Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 122 lundi 07 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
VENDREDI 4 DECEMBRE 1998
La quatrième séance de la Plénière s'est réunie brièvement le
matin pour accorder le statut d'observateur à un certain nombre
d'organisations internationales supplémentaires
(ICCD/COP(2)/12/Add.1). La GC devait ensuite se pencher sur la
stratégie de moyen terme du Secrétariat et sur le Programme de
travail de la CdP. Le CST devait achever ses travaux au cours de
la matinée. Au début de la réunion de la GC l'après-midi, le
membre du Congrès américain Donald Payne (New Jersey) devait
faire une adresse à la GC et transmettre le soutien du Président
Clinton à la CCD et la volonté des Etats-Unis de devenir Parties
de la CCD d'ici la CdP-3. La GC devait ensuite passer en revue
le rapport du Mécanisme Mondial.
GRANDE COMMISSION
STRATEGIE DE MOYEN TERME: La GC procéda à la reconsidération
de la stratégie de moyen terme retenue pour le Secrétariat
(ICCD/COP(2)/6). Le BENIN, au nom du G-77/CHINE et appuyé par
l'INDONESIE, la CHINE, l'OUGANDA, la TUNISIE, HAITI, l'EGYPTE,
l'ALGERIE, l'ARGENTINE, l'OUZBEKISTAN, la MAURITANIE, le
SENEGAL, le ZIMBABWE, le KENYA, la ZAMBIE, TUVALU, le MALI, le
SWAZILAND, CUBA et le CAP VERT, réitéra son soutien en faveur de
la stratégie et déclara que le document devait servir de plate-
forme pour la suite des discussions. Le délégué souligna par
ailleurs que le mandat du Secrétariat ne devait pas être limité
aux seules dispositions de l'Article 23 et qu'il tenait les
positions de l'UE et du JUSCANZ pour des interprétations non
objectives et restrictives de la stratégie du Secrétariat. Le
SENEGAL se déclara préoccupé par les tentatives de réduire le
Secrétariat à son plus petit dénominateur commun, lesquels,
affirma-t-il, tendent à confirmer que la CCD reste le "parent
pauvre" des autres Conventions de Rio. TUVALU nota que la
stratégie ne faisait aucune référence aux pays de la région du
Pacifique, en particulier les petits Etats insulaires.
L'ALLEMAGNE, appuyée par le ROYAUME-UNI, fit état des
positions de l'UE et du JUSCANZ qui définissent le rôle du
Secrétariat sur la base de la Convention, appelant les Parties,
industrialisées et en développement, à "rester au volant."
L'orateur nota que bon nombre d'organisations internationales
étaient déjà en train de combattre activement la
désertification. Il souhaita voir la GC éviter les discussions
théoriques et se concentrer sur les aspects pratiques du rôle du
Secrétariat. Le ROYAUME-UNI déclara que l'un des gages de
réussite de la CCD dans le futur pourrait être ce que les
organisations sont en train de faire aux fins de concrétiser les
objectifs de la Convention. La SUEDE affirma que la stratégie
plaçait indûment toutes les activités sous le parapluie du
Secrétariat et souhaita voir la CdP se concentrer sur les
principaux domaines dans lesquels le Secrétariat a un rôle
indiscutable.
Le représentant de SAHEL DEFIS mit en relief le rôle que le
Secrétariat pouvait jouer dans la garantie de l'implication des
ONG et de la société civile au niveau de la mise en uvre de la
Convention à tous les niveaux: donner au Secrétariat les moyens
lui permettant d'opérer en tant que bureau fort de liaison des
ONG; s'assurer que l'équilibre des genres est reflété; et
s'assurer que le Secrétariat dispose des moyens adéquats pour
organiser au niveau international, une mise en opération des
activités harmonieuse et en rapport avec les niveaux nationaux
et locaux. Le Secrétaire Exécutif, Diallo, déclara qu'en dépit
du nombre élevé des acteurs, tous sont également limités par
leurs mandats respectifs. Il déclara que là où le Secrétariat
pourrait apporter une contribution pour faciliter le processus,
il doit le faire.
