The World Bank

Bulletin sur la première conférence internationale des parlementaires sur la gestion durable des écosystèmes de forêts denses et humides d’Afrique centrale


Publié par L'Institut International du Développement Durable (IIDD) en collaboration avec la Banque Mondiale

 

Vol. 129 No. 1
Mercredi 25 octobre 2006

RESUME DES POINTS FORTS DE LA PREMIERE CONFERENCE INTERNATIONALE DES PARLEMENTAIRES SUR LA GESTION DURABLE DES ECOSYSTEMES DE FORETS DENSES ET HUMIDES D’AFRIQUE CENTRALE:

MARDI 24 OCTOBRE 2006

Les assises de la première conférence internationale des parlementaires sur la gestion durable des écosystèmes de forêts denses et humides d’Afrique centrale ont démarré le mardi 24 octobre, à Yaoundé au Cameroun. Y prennent part, des parlementaires de la sous région, ainsi que de nombreux experts issus de la société civile, aussi bien que des organisations intergouvernementales et non gouvernementales. La conférence doit se pencher sur les questions relatives à la bonne gouvernance forestière et la lutte contre la pauvreté. Elle prévoit aussi de discuter des voies et moyens de rendre effective la collaboration entre la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) et le Réseau des Parlementaires de la sous – région (REPAR) en vue de consolider la gestion durable des forêts du bassin du Congo.

Dans la matinée, les participants ont écouté les allocutions d’ouverture du Président de l’Assemblée nationale du Cameroun, ainsi que celles des délégués des Etats membres et participants, et une frange des représentants de quelques organisations intergouvernementales. L’après –midi s’est ouverte sur le premier thème de la conférence qui s’intitulait, «harmonisation des politiques, lois forestières et gestion durable des aires transfrontalières», à travers des études de cas, pays par pays. Plus tard, les participants ont été repartis en trois groupes de travaux pour discuter des questions relatives à la gouvernance forestière.

CEREMONIE D’OUVERTURE

Dans son allocution, Clobert Ibinda, coordonnateur de REPAR, a déclaré que la conservation et la gestion durable des écosystèmes d’Afrique centrale demeuraient au centre des préoccupations de l’ensemble des parties prenantes. Tout en soulignant l’importance qu’il y avait à promouvoir le développement économique de la sous – région, en même temps que les standards de conservation des écosystèmes, il a souhaité que les parlementaires prennent une part plus active dans l’établissement des partenariats relatifs à la conservation des ressources naturelles en Afrique centrale.

Teodoro Nguema Obiang, de la Guinée équatoriale, a rappelé que la COMIFAC avait pour rôle principal, d’orienter et coordonner la planification de la conservation et la gestion durable des forêts en Afrique centrale. Il a aussi souligné qu’une meilleure implication des parlementaires pouvait redynamiser la mise en œuvre du plan de convergence de la COMIFAC, et améliorer ainsi la conservation des forêts et leur contribution aux économies nationales.

Cavaye Yeguie Djibril, Président de l’Assemblée nationale camerounaise, a quant à lui adressé de chaleureux souhaits de bienvenue aux participants, en précisant que leur présence massive à la conférence témoignait à suffisance de l’intérêt grandissant que revêt la gestion durable des forêts d’Afrique centrale. En stigmatisant les activités anthropiques qui minent la conservation des ressources forestières, entre autres, l’exploitation illégale, le braconnage, le développement l’agriculture et surtout l’agriculture itinérante sur brûlis, l’orateur a dit que les défis étaient majeurs, et que la responsabilité des parlementaires n’en était que plus grande.

Jonas Nagahuedi, COMIFAC, a présenté une brève historique de la COMIFAC, et du rôle que jouait cette commission dans le développement des politiques forestières dans les 10 pays membres, que sont: le Burundi, le Cameroun, le République centre africaine, le Tchad, le République démocratique du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Congo, le Rwanda et Sao Tomé et Principe. Il a donné une description du plan de convergence sous régional de la COMIFAC, ainsi que le plan d’harmonisation des politiques forestières, en notant les contributions financières des pays membres et des partenaires. Il a soulevé le rôle important des parlementaires dans ce processus, y compris dans la ratification des grands traités et conventions environnementaux.

Guisseppe Topa, Banque Mondiale, a soulevé l’importance qu’il y avait à impliquer les parlementaires dans les réformes, et a noté que cette implication demeurait fragile. Samuel Nguiffo du Centre pour l’environnement et le développement (CED), a présenté les principales conclusions d’une enquête sous régionale sur les parlementaires et le secteur forestier. Il a présenté un plan d’action en trois points: consolider le réseau des parlementaires; renforcer l’implication des parlementaires dans le suivi des activités et améliorer leur implication dans la lutte contre la fraude transfrontalière.

