Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 124 mercredi 09 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
MARDI 8 DECEMBRE 1998
Onze ministres, 25 officiels gouvernementaux et 5 IO autres
représentants devaient, au cours des séances du matin et de
l'après-midi du Segment Spécial, traiter des voies et moyens de
promouvoir la mise en uvre effective et opportune de la
Convention (ICCD/COP(2)/5). La Grande Commission (GC) et un
certain nombre de groupes officieux se sont respectivement
réunis le matin et l'après-midi.
LE SEGMENT SPECIAL
Plusieurs orateurs mirent en exergue les activités nationales
menées dans le cadre de leurs P.A.N. Les efforts nationaux de
l'ALGERIE ont englobé le suivi et la télédétection dans les
régions sensibles. Les préoccupations des acteurs communautaires
du NIGER portent entre autres sur l'absence de sources d'énergie
alternatives au bois de chauffe. Le SALVADOR déclara que les
catastrophes naturelles doivent rappeler aux Parties leur
engagement pour la protection de l'environnement. Le délégué fit
état des activités menées dans le cadre de la coopération
régionale en Amérique Latine. Le TOGO souligna qu'il était temps
de faire le bilan des progrès réalisés depuis la CdP-1 et
exhorta les Parties à poursuivre l'élaboration de leurs P.A.N.
Le NEPAL souligna que le développement doit se focaliser sur
l'être humain et son environnement et que les activités conçues
dans ce cadre doivent viser l'allégement de la pauvreté.
L'expérience nationale de la TANZANIE indique l'importance de la
volonté politique et de la rigueur des mécanismes de
conscientisation, de l'harmonisation des activités
transversales, de la mise à disposition du soutien technique, de
la clarté des arrangements de partenariat, et de la fiabilité et
la durabilité des arrangements financiers. La JAMAIQUE attira
l'attention sur les problèmes et les besoins des petits Etats
insulaires en Développement.
Le SENEGAL affirma que la mise en uvre nécessitait la pleine
participation des communautés locales. La NORVEGE déclara que la
participation des femmes était vitale pour le succès de la CCD.
Le CAP VERT a proclamé l'an 2000 Année de la Lutte contre la
Désertification et travaille à la promotion de la
conscientisation publique. Le CHILI déclara que ses politiques
nationales ont été consolidées à l'échelle locale. La SYRIE a
mis en place plus de 30 réserves pour protéger la terre. L'IRAN
parla de la planification familiale et de ses rapports avec la
désertification. Le PNUD mit l'accent sur son soutien continu en
faveur du renforcement des capacités dans les pays touchés.
L'INDE offrit d'abriter le réseau régional de Gestion Agro-
forestière et de Conservation des Sols. L'OUZBEKISTAN évoqua les
efforts nationaux visant à relever les défis qui lui sont posés,
y compris les efforts de conversion des monocultures de coton.
L'ARMENIE appuya l'adjonction d'une cinquième annexe à la CCD.
Le KAZAKHSTAN nota que la désertification constituait un
problème inter états et donna un aperçu sur les efforts
conjoints menés avec les pays voisins. L'ESPAGNE parla du
soutien qu'elle apporte à un certain nombre de projets en
Afrique et en Amérique Latine. L'ETHIOPIE souligna le besoin
d'intégrer la lutte contre la désertification dans la stratégie
nationale de développement durable. Le MALI parla des réformes
nationales visant la décentralisation et ouvrant aux
collectivités locales la voie de la participation dans les
prises de décision relatives à la gestion des terres. La
FINLANDE estime que les P.A.N doivent couvrir tous les aspects
économiques et sociaux. La MAURITANIE appela à la mise en place
d'unités de coordination régionale en Afrique, Asie et Amérique
Latine et Caraïbes. Le MAROC annonça que le siège de
l'Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS), qu'il sert en
qualité de président, sera transféré de Paris à Tunis. Le CILSS
assura que les acteurs organisés de la société civile
sahélienne, en particulier les agriculteurs et les ONG, étaient
activement impliqués dans l'élaboration des P.A.N et que les
relations Etat / société civile sont en train de se développer
de manière positive. La CHINE déclara que la mise en uvre
effective exigeait des pays: de prendre conscience de
l'importance et de l'urgence du renforcement de la coordination
et de la coopération; de promouvoir activement le transfert des
ressources financières et des technologies vers les pays en
développements touchés; de renforcer la coopération Sud-Sud;
d'explorer et d'appliquer les nouvelles technologies; d'éduquer
et de mobiliser les populations des zones affectées; et
d'encourager les initiatives des communautés locales et des
partenaires sociaux.
