Bulletin de la Consultation régionale africaine vers un IMoSEB

 

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Publié par l’Institut international du développement durable (IIDD) en collaboration avec le Secrétariat de l’IMoSEB

 

Vol. 132 No. 2
Mardi 6 mars 2007

COMPTE RENDU DE LA CONSULTATION RÉGIONALE AFRICAINE DU PROCESSUS CONSULTATIF VERS UN MÉCANISME INTERNATIONAL D’EXPERTISE SCIENTIFIQUE SUR LA BIODIVERSITÉ (IMOSEB):

1-3 MARS 2007

La Consultation régionale africaine du Processus consultatif vers un Mécanisme international d’expertise scientifique sur la biodiversité (IMoSEB) s’est tenue du 1er au 3 mars 2007 à Yaoundé, Cameroun. La deuxième d’une série de réunions prévues pour le processus vers un IMoSEB, l’évènement de Yaoundé s’est déroulée en même temps que le XVIII Congrès de l’Association pour l’étude taxonomique de la flore d’Afrique tropicale (AETFAT), sous le parrainage de Madeleine Tchuenté, Ministre camerounais de la recherche scientifique et de l’innovation. La consultation de Yaoundé a rassemblé plus de 90 experts et délégués incluant des représentants de 28 pays africains, de la France et du Canada, des organisations régionales, sous-régionales et non-gouvernementales.

Les participants se sont réunis en séances plénières et au sein de trois groupes de travail. Ils ont écouté des exposés, échangé des points de vue et examiné les besoins identifiés et les options pour un éventuel IMoSEB formulées par le Comité exécutif de l’IMoSEB. Ils ont également discuté de l’expertise nécessaire pour l’Afrique, ainsi que de la question des utilisateurs potentiels d’un IMoSEB; ils ont par ailleurs débattu des aspects institutionnels et financiers d’un IMoSEB avant de procéder à l’examen du rapport de la réunion. Un consensus général s’est dégagé sur la nécessité d’un IMoSEB et un certain nombre de points de vue et de propositions ont été exprimés sur la manière d’aller de l’avant sur cette question, notamment sur la nécessité d’explorer la possibilité d’un projet pilote pour la région africaine.

BREF HISTORIQUE DU PROCESSUS CONSULTATIF VERS UN IMOSEB

La proposition de mettre en place un IMoSEB avait été initialement présentée lors de la Conférence de Paris sur la biodiversité, la science et la gouvernance, tenue en janvier 2005. La proposition portait essentiellement sur une consultation visant à examiner la nécessité, la portée et la forme éventuelle d’un mécanisme international d’expertise scientifique sur la biodiversité. La proposition bénéficiait de l’appui politique du Président français Jacques Chirac et du gouvernement français. Elle reçut également le soutien des scientifiques participant à la première Conférence scientifique ouverte de DIVERSITAS, organisée en novembre 2005 à Oaxaca, Mexique. Cette conférence a plaidé en faveur de la création d’un « panel scientifique international doté de ressources suffisantes » sur la biodiversité.

On procéda alors au lancement d’un processus consultatif et à l’établissement d’un Comité directeur international (CDI), d’un Comité exécutif et d’un Secrétariat exécutif rattachés à l’Institut français de la Biodiversité (IFB) basé à Montpellier, France, pour encourager et faciliter les discussions. Le CDI est un groupe ouvert composé d’environ 90 membres, dont des scientifiques, des représentants des gouvernements, des organisations internationales, intergouvernementales, et non gouvernementales, ainsi que des communautés autochtones et locales. Le CDI s’est réuni pour la première fois à Paris les 21 et 22 février 2006. Les participants y ont décidé que le système adopté actuellement pour combler les lacunes entre la science et la politique dans le domaine de la biodiversité nécessite de nouvelles améliorations et qu’une consultation permettrait d’identifier les lacunes et les besoins éventuels à l’interface science – politique des processus actuels, et de formuler des solutions appropriées.

Le Comité exécutif fut chargé de proposer un plan d’action pour la phase de consultation. Il fut décidé que la consultation devait démarrer avec la conduite d’études de cas pertinentes accompagnées de rapports, et qu’elle serait suivie par une consultation plus élargie. Un certain nombre d’études de cas ont été menées en 2006, alors que par ailleurs, l’idée d’un IMoSEB était débattue dans le cadre d’un certain nombre d’évènements organisés par le Secrétariat exécutif et les membres du Comité directeur, notamment la réunion parallèle organisée à la huitième Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CdP-8 CDB) tenue en mars 2006, et un atelier sur «l’Elaboration d’une interface science-politique pour la gouvernance globale de la biodiversité», tenu à Leipzig, Allemagne, en octobre 2006.

