Publié par L'Institut International du Développement
Durable (IIDD) Vol. 04 No. 117 lundi 30 novembre 1998
SECONDE CONFERENCE DES PARTIES DE LA CONVENTION SUR LA LUTTE
CONTRE LA DESERTIFICATION
30 NOVEMBRE - 11 DECEMBRE 1998
Les délégués près de la Convention des Nations Unies sur la
Lutte contre la Désertification (CCD) se réuniront à Dakar, au
Sénégal, du 30 novembre au 11 décembre 1998 pour la Seconde
Conférence des Parties (CdP-2). Un certain nombre d'événements
auront lieu outre les réunions de la Plénière et de la Grande
Commission (GC). Le Comité de la Science et de la Technologie
(CST) se réunirait du 1er au 3 décembre. Des sessions avec les
ONG sont prévues les après-midi du 3 et 10 décembre. Une table
ronde interparlementaire sur la contribution que les parlements
peuvent apporter dans la mise en uvre de la Convention est
programmée pour le 7 décembre. Un segment spécial sur
l'application de la Convention est prévu les 8 et 9 décembre. Le
Forum Mondial de la Biodiversité se réunira du 4 au 6 décembre.
Les sujets qui seront examinés par la CdP-2 englobent: les
questions en suspens au niveau du règlement intérieur de la CdP;
l'approbation des arrangements nécessaires aux liens
institutionnels entre le Secrétariat et le Secrétaire Général et
l'accord conclu avec le Gouvernement de l'Allemagne concernant
le siège; les ajustements à apporter au budget de la Convention
et le programme de 1999; la revue de l'application de la
Convention, y compris au niveau du soutien des programmes
régionaux et sous-régionaux et de l'éventuel instrument régional
additionnel; le rapport du Mécanisme Mondial, y compris sur les
arrangements institutionnels de collaboration; et, les
procédures et les mécanismes institutionnels nécessaires à la
résolution des questions susceptibles d'être soulevées dans la
mise en uvre de la CCD. Pour sa part, le Comité de la Science
et de la Technologie se penchera sur les points de l'ordre du
jour concernant, entre autres, le suivi et l'évaluation, les
repères et les indicateurs et les savoirs traditionnels.
BREF HISTORIQUE DE LA CONVENTION
La Convention sur la Lutte Contre la Désertification fut
adoptée le 17 juin 1994 et ouverte à la signature en octobre de
la même année à Paris. Trois mois après la réception de sa
cinquantième ratification, la Convention devait entrer en
vigueur le 26 décembre 1996. A la date du 22 octobre 1998, 144
pays ont ratifié la CCD.
La Convention reconnaît: les aspects physiques, biologiques
et socio-économiques de la désertification; limportance de la
réorientation du transfert technologique de manière à le rendre
plus adapté à la demande; et de limplication des populations
locales. L'élément central de la CCD est le développement de
programmes daction nationaux, sous régionaux et régionaux par
les gouvernements nationaux en coopération avec les bailleurs de
fonds, les populations locales et les ONG. Lobjectif de
lutilisation de lapproche novatrice "ascendante" et consistant
à impliquer les populations touchées par la désertification dans
les processus décisionnels, vise à faciliter la mise en
application effective de la Convention.
NEGOCIATION DE LA CONVENTION
En 1992, lAssemblée Générale de lONU, comme requis par la
Conférence des Nations Unies sur lEnvironnement et le
Développement (CNUED), adopta la Résolution 47/188 qui appelait
à létablissement dun Comité Intergouvernemental de Négociation
pour l'élaboration d'une Convention Internationale sur la Lutte
Contre la Désertification dans les pays gravement touchés par la
sécheresse et/ou la désertification, particulièrement en Afrique
(CIND). Lors de la session organisationnelle du CIND qui eut
lieu en janvier 1993, les délégués devaient élire lAmb. Bo
Kjellén (Suède) à la présidence du Comité. Entre mai 1993 et
juin 1994, le CIND se réunit à cinq reprises durant lesquelles
les délégués élaborèrent la Convention assortie de quatre
Annexes Régionales pour lAfrique, lAsie, lAmérique Latine et
les Caraïbes, et la Nord-Méditerranée. La Convention fut adoptée
le 17 juin 1994, accompagnée de résolutions recommandant une
action urgente pour l'Afrique et des arrangements intérimaires
pour la période allant de ladoption de la CDD à son entrée en
vigueur.
LA PERIODE INTERIMAIRE
En attendant lentrée en vigueur de la CCD, le CIND devait se
réunir à 6 reprises entre janvier 1995 et août 1997 pour
entendre les rapports davancement de laction durgence menée
en Afrique et des mesures intérimaires entreprises dans les
autres régions, et pour engager les préparatifs de la CdP-1. Les
préparatifs inclurent la discussion de sujets tels que les
programme et budget du Secrétariat, les fonctions du Mécanisme
Mondial et les arrangements administratifs qui sy rapportent,
lélection du domicile du Secrétariat Permanent et
létablissement du Comité de la Science et de la Technologie. En
dépit des progrès considérables réalisés, en particulier dans le
domaine de la coopération scientifique et technique, certaines
questions importantes nétaient toujours pas résolues à la fin
de la dernière session du CIND. Ainsi, la question des taille et
composition du Bureau de la CdP fut laissée à la décision de la
CdP-1, tout comme les questions concernant linstitution
daccueil du Mécanisme Mondial et certaines de ses fonctions.
