Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 119 mercredi 02 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 DE LA CCD
MARDI 1er DECEMBRE 1998
Les délégués près de la CdP-2 de la CDD se sont réunis, au
cours des séances du matin et de l'après-midi, en Plénière et en
Comité de la Science et la Technologie. La Plénière devait
entendre les rapports présentés par un certain nombre de
secrétariats de conventions, de Parties et d'organisations
intergouvernementales puis procéder à l'examen de
l'accréditation des ONG et des OIG et à l'élection des membres
du Bureau. Pour sa part, le Comité de la Science et de
Technologie devait parachever l'examen du fichier d'expert, de
l'étude et l'évaluation des réseaux disponibles, des repères et
indicateurs, et des organes chargés d'un travail similaire à
celui du CST.
PLENIERE
Delmar Blasco, Secrétaire exécutif de la Convention de
RAMSAR, déclara qu'un certain nombre de terres humides est situé
dans des zones arides et encouragea la coordination des
activités qui s'y rapportent, aux échelles nationales et au
niveau international. L'orateur mit en relief le Protocole
d'Accord élaboré pour les Secrétariats de RAMSAR et de la CCD.
Evoquant, à son tour, le Mémorandum de Coopération établi avec
la CCD, la représentante de la CDB souligna l'importance de la
coopération pour la réduction des charges et l'optimisation des
ressources limitées des Parties et des Conventions. Elle nota
l'interdépendance de la perte de la biodiversité, de la
déforestation, de la dégradation des sols et de la
désertification. Elle mit en exergue plusieurs thèmes et
activités ayant rapports communs dans les Conventions et précisa
que la question des terres sèches sera examinée à la CdP-5 de la
CDB. Hama Arba Diallo, Secrétaire Exécutif de la CCD, mit
également l'accent sur l'importance de la synergie des
Conventions à tous les niveaux.
L'ARGENTINE souligna la nécessité d'établir un Secrétariat
fort et efficace avec des fonctions claires différentes mais
coordonnées avec celles du Mécanisme Mondial (MM) et appela à
une répartition budgétaire équilibrée entre les régions. ISRAEL
informa la conférence du relèvement du niveau du 'Blaustein
Institute for Desert Research', dont les travaux sont axés sur
les pays en développements touchés par la désertification. Le
délégué indiqua qu'un financement a été accordé pour la mise en
place d'un centre d'information capable de produire des images
satellitaires interprétées en temps réel des zones arides du
Moyen Orient, d'Asie et d'Afrique. La FEDERATION DE RUSSIE,
appuyée par l'ARMENIE et l'AZERBAIDJAN, souhaita voir progresser
la définition de la cinquième annexe de la CCD consacrée aux
Etats de l'Europe centrale et de l'Est. Le représentant indiqua
que sa délégation était prête à entreprendre des consultations
officieuses sur ce sujet. L'ARMENIE nota les liens entre les
Conventions de Rio et ses efforts visant à concrétiser les
obligations prises dans le cadre de chacune d'entre elles et,
avec l'AZERBAIDJAN mit en relief l'importance de la coopération
régionale et interrégionale. Le délégué devait indiquer que son
pays a ratifié la CCD et qu'il a commencé l'élaboration de son
Programme d'Action National (P.A.N). Il ajouta que l'aggravation
de la désertification dans les pays de l'Est, est l'une des
conséquences des conflits armés qui y ont éclaté. Le
représentant de la ROUMANIE déclara que son pays a ratifié la
CCD et entamé la mise en application de ses engagements et en
particulier, la mise en place de son P.A.N. L'orateur nota par
ailleurs que l'érosion des sols est devenue un véritable
problème dans le sud de la Roumanie. La SYRIE mit en exergue les
activités liées à la lutte contre la désertification entreprises
à l'échelle nationale et régionale. Un P.A.N a été mis en place
dans le cadre duquel trente deux projets sont actuellement en
cours d'élaboration. Le délégué requit le financement de leur
mise en exécution. La LIGUE DES ETATS ARABES donna un aperçu sur
les efforts fournis par le Centre Arabe pour les Etudes des
Zones Arides et des Terres Sèches (ACSAD) pour le contrôle des
effets de la sécheresse et de la désertification et pour la
réhabilitation d'un certain nombre de zones arides désertiques.