À sa deuxième réunion en décembre 2006, le Comité exécutif a examiné les résultats des études de cas, et a posé les bases pour des consultations plus élargies sur tout IMoSEB susceptible d’être envisagé, à travers l’identification d’une série de « besoins et options ». Le document sur ces besoins et ces options a été distribué aux membres du CDI pour recueillir leurs observations, et un document synthétisant les idées, intitulé « Réponses des membres du CDI: Document sur les «besoins et options», fut élaboré par le Secrétariat du Processus consultatif vers un IMoSEB, et distribué en janvier 2007. Le document avait pour objectif d’aider les participants à une série de consultations régionales prévues pour 2007. Les résultats de ces consultations seront repris par le CDI en automne 2007, lorsqu’il devra produire les recommandations en vue de leur examen à la CdP-9 de la CDB prévue en mai 2008 à Bonn, Allemagne. La consultation de Yaoundé est la seconde de cette série de consultations régionales.

CONSULTATION RÉGIONALE NORD-AMÉRICAINE : La consultation régionale nord américaine pour un IMoSEB s’est déroulée les 30 et 31 janvier 2007 à Montréal, Québec, Canada. Cette réunion a rassemblé plus de 60 experts et délégués venus du Canada, du Mexique, des États-Unis, ainsi que des représentants des organisations internationales. Les participants ont écouté des exposés, échangé des points de vue et débattu des diverses options pour un éventuel IMoSEB, lors des séances plénières et au sein de trois groupes de travail. Cette rencontre de deux jours n’a pas abouti à un consensus sur un nouveau mécanisme. Toutefois, elle a donné lieu à l’échange d’un certain nombre de points de vue et à l’élaboration des propositions qui devront guider le futur débat sur cette question.

RAPPORT DE LA RÉUNION

SÉANCE PLÉNIÈRE

CÉRÉMONIE D’OUVERTURE : Le jeudi dans la matinée, les participants se sont réunis dans une cérémonie d’ouverture présidée par Madeleine Tchuenté, Ministre camerounaise de la recherche scientifique et de l’innovation. Jo Mulongoy du Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) a souhaité la bienvenue aux délégués et a décrit la diversité biologique comme « un des piliers du développement » en termes des biens nécessaires à la vie, des services de régulation, des valeurs culturelles et de soutien qu’elle apporte. Il a attiré l’attention sur les changements négatifs préjudiciables à la conservation, mettant en exergue la fragmentation des habitats, la déforestation et la pollution en plus des tendances démographiques, des facteurs socioéconomiques et de l’absence de volonté politique. Faisant référence à la modification de la biodiversité causée par le changement du climat, il a souligné la fréquence d’évènements climatiques extrêmes auxquels l’on assiste aujourd’hui en Afrique, et a parlé de la manière dont la biodiversité peut atténuer l’évolution du climat à travers l’utilisation des forêts comme réservoirs de carbone et les mangroves pour la protection côtière. Il a lancé un appel en faveur de la reconnaissance de la valeur intrinsèque de la diversité biologique et de la recherche sur les facteurs qui affectent la résistance de l’écosystème dans la région, et a insisté sur la nécessité d’établir des zones protégées bien définies. Mulongoy a également parlé de la manière dont un IMoSEB pourrait contribuer à lever le défi de 2010, de réduire de manière significative la perte de biodiversité, en fournissant des informations appropriées pour faciliter l’élaboration de politique et la prise de décision.

La Ministre Tchuenté a rappelé la proposition pour la création d’un IMoSEB lors de la Conférence de Paris tenue en janvier 2005 et a souligné que cette conférence avait reconnu la complexité de la biodiversité et par conséquent la nécessité du renforcement des capacités ainsi que du partenariat et de la collaboration entre toutes les parties prenantes impliquées, notamment les gouvernements et la communauté scientifique. Elle a demandé instamment aux participants d’accorder une attention particulière à la manière dont la connaissance scientifique est utilisée dans la prise de décision sur la biodiversité, les écosystèmes et le bien-être humain. Déplorant la perte de biodiversité causée par l’activité humaine, elle a plaidé pour la prise de mesures urgentes favorables à l’utilisation durable des ressources naturelles et a insisté sur l’indispensable dialogue entre les décideurs et la communauté scientifique nécessaire à l’adoption des mesures et des solutions adéquates. Elle a mis en relief les efforts déployés par le Cameroun pour les questions liées à la biodiversité et a demandé aux scientifiques africains de prendre part au processus de l’IMoSEB avant de déclarer ouverte la consultation régionale africaine.

TABLE RONDE ET DISCUSSIONS : Le jeudi, lors d’une séance présidée par Chimère Diaw du Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR), les participants ont écouté les exposés de plusieurs orateurs sur l’historique du processus de l’IMoSEB et ont tenu des discussions préliminaires.

Expertise scientifique sur la biodiversité : Jacques Weber de l’Institut français de la biodiversité (IFB) et membre du Comité exécutif du processus vers un IMoSEB, a fait une présentation sur l’importance de la biodiversité par rