Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 118 mardi 01 décembre 1998
LES FAITS MARQUANTS DE LA CdP-2 de la CCD
LUNDI 30 NOVEMBRE 1998
Les délégués près de la Seconde Conférence des Parties (CdP-
2) de la Convention sur la Lutte Contre la Désertification (CCD)
ont reçu l'expression de bienvenue du Président du Sénégal au
cours de la cérémonie d'ouverture. Au cours de la Plénière de
l'après-midi, ils devaient élire le Président de la CdP-2,
adopter l'ordre du jour, désigner les membres du Bureau puis
entendre les déclarations introductives du Sous-Secrétaire
Général des Nations Unies chargé des Affaires Economiques et
Sociales, du Secrétaire Exécutif de la CCD et de plusieurs
groupes régionaux et d'intérêt.
CEREMONIE D'OUVERTURE
La cérémonie d'ouverture commença par un spectacle culturel
donné par un groupe d'enfants sénégalais. Dans ses remarques
d'ouverture, Hama Arba Diallo, Secrétaire Exécutif de la CCD,
nota que les objectives de la Convention sont orientés vers les
besoins fondamentaux des êtres humains et en particuliers des
plus pauvres. Il déclara que la CCD est innovante et qu'elle
vise à briser le cercle vicieux de la désertification et de
l'appauvrissement. Il mit en exergue l'engagement de l'ensemble
des Parties de la Convention et souligna la nécessité de
renforcer la coopération entre le Nord et le Sud et de s'assurer
de la mobilisation des ressources.
Intervenant au nom du Secrétaire Général de l'ONU, le Sous
Secrétaire Général Nitin Desai rappela le rôle des pays
africains dans l'établissement de la Convention, rôle qui donne
tout son sens à la tenue de la CdP aujourd'hui à Dakar. Il
présenta la Convention comme étant focalisée sur le
développement et sur l'implication et la participation
populaire.
Abdou Diouf, Président de la République du Sénégal, souhaita
la bienvenue aux participants et les remercia d'avoir décidé
d'organiser la CdP-2 au Sénégal, sur le sol sahélien, ce qui,
devait-il ajouter, honore le Sénégal et l'Afrique. Il nota que
la désertification affectait près de 110 pays et plus de 3.600
millions d'hectares de terre dans les zones arides, semi-arides
et subtropicales de la planète et qu'elle causait l'équivalent
de 42 milliards de pertes économiques par an. Il mit en relief
les problèmes que la désertification pose à l'Afrique, et en
particulier au Sénégal, ainsi que les actions entreprises pour
combattre ce phénomène à tous les niveaux. Il demanda à la CdP
qui s'apprête à passer à la phase opérationnelle, de considérer:
la coordination des activités relevant de la CCD, de la CDB et
de La CCCC; le financement des programmes d'action, avec une
attention particulière à la formule conversion de la dette
contre la conservation de la nature; et la définition précise du
rôle et des procédures opérationnelles du Mécanisme Mondial
(MM).
PLENIERE D'OUVERTURE
Franchetti Pardo (Italie), au nom du Président de la CdP-1,
ouvrit les travaux de la CdP-2 et passa en revue le travail
réalisé depuis la CdP-1, dont: trois réunions du Bureau, la
négociation des arrangements d'accueil du Secrétariat avec
l'Allemagne, la désignation de Hama Arba Diallo au poste de
Secrétaire Exécutif et l'élaboration d'un protocole d'accord
avec le FIDA concernant l'accueil du MM.
Les délégués devaient ensuite élire Souty Touré, Ministre de
l'Environnement et de la Protection de la Nature du Sénégal,
comme Président de la CdP-2. Prenant la parole à son tour, il
déclara que la Convention couronnait les efforts visant à faire
prendre conscience de la gravité du phénomène et à instaurer une
solidarité permettant de relever les défis de la
désertification. L'orateur souligna par ailleurs l'inauguration
d'une nouvelle approche par la CCD consistant à rassembler les
participants pour créer des synergies. Il déclara en outre que
cette réunion devrait donner aux participants l'occasion d'avoir
des échanges de vue approfondis, entre autres, sur la mise en
uvre et les arrangements institutionnels.
Le Sous-Secrétaire Général des Nations Unies chargé des
Affaires Economiques et Sociales, Nitin Desai, intervenant au
nom du Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, mit en exergue
trois dimensions de l'exemplarité de la CCD dans le cadre du
suivi de Rio: La CCD montre comment les objectifs
environnementaux et ceux du développement peuvent être servis
dans un seul et même cadre; Rio avait exprimé une volonté de
partenariat entre les pays industrialisés et les pays en
développement et cet objectif est tout à fait reflété dans la
CCD, avec le MM comme expression pratique de cette volonté; Le
troisième point est la reconnaissance accordée par la CCD et Rio
à l'interaction entre les thèmes sectoriels et intersectoriels.
L'orateur indiqua que les Nations Unies continueront à accorder
une haute priorité à cette Convention, qui représente un
véritable étendard pour le développement durable.
L'INDONESIE, au nom des G-77/CHINE, présenta la CCD comme
l'instrument de développement de grande valeur et affirma que sa
mise en application freinera le processus de désertification et
permettra la réalisation des objectifs de développement durable.
Il appela à la mise en place de programmes nationaux, régionaux
et sous-régionaux et souligna que des unités de coordination
régionales devraient, comme prévu dans les Programmes d'Action
Régionaux, être établies et rendues opérationnelles dans les
meilleurs délais possibles pour faciliter la mise en application
de la Convention. L'orateur indiqua par ailleurs que les efforts
fournis dans le cadre de la lutte contre la désertification
étaient complémentaires de ceux fournis dans le cadre de la CDB
et des activités d'amélioration des puits d'absorption du
carbone menées dans le cadre de CCCC. Il fit part de sa
préoccupation quant au manque d'enthousiasme de certains
partenaires et les appela à apporter une assistance financière
et institutionnelle à l'instar de celle consentie aux autres
conventions de Rio. Il regretta que le MM n'ait pas commencé le
1er janvier 1998 comme l'avait décidé la CdP-1. Il déclara
qu'il espérait voir la CdP-2 prendre une action pour
l'établissement d'une commission chargée de la revue de
l'application de la Convention par les Parties et du
fonctionnement de ses dispositions institutionnelles à la lueur
de l'expérience acquise au niveau national, sous-régional,
régional et international.
L'AUTRICHE, au nom de l'UE, souligna l'importance de la
coordination entre les bailleurs de fonds et les pays touchés
affirmant que la mise en place d'un outil de coordination
reflétant les intentions de tous les partenaires réduira la
duplication du travail et assurera une définition précise des
tâches respectives. Le délégué nota les liens importants et les
avantages de la coordination des efforts fournis dans les
domaines de la désertification, de l'eau, des changements
climatiques et de la biodiversité. Il appela à l'élaboration du
rôle du Secrétariat et indiqua qu'une claire répartition des
tâches entre le Mécanisme Mondial et le Secrétariat est
nécessaire.
Le CANADA, au nom du JUSCANZ, promit son soutien et sa
coopération avec la CdP-2. Masse Lo (ENDA), au nom de la
communauté des ONG, déclara que l'adoption de la Décision
27/COP.1, en tant que résultat des deux demi-journées de
dialogue entre les ONG et la CdP inscrites dans le programme de
travail official, constitue une preuve de l'engagement des
Parties à l'égard du partenariat et un nouveau challenge pour
les ONG. Il fit part de la préoccupation des ONG quant au retard
accusé dans l'exécution des décisions de la CdP-1 concernant le
MM, notant que si la question de son domicile est résolue,
celles concernant sa forme et ses activités ne le sont pas
encore. L'orateur souligna que le MM était trop important pour
être l'objet d'un débat procédurier sans fin. Il demanda aux
participants de considérer les opportunités présentées par le
FEM, d'autant plus que le MM n'est pas entièrement opérationnel.
Il appela au soutien de l'atelier prévu sur le FEM et
l'interface entre la CCCC et la CCD. Il indiqua que la société
civile, et en particulier les femmes, peuvent jouer un rôle
important dans l'élaboration et l'exécution des Programmes
d'Action Nationaux, à tous les niveaux. Le représentant
accueillit favorablement l'établissement d'un bureau ONG au sein
du Secrétariat de la Convention pour aider à la préparation des
contributions des ONG aux futures CdP.
L'EQUATEUR, au nom du GRULAC, déclara que plus de quatre-
vingt- dix pour cent des membres du GRULAC ont ratifié la CCD.
Il mit en relief son Programme d'Action Régional qui a mené à la
mise en place d'une unité de coordination régionale et d'un
réseau d'information. Parmi les autres caractéristiques:
l'élaborations des indicateurs et des paramètres, la promotion
du savoir traditionnel et l'intégration d'une perspective sexo-
spécifique dans les activités. Le délégué exprima ses réserves
concernant le déséquilibre de la distribution budgétaire entre
les régions et concernant la représentation au sein du
Secrétariat. Il appela à une définition claire des directives
que la CdP-2 doit donner au MM. Il fit part enfin de l'espoir de
voir un pays du GRULAC accueillir la CdP-3.
