisme
Mondial � prendre, durant la CdP-3, des mesures pour l'inclusion des
projets �PAR dans son budget pour l'exercice 2000. Ils souhait�rent
voir le M�canisme
Mondial assurer le financement de la mise en �uvre de la plate-forme
de la Coop�ration entre l'Afrique et l'Am�rique Latine. Au sujet de
la technologie, des connaissances et des pratiques traditionnelles,
ils souhait�rent voir la CdP-3 �tendre le mandat du groupe d'expert
du CST. Les participants adopt�rent, par ailleurs, le projet
d'Harmonisation des Politiques Publiques de Lutte Contre la D�sertification,
tel que pr�sent� par le Secr�tariat, avec un certain nombre de pr�cisions.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE D'OUVERTURE: La CdP-3 commencera
ses travaux � 15h. Apr�s l'�lection du Pr�sident de la CdP, on
assistera probablement � des d�clarations politiques donn�es par
les repr�sentants d'un certain nombre d'organisations des Nations
Unies, d'ONG, et du Secr�tariat Ex�cutif de la CCD. Les d�l�gu�s
sont susceptibles d'adopter ensuite l'ordre du jour, d'�lire les
membres du Bureau, y compris le Pr�sident du CST, d'adopter le
calendrier des travaux, d'�tablir une GC, et d'envisager l'admission
d'observateurs.
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