Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 126 vendredi 11 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
JEUDI 10 DECEMBRE 1998
Les délégués près de la CdP-2 devaient, le matin, au cours
d'une brève séance Plénière, adopter deux projets de décisions,
et l'après-midi, dialoguer autour du processus des P.A.N. Ils
devaient également procéder, tout au long de la journée, à la
négociation d'un certain nombre de projets de décision dans les
groupes officieux et se réunir en GC, dans la soirée, pour
l'adoption de toutes les décisions.
LA PLENIERE
Les délégués entendirent deux déclarations et procédèrent à
l'adoption de deux décisions. Le SOUDAN nota que les approches
participatives étaient capitales pour les activités nationales
dans le domaine de la lutte contre la désertification et affirma
son engagement à mobiliser toutes ses ressources. L'orateur
appela les donateurs à apporter leur soutien à ces efforts. Le
JAPON annonça qu'il est devenu, jeudi, Partie signataire de la
CCD. Le délégué appela les Etats-Unis et les autres Parties
officieuses à conclure le processus d'accession au statut de
Partie signataire.
Les délégués adoptèrent le projet de décision du CST sur le
savoir traditionnel (ICCD/COP(2)/L.4/Rev.2) tel qu'introduit par
le Président du CST, Jabbari (Iran). La décision requiert du
Secrétariat de parachever sa compilation des connaissances
traditionnelles et d'explorer les voies et moyens de relier le
travail du CST sur le savoir traditionnel avec celui mené sur ce
même thème dans le cadre d'autres convention. Elle établit par
ailleurs un groupe spécial chargé de l'identification des
menaces posées au savoir traditionnel, des stratégies permettant
l'intégration des connaissances traditionnelles et modernes et
des mécanismes susceptibles de promouvoir les approches
probantes, et requiert du PNUE de traiter, dans son étude sur
les réseaux, la question des réseaux opérant dans le domaine des
connaissances traditionnelles et locales. Les délégués
procédèrent également à l'adoption du projet de décision
concernant les date et lieu de la CdP-3 (ICCD/COP(2)/ L.27), qui
se tiendra à Recife, au Brésil, du 15 au 26 novembre 1999.
LA SEANCE DE DIALOGUE AVEC LES ONG: La SUEDE s'adressa aux
participants au début de la séance pour les informer des efforts
fournis par l'UE comme suite au dialogue du jeudi dernier et aux
échanges informels du vendredi sur l'élaboration et la mise en
route des P.A.N, pour proposer un projet de décision sur les
P.A.N et le soutien que les bailleurs de fonds doivent accorder
au processus. Le délégué précisa toutefois qu'on n'est pas
encore parvenu à un texte commun et exhorta les ONG à encourager
les Parties pays en développement à identifier clairement leurs
priorités.
Octavio Perez Pardo (Argentine) coprésida la séance avec
Venkat Ramnayya (Youth for Action, Inde). Ramnayya introduisit
le dialogue sur le processus de développement des P.A.N et nota
l'importance d'instaurer un environnement favorable, y compris
au niveau des prises de décisions, de l'accès à la technologie
et de la pratique du libre choix. Concernant la participation de
la société civile et des communautés de base, Masse Lo (ENDA)
affirma que le niveau de participation est plus élevé et que les
P.A.N sont de meilleure qualité lorsque la société civile est
bien organisée et a une tradition d'activités d'ONG. Il
recommanda la promotion des stratégies d'information et de
conscientisation permettant de faciliter l'implication des
communautés locales et le rattachement des P.A.N aux plans
nationaux de développement. Il nota également que la dépendance
des mécanismes de coordination sur le financement extérieur
compromettait la viabilité à long terme et proposa
l'établissement de partenariat entre les ONG et le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.
Concernant la participation des populations touchées, et
notamment des femmes, dans le processus des P.A.N, Louabe Sock
(Womens Caucus de RIOD) déclara que les femmes sont lourdement
impliquées dans l'élaboration des P.A.N dans le monde en
développement, et en particulier en Afrique. L'oratrice cita une
étude de cas menée au Sénégal sur le rôle des femmes dans ce
domaine et appela à plus d'attention aux voix des femmes à tous
les niveaux. Le représentant de SCOPE/RIOD-Asie parla du rôle
des ONG dans la promotion de la participation des organisations
communautaires de base (OCB) aux préparatifs des P.A.N. Il
souligna le besoin d'explorer les voies et moyens de mobiliser
les OCB pour participer à la mise en uvre de la CCD et nota que
les ONG peuvent jouer un rôle dans l'établissement des liens
entre les OCB et les communautés nationales et celle
internationale.
Concernant le renforcement des capacités des OCB, des ONG et
des gouvernements, Naftali Onchere (EcoNews Africa) identifia
les voies et moyens d'améliorer les capacités locales, y compris
à travers la mise en place de réseaux locaux, l'assistance aux
femmes et le renforcement des institutions informelles du niveau
local. Il indiqua que les besoins prioritaires englobaient: la
sécurité due dans l'usage des ressources naturelles;
l'infrastructure, en particulier les réseaux routiers et
téléphoniques; la formation des paramédicaux; le développement
et la maîtrise des ressources en eau; les technologies peu
onéreuses et adaptées aux conditions locales; et la mise en
phase des programmes d'éducation avec les opportunités d'emploi.