Le représentant souligna la nécessité de la coopération et de la
participation des populations locales et des ONG dans la mise en
uvre de la CCD. L'IGAD (Intergovernmental Authority on
Development) donna un aperçu sur ses diverses activités et
notamment: une étude de faisabilité concernant la création d'un
fonds de facilitation sous-régional pour l'identification des
ressources financières et l'établissement de réserves financière
accessibles, et une étude sur l'implication du secteur privé
dans la mise en uvre de la CCD. L'OMM appela la CdP à insérer
dans son ordre du jour les mécanismes de coopération entre la
CCD, la CDB et le GIEC, et l'amélioration des dispositifs
d'observation systématique.
La FAO mit en relief les liens entre la CCD et la promotion
de la sécurité alimentaire. Le représentant indiqua que
l'organisation est en train d'élaborer un programme d'action
focalisé sur: l'assistance dans la mise en application des
P.A.N; le soutien technique des réseaux spécialisés dans le
domaine de la désertification; la préparation et la diffusion
des bonnes pratiques techniques; l'établissement d'un système
d'information pour aider les prises de décisions; et le soutien
technique des organes de la CCD. L'UNESCO déclara qu'un
protocole d'accord entre l'UNESCO et le Secrétariat de la CCD
était en cours d'élaboration pour servir de cadre pour les
activités conjointes, en particulier celles inscrites dans le
mandat de l'UNESCO dans son programme d'éducation, science et
culture. Le PNUE évoqua les voies et moyens lui permettant
d'aider les Parties à combattre la désertification, notamment:
l'élaboration d'études et de rapports environnementaux; la
collecte et l'échange de données scientifiques et techniques; la
facilitation de la coopération régionale et de la participation
de la société civile; l'aide au niveau de la synergie des
Conventions; et la garantie du financement du FEM.
QUESTIONS RELATIVES A L'ORGANISATION DES TRAVAUX: Les
délégués devaient ensuite procéder à l'accréditation des OIG et
des ONG listées dans le document ICCD/COP(2)/12.
Les délégués approuvèrent par ailleurs les neuf nominations
présentées par les groupes régionaux et les groupes d'intérêt
pour les postes de Vice-Présidents du Bureau: John Ashe (Antigua
et Barbuda), Maria Julia Alsogaray (Argentine), Jafarov Ogtay
(Azerbaïdjan), Samvel Baloyan (Arménie), Marc Gedopt (Belgique),
Olivier Jalbert (Canada), Abdelmajid Khabour (Jordanie), Ali
Saad Altokhais (Arabie Saoudite) et Hatem Ben Salem (Tunisie).
Marc Gedopt fut désigné Président de la Grande Commission (GC)
et Samvel Baloyan, Rapporteur.
Le porte-parole du GROUPE AFRICAIN déclara que le Groupe
maintenait son intention d'être représenté par trois membres et
que les concessions faites à la présente CdP n'impliquaient pas
une quelconque renonciation. Le BRESIL offrit d'accueillir la
CdP-3 à Recife.
COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE
Le Président du CST, Jabbari (Iran), ouvrit les travaux en
notant que la Plénière a adopté l'ordre du jour du CST
(ICCD/COP(2)/CST/1) lundi après-midi. Les délégués devaient
élire Guido Soto (Chili), Samuel Mutiso (Kenya) et Linda Brown
(Royaume-uni) à la vice-présidence. Linda Brown servira
également en qualité de Rapporteur. La Roumanie, la Partie Est
Européenne ne disposant pas encore de siège au sein du Bureau de
la CdP-2, est susceptible de désigner un quatrième vice-
président.
