Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 123 mardi 08 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
LUNDI 7 DECEMBRE 1998
Le matin, les délégués près de la CdP-2 de la CCD se sont
réunis en Plénière pour entendre un certain nombre de
déclarations et pour examiner les projets de décision émanant du
CST. L'après-midi, une réunion informelle de la Grande
Commission devait établir deux groupes officieux et considérer
un certain nombre de projet de décision. Les participants
devaient également assister à une Table Ronde Interparlementaire
qui a duré toute la journée.
LA PLENIERE
Le Vice-Président Ali Saad Altokhais (Arabie Saoudite) ouvrit
les travaux de la Plénière et introduisit les orateurs de la
matinée. Le JAPON nota que sur la base de la récente décision
prise par la Diète nippone, le Japon deviendra Partie de la CCD
à partir du 10 décembre 1998. Le délégué donna un aperçu sur la
coopération entretenue par son pays dans le domaine de la lutte
contre la désertification et des questions qui s'y rapportent, y
compris sur la seconde Conférence Internationale de Tokyo sur le
Développement Africain qui a eu lieu au mois d'octobre dernier
et présenta les solutions devant être apportées aux problèmes
environnementaux comme formant un thème transversal pour
l'avancement du développement. L'orateur devait souligner par
ailleurs l'importance de l'utilisation efficace et efficiente
des ressources limitées. La BANQUE MONDIALE mit en exergue les
efforts dans le domaine de la lutte contre la dégradation des
sols et la gestion des terres, notant que la désertification
devait être abordée dans une perspective à la fois
développementale et environnementale. Le représentant indiqua
que les procédures internes de l'institution lui permettaient de
s'assurer de la représentation des considérations
environnementales et sociales dans ses activités. Il loua le
FIDA pour son rôle dans la promotion du Mécanisme Mondial, fit
état de ses efforts de collaboration en tant qu'agence
d'exécution du FEM et indiqua que la CCCC était susceptible de
faire des projets de mise en valeur des sols autant de projets
éligibles dans le cadre du Mécanisme pour un Développement
Propre.
Le représentant d'une ONG parla au nom des participants à la
12ème Session du Forum Mondial sur la Biodiversité tenu les 5 et
6 décembre 1998 à Dakar. Plus de 160 participants représentant
les institutions de recherche, d'éducation et de gestion des
ressources, le secteur privé, le gouvernement, les ONG et les
communautés locales devaient prendre part à ses travaux. La
Réunion consista en quatre ateliers sur les innovations en
matière de financement, sur les liens entre la biodiversité et
la désertification, sur les liens entre les changements
climatiques et la désertification et sur les savoirs
traditionnels.
Le Forum recommanda à la CdP de la CDD: d'aider les Parties à
minimiser les coûts et par là même à réduire les pressions sur
les sources de financement disponibles, en collaboration avec
d'autres processus et conventions; de soutenir la participation
des communautés indigènes et locales aux réunions et discussions
de la CCD; d'encourager le FEM à financer la mise en application
de la CCD; de faciliter le dialogue entre les organes
subsidiaires des trois Conventions de Rio au niveau des
interconnections scientifiques et technologiques; d'établir des
synergies entre les conventions ayant trait à la biodiversité et
à la désertification; et de développer, dans le domaine des
savoirs traditionnels, des liens de collaboration avec le groupe
de travail ouvert de la CDB sur le savoir traditionnel récemment
formé, en tenant compte de la protection des droits de propriété
intellectuelle. Des recommandations y devaient également être
adressées aux gouvernements nationaux et aux agences qui en
relèvent: d'explorer des sources de financement innovantes pour
la facilitation de la mise en uvre de la CCD au niveau local,
national et régional; de développer des mécanismes permettant
aux communautés indigènes de participer dans les processus
décisionnels; et d'accroître leur accès à l'aide financière.
DECISIONS DU CST: Le Président du CST, Jabbari, introduisit
les projets de décision (ICCD/COP(2)/L.1-4, L.4/Rev.1 et CRP.3).
les délégués procédèrent à l'adoption des décisions suivantes
telles qu'amendées par le CRP.3: le Fichier d'Experts
Indépendants (L.1), Les Autres Organes Menant un Travail
Similaire à celui Envisagé pour le CST (L.1), Etude d'Evaluation
des Réseaux, Institutions, Agences et Organes Existants (L.1),
et Les Repères et les Indicateurs (L.2). L'ALGERIE demanda s'il
était approprié que le travail sur les repères et les
indicateurs, qui relève du Secrétariat, soit confié aux Parties.
Dans la décision concernant le Programme de travail du CST,
l'UE proposa d'ajouter "la gestion des eaux et des sols" comme
thème pour le CST-3 et d'indiquer que la réunion intersession du
Bureau doit être organisée "dans la limite des ressources
disponibles." La SUISSE proposa l'adjonction d'un nouveau
paragraphe appelant les Parties à soumettre des contributions
concernant leurs propres expériences avec les systèmes de
télédétection précoces, au plus tard le 31 mars 1999, pour
faciliter les débats du CST-3. Le Président du CST fit remarquer
que la seconde proposition de l'UE et la proposition de la
Suisse n'avaient pas été abordées durant les discussions du CST.