Jean Yves Pirot, UICN, qui exposait sur les impacts des conventions internationales sur la gestion durable des ressources naturelles, a déclaré que la convention sur la diversité biologique était la plus importante de toute en ce qui concerne les forêts et les aires protégées transnationales. Il a aussi relevé l’importance de la convention des Nations Unies sur les changements climatiques, à cause du rôle central des forêts dans le recyclage du carbone et les gaz à effet de serre. Il a cependant déploré qu’en dépit de ces instruments juridiques contraignants, la perte de la biodiversité et les changements climatiques ne soient toujours pas trait�s de mani�re ad�quate. Il a aussi parl� de la n�cessit� de r�soudre les conflits intersectoriels qui pr�valent entre les institutions en activit� dans la sous r�gion.

Niels Marquardt, Ambassadeur des Etats � Unis au Cameroun, a d�velopp� l�approche du Programme R�gional pour l�Environnement en Afrique Centrale (CARPE), en mati�re de gestion des ressources naturelles. Il a d�clar� que le programme CARPE a �t� con�u, sur le postulat de d�part que, la conservation des for�ts d�Afrique centrale, ne peut �tre effective que dans un contexte de bonne gouvernance, tant au niveau r�gional, sous � r�gional qu�au niveau national. En ce qui concerne le r�le du CARPE dans le renforcement et la promotion de la bonne gouvernance dans le secteur forestier, il a expliqu� le r�le que l�USAID � travers ce programme a jou� dans les r�formes l�gislatives.

S�bastien Bofaya � Botak � Baende, S�nateur de la R�publique d�mocratique du Congo, a expos� sur le th�me du parlementaire face � son �lectorat: quels enjeux pour la gestion durable des for�ts. Dans son expos�, il a parl� de la nouvelle loi foresti�re congolaise publi�e en 2002. Il en a pr�sent� les innovations, notamment ses dispositions relatives aux for�ts des communaut�s par lesquelles les communaut�s locales peuvent exploiter les for�ts qui leur sont attribu�es en concessions.

Mike Packer, du Global Organizing for a Better Environnement (GLOBE), a expos� sur l�urgence d�un partenariat mondial des parlementaires pour la gestion durable des �cosyst�mes forestiers d�Afrique centrale. Il a expliqu� que le r�le de son organisation �tait de faciliter les discussions au sommet entre les l�gislateurs sur les principales questions environnementales du moment. Parlant des discussions sur l�exploitation ill�gale lanc�es en septembre 2005, il a soutenu que le march�, �tait une voie potentielle pour r�soudre ce probl�me. Par la possibilit� qui existe de cr�er des barri�res � l�entr�e des bois ill�gaux dans les pays consommateurs. Il a pr�sent� son organisation, GLOBE, comme un organe de pressions l�gislatives informel, op�rant en dehors des tables de discussion gouvernementales, et qui aurait la capacit� d�alimenter les discussions du G8 sur l�exploitation ill�gale.

Christophe Besacier, facilitateur du Partenariat pour les For�ts du Bassin du Congo (PFBC), a entretenu l�auditoire sur le PFBC et le d�veloppement des m�canismes de financement durable pour la conservation des �cosyst�mes forestiers dans le bassin du Congo. Il a relev� la n�cessit� urgente qu�il y avait � identifier et budg�ter des actions, afin de permettre le lancement de la recherche de fonds pour la mise en �uvre du plan de convergence.

Clare Brogan, du DFID, a pr�sent� un expos� pr�par� conjointement avec Serge Menang, sur la gestion durable des �cosyst�mes forestiers d�Afrique centrale: un exemple de coop�ration tripartite (parlementaire � secteur priv� � soci�t� civile). Le DFID a t � elle dit, se pr�occupe de la gestion durable des ressources naturelles. Elle a mentionn� les appuis indirects que le DFID apportait � des projets au Burundi, et en R�publique d�mocratique du Congo (RDC). Elle a fait �tat des activit�s que le DFID menait au Ghana, dans le but d�am�liorer la capacit� des parlementaires � comprendre le contenu des accords internationaux sur l�environnement, les for�ts et les partenariats, avant de les ratifier.

SOUS THEME 1: HARMONISATION DES POLITIQUES ET LOIS FORESTI�RES

Ren� S�bastien Bofaya, de la RDC, a mod�r� la session sur l�harmonisation des lois et politiques foresti�res, et la gestion des aires prot�g�es transfrontali�res.

Syaka Sadio, FAO et Roger Foteu, COMIFAC, ont pr�sent� une initiative conjointe entre la COMIFAC et la FAO, pour l�harmonisation des politiques foresti�res dans la sous r�gion. Ils ont soulev� l�importance de l�implication des parlementaires pour la r�alisation de ce projet. Ils ont list� quelques avantages de l�harmonisation, entre autres l�entrave des activit�s des compagnies sans scrupule.