PROGRAMME DE TRAVAIL DE LA CdP-3 ET DE LA CdP-4: Le
Secrétariat déclara que la CdP-3 et la CdP-4 procéderont, entre
autres, à la revue: des rapports d'avancement émanant de
l'Afrique; des modalités et des activités du Mécanisme Mondial
(MM); de la promotion et du renforcement des liens avec d'autres
conventions; des procédures et des mécanismes institutionnels de
règlements des questions ayant trait à la mise en uvre; et des
procédures d'arbitrage et de conciliation (Article 28).
L'orateur rappela aux Parties que tous les rapports devaient
être soumis six mois avant la CdP.
Le BENIN, au nom du G-77/CHINE, fit part de ses réserves
quant au délai insuffisant accordé aux Parties africaines pour
l'élaboration et la soumission des rapports à la CdP-3 et appela
à la mise à disposition de ressources pour faciliter leur
livraison en temps opportun. Le délégué appela à un délai
supplémentaire pour le MM pour lui donner l'occasion de faire
ses preuves et proposa de procéder à son examen et son
évaluation à la CdP-5.
L'UE suggéra: que l'ordre du jour des CdP ne soit pas
surchargé; que les rapports d'avancement des P.A.N constituent
l'élément majeur de la CdP-3; que les activités des autres
agences des Nations Unies, en particulier le FEM, soient
adéquatement reflétées; et que les documents de la CdP soient
harmonisés et distribués en temps opportun. L'UE et l'EGYPTE
mirent en exergue le rôle des ONG et appelèrent à leur
intégration dans l'ordre du jour pour partager leurs
expériences. L'EGYPTE souligna la nécessité de rendre
opérationnel le MM en 1999, indiquant que les questions touchant
à l'arbitrage pouvaient être traitées à la CdP-5.
LE MECANISME MONDIAL: Le Secrétariat introduisit le rapport
concernant le MM, y compris le projet de mémorandum d'entente
établit avec le FIDA, le rapport émanant du Directeur Général du
MM, et le rapport de l'actuel Président du Comité de
Facilitation (ICCD/COP(2)/4, Add.1, CRP.1 et 2). Le Directeur
Général du MM, Per Ryden, nota les activités menées depuis sa
nomination voilà deux mois et donna un aperçu sur la stratégie
qu'il est en train d'élaborer pour guider le MM. Il regroupa les
tâches du MM sous huit activités opérationnelles, notamment
l'édification des partenariats, la canalisation et la mise en
phase, l'élaboration d'une base de données, l'identification des
techniques innovantes, et, le marketing et la communication du
MM en tant que cadre de traitement des problèmes de dégradation
des sols. L'orateur indiqua que l'effectif actuel du MM se
résumait à sa personne et à un assistant. Il est en train de
recruter un spécialiste chargé de la mise en place de la base
des données et d'un chargé de programme. Il déclara qu'il faudra
du temps pour le MM avant de pouvoir faire une différence,
compte tenu de la limite de ses ressources.
Bahman Mansuri (FIDA) mit l'accent sur le soutien continu et
l'engagement du Fonds à l'égard de la CCD, en tant
qu'institution abritant le MM, aux fins de rendre effectives les
opérations du MM. L'orateur présenta par ailleurs un rapport sur
la mise en place du Comité de Facilitation, fruit d'un
arrangement de collaboration entre le FIDA, le PNUD et la Banque
Mondiale, qui vient de s'élargir au Secrétariat de la CCD, au
FEM et à d'autres banques régionales.
Le G-77/CHINE se félicita de l'établissement du Comité de
Facilitation par le FIDA et requit le Secrétariat à inviter les
organisations pertinentes et les ONG intéressées et le secteur
privé à soutenir les activités du FIDA. Il appela à la mise en
opération du MM après la CdP-2 et souligna le besoin de fixer
les priorités du MM de manière harmonieuse avec la CCD. Le
BENIN, au nom du GROUPE AFRICAIN demanda des éclaircissements
sur l'absence de référence à la mobilisation des ressources et
souhaita avoir plus de détails sur la collaboration avec la
communauté des ONG. Le porte-parole appuya l'appel du G-77/CHINE
à l'adoption du mémorandum d'entente avec le FIDA sur le MM.