Concernant les arrangements en matière de partenariat, Jurgen
Gliese (Groupe de Travail des ONG allemandes sur la
Désertification) présenta un rapport sur les thèmes
institutionnels en matière de partenariat. Il nota que les
partenariats étaient en général déterminés par le statut
juridique des institutions, leurs mandats politiques, leurs
niveaux opérationnels et leurs ressources financières et
humaines. Il indiqua par ailleurs que les partenariats étaient
assujettis à des dynamiques exigeant une "amélioration continue
des produits." Concernant l'expérience des pays d'Asie centrale
dans le domaine des P.A.N et de la société civile, Oleg Tsaruk
(RIOD-Asie Centrale) mit en relief l'exemple unique de la CCD
quant à son appel à la participation d'une large frange de la
société civile à toutes les étapes de l'élaboration et de
l'exécution des P.A.N. Il présenta l'expérience des ONG dans la
préparation des P.A.N en Asie Centrale et fit part de sa
préoccupation quant au manque de participation des ONG dans les
processus des P.A.N qui s'y déroulent.
Les délégués et les ONG devaient ensuite commenter les
présentations. Le délégué du TURKMENISTAN remit en question la
revendication de RIOD-Asie Centrale de représenter sa région
notant que très peu d'ONG existent dans son pays. Le TAJIKISTAN
nota que l'élaboration de son P.A.N démarrait à peine et
souhaita voir les ONG se joindre au processus. Les représentants
de RIOD et du gouvernement du KAZAKSTAN notèrent que des ONG s'y
sont développées ces toutes dernières années et y participent
aux activités environnementales. L'OUZBEKISTAN déclara que le
plus important c'est d'apporter des améliorations. Le KYRGYSTAN
déclara que la réussite ne sera pas possible sans le consensus.
HAITI, appuyé par le SENEGAL, déclara que le dialogue avec
les ONG a été instructif pour les représentants gouvernementaux
et suggéra au Secrétariat d'aider à le rendre systématique et
régulier. Le Réseau du Développement Durable pour l'Afrique
retraça le rôle actif des ONG dans l'historique du processus de
la CCD, notant l'importance de l'édification des partenariats
entre les gouvernements et les ONG. Ramnayya présenta une
synthèse du dialogue et recommanda: la tenue d'ateliers de
conscientisation et la mise en place de projets pilotes au
niveau local; la tenue d'une séance spéciale de dialogue avec
les ONG à la troisième réunion du CST; la volonté politique et
l'appui à l'intégration des communautés locales et des femmes
dans le processus des P.A.N; et l'organisation d'une réunion
préparatoire pour les ONG avant la CdP-3.
LA GRANDE COMMISSION
La GC re-confirma son adoption de la résolution exprimant la
solidarité avec l'Amérique Centrale (ICCD/COP(2)/L.7) ainsi que
des projets de décisions ci-après pour transmission à la
Plénière: les arrangements administratifs et de soutien du
Secrétariat, y compris les arrangements d'intérim (L.30); les
règles de procédures en suspens (L.35); l'accord concernant le
siège du Secrétariat Permanent (L.31); l'ajustement du budget
programmatique de la Convention de l'exercice 1999 (L.28); les
sessions ordinaires de la CdP (L.5); la collaboration avec
d'autres conventions (L.34); et la résolution de la question des
annexes de procédures d'arbitrage et de conciliation (L.33).
La GC devaient adopter par ailleurs: le rapport de la Table
Ronde Interparlementaire (L.40); la stratégie à moyen terme du
Secrétariat (L.38); le programme de travail de la CdP (L.36);
les procédures de communication des données et la revue de la
mise en uvre (L.37); la revue de l'application de la Convention
(L.39); les annexes de mise en uvre régionales et les
programmes et plates-formes de coopération interrégionale
(L.12/Rev.1); la coopération régionale entre les pays d'Europe
Centrale et de l'Est (L.32); le MM (L.18); et le protocole
d'accord entre CdP et le FIDA concernant le Mécanisme Mondial
(MM).
La décision sur le Rapport de la Table Ronde des
Parlementaires inclut la Déclaration comme annexe au rapport de
la CdP-2. La décision sur la stratégie à moyen terme du
Secrétariat décide de poursuivre la considération de ce sujet et
requiert du Secrétaire Exécutif l'élaboration d'un nouveau
document basé sur les commentaires et les propositions
présentées à la CdP-2 et sur les soumissions écrites transmises
par les Parties et reçues avant le 30 avril 1999, et la
soumission de ce document assorti d'un compendium à la CdP pour
examen. La TUNISIE clarifia que le document ICCD/COP(2)/6
(stratégie à moyen terme du Secrétariat) y sera également
inclus.