Gerald Ozagiriza, du Burundi, a fait �t� de la destruction des for�ts de son pays a cause des feux de brousse, l�agriculture, la crise de 1993, et l�hyper d�pendance des du bois comme source d��nergie. Il a cit� les strat�gies qui ont �t� mise en �uvre pour r�soudre ces probl�mes; entre autres, l��veil des consciences, l�am�lioration de la gestion des zones transfrontali�res, et le d�veloppement d�activit�s alternatives g�n�ratrices de revenus pour les populations d�pendantes de l��nergie bois.

Fotabe Bassoua, du Cameroun, a d�crit le plan d�action camerounais pour la gestion des ressources foresti�res, en mentionnant au passage la bonne synergie entre les parlementaires et le minist�re des for�ts. Sur l�effectivit� de la d�centralisation de la gestion des ressources naturelles, et le droit des communaut�s � g�rer leurs for�ts, il a d�plor� le recul observ� � cause de, l�exploitation ill�gale et la corruption.

Jean Marie Mokol� de la R�publique Centre africaine (RCA), a d�clar� que les for�ts contribuaient pour environ 16 % dans le Produit Int�rieur Brut (PIB) des habitants de la RCA. Il a relev� la n�cessit� d�harmoniser les strat�gies de conservation et de gestion �quilibr�e des ressources naturelles avec les imp�ratifs de d�veloppement humain. Mokol� a r�sum� les efforts entrepris par les pouvoirs publics de RCA pour la promotion de la coop�ration, et l��tablissement de partenariats transfrontaliers de gestion des ressources naturelles.

Ibinda Cl�bert, du Congo, a r�sum� le d�veloppement de la politique foresti�re congolaise, et son d�sir de parvenir � �tablir la transparence dans l�administration, r�aliser les besoins des communaut�s, tout en g�n�rant des revenus pour l�Etat.

L�honorable Bofaya, de la RDC, a propos� que les pays participants � la conf�rence fassent une d�claration confirmant leur engagement � aider au renforcement du r�seau des parlementaires, et � cr�er une structure permanente pour la coordination et la durabilit� du r�seau.

Boussengue Joseph Marie, du Gabon, a mentionn� les conventions internationales que son pays a ratifi�, et a cit� les projets de conservation transfrontaliers dans lesquels il est engag�. Il a d�crit la participation du Gabon dans le travail d�harmonisation de la fiscalit� qui est en cours, et le d�sir de ce pays � impliquer les populations locales dans la gestion des for�ts.

Teodoro Nguema Obiang, de Guin�e �quatoriale, soutient que la gestion durable des ressources naturelles doit produire des b�n�fices pour les communaut�s locales. Il a parl� du cadre juridique de r�f�rence en mati�re de protection de la biodiversit� dans son pays, et a soutenu l�importance de l�exploitation rationnelle du bois.

Jaime Jos� da Costa de S�o Tom� Princip�, a relev� que les lois et r�glementations environnementales ne sont pas bien appliqu�es en Afrique centrale. D�o� l�absence d�une strat�gie commune, et un v�ritable suivi de l��tat des ressources naturelles.
 

Le Bulletin sur la premi�re conf�rence des parlementaires sur la gestion durable des for�ts d�Afrique centrale est une publication de l�Institut International du D�veloppement Durable (IIDD) <info@iisd.ca>, �diteurs de Bulletin des N�gociations de la Terre � <enb@iisd.org>. Ce num�ro a �t� r�dig� par Karen Alvarenga, Ph.D., Asheline Appleton, Melanie Ashton et Peter Wood. Edition num�rique: Joe Nyangon. Version fran�aise: Adonis Milol. Edition en chef: Reem Hajjar <reem@iisd.org>. Directeur du Service Information de l�IIDD: Langston James "Kimo" Goree VI <kimo@iisd.org>. La couverture de cette r�union a �t� financ�e par la Banque Mondiale. L�IIDD peut �tre contact� au 161, Portage Avenue East, 6th Floor, Winnipeg, Manitoba R3B 0Y4, Canada; tel: +1-204-958-7700; fax: +1-204-958-7710. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas n�cessairement les vues de l�IIDD. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s dans d�autres publications moyennant une citation appropri�e. Les versions �lectroniques du Bulletin sont envoy�es par courriel aux listes de distributions (dans les formats HTML et PDF) et peuvent �tre disponibles sur le site Web de IIDD, Service d�Information, <http://www.iisd.ca/>. Pour tous renseignement sur le Bulletin, y compris les demandes de couverture d��v�nements par nos services, contacter le Directeur du Service d�Information de l�IIDD par courriel �: <kimo@iisd.org> ou par t�l�phone au: +1-646-536-7556 ou par voie postale au: 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA. L��quipe du IIDD couvrant la premi�re conf�rence des parlementaires sur la gestion durable des for�ts d�Afrique centrale est joignable par courriel � <peterw@iisd.org>.