Le Secrétaire Exécutif, Diallo, introduisit les documents
préparés pour la CdP-2 et présenta un rapport sur les récents
ateliers et les dernières réunions, et notamment le forum
interrégional. Il nota que bon nombre de pays ont formulé leurs
Programmes d'Action Nationaux. Il souligna l'importance des
points focaux et des organes de coordination nationale,
précisant que les récents rapports indiquaient que la faiblesse
des points focaux comptait parmi les raisons du retard de
l'exécution. L'orateur mit en exergue le rôle des ONG dans la
CCD et du soutien des partenaires du développement. Il affirma
que le Secrétariat continuera à collaborer avec les Parties
durant la phase d'exécution.
QUESTIONS RELATIVES A LORGANISATION DES TRAVAUX: Le
Président de la CCD introduisit l'ordre du jour provisoire
(ICCD/COP(2)/1) pour adoption. L'UE proposa d'ajouter une
référence à "l'échange de vues" concernant la revue de la mise
en application de la CCD. Le BENIN, au nom du GROUPE AFRICAIN,
nota qu'une réunion extraordinaire était programmée pour la
discussion de la mise en application et demanda une
clarification de la proposition. Après des consultations, les
délégués décidèrent que le sujet sera débattu à deux reprises,
d'abord au niveau des experts puis dans la réunion
extraordinaire. Les délégués s'accordèrent pour laisser le
Bureau décider de la manière d'appliquer la décision et
adoptèrent l'ordre du jour.
Les groupes régionaux procédèrent ensuite à la désignation
des membres du Bureau. Le Groupe Africain désigna la Tunisie et
le Tchad et déclara que le Sénégal a un double rôle au sein du
Bureau, celui de Président de la CdP et celui de membre du
Bureau. Le Groupe Asiatique désigna l'Arabie Saoudite et la
Jordanie. Le Groupe Europe de l'Ouest et Autres nomma la
Belgique et le Canada. Le Groupe Europe de l'Est nota que seuls
deux membre du Groupe étaient présents, l'Arménie et
l'Azerbaïdjan, et que par conséquent, ils représenteront le
Groupe. Le Groupe Amérique Latine et Caraïbes (GRULAC) désigna
Antigua et Barbuda et déclara qu'il annoncera la seconde
nomination lors de prochaine session plénière. Mohammad Reza
Jabarri (Iran) fut élu Président du CST. S'agissant de
l'établissement de la Grande Commission, le Président rappela
qu'une GC avait été établie à la CdP-1. Le BENIN nota que la GC,
si elle est établie, sera ad hoc en attendant la prise d'une
décision sur la constitution d'un organe subsidiaire de la CdP
chargé des questions touchant à l'application de la Convention.
DANS LES COULOIRS
La première journée de la CdP-2 a laissé entrevoir des signes
précurseurs de la ré-émergence de certaines questions non
résolues et de tensions potentielles. La répartition des sièges
au sein du Bureau a été évoquée parmi les points susceptibles
d'être revisités. L'un des délégués à fait part de ses réserves
quant au retard que la résolution de cette question risque de
causer au détriment de sujets de fond plus importants. Il devait
toutefois noter que l'appel de l'Afrique pour l'obtention de
trois sièges permettrait d'assurer le vote majoritaire au sein
du Bureau et de garantir que les intérêts des pays les plus
touchés seraient maintenus sous les lumières. Une autre question
non résolue, l'adhésion au sein du Groupe Asiatique, réapparue
comme un obstacle pour sa tentative de tenir une réunion, au
moment où l'apparition de l'ambassadeur de Taiwan au Sénégal
provoquait un certain remous dans les couloirs.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
PLENIERE: La Plénière se réunira à partir de 9h30 dans la
Salle Plénière pour considérer, entre autres sujets, celui de
l'établissement de la Grande Commission et de la désignation de
son président et du rapporteur du Bureau.
GRANDE COMMISSION: Après la décision de la Plénière d'établir
la GC, cet organe se réunirait dès aujourd'hui.
COMITE DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE: Le CST se
réunirait à partir de 9h30. Consulter le "Journal" pour
confirmer l'heure et le lieu. L'ordre du jour appelle le CST à
entamer ses travaux par l'examen des points en suspens et
l'élaboration du fichier d'experts.
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