La décision concernant le programme de travail de la CdP-3
appelle entre autres à la revue des rapports sur la mise en
uvre des Parties pays africains touchés et des progrès réalisés
dans la formulation et l'exécution des plans d'action sous-
régionaux et régionaux en Afrique. Elle appelle la CdP-4 et, au
besoin, la CdP-5 à passer en revue les rapports sur la mise en
uvre des Parties pays touchés des régions autres que l'Afrique
et sur les progrès qui y sont réalisés dans la formulation et
l'exécution des plans d'action sous-régionaux et régionaux. La
décision concernant les procédures de communication des données
et d'évaluation de la mise en uvre appelle les organisations
intéressées à apporter leur soutien technique et financier pour
aider Parties pays touchés africains dans la compilation et la
communication des données devant être soumises à la CdP-3.
La décision concernant l'évaluation de l'application de la
Convention note qu'un délai supplémentaire est nécessaire pour
le traitement de ce thème et invite les Parties à présenter
leurs soumissions au Secrétariat d'ici le 30 avril 1999 pour
compilation et considération par la CdP-3. La décision requiert
par ailleurs du Secrétariat d'inclure la décision 10/COP.1 dans
l'ordre du jour de la CdP-3 et de transmettre à la CdP-3 le
projet de décision figurant dans le document ICCD/COP(2)/L.9
proposé par le G-77/ Chine, qui établit un Comité pour la Revue
de l'Application de la Convention.
La décision concernant les annexes de mise en uvre
régionales accueille favorablement la mise en place des plans
d'action régionaux, encourage les Parties pays en développement
touchés à poursuivre la formulation et l'exécution des activités
de mise en uvre interrégionale, requiert du Secrétaire Exécutif
de faciliter l'assistance à l'application effective et efficace
des plans d'action régionaux, et appelle la communauté
internationale à soutenir les plans d'action sous-régionaux et
régionaux. La décision concernant la coopération régionale entre
les pays d'Europe Centrale et de l'Est exhorte les pays
observateurs d'Europe Centrale et de l'Est à prendre les mesures
leur permettant de devenir Parties signataires de la Convention,
prend note des consultations officieuses visant la production
d'une annexe de mise en uvre régionale supplémentaire et invite
les pays à soumettre un projet de texte pour considération à la
CdP-3.
Dans la décision relative au MM, la CdP: note avec
préoccupation que le MM n'a pas commencé à opérer le 1er janvier
1998 comme indiqué dans la décision 24/COP.1; requiert du FIDA
la poursuite des modalités de sa collaboration avec la
communauté des ONG ainsi qu'avec les autres organisations
intéressées; requiert du MM d'établir un processus de
consultation et de collaboration avec les ONG ainsi qu'avec le
secteur privé; requiert une coopération entre le MM et le
Secrétariat de la Convention pour éviter le double emploi et
améliorer l'efficacité de la mise en uvre de la CCD; note le
soutien financier apporté sur une volontaire et réitère son
appel aux gouvernements, à l'ensemble des organisations
intéressées et au secteur privé, à prendre promptement les
nouveaux engagements volontaires nécessaires au soutien du
fonctionnement du MM; et décide d'entreprendre à la CdP-3 la
première évaluation des politiques, modalités opérationnelles et
activités du MM et de prendre les mesures appropriées sur cette
base.
Le projet de décision sur le protocole d'accord entre la CdP
de la CCD et le FIDA concernant les modalités et les opérations
administratives du MM décide de transmettre à la CdP-3, le
projet de d�cision ICCD/COP(2)/ L.19 soumis par le G-77/Chine et
appelle ceux � qui s'adresse le protocole d'accord, en attendant
son entr�e en vigueur, � agir comme s'ils y �taient d�j�. En
r�ponse � une demande d'�claircissement de la MAURITANIE sur la
R�gle 47 (1) (vote majoritaire dans l'absence de consensus), le
Secr�tariat indiqua que le projet de d�cision renfermait des
r�f�rences crochet�es � "la majorit� simple" et � la "majorit�
des deux tiers." Le paragraphe entier est �galement crochet�. Le
rapport requiert la consid�ration de cette question en suspens,
� la CdP-3.
DANS LES COULOIRS
L'impasse dans laquelle se trouverait le protocole d'accord
entre le FIDA et la CdP et la suggestion faite par la Su�de � la
communaut� des ONG de faire pression sur les d�l�gu�s du G-
77/Chine pour les amener � changer leur position vis-�-vis du
projet de d�cision propos� par l'UE concernant le soutien des
P.A.N ont donn� lieu � des sp�culations dans les rangs des
participants sur la situation du partenariat auquel appelle la
CCD et sur les implications sur son avenir. En d�pit de ces
d�couragements, la plupart des d�l�gu�s semblaient plut�t
satisfaits des r�sultats des groupes de contact et la GC.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re se r�unira � partir de 9h30 pour
prendre une action sur les d�cisions finales et pour adopter le
rapport de la CdP-2.
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