FICHIER D'EXPERTS: Le Secrétariat introduisit la
documentation concernant le fichier d'experts (ICCD/COP(2)/11 et
Add.1). L'orateur rappela que dans la Décision 19/COP.1, la CdP-
1 requit des Parties de soumettre des noms pour le fichier, en
accordant une attention particulière à l'équilibre des genres
(masculin/féminin) et des disciplines et à examiner la
possibilité d'augmenter le nombre des experts issus des ONG et
des OIG. Le fichier figure dans le document
ICCD/COP(2)/11/Add.1, mis à disposition sur le site web du
Secrétariat et en format CD ROM. Il nota que les femmes
représentent treize pour cent des nominations. Il ajouta que le
CST pourrait souhaiter faire des recommandations concernant le
développement du fichier, notamment sur les mesures permettant
de réaliser un meilleur équilibre dans la représentation des
genres et des disciplines et la répartition géographique.
La NORVEGE, les PAYS-BAS et le ZIMBABWE firent remarquer que
les noms qu'ils avaient soumis ne figuraient pas encore dans le
fichier. Le Secrétariat répondit que le fichier a besoin d'être
entretenu en permanence et demanda aux membres du CST de
signaler les éventuelles erreurs. L'orateur nota que le format
des soumissions n'était pas toujours respecté, causant ainsi des
retards au niveau du traitement. Le délégué de la FAO demanda si
la candidature de représentants d'OIG pouvait être proposée. Le
Secrétariat indiqua qu seuls les Etats membres pouvaient
présenter des noms. La TANZANIE nota l'importance d'inclure
l'adresse électronique et le numéro de fax des experts.
ETUDE D'EVALUATION: Le représentant du PNUE rapporta que le
programme était en train de conclure des accords avec différents
membres du consortium pour la conduite d'une étude d'évaluation
des réseaux, institutions, agences et autres organes
disponibles, comme requis par la CdP-1 dans sa Décision 23/
COP.1. L'orateur rapporta aussi qu'un questionnaire était en
cours d'élaboration pour distribution avant la fin de la CdP-2,
et que le rapport final sera prêt en juillet1999 pour revue à la
CdP-3. Le Royaume-Uni et l'EGYPTE firent part de leur déception
de ne pas avoir de rapport écrit et d'avoir à constater en
conséquence, que les délégations ne pourront pas traiter la
question avant la CdP-3. Le Royaume-Uni nota que les dates de la
prochaine réunion de la CdP n'étaient pas encore fixées.
REPERES ET INDICATEURS: Le Secrétariat introduisit le rapport
du groupe spécial sur les repères et les indicateurs
(ICCD/COP(2)/CSD/3 et Add.1). Plus de vingt participants étaient
intervenus sur ce sujet, ce qui, selon le Président, témoigne du
niveau d'intérêt qu'on y porte. L'ESPAGNE nota la nécessité
d'évaluer le coût de désertification pour les décideurs. La
représentante mit par ailleurs l'accent sur le renforcement des
capacités en matière d'application de la méthodologie des
indicateurs d'impact. La FRANCE, appuyée par le MAROC, déclara
que la méthodologie doit être testée dans les meilleurs délais
pour comprendre comment elle fonctionne. Le Royaume-Uni, soutenu
par le JAPON, nota la nécessité d'harmoniser le travail avec
celui mené par les autres conventions. Le Comité Inter-Etats
pour la Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) nota
l'importance de la collecte et de l'échange des données et du
renforcement des capacités pour permettre aux pays touchés de
connaître l'information disponible et la manière de l'utiliser
dans la mise en uvre.
L'ARGENTINE parla de son expérience dans l'application des
indicateurs d'impact et plaida pour un passage rapide à la
seconde phase du processus. CUBA exprima le même souhait et
appela à un soutien financier pour l'évaluation de la mise en
uvre. La TUNISIE nota les implications économiques et sociales
de la méthodologie des indicateurs d'impact et appela à une
assistance financière aux pays, et en particulier ceux de la
région.
