Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 125 jeudi 10 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
MERCREDI 9 DECEMBRE 1998
A cours des séances du matin et de l'après-midi du Segment
Spécial, les délégués ont entendu les déclarations de 6
ministres, 31 officiels gouvernementaux et 3 IO autres
représentants. Les délégués devaient par ailleurs négocier, tout
au long de la journée, un certain nombre de projets de décisions
dans les groupes officieux et se réunir en Grande Commission,
l'après-midi, pour la revue des progrès réalisés dans les
groupes officieux. Le groupe officieux sur la mise en uvre
devait se réunir en nocturne.
LE SEGMENT SPECIAL
Plusieurs orateurs devaient évoquer les activités nationales
et les efforts fournis dans leurs pays en rapport avec les plans
d'action nationaux et régionaux. Le KENYA donna un aperçu sur
les activités d'élaboration de son P.A.N, y compris
l'établissement d'un forum réunissant les différents concernés
et la détermination des besoins des ONG et des organisations de
base communautaire dans le domaine du renforcement des
capacités. Le BRESIL nota l'étendue de la désertification qui
l'affecte, y compris les pertes économiques qu'elle provoque et
qui atteignent US$800 millions par an. Le délégué indiqua que
son pays a lancé une campagne nationale de conscientisation sur
les conséquences de la désertification. Les activités nationales
de l'ARABIE SAOUDITE englobent des efforts visant à promouvoir
des semences résistant à la sécheresse et l'utilisation de l'eau
saline traitée dans le secteur agricole. La GAMBIE décrivit ses
activités nationales visant à concrétiser les obligations prises
dans le cadre de la CCCC, de la CCD et de la CDB. Le
représentant de NIUE déclara que la synergie entre les trois
Conventions de Rio facilitera pour son pays l'appréhension des
problèmes de dégradation des terres et de déforestation.
La TURQUIE parla de la coordination des politiques au niveau
national, en particulier dans le domaine de la reforestation. Le
TCHAD mit en exergue l'implication accrue d'un nombre
grandissant d'acteurs. Le GHANA est en train de renforcer les
capacités des institutions locales et cherche à forger des liens
étroits avec la communauté internationale. Le ZIMBABWE a pris
des mesures pour établir un fonds national pour la lutte contre
la désertification et mettre en place une cellule de travail
dans le domaine de l'éducation et la conscientisation, et est en
train d'aider les communautés à identifier et à mettre uvre des
projets. La LIBYE mit en relief son projet visant à transférer
l'eau potable du sud vers le nord. Le NIGERIA parla de son
Comité de Coordination Nationale pour le Contrôle de la
Désertification formé de représentants du gouvernement et des
ONG. Le délégué de la MONGOLIE déclara que, nonobstant sa
transition vers un nouveau système, son pays doit se conformer
aux principes écologiquement durables et économiquement
profitables. La BOLIVIE évoqua le programme d'action sous-
régional visant à résoudre le problème de la désertification
dans la région du plateau en Amérique du Sud. Le délégué
souligna la nécessité de la coordination entre les P.A.N et les
efforts sous-régionaux et régionaux. Le représentant de
l'EQUATEUR nota la participation active de son pays dans les
programmes sous-régionaux. Le MOZAMBIQUE parla de sa législation
nationale en faveur de la protection environnementale et son
programme national de financement de la mise en uvre de la
CCD.
Plusieurs intervenants mirent l'accent sur les questions
prioritaires nécessitant attention et action. Les domaines
prioritaires pour les participants au premier forum national de
l'OUGANDA devaient inclure l'échange d'informations, le
renforcement des capacités, la gestion et la conservation des
eaux et des sols, les sources d'énergie alternatives, le
développement des technologies appropriées et le soutien
institutionnel. L'ARGENTINE souligna que le développement doit
être durable et mit en relief l'importance de la coordination
des politiques au niveau national. MADAGASCAR donna un aperçu
sur son plan d'action environnemental applicable en trois
phases. Le délégué mit l'accent sur les approches participatives
employées pour rendre les communautés locales responsables de la
conservation et de la gestion durable des ressources. L'AFRIQUE
DU SUD souligna l'importance du renforcement des capacités à
tous les niveaux et mit en exergue le rôle vital des femmes dans
la mise en uvre de la CCD.
