Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 121 vendredi 04 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
JEUDI 3 DECEMBRE 1998
La GC devait, le matin, débattre des arrangements concernant
le Secrétariat Permanent et de son programme et budget, et
l'après-midi, mener avec les ONG un dialogue sur le savoir
traditionnel. En réunion toute la journée, le CST devait pour sa
part achever ses discussions sur l'ensemble des projets de
décision à l'exception de celui sur la question du savoir
traditionnel.
GRANDE COMMISSION
LE SECRETARIAT PERMANENT ET SES PROGRAMME ET BUDGET: LA GC
discuta de la désignation du Secrétariat Permanent et des
arrangements devant régir son fonctionnement (ICCD/ COP(2)/9 et
ICCD/COP(2)/8, Corr.1, Add.1 et Add.2). Le Secrétaire Exécutif,
Diallo, rappela qu'en décembre 1997, l'Assemblée Générale de
l'ONU avait approuvé l'établissement d'une liaison
institutionnelle entre le Secrétariat de la CDD et les Nations
Unies. Il nota également la Décision 3/ COP.1 de la CdP-1, qui
reflète les arrangements retenus pour la CCCC, acceptant l'offre
de l'ONU de pourvoir aux arrangements de soutien administratif
pour le Secrétariat de la Convention durant la période de cette
liaison. La GC appuya ces arrangements.
Diallo et l'ALLEMAGNE notèrent que l'accord concernant le
siège du secrétariat, signé avec le gouvernement allemand en
août 1998 comporte des termes identiques à ceux du Secrétariat
de la CCCC. Indiquant que la ratification de la Convention par
le parlement allemand était prévue pour début 1999, Diallo
précisa que les conditions minimums nécessaires étaient réunies
et invita la GC à recommander l'adoption par la CdP. L'ALLEMAGNE
déclara avoir envoyé au Secrétariat DM 2 millions dans le cadre
de l'accord et promit de payer sa contribution au budget central
du Secrétariat en janvier 1999. Les délégués présentèrent des
points de vue différents sur le point de savoir si la CdP devait
adopter l'accord avant la ratification de la Convention par
l'Allemagne. La GC s'accorda sur le fait que le Secrétariat et
l'Allemagne doivent se réunir officieusement avec les parties
intéressées, mettre à disposition la documentation requise et
débattre des questions juridiques en suspens.
La GC devait ensuite procéder à l'examen de la stratégie de
moyen terme retenue pour le Secrétariat (ICCD/COP(2)/6). Diallo
précisa que le document était une tentative à l'actif du
Secrétariat de créer une synergie entre les conventions. Le
porte-parole des G-77/CHINE apporta son appui à la stratégie du
Secrétariat et à ses propositions concernant l'action future.
L'UE et le JUSCANZ déclarèrent qu'ils n'étaient pas favorables à
l'idée de voir le document servir de plate-forme à la suite des
discussions. Les deux Groupes devaient souligner que le
Secrétariat était censé jouer un rôle de facilitation et de
coordination entre les Parties mais que le document suggérait un
rôle opérationnel, ce qui, devait affirmer le représentant du
JUSCANZ, créait conflit avec les rôles du MM, du CST et des
agences spécialisées impliquées dans la lutte contre la
désertification.