Le Président requit des délégués de tenir des consultations
officieuses et de différer l'adoption à une date ultérieure. La
considération de la décision sur le savoir traditionnel
(L.4/Rev.1) fut reportée en attendant l'élaboration de la
seconde révision de texte.
LA GRANDE COMMISSION
La GC devait se réunir officieusement l'après-midi. Six
projets de décision préparés par le G-77/Chine furent distribués
aux délégués. Les délégués débattirent du point de savoir s'ils
étaient prêts pour une première lecture des décisions. Un
certain nombre d'intervenants soulignèrent le fait qu'il ne
restait pas beaucoup de temps avant la clôture de la CdP-2 et
leur souhait d'éviter le recours à des séances nocturnes, et
proposèrent que les discussions soient entamées sans outre
délai. Parmi les motifs présentés par ceux qui n'étaient pas en
faveur du démarrage de la première lecture: le fait que les
textes n'étaient disponibles qu'en langue anglaise uniquement,
le besoin de revoir les projets et le fait que certains étaient
en train d'élaborer des projets de décision qu'il fallait
considérer en même temps que les autres. Le Secrétariat déclara
que les six projets du G-77/Chine plus trois autres seront
disponibles dans toutes les langues des Nations Unies, mardi.
Les autres groupes étaient encouragés à faire circuler
officieusement leurs projets.
Le Président proposa d'établir trois groupes officieux pour
des réunions informelles conduites par des présidents officieux.
Ces groupes seraient chargés d'examiner les projets de décision
et les papiers officieux des groupes régionaux et d'intérêt. Les
thèmes officieux seraient les arrangements juridiques et les
arrangements institutionnels et d'application. Le groupe
informel chargé des arrangements juridiques, dont le président
officieux sera David Johansson (Finlande), abordera la question
des arrangements institutionnels avec le Secrétariat, l'accord
avec l'Allemagne concernant le siège du Secrétariat, les annexes
relatives à l'arbitrage et à la conciliation, le Protocole
d'Accord avec le FIDA concernant le MM, et les règles de
procédure en suspens. Le groupe sur les arrangements
d'application, dont le président officieux sera Harold Acemah
(Ouganda), se penchera sur le programme de travail de la CdP-3,
les procédures devant régir la communication et l'information,
la stratégie à moyen terme et le MM. Le groupe chargé des
arrangements institutionnels, dont la présidence officieuse sera
assurée par Thérèse Adam (Suisse), examinera les annexes
régionales de mise en uvre, la collaboration avec d'autres
conventions et la revue de l'application.
Quelques délégués notèrent qu'un groupe restreint était déjà
formé pour l'examen du budget, ce qui portait le nombre total
des groupes à quatre, et proposèrent d'assigner les thèmes
prévus pour le groupe informel sur les arrangements
institutionnels aux deux autres groupes informels. Le groupe
chargé des arrangements juridiques se vit ainsi provisoirement
confier la revue de l'application et la collaboration avec
d'autres conventions; et le groupe chargé des arrangements
d'application acquit le thème des annexes régionales de mise en
uvre. Le Président précisa que cette répartition n'était pas
définitive.
LA TABLE RONDE INTERPARLEMENTAIRE
Trente-six parlementaires issus de 22 pays, deux
organisations intergouvernementales et une ONG devaient prendre
part aux séances du matin et de l'après-midi de la Table Ronde
Interparlementaire tenue à l'invitation du Secrétariat de la
CCD, de l'Assemblée Nationale du Sénégal et de l'Union
Interparlementaire pour discuter du processus de mise en uvre
de la Convention et émettre un projet de déclaration pour la
CdP-2. Cheikh Abdoul Kadre Cissokho, Président de l'Assemblée
Nationale du Sénégal, présida la Table Ronde. Tana de Zulueta
(Italie), Ohki Hiroshi (Japon), Hugo Andres Araujo de la Torre
(Mexique) et Grant Chapman (Australie) servirent en qualité de
Vice-Présidents et Jean Ziegler (Suisse) en qualité de
Rapporteur. Le Secrétaire Exécutif, Diallo, déclara qu'il
espérait voir le débat fournir un enrichissement quant à la
contribution que les parlementaires peuvent apporter à la mise
en application de la Convention et un éclairage sur le rôle des
législateurs dans l'amélioration de la prise de conscience. Un
participant ajouta que les parlementaires devaient également
corriger la désinformation.
Les Parlementaires notèrent le lien entre la lutte contre la
désertification et la lutte contre la pauvreté et différentes
autres préoccupations socioéconomiques, ainsi que le rapport
entre la lutte contre la dégradation des sols et le
développement durable. Certains d'entre eux affirmèrent que la
CCD était étroitement liée aux deux autres Conventions de Rio et
appelèrent à leur traitement de manière égalitaire.