L'UE évoqua trois préalables pour la réussite de l'opération
du MM: l'instauration des conditions favorables à l'émergence
des sens de propriété et de responsabilité chez les Parties pays
en développement; la prise en considération des expériences du
Groupe Consultatif sur les activités de contrôle de la
désertification menées entre 1978 et 1988; et la désignation de
la CCD, du PNUD et des points focaux des bailleurs de fonds
bilatéraux et multilatéraux comme points de contact du MM. La
représentante mit en relief la priorité dont doit bénéficier la
mise en place des partenariats à tous les niveaux, la fourniture
de conseils sur les mécanismes financiers novateurs,
l'identification des sources de financement des technologies de
la CCD, l'élaboration d'une base de données propre au MM pour
l'établissement d'une ligne de base pour les performances
futures et la mise en place d'un site web conjoint
MM/Secrétariat consacré aux services de prise de conscience.
L'ALGERIE déclara que le mécanisme mesurera l'engagement des
Parties et des partenaires. Le délégué demanda des
éclaircissements sur le mandat et les politiques régissant le
statut des mécanismes et du fonds, et sur les liens entre le
Directeur Général, le Président du FIDA et la CdP. Il souligna
la nécessité de trouver d'autres éléments susceptibles de
faciliter le travail du mécanisme. Le délégué des ETATS-UNIS
souligna l'importance de la collaboration entre le Secrétariat
et le MM et déclara qu'il était essentiel de canaliser les fonds
vers le niveau local. Le SENEGAL et le NIGER mirent en exergue
l'importance des fonds nationaux de lutte contre la
désertification et apportèrent leur appui à l'idée de voir le MM
leur prêter attention. Le BENIN nota le besoin d'établir une
coopération entre les organes subsidiaires de la CdP, le MM et
le CST. L'organisation NEST (Nigerian Environmental Study Team),
au nom des ONG participant à la CdP-2, souhaita savoir comment
le Directeur Général comptait s'y prendre pour communiquer avec
les ONG et souligna le rôle de RIOD, le réseau d'ONG mis en
place suite à la CCD.
Les réponses apportées par le Directeur Général Ryden aux
questions des délégués devaient inclure l'affirmation que toutes
les tâches du MM sont liées à la mobilisation des ressources.
L'orateur ajouta qu'il était prêt à coopérer avec RIOD et qu'il
essaiera de toucher d'autre ONG au niveau communautaire. Il
suggéra que la revue complète du MM puisse intervenir après CdP-
3, indiquant que la CdP-3 pourrait avoir un débat significatif
sur la manière de faire avancer le MM. Diallo déclara que la CdP
apprendra avec l'expérience comment les choses doivent prendre
leur place. Mansuri offrit de partager avec la CCD, l'expérience
du FIDA au niveau local, et promit le soutien des ONG par le
FIDA.
COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE
LE SAVOIR TRADITIONNEL: Le projet de décision requiert du
Secrétariat de parachever sa compilation en cours sur le savoir
traditionnel (ST) pour le présenter au CST-3. Il désigne aussi
un groupe spécial chargé: d'explorer les liens entre le travail
du CST et d'autres conventions; d'évaluer les effets
socioéconomiques du ST et des pratiques utilisées dans la lutte
contre la désertification et de décrire les menaces qui guettent
le ST; et d'identifier les voies et moyens d'intégrer le ST aux
connaissances modernes, en vue de garantir une application
effective plus large. Le ROYAUME-UNI ajouta un libellé demandant
au PNUE de s'assurer que l'étude d'évaluation des réseaux aborde
les questions touchant au rattachement des réseaux d'information
consacrés au ST et aux P.A.N.