L'UE affirma que les pays touchés étaient les mieux placés
pour faire bouger le processus et mit en relief les P.A.N en
tant qu'instruments important pour guider l'action. La SUISSE
déclara que les P.A.N permettent d'éclairer la politique
développementale globale et lui confèrent consistance et
efficacité. La CE nota que l'expérience des pays du Sahel dans
la gestion de la sécheresse qui a sévi dans les années 1970
offrait un enseignement de valeur aux pays touchés. L'ITALIE
proposa que le "mandat de Dakar" débouche sur un traité assorti
d'engagements spécifiques à la CdP-4, lorsque tous les plans
d'action régionaux seront approuvés.
Le financement de la mise en uvre et les thèmes
institutionnels devaient être également abordés. Le porte-parole
du G-77/CHINE réaffirma sa détermination de combattre la
désertification, précisant que la coopération internationale
dans le domaine du financement restait essentielle. L'UE a été
et continuera à être une source de financement majeure pour la
CCD, fera en sorte que les ressources seront utilisées de
manière plus efficace et aidera le MM dans la mobilisation des
ressources. La FRANCE appela les bailleurs de fonds bilatéraux
et multilatéraux à accroître la quote-part des fonds destinés à
la lutte contre la désertification et plaida pour une
utilisation plus efficiente des ressources.
Le Conseil du FEM a stipulé que la lutte contre la
dégradation des terres doit faire partie intégrante des
activités inscrites dans le cadre de sa stratégie
opérationnelle. Une nouvelle initiative du FEM, "Ateliers de
dialogue," donnera l'occasion de se familiariser avec
l'identification des projets, la manière d'accéder aux
ressources du FEM et le cycle des projets du FEM. La SUEDE
décrivit un processus en six étapes pour l'édification des
partenariats opérationnels, commençant par la mise en route d'un
processus de préparation ascendant dans les pays touchés et
progressant à travers l'identification des bailleurs de fonds
potentiels, la mise en place des P.A.N, et leur discussion avec
les donateurs. La CE souligna le besoin de s'assurer que les
communautés locales disposent des ressources nécessaires à la
lutte contre la désertification.
Le BENIN appela ses partenaires à mobiliser les ressources à
travers le MM et nota la valeur des initiatives et des actions
du Secrétariat. Le FIDA requit la CdP de lui fournir une
orientation pour le développement de ses potentialités et de sa
dynamique. L'ERYTHREE souhaita voir le MM devenir pleinement
opérationnel en temps opportun. Le PAKISTAN exprima l'espoir de
voir son fonds national pour la lutte contre la désertification
bénéficier d'une assistance adéquate de la part des donateurs.
Le MAROC déclara qu'une mise en application effective et rapide
de la CCD nécessitait la mise à disposition du Secrétariat
permanent, des moyens lui permettant de remplir son rôle, la
garantie du fonctionnement du MM, et la mise en uvre des P.A.N
avec la participation des partenaires du MM.
Le porte-parole du G-77/CHINE affirma qu'un Secrétariat fort
constituait la clé de voûte de la réussite de la mise en uvre.
La MAURITANIE déclara que le Secrétariat de la CCD doit disposer
de la liberté de s'acquitter de ses responsabilités. L'ALLEMAGNE
déclara avoir concrétisé sa part dans la facilitation du
démarrage du Secrétariat permanent en janvier 1999. Le
KAZAKHSTAN loua le travail du Secrétariat sur les repères et les
indicateurs et fit part de son intérêt à tester la méthodologie.