Les Parlementaires appelèrent par ailleurs à une politique
globale rationnelle permettant de récolter les multiples
avantages au niveau national. Ils devaient également souligner
la nécessité d'une meilleure prise de conscience publique du
phénomène de la désertification à tous les niveaux. Le besoin en
matière d'information, y compris l'intégration de la sagesse
traditionnelle dans les connaissances modernes en matière de
désertification, fut mis en relief. Certains intervenants
déclarèrent que les parlementaires devaient s'auto-éduquer sur
le sujet, de manière à devenir plus actifs au niveau de la mise
en uvre. Plusieurs d'entre eux encouragèrent l'élaboration et
l'exécution de plans d'action nationaux, sous-régionaux et
régionaux.
Un orateur déclara que la résolution des problèmes de
désertification nécessitait un renforcement des capacités à tous
les niveaux. Plusieurs participants affirmèrent qu'il était
nécessaire de mettre en place une structure de financement
fiable au niveau national et multilatéral et de réorienter les
ressources vers les institutions qui luttent contre la
désertification. L'un d'eux appela à l'établissement d'une
coopération entre les parlementaires du Nord et du Sud aux fins
de réduire l'écart entre la minorité riche et la majorité
pauvre, affirmant que "c'est la liberté qui oppresse et c'est la
loi qui libère!" Beaucoup appelèrent à des stratégies d'échanges
dans le domaine de la dette, en particulier pour les pays les
moins avancés, comme alternative pour le financement de la mise
en uvre des plans de gestion environnementale.
D'autres exhortèrent les pays, et notamment les pays
donateurs, à ratifier la Convention. Un parlementaire déclara
que pour que la CCD puisse être réellement considérée comme une
convention à caractère mondial, une cinquième annexe doit être
élaborée pour prendre en considération les Parties d'Europe
Centrale et de l'Est. Certains appuyèrent la tenue de nouvelles
sessions parlementaires dans les futures CdP. A la fin de la
journée, les parlementaires planchèrent sur un projet de
déclaration dans lequel ils affirmaient leur engagement à
contribuer entièrement à la mise en uvre de la CCD, entre
autres: en apportant leur soutien à la législation en matière de
lutte contre la désertification; en souscrivant à la promotion
des politiques et au renforcement des cadres institutionnels
favorables au développement de la coopération entre les pays
touchés; en appuyant le renforcement des politiques sociales et
de l'éducation, de la santé et de la conscentisation publique;
et en souscrivant aux initiatives des agences, des pays
donateurs et des sociétés civiles aux fins d'accroître l'aide
financière destinée à la promotion du développement durable dans
les écosystèmes fragiles.
Ils s'y engagent à promouvoir: la formulation de la
législation nationale et l'harmonisation avec les dispositions
de la Convention; l'intégration de la lutte contre la
désertification dans les programmes nationaux et dans celui des
organisations régionales et sous-régionales; la formulation de
programmes d'action dans les pays en développement touchés; et
l'adoption de mesures pratiques pour l'intégration des
disciplines de protection environnementale. Un appel urgent y
est lancé: aux entités du monde des affaires et des finances à
soutenir la mobilisation des ressources financi�res n�cessaires
� la lutte contre la d�sertification; aux institutions
acad�miques, � la communaut� scientifique et aux centres de
recherche � soutenir les diverses t�ches de la mise en
application de la Convention dans les pays en d�veloppement
touch�s; et au Secr�tariat de la CCD � poursuivre les actions
entreprises en faveur des pays touch�s. Le projet de d�claration
fut adopt�, moyennant quelques amendements mineurs, comme la
D�claration de Dakar.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s avaient, vendredi, quitt� le centre de
conf�rence sur la promesse de huit projets de d�cision du G-
77/Chine et y sont retourn�s, lundi, pour d�couvrir que le
groupe s'appr�te � en soumettre dix-neuf. D'autres groupes sont
�galement susceptibles de faire circuler des projets de
d�cision; L'UE en a �labor� quatre et travaille, croit-on
savoir, sur quelques autres. Les d�l�gu�s ont planch� sur la
mani�re d'organiser des groupes restreints aux fins de faciliter
les n�gociations autour de ces projets, ainsi que sur leur
n�cessit�, et anticipent une acc�l�ration du rythme de la CdP-2.
Les groupes officieux sur les questions budg�taires et
juridiques devaient se r�unir lundi dans la soir�e.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
SEGMENT SPECIAL: Trente-sept orateurs sont susceptibles de
traiter des voies et moyens de promouvoir l'application
effective et en temps opportun de la Convention, durant les
s�ances du matin et de l'apr�s-midi du Segment Sp�cial.
GRANDE COMMISSION: La GC se r�unirait ce matin.
PROJETS DE DECISION ET GROUPES OFFICIEUX: Neuf projets de
d�cision sont susceptibles d'�tre distribu�s � titre de document
"L". Plusieurs groupes r�gionaux et d'int�r�t sont �galement
susceptibles de distribuer les projets de d�cisions qu'ils sont
en train d'�laborer. Les trois groupes officieux se r�uniraient
en fonction des besoins.
CONCERTATION FRANCOPHONE: Le Ministre s�n�galais de
l'Environnement et de la Protection de la Nature invite les
Ministres et les Chefs de D�l�gations des pays d'expression
fran�aise � se r�unir de 16:00 � 17:15 en Salle B 01.
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