Les domaines prioritaires pour le P.A.N du BOTSWANA sont:
l'allégement de la pauvreté et l'habilitation des communautés à
travers la promotion d'alternatives durables pour les moyens de
subsistance; le renforcement des partenariats et des réseaux
entre les concernés; le renforcement des capacités; la mise en
place de mécanismes de mobilisation et de canalisation des
ressources financières; l'éducation et le développement
technologique; et le renforcement des capacités en matière de
recherche, de collecte, d'analyse et de diffusion des données.
Les PAYS DE L'ANNEXE IV appelèrent entre autres: à
l'établissement d'une coopération entre le Secrétariat de la CCD
et les agences de l'UE au niveau des projets pilotes; à la mise
en place d'un réseau pour le suivi de la désertification à
l'échelle nationale et à l'échelle du bassin méditerranéen; à
l'identification, l'élaboration et l'utilisation d'un ensemble
commun d'indicateurs d'impact; et à l'échange des connaissances
traditionnelles. ISRAEL suggéra d'explorer les voies et moyens
d'exploiter les avantages des zones arides, tels que: la douceur
des saisons hivernales pouvant rendre les cultures sensibles au
froid plus compétitives; l'abondance de la lumière
photosynthétique, à longueur d'année, pouvant faire de
l'aquaculture une alternative de subsistance profitable; et
l'abondance, l'intensité et la constance de l'énergie solaire.
TUVALU et les ILES COOK mirent l'accent sur les besoins de la
région du Pacifique Sud et requirent l'attention du Secrétariat
à cette région.
Le Président de la Table Ronde Interparlementaire de lundi
donna lecture à la Déclaration des Membres des Parlements. La
Déclaration appelle la société civile, les institutions
académiques, l'Union Interparlementaire et le Secrétariat de la
CCD à mobiliser des ressources financières pour le soutien de la
lutte contre la désertification, à publier et à transmettre la
Déclaration à tous les parlements nationaux pour attirer leur
attention et à organiser des réunions similaires dans les
futures CdP. Le LESOTHO a lancé aux membres de son parlement le
défi de réhabiliter deux sites par an. Le ROYAUME-UNI déclara
que l'action concrète doit rester le point focal du travail des
délégués.
Plusieurs organisations intergouvernementales évoquèrent les
voies et moyens à travers lesquels elles pourraient faciliter la
mise en uvre. Le PNUE déclara que le soutien qu'il peut
apporter à la CCD touche à quatre principaux domaines
d'expertise: les projets FEM; l'évaluation, y compris le travail
sur les repères et les indicateurs, l'évaluation des capacités
des institutions et des réseaux aptes à soutenir la Convention,
l'évaluation des bonnes pratiques, l'établissement de "registres
des connaissances," l'assistance dans le traitement des
questions scientifiques et techniques et l'aide dans la
promotion de la conscientisation concernant la Convention; les
synergies avec d'autres conventions et entre les efforts de
développement environnemental et socio-économique; et le soutien
de la coordination régionale à travers les six bureaux régionaux
du PNUE dont le renforcement est programmé, en particulier en
Afrique. La FAO peut soutenir la mise en uvre à travers, entre
autres, le rôle de médiateur et d'assistant technique qu'elle
pourrait jouer au niveau des P.A.N et à travers l'identification
et la dissémination des bonnes pratiques. La CNUCED peut jouer
un rôle à travers, entre autres, la fourniture de l'information
concernant les arrangements commerciaux préférentiels aux fins
de s'assurer de leur meilleure utilisation.