La TANZANIE, CUBA, l'EGYPTE, le MALAWI, le SOUDAN, la CHINE,
le KENYA, le BRESIL, le PAKISTAN et le PEROU apportèrent leur
appui à la mise en place du panel. La FRANCE, la SUISSE, la
SUEDE, la TURQUIE et l'ARGENTINE s'y opposèrent, évoquant des
motifs allant des implications financières encourues, à la
démesure de l'ambition des tâches, à la duplication de la
compilation en cours du Secrétariat concernant le ST et à la
nécessité d'identifier d'abord les lacunes en matière de
connaissances. Le ROYAUME-UNI, le SENEGAL et le CANADA se
déclarèrent en défaveur des termes de référence (TdR) retenus
pour le panel.
Le Président conclut qu'une partie importante du CST était
favorable à l'établissement d'un panel et demanda aux délégués
de débattre de ses TdR. Le ROYAUME-UNI appuya l'idée d'explorer
les liens entre le travail du CST et celui d'autres conventions
sur le ST, d'élaborer et de présenter à la prochaine réunion du
SBSTTA de la CDB, un rapport sur le ST dans les écosystèmes des
zones arides, en s'appuyant sur les discussions du CST-2 et la
compilation en cours de préparation du Secrétariat. L'EGYPTE,
soutenue par CUBA et le KENYA, déclara que le Secrétariat
pourrait explorer les liens entre le CST et d'autres conventions
de sorte que le panel puisse se focaliser sur l'évaluation des
effets socioéconomiques et des voies et moyens de l'intégration.
Le CILSS, l'ARABIE SAOUDITE, les ETATS-UNIS, le ROYAUME-UNI et
l'ARGENTINE appuyèrent l'idée de reporter la décision concernant
les TdR au CST-3. Le SOUDAN déclara que le Secrétariat pouvait
déterminer les TdR.
Après des consultations informelles, les délégués
s'accordèrent pour dire que le panel s'appuiera sur les rapports
de synthèse en cours de compilation par le Secrétariat, pour
identifier et présenter au CST-3 un rapport sur les expériences
probantes et les conclusions relatives: aux menaces et autres
contraintes, y compris les effets socioéconomiques auxquels le
ST et les pratiques dans ce domaine sont confrontés; aux
stratégies d'intégration du ST et du savoir local avec les
connaissances modernes sur la base d'études de cas spécifiques;
et aux mécanismes de promotions et d'échange des approches
probantes.
Le Président du CST suggéra la désignation de 10 experts pour
le panel en fonction de la r�partition r�gionale suivante: 3
issus d'Afrique, 2 d'Asie, 2 du GRULAC, 2 du GEOA et 1 d'Europe
de l'Est. La SUISSE proposa que les groupes r�gionaux
s�lectionnent 5 hommes et 5 femmes. Les PAYS-BAS exprim�rent
leurs doutes quant � la r�ussite du panel, compte tenu de son
implication dans une �tude similaire �tal�e sur cinq ans qui va
co�ter NLG 9 millions. Les d�l�gu�s adopt�rent la d�cision.
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s s'appr�tent � soumettre et/ou examiner un
certain nombre de projets de d�cisions durant la deuxi�me
semaine de la CdP-2. Le G-77/CHINE entend soumettre huit projets
de d�cision portant, entre autres sur: le programme de travail;
les proc�dures de communication des donn�es et de revue de
l'application; les arrangements du soutien administratif pour le
Secr�tariat Permanent; les annexes de mise en uvre r�gionales
et les programmes interr�gionaux et les plates-formes de
coop�ration; et la solidarit� avec l'Am�rique Centrale. On
s'attend �galement � ce qu'ils proposent l'�tablissement d'un
comit� pour l'�laboration de la revue de la mise en uvre et la
tenue de la CdP-5 en 2001. Les d�l�gu�s anticipent aussi des
projets de d�cisions sur le MM, sur le m�morandum d'entente
conclu avec le FIDA et sur la collaboration avec d'autres
conventions.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: Les d�l�gu�s se r�uniront en Pl�ni�re � partir de
9:30 pour se pencher sur les d�cisions du CST.
TABLE RONDE INTERPARLEMENTAIRE: Une Table Ronde
Interparlementaire se r�unira ce matin � l'issue de la s�ance
Pl�ni�re et de nouveau l'apr�s-midi.
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