La FINLANDE déclara que le Secrétariat devait continuer à être
actif dans la promotion de la mise en place des plans d'action
nationaux et régionaux.
L'UE déclara que le CST doit fournir des conseils pratiques,
élaborer un programme de travail structuré et compléter les
travaux en rapport entrepris par d'autres organes. Le délégué
des ETATS-UNIS déclara que la CdP, le CST et le MM devaient
travailler ensemble et se focaliser sur l'identification et la
canalisation des ressources vers ceux qui en ont le plus besoin,
de manière aussi efficace et aussi rapide que possible.
L'ITALIE déclara que le mécanisme de souplesse de la CCCC
pouvait s'avérer un outil utile pour les efforts devant être
fournis dans le cadre de la CCD. Le TOGO nota les synergies
entre les conventions de Rio et appela à une coopération pour
l'harmonisation des actions aux niveaux national et régional. Le
représentant de la CCCC suggéra l'établissement d'une
coordination avec la CCD dans le domaine des dispositions
logistiques et administratives. Il appela à l'adoption d'une
vision scientifique intégrée, indiquant qu'il comptait sur le
PNUE, après renforcement de ses capacités, de réaliser ce
travail. Il souhaita également la relance de l'intégration des
rapports nationaux devant être élaborés dans le cadre des trois
conventions de Rio.
LA GRANDE COMMISSION
La GC procéda à l'examen de la promotion et du renforcement
des liens avec d'autres conventions pertinentes, les procédures
et mécanismes institutionnels de la résolution des problèmes
rencontrés dans la mise en uvre et, l'annexe des procédures
d'arbitrage et de conciliation. Le Secrétariat introduisit le
document ICCD/COP(2)/7 (collaboration et synergies entre les
conventions de Rio dans le cadre de la mise en uvre de la CCD).
L'orateur indiqua que le document étayait les raisons justifiant
la coopération avec les autres conventions, élaborait une
initiative pilote conjointe, passait en revue les principaux
aspect de la synergie et proposait des mesures pour
l'amélioration de la coopération entre les secrétariats des
conventions.
Le porte-parole du G-77/CHINE, appuyé par le GRULAC, l'EGYPTE
et l'INDE, souligna la nécessité d'améliorer et de renforcer les
activités de coopération entre les conventions et indiqua que
les questions touchant à la coopération institutionnelle étaient
encore en considération à l'Assemblée Générale. L'UE nota les
recommandations stipulées dans le chapitre consacré à
"l'Amélioration de la cohérence dans les divers processus et
organismes intergouvernementaux" du document of Rio+5, et appela
à des actions pour concrétiser ces étapes, éviter le double
emploi et accroître l'efficacité. L'EGYPTE suggéra d'insérer les
termes de référence de la coopération financière entre le FEM et
le FIDA. L'INDE souligna l'importance de la préservation de la
biodiversité à travers la CCD et souhaita voir la question des
brevets et l'importance qu'elle revêt dans les termes de
l'accord de l'OMC, reflétée dans le document. L'ISLANDE nota la
tendance, constatée dans le cadre de la CCCC, à limiter les
discussions sur les puits d'absorption aux seules activités de
foresterie et plaida pour l'insertion, dans le chapitre consacré
aux liens scientifiques et techniques, la réhabilitation des
terres dégradées, thème qui sert les objectifs à la fois de la
CCCC et de la CCD. Le Secrétariat prit note des interventions et
déclara que l'amélioration de la coordination et des synergies
au niveau du terrain sera reflétée dans les efforts futurs.
S'agissant des procédures et mécanismes institutionnels de
résolution des problèmes rencontrés au niveau de la mise en
uvre et l'annexe des procédures d'arbitrage et de conciliation,
le Secrétariat introduisit le document ICCD/COP(2)/10 et nota
que l'adoption des annexes nécessitera un amendement de la
Convention tel que décrit dans l'Article 30 de la CCD. Le porte-
parole du G-77/CHINE déclara que, comparé à la CCCC qui a
récemment décidé d'établir un processus de consultation
multilatéral, la CCD est une convention jeune et que la mise en
place d'un tel processus nécessiterait un débat plus approfondi.