L'importance de la coopération internationale et des actions
entreprises par les pays industrialisés furent également
soulignée. La TUNISIE mit en relief les efforts consentis par
les pays en développement pour ratifier et mettre en application
la CCCC et la CDB et appela les pays industrialisés à soutenir
la mise en uvre de la CCD. L'orateur nota en substance que les
conséquences socio-économiques de la désertification
transcendaient les frontières et en faisaient un problème
mondial. MYANMAR appela à un soutien financier et technique
international pour la facilitation des projets anti-
désertification des pays en développement touchés. Le TCHAD nota
l'importance de la coopération internationale, précisant que "si
toutes les fourmis s'unissaient, elles pourraient soulever un
éléphant." Le ROYAUME-UNI indiqua qu'il envisageait
l'accroissement de son aide au développement pour les années à
venir et reconnut la nécessité d'améliorer la prise de
conscience des ses citoyens quant aux objectifs de la CCD. Le
DANEMARK évoqua le soutien continu qu'il apporte aux pays en
développement et appela la communauté des bailleurs de fonds
internationaux à coopérer d'avantage.
Les intervenants parlèrent également des questions touchant
aux instruments et aux organes de la CCD. L'ARGENTINE appela à
la définition des instruments pour faciliter la mise en place du
MM, mit en relief l'importance de la coopération
institutionnelle avec d'autres conventions et plaida pour un
engagement au soutien financier et technique du CST. La GAMBIE,
le BOTSWANA et le PEROU, entre autres, souligna la nécessité de
rendre le MM opérationnel. L'EGYPTE plaida pour la mise en route
du MM en 1999 et appela les pays à mettre à contribution des
ressources financières et techniques pour la réalisation de cet
objectif.
Le BURKINA FASO appuya l'établissement d'un comité chargé de
la revue de la mise en uvre, notant que les Parties se devaient
d'utiliser les mêmes critères d'évaluation. L'ANGOLA et les ILES
COOK apportèrent leur appui à l'appel lancé mardi par l'Italie
en faveur de l'élaboration d'un mandat de Dakar et d'un traité
assorti d'engagements précis.
Un certain nombre de délégués devaient évoquer les questions
touchant à la ratification. La RUSSIE décrivit son expérience
avec les systèmes de suivi et la formation d'experts et appuya
l'adjonction d'une cinquième annexe à la CCD, qui, devait
préciser le délégué, permettrait d'accélérer l'accession de son
pays à la CCD. La REPUBLIQUE DE COREE soumettra la CCD à son
assemblée nationale dans le courant de l'année prochaine. Le
BANGLADESH appela les pays qui ne l'ont pas encore fait, et en
particulier les pays donateurs, à accéder à la CCD.
LA GRANDE COMMISSION
La GC procéda à l'examen des rapports d'avancement soumis par
les groupes officieux. John Ashe (Antigua et Barbuda), Président
du groupe de contact sur le budget et le programme de 1999,
présenta et recommanda l'adoption d'un texte consensuel. Parmi
les dispositions retenues dans ce texte: l'approbation du budget
central révisé pour 1999 dont le montant est de US$6.1 million;
l'approbation de la création d'un nouveau fonds fiduciaire pour
la contribution annuelle extraordinaire apportée par le
gouvernement allemand; une requête au Secrétaire Exécutif de
soumettre à la CdP-3 un projet de budget programmatique pour
2000/2001; et l'adoption d'une échelle indicative des
contributions des Parties au fonds général de la Convention. La
GC adopta le texte.
Le Président officieux David Johansson (Finlande) déclara que
le groupe chargé de traiter les questions juridiques et
institution nelles était parvenu à s'accorder sur cinq projets
de décisions: les arrangements administratifs et le soutien au
Secrétariat, y compris les arrangements d'intérim; l'accord
concernant le siège du Secrétariat permanent; la revue de la
mise en uvre de la Convention; les annexes des procédures
d'arbitrage et de conciliation; et la collaboration avec
d'autres conventions. Le projet de décision relatif au protocole
d'accord entre la CdP et le FIDA concernant le MM est encore en
suspens.