PREMIERE CONFERENCE DES PARTIES
La Première Conférence des Parties (CdP-1) de la CCD se
réunit à Rome, en Italie, du 29 septembre au 10 octobre 1997. Le
Comité de la Science et de la Technologie devait tenir
simultanément sa première session les 2 et 3 octobre. D'autres
événements parallèles devaient inclure: le forum des ONG, le
forum international des maires, un séminaire pour les médias et
une exposition de bandes dessinées. Cent deux Etats soumirent
leurs instruments de ratification à la date requise et
participèrent en tant que Parties de la Convention. A la date du
premier jour de la CdP-1, 113 pays avaient soumis leurs
instruments de ratification.
Les ordres du jour de la CdP-1 et du CST-1 portèrent
principalement sur les questions d'organisation. Les délégués
choisirent Bonn, Allemagne, comme domicile du Secrétariat
Permanent, et le Fonds International pour le Développement
Agricole (FIDA) comme l'organisation devant administrer le
Mécanisme Mondial. Sur recommandation du CST, la CdP établit un
groupe spécial pour la supervision de la continuation du
processus d'évaluation des repères et indicateurs et décida de
charger le CST-2 d'examiner les liens entre les savoirs
traditionnels et la technologie moderne. Cinq réunions Plénières
furent consacrées à un Segment de Haut Niveau et une, au
dialogue entre les organisations non gouvernementales (ONG) et
les délégués sur l'édification des partenariats dans le cadre de
la CCD. La proposition de l'Argentine appelant à consacrer les
réunions Plénières des futures CdP à des dialogues similaires
avec les ONG fut également adoptée. Alors que satisfaits, dans
leur majeure partie, des résultats de la session, les délégués
déclarèrent attendre la CdP-2 pour aller plus en profondeur dans
les questions de fonds touchant à la lutte contre la
désertification.
PREPARATIFS DE LA CdP-2
Plusieurs réunions ont eu lieu depuis le début de l'année en
cours dans le cadre des préparatifs de la CdP-2. Il s'agit en
substance des réunions régionales pour l'Amérique Latine et les
Caraïbes, l'Afrique et l'Asie, et celle du groupe spécial sur
les repères et les indicateurs. Nous vous présentons ci-après
les résumés de ces réunions. Un Séminaire International des pays
visés à l'Annexe 4 de la CCD, tenue en Italie les 18 et 19
septembre dernier, devait également débattre des indicateurs
d'évaluation de la désertification en région méditerranéenne.
QUATRIEME REUNION REGIONALE DES PAYS D'AMERIQUE LATINE ET DES
CARAÏBES
Le Secrétariat de la CDD, en collaboration avec le
Gouvernement d'Antigua et Barbuda, a organisé, les 27 et 28
avril 1998, un Atelier sur les Points Focaux d'Amérique Latine
et des Caraïbes chargés de la Convention, suivi de la Quatrième
Réunion Régionale, du 29 avril au 1er mai 1998. Les
représentants de 28 pays de la région et de 22 agences
internationales, régionales et sous-régionales, d'organisations
non gouvernementales et d'autres secteurs devaient y prendre
part.
Les décisions prises devaient inclure la mise en place d'un
réseau d'information et d'un système régional de gestion de
l'investissement. Les délégués y ont appelé par ailleurs à un
soutien en faveur de Haïti et à l'élaboration d'un programme
d'action sous-régional pour les petits Etats insulaires en
développement (PEID) et d'un projet régional de réhabilitation
et d'évaluation des savoirs et des technologies traditionnels.
Ils devaient également proposer l'entreprise d'une action
locale, nationale et régionale dans le domaine de l'éducation en
matière de lutte contre la désertification et requérir des
agences internationales, des pays donateurs et des organisations
du système des Nations Unies de soutenir le financement des
projets approuvés. Les délégués devaient en outre adopter le
programme proposé de coopération horizontale permanente dans la
lutte contre la désertification et s'accorder sur une
intégration plus explicite des perspectives sexo-spécifiques au
niveau de l'exécution des programmes. Ils ont proposé qu'un pays
de leur région accueille la Troisième Session de la Conférence
des Parties de la Convention et ont transmis au PNUD et au FIDA
l'intérêt qu'ils portent à la désignation et au soutien de la
sélection d'un candidat issu de la région au poste de Directeur
du Mécanisme Mondial. Les autres décisions ont porté sur
l'élaboration de programmes d'action et la mise en place de
points focaux techniques nationaux, sous-régionaux et régionaux,
la Constitution d'un Comité Exécutif Régional, la périodicité
des réunions régionales, l'Unité de Coordination Régionale, les
indicateurs et les paramètres, le Phénomène El Niño et ses liens
avec la dégradation des terres et la sécheresse, le projet des
activités de formation en matière de lutte contre la
désertification et le programme d'harmonisation des politiques
publiques.