Diallo introduisit ensuite les documents ICCD/COP (2)/2 et 3
portant sur les programme et budget. Il indiqua que les dépenses
imputables au fonds supplémentaire et spécial prévues pour
l'exercice 1999 suggéraient une réduction de 10% par rapport aux
propositions présentées à la CdP-1. 82% du fonds supplémentaire
seront consacrés au travail de facilitation, aux relations
extérieures et aux programmes d'information publique. Le fonds
spécial sera réservé au soutien de la participation des pays
touchés aux travaux et réunions de la CdP. Le porte-parole des
G-77/CHINE déclara que le budget doit tenir compte de
l'adhésion de nouvelles Parties et doit par conséquent être
augmenté. L'UE fit part de ses réserves concernant le
financement des unités de coordination à partir des budgets
centraux et le soutien de la coordination entre les Conventions
de Rio à partir du fonds supplémentaire, et affirma que les
budgets établis à la CdP-1 seront satisfaisants. Le JUSCANZ
appela à l'établissement d'une distinction entre les différents
budgets et dressa la liste des activités relevant des
différentes rubriques budgétaires. Le GROUPE AFRICAIN et le
GRULAC soulignèrent le rôle des unités de coordination
régionales dans le suivi des activités et de l'avancement des
travaux dans les régions et les sous-régions. Répondant aux
questions posées par l'UE, le Secrétariat nota la disponibilité
d'une échelle de contributions mise à jour et indiqua que sur
les 32 principaux membres du personnel, 20 seront affectés à
Bonn et que 15% du budget sont consacrés au fonds de roulement.
L'oratrice nota le cadre expérimental retenu pour le financement
provenant du Secrétariat de l'ONU dû aux préoccupations
exprimées concernant la possibilité de voir ces fonds utilisés
comme compensation des contributions devant être apportées par
les Etats membres et précisa que le soutien du niveau régional
(paragraphes 24(b) et 30 (c)) était imputé au fonds
supplémentaire et non au budget central. Concernant le report
des fonds, le Secrétariat clarifia que cela concernait le fonds
volontaire et non le budget central. L'UE proposa de poursuivre
le débat dans un groupe restreint. Le Président demanda à John
Ashe (Antigua et Barbuda) de présider un groupe de contact sur
les questions d'ordre budgétaire et financier.
DIALOGUE AVEC LES ONG: Un certain nombre d'ONG,
d'associations de société civile, d'organisations locales et de
groupes de femmes devaient présenter leurs activités et
soumettre des recommandations à la considération de la GC. Les
exposés étaient basés sur cinq sous-thèmes ayant trait à la
question du savoir traditionnel (ST): Les plans
nationaux/d'action; le partenariat; la communication et la
recherche; les technologies appropriées; et le rôle des femmes.
Les délégués soulignèrent l'importance du forum pour la
facilitation de la progression des travaux et proposèrent la
tenue d'un forum similaire pour le CST.
Concernant les actions et les plans nationaux, les
intervenant devaient noter l'importance de la prise en
considération des activités de subsistance durables dans
l'élaboration des P.A.N, la nécessité de reconnaître les
associations de petits producteurs sur la même base que les ONG,
la mise en place d'un financement et d'une cogestion efficace
des ressources, et le rôle des ONG dans la mise en application
des P.A.N. Concernant le renforcement du partenariat, les
participants soulignèrent la nécessité: de nouveaux partenariats
dans le domaine de l'information et de la diffusion du ST; de
l'établissement et de l'amélioration des partenariats entre les
ONG, la société civile, les groupes de femmes et les
organisations nationales; et des modalités des partenariats dans
le cadre des P.A.N.
Les interventions sur le thème de la communication et de la
recherche devaient souligner l'inhérence de la communication et
des approches participatives et proposer l'intégration du
renforcement des capacités institutionnelles dans les programmes
nationaux. Le rôle de la religion et des institutions
religieuses dans la facilitation de la participation fut
également noté.
Concernant les technologies appropriées, les orateurs
devaient mettre en relief la nécessité: de l'intégration des
systèmes du ST dans la mise en application de la CCD; d'une
action éclairée basée sur le ST et les technologies appropriées;
et d'une documentation des pratiques traditionnelles pour
faciliter l'application des solutions adéquatement évaluées.
Les participants se félicitèrent du rôle joué par les femmes
dans les zones arides, non seulement dans l'orientation de la
culture mais également dans la garantie de la stabilité des
systèmes complexes. Ils notèrent l'urgent besoin de protéger le
savoir-faire des femmes et de traiter la désertification qui
menace les ressources qui servent de base à leurs activités, et
soulignèrent le rôle des ONG dans la facilitation de l'accès des
femmes à tous les niveaux.
COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE
LE SAVOIR TRADITIONNEL: L'EGYPTE présenta une proposition
appelant à la tenue d'un débat de groupe pour l'évaluation de
l'impact socio-économique du ST, la facilitation des échanges
d'information et la démonstration de l'innovation et de
l'intégration du ST et de la science moderne. Le ROYAUME-UNI
proposa qu'un groupe de discussion explore la manière d'intégrer
le travail du CST aux travaux similaires menés dans d'autres
conventions. CUBA, au nom des G-77/ CHINE, proposa qu'un groupe
de discussion explore le financement des projets de lutte contre
la désertification à travers le Fonds pour l'Environnement
Mondial. La discussion du projet de décision du Président du CST
sur le ST, qui comprend les propositions de l'Egypte et du
Royaume-Uni, aura lieu vendredi.
PROGRAMME DES TRAVAUX FUTURS DU CST: Concernant le programme
des travaux à venir, la représentante du ROYAUME-UNI, appuyée
par plusieurs autres délégués, proposa de sélectionner un thème
institutionnel et un thème de fond/technique. Elle indiqua que
les thèmes institutionnels pouvaient inclure la formation, la
recherche et le transfert des technologies. Les aspects de fond
pourraient inclure la gestion des zones arides, les systèmes de
télédétection précoce des sécheresses et la gestion de l'eau et
des sols. D'autres propositions portèrent sur: les questions
sexo-spécifiques (NORVEGE, PAYS-BAS et SUISSE); l'intégration de
la gestion de l'eau et des sols dans les politiques nationales
(MAURITANIE); les technologies de collecte des eaux (ARABIE
SAOUDITE); les technologies de cartographie de la
désertification (JAPON); les efforts en matière d'atténuation
des sécheresses et dans le domaine de la tenure des terres
(TUNISIE); et le renforcement des capacités (PNUE).
Sur la base de cette discussion, le projet de décision du
Président du CST identifia le thème prioritaire, nota que
l'ordre du jour du CST-3 englobera les sujets inscrits à l'ordre
du jour du CST-2, et requit du Secrétariat la facilitation de
deux réunions intersessions du Bureau élargi. Le Président
proposa que le CST-3 considère le thème des systèmes de
télédétection précoce. L'OMM, le ROYAUME-UNI, CUBA (au nom des
G-77/CHINE), le MALAWI et le SOUDAN apportèrent leur appui à la
proposition. L'EGYPTE déclara que le thème des systèmes de
télédétection impliquera un débat forcément trop technique pour
les délégués participant au CST et proposa de retenir plutôt le
thème de la sécurité alimentaire. Le BRESIL, le ROYAUME-UNI,
l'ARABIE SAOUDITE et les PAYS-BAS notèrent l'importance de la
gestion des sols et des eaux, les PAYS-BAS soulignant en
particulier les synergies avec le programme de travail de la
CDD. Le ROYAUME-UNI et la BELGIQUE suggérèrent d'ajouter une
demi-journée de débat sur un deuxième thème. La FRANCE fit part
de ses réserves quant à la possibilité de produire des décisions
de qualité sur deux thèmes en peu de temps. Le Président conclut
que "les systèmes de télédétection précoce dans leur sens le
plus large" seront le thème prioritaire. La NORVEGE exprima
l'espoir de voir les questions sexo-spécifiques y être incluses.
Le ROYAUME-UNI et l'ALLEMAGNE firent part de leur
préoccupation concernant le coût de deux réunions du Bureau
étendu et proposèrent une seule réunion du Bureau. Le SOUDAN
proposa "au moins une" réunion. Les délégués approuvèrent la
proposition de CUBA appelant la réunion à se focaliser en
particulier sur la planification du CST-3.