Réagissant au projet de décision proposé pour les
arrangements administratifs et de soutien, la représentante des
ETATS-UNIS parla des difficultés que lui pose le paragraphe 3
qui appelle à l'imputation du financement des services de
conférence au budget régulier, précisant qu'en principe, ce sont
les Parties qui doivent en assumer les coûts. Elle mit en
exergue la parité avec ses conventions surs, notant qu'un
libellé similaire n'avait pas été adopté durant la CdP-4 de la
CCCC. La GC adopta le projet de décision relatif à l'accord
concernant le siège du Secrétariat permanent, qui approuve le
protocole signé le 18 août 1998 en attendant sa ratification par
la République Fédérale d'Allemagne.
S'agissant de la proposition de texte sur la revue de la mise
en uvre de la Convention, L'UE déclara que le paragraphe
proposé par le G-77/Chine et appelle la CdP à transmettre à la
CdP-3 le projet de décision figurant dans le document
ICCD/COP(2)/L.9, qui établit un Comité chargé de la Revue de la
Mise en uvre de la Convention, doit être placé entre crochets
compte tenu du fait qu'il n'y a pas eu d'accord sur ce point. Le
texte fut référé à un groupe officieux pour discussion
approfondie. Les projets de décisions concernant la résolution
des problèmes, les annexes des procédures d'arbitrage et de
conciliation et la collaboration avec d'autres conventions
furent adoptés.
La GC devait également adopter les textes des R�gles 22(1) et
31 (composition du Bureau) du r�glement int�rieur. Dans les deux
r�gles, apr�s "la n�cessit� de s'assurer de la r�partition
g�ographique �quitable et de la repr�sentation ad�quate des
Parties pays touch�s, en particulier ceux d'Afrique," la GC se
mit d'accord pour y ajouter "sans n�gliger les Parties pays
touch�s des autres r�gions." Concernant la R�gle 47 (vote
majoritaire dans l'absence de consensus) qui comporte encore des
crochets, la GC s'accorda pour refl�ter dans le rapport de la
r�union que le Bureau examinera ce sujet dans la p�riode
intersessions.
La GC adopta aussi le projet de d�cision transmis par le
groupe officieux sur les sessions ordinaires de la CdP,
moyennant un seul amendement. Jeudi, la GC examinera les
r�visions de texte des projets de d�cisions concernant les
annexes de mise en uvre r�gionales et les plates-formes de
coop�ration et les programmes interr�gionaux et la coop�ration
r�gionale entre les pays d'Europe Centrale et de l'Est. Le
Pr�sident officieux Chair Harold Acemah (Ouganda) d�clara
qu'apr�s une premi�re lecture du projet de d�cision sur le MM,
le groupe officieux dut constater que plusieurs questions
restaient encore � r�soudre et s'entendit pour tenir de
nouvelles discussions. L'orateur rapporta par ailleurs que le
groupe n'a pas eu le temps d'examiner les libell� portant sur la
strat�gie � moyen terme du Secr�tariat et la mise en uvre de la
Convention, mais qu'il le fera jeudi. La GC adopta � l'unanimit�
une r�solution exprimant sa solidarit� avec l'Am�rique Centrale.
LE GROUPE OFFICIEUX SUR LA MISE EN OEUVRE
Au cours de la s�ance nocturne du groupe officieux charg� de
la question de mise en uvre, les d�l�gu�s devaient adopter un
libell� renfermant une combinaison d'�l�ments des propositions
soumises par le G-77/CHINE et par l'UE pour le programme de
travail de la CdP et les proc�dures devant r�gir la
communication des donn�es et la revue de la mise en application.
Des participants rapport�rent que les derni�res questions
r�solues se r�f�raient au niveau de d�tail et � l'orientation
des �l�ments devant �tre revus � la CdP-3.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Ce matin, la Pl�ni�re entendra probablement des
d�clarations de Parties et d'observateurs et prendra une action
sur les projets de d�cisions �manant du CST et de la GC.
L'apr�s-midi, les d�l�gu�s sont susceptibles de tenir une s�ance
de dialogue avec les ONG.
GRANDE COMMISSION: La GC se r�unira cet apr�s-midi pour
examiner les projets de d�cision en suspens que les groupes
officieux doivent, selon les instructions qui leur ont �t�
donn�es, achever jeudi matin.
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