GROUPE SPECIAL SUR LES REPERES ET LES INDICATEURS
Le Groupe Spécial s'est réuni à Pékin, en Chine, du 20 au 22
mai 1998 puis à Genève, du 1er au 3 septembre 1998, avec
l'implication des participants au processus informel auquel se
réfère la décision 22/COP.1 de la CCD, pour la revue de la
méthodologie à utiliser dans l'élaboration des indicateurs
d'impact et la détermination des voies et moyens de son
application et les recommandations
à faire à la CdP sur ce sujet. Les deux réunions ont été
présidées par Ju Hongbo (Chine). Dans ses recommandations
(ICCD/COP(2)/CST/3/Add.1), le Groupe Spécial devait appeler la
CdP: à mobiliser les ressources nécessaires au soutien des
capacités des gouvernements et des organisations pertinentes en
matière d'élaboration des rapports sur l'utilité des indicateurs
et l'aspect pratique de leur utilisation; à entreprendre des
activités catalytiques permettant de tester et d'affiner le
cadre méthodologique et le processus d'application; et à aider
les Parties pays touchés à mettre en uvre la méthodologie
d'application des indicateurs d'impact proposés.
CONFERENCE PREPARATOIRE REGIONALE AFRICAINE
Soixante-dix délégués devaient prendre part à la réunion
régionale africaine qui s'est déroulée en Tunisie du 2 au 5
novembre 1998. Les recommandations devaient inclure la nécessité
pour les pays africains de maintenir leur niveau d'implication
au niveau de préparation de leurs Plans d'Action Nationaux. Les
délégués y ont également suggéré qu'une attention particulière
soit accordée à la coordination entre les points focaux
nationaux et les autres acteurs. Ils devaient en outre
recommander que le rôle des femmes soit renforcé, notamment au
niveau des postes de responsabilité, et réitérer l'importance de
la coopération entre les groupes sous-régionaux.
REUNION DU GROUPE D'EXPERTS INTERNATIONAL SUR L'ELABORATION
DU PROGRAMME d'ACTION REGIONAL (P.A.R) DE LUTTE CONTRE LA
DESERTIFICATION ET LA SECHERESSE EN ASIE
La réunion du Groupe d'Experts International s'est déroulé en
Thaïlande du 10 au 13 novembre 1998. Les conclusions du groupe
devaient englober des appels: à la mise en place d'une
coopération régionale en Asie; à la mise en place de trois
réseaux de programmatiques thématiques sur l'établissement d'un
Réseau Régional de Suivi et d'Evaluation de la Désertification,
d'Agro-foresterie et de Conservation des Sols, et de Gestion des
Parcours; à la formation d'un Comité Régional ouvert chargé de
la supervision de la mise en application du P.A.R, d'une
Structure d'Appui Régionale, d'une Unité de Coordination
Régionale pour la CCD et d'un Groupe de Soutien Régional pour le
renforcement de l'exécution du P.A.R dans sa phase initiale; et
à mobiliser des ressources pour le P.A.R.
A SUIVRE AUJOURD'HUI
CEREMONIE D'OUVERTURE: La Cérémonie d'Ouverture commencera à
10h30 dans la Salle Plénière. Le Président du Sénégal y fera une
adresse.
CONSULTATIONS INFORMELLES: Des consultations officieuses
seront menées, durant la matinée, par les groupes régionaux et
les groupes d'intérêt.
PLENIERE D'OUVERTURE: Le Secrétaire Exécutif de la CCD
ouvrirait la CdP-2 au cours de la Plénière de l'après-midi.
Après l'élection du Président de la CdP, des déclarations seront
donn�es par plusieurs dirigeants d'agences ou de programmes des
Nations Unies, et notamment par le Sous-Secr�taire G�n�ral,
Nitin Desai, au nom du Secr�taire G�n�ral de l'ONU, le Directeur
G�n�ral de l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture
(FAO), le Secr�taire G�n�ral de l'Organisation M�t�orologique
Mondiale (MMO), le Pr�sident du Fonds International pour le
D�veloppement Agricole (FIDA) et le Directeur Ex�cutif du Fonds
pour l'Environnement Mondial (FEM). Les questions touchant �
l'organisation des travaux qui seront abord�es englobent:
l'adoption de l'ordre du jour; l'�lection des autres membres du
Bureau, y compris du Pr�sident du CST; l'adoption du calendrier
des travaux et l'�tablissement de la Grande Commission; et
l'admission des observateurs et l'accr�ditation des
organisations non gouvernementales et intergouvernementales.
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