Le délégué des PAYS-BAS souligna la pertinence des
indicateurs en rapport avec les P.A.N et demanda si le groupe
spécial s'était penché sur la manière d'utiliser le feedback
tiré du suivi. Le SENEGAL appuya l'idée de tester le système
méthodologique et affirma avoir atteint un stade qui lui permet
de réaliser des essais sur terrain. L'Observatoire Sahara/Sahel
(OSS) souligna qu'il a facilité un certain nombre d'auto-
évaluations et partagé les résultats et les enseignements tirés
des tests de la méthodologie menés par les pays africains. Le
représentant du BURKINA FASO déclara que son pays a sélectionné
neuf indicateurs adaptés aux conditions nationales et qu'il
espère produire des résultats d'ici 1999. Le CHILI nota que
l'élaboration des repères pouvait être difficile et que la
collecte des données impliquait des coûts. La CHINE déclara que
l'établissement des repères et des indicateurs est utile pour la
mise en uvre.
Le PNUD déclara qu'une priorité doit être accordée aux
indicateurs applicables aux niveaux national et départemental, y
compris au niveau communautaire, et mit en exergue la nécessité
de traiter la question de l'accès aux données essentielles. Le
KENYA appela les partenaires du développement à mobiliser des
ressources pour le renforcement des capacités dans le domaine de
l'élaboration des indicateurs. L'ITALE souligna l'importance
d'établir un système d'information permettant de vérifier
l'impact des stratégies. L'ALLEMAGNE appuya l'idée de tester les
indicateurs appropriés au niveau national qui nécessitent un
faible apport des sources extérieures. La MAURITANIE déclara que
les indicateurs sont relatifs et ne sauraient être appliqués
partout. Le CENTRE ARABE D'ETUDE DES ZONES ARIDES ET DES TERRES
SECHES déclara que les projets devraient aller du niveau
régional au niveau sous-régional au niveau national et que les
indicateurs doivent prendre en considération les effets socio-
économiques et les coûts. CUBA déclara que les indicateurs
doivent correspondre aux besoins des pays tout en ayant un
caractère universel pour permettre l'évaluation.
LES ORGANES CHARGES D'UN TRAVAIL SIMILAIRE A CELUI DU CST: Le
Secr�tariat introduisit le document ICCD/COP(2)/CST/4 qui
compile l'information fournie par diverses institutions et
conventions concernant les groupes menant un travail similaire �
celui envisag� pour le CST. L'orateur pr�cisa que des ajouts ou
des corrections pouvaient �tre apport�s au document.
Le repr�sentant d'une ONG souligna l'importance du CST pour
les ONG op�rant dans le domaine de la lutte contre la
d�sertification et sugg�ra de se r�f�rer plut�t � la "science
locale" qu'au "savoir local."
DANS LES COULOIRS
Les d�l�gu�s pr�s du CST ont fait part de leur d�ception de
constater que l'�tude d'�valuation du PNUE sur les r�seaux,
institutions, agences et autres organes disponibles vient �
peine de commencer et qu'aucun rapport d'avancement des travaux
n'�tait inclus dans les documents de la CdP-2. Certains ont
expliqu� que les retards accus�s au niveau des financements et
des obligations des organisations collaboratrices comptaient
parmi les raisons du d�marrage tardif. D'autres se sont d�clar�s
satisfaits du rythme des travaux depuis la finalisation des
arrangements financiers voil� un peu plus de deux moins. Ils
attendent avec impatience la revue de la proposition que le PNUE
a fait circuler de mani�re informelle au cours de la r�union du
CST mardi apr�s-midi.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
GRANDE COMMISSION: La GC se r�unira � partir de 9h30 pour
entamer le d�bat sur les questions en suspens concernant
notamment, le r�glement int�rieur, la revue de la mise en
application au niveau r�gional et le rapport du M�canisme
Mondial.
COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE: Le CST tiendra un
d�bat sur le th�me du savoir traditionnel tout au long des
s�ances du matin et de l'apr�s-midi dans la Salle B 012.
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