LE FICHIER DES EXPERTS INDEPENDANTS: Le projet de décision
concernant le fichier des experts indépendants invite les
Parties à soumettre des nominations complémentaires pour le
fichier de manière à s'assurer de la couverture des domaines
sous-représentés, en particulier en termes de représentation des
femmes, de représentation des disciplines pertinentes, et de
représentation des experts issus des ONG et des OIG. Le projet
de texte requiert par ailleurs du Secrétariat de mettre à
disposition un fichier mis à jour sous formats électronique et
imprimé. L'EGYPTE et NIUE souhaitèrent voir le fichier comporter
l'adresse complète des experts, y compris leur 'courriel'. Les
délégués approuvèrent l'appel du MALAWI à un équilibre plutôt en
terme "d'équité" que de "représentation."
AUTRES ORGANES MENANT DES TRAVAUX SIMILAIRES A CEUX ENVISAGES
POUR LE CST: Le projet de décision invite les gouvernements à
procéder à la mise à jour de l'information contenue dans les
rapports du Secrétariat sur ce sujet. Le projet de texte
original requiert également du Secrétariat de "poursuivre" les
domaines potentiels de coopération entre la CCD et les autres
conventions et organisations. Le ROYAUME-UNI plaida pour une
définition plus précise des charges du Secrétariat. Les délégués
requirent du Secrétariat de "procéder à la mise à jour de
l'information concernant" les domaines potentiels de
coopération.
ETUDE D'EVALUATION DES RESEAUX, INSTITUTIONS, AGENCES ET
ORGANES DISPONIBLES: Les délégués adoptèrent le projet de
décision relatif à ce sujet moyennant quelques amendements
d'ordre syntaxique. Le texte requiert du PNUE d'accélérer
l'étude d'évaluation conformément au mandat assigné par la CdP-1
et de soumettre un rapport à la CdP-3. Le PNUE y est également
requis de soumettre au CST-3 la méthodologie devant régir la
conduite des deuxième et troisième phases de l'étude
d'évaluation.
LES REPERES ET LES INDICATEURS: Le projet de décision sur ce
thème: requiert de la CdP d'entériner le cadre méthodologique
des indicateurs d'impact propos� par le groupe, en attendant
leur test et leur validation; invite les gouvernements � entamer
l'essai des indicateurs d'impact; et encourage les pays, en
mesure de le faire, � apporter leur assistance � l'initiation
des essais. Les d�l�gu�s proc�d�rent � la r�vision du paragraphe
op�rationnel pour y appeler les repr�sentants des r�gions des
Annexes de la Convention � pr�senter au CST-4 leur exp�rience
en mati�re d'application des indicateurs d'impact aux fins de
permettre l'�valuation et l'affinement de la m�thodologie.
L'ALLEMAGNE ajouta un libell� demandant � ceux qui ont test� les
indicateurs, de faire parvenir leurs r�sultats au Secr�tariat de
la CCD.
DANS LES COULOIRS
Certains d�l�gu�s du CST ont d�clar� avoir �t� satisfaits du
d�bat de mercredi sur le savoir traditionnel jusqu'au moment o�
le d�bat prit la forme d'un panel. Ils devaient noter qu'en
d�pit du fait que les participants avaient commenc� � parler de
l'approche allant "de la base vers le sommet", leurs solutions
restent caract�ristiques de l'approche allant "du sommet vers la
base". Certains ont port� leur regard sur le forum des ONG sur
ce m�me th�me dans l'espoir d'y trouver de nouvelles id�es pour
la mise en application. L'un d'eux a d�clar� que le forum a mis
en relief des mesures pratiques pour le niveau local qui ont
besoin d'�tre soutenues et promues. Il a ajout� qu'il est
n�cessaire de maintenir l'�lan sur la question du savoir
traditionnel pour �viter la r�p�tition des appels � l'action
dans le futur.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Pl�ni�re est susceptible de recevoir les
rapports de la GC et du CST. Consultez le Journal pour l'horaire
de la r�union.
GRANDE COMMISSION: La GC discutera de la strat�gie de moyen
terme du Secr�tariat, du programme de travail des CdP-3 et -4 et
du rapport du M�canisme Mondial. Consultez le Journal pour
l'horaire de la r�union.
COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE: Le CST examinera
le projet de d�cision sur le savoir traditionnel. Consultez le
Journal pour l'horaire de la r�union.
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