Concernant l'annexe, l'orateur appela à l'établissement d'un
groupe d'experts spécial pour débattre du sujet et en référer à
la CdP-3.
L'UE déclara que les procédures doivent avoir un caractère
simple, non-conflictuel, coopératif, consultatif et, appuyée par
le groupe JUSCANZ, adapté aux circonstances de la Convention.
L'UE, appuyée par le groupe JUSCANZ, appela le Secrétariat à
compiler les soumissions pour la CdP-3, en tenant compte de
l'expérience des autres conventions. Le porte-parole du groupe
JUSCANZ déclara que l'établissement d'un groupe spécial était
prématuré et que la CdP se devait de procéder par étapes, la
première étant la compilation des points de vue et leur
soumission à la considération de la CdP-3.
La MAURITANIE et la CHINE déclarèrent que les positions du G-
77/CHINE et de l'EU/ JUSCANZ n'étaient pas nécessairement
contradictoires. La MAURITANIE déclara que la CdP-2 pourrait se
mettre d'accord pour référer ce sujet à un groupe spécial ouvert
pour le discuter et faire des recommandations à la CdP-3, et
procéder dans l'intérim à une compilation des points de vue qui
pourrait servir de plate-forme aux discussions. L'EGYPTE et la
CHINE soulignèrent qu'à elle seule, la compilation des points de
vue serait insuffisante et qu'un groupe de travail ouvert est
indispensable au d�bat. La SYRIE d�clara que la mise en uvre de
la Convention doit d'abord commencer, en particulier au niveau
de la mise en op�ration du MM, et c'est seulement � partir de l�
que la CdP pourrait pr�voir les diff�rends susceptibles de
surgir et adopter les mesures appropri�es.
DANS LES COULOIRS
Le groupe officieux charg� des questions juridiques a
d�battu, durant l'apr�s-midi, de la proposition de d�cision sur
la revue de la mise en uvre de la Convention. Le G-77/Chine a
propos� l'�tablissement d'un Comit� charg� de la revue de la
mise en uvre de la Convention mais d'autres d�l�gu�s ont
pr�f�r� aborder le sujet � la CdP-3, comme convenu dans la
D�cision 10/COP.1. Le projet de texte du Secr�tariat refl�te ce
dernier point de vue et invite les Parties � pr�senter leurs
soumissions �crites d'ici le 30 avril 1999. Le groupe est par
ailleurs parvenu � s'entendre sur l'accord concernant le si�ge,
suite � des contacts bilat�raux entre le G-77/Chine et l'UE. Le
groupe officieux sur la mise en uvre approuva les textes
portant sur les sessions ordinaires de la CdP et sur les
programmes d'action r�gionaux.
Le groupe de contact sur les questions budg�taires est,
croit-on savoir, pr�t de conclure un accord. Des participants
ont rapport� que l'une des contributions allemandes sera
transf�r�e � un fonds sp�cial et compens�e par une �pargne au
niveau du Secr�tariat, compte tenu du niveau du co�t de vie
relativement peu �lev� � Bonn. En r�sultat de quoi, les
contributions des diff�rentes Parties resteront sensiblement les
m�mes.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Vingt-six orateurs sont susceptibles d'intervenir
sur le th�me des voies et moyens de promouvoir la mise en uvre
effective de la Convention, au cours des s�ances du matin et de
l'apr�s-midi du Segment Sp�cial.
GRANDE COMMISSION: La GC se r�unira probablement dans
l'apr�s-midi.
GROUPES OFFICIEUX: Les groupes officieux �tablis pour la
n�gociation des projets de d�cisions pour la GC ont �t�
instruits d'achever leurs travaux avant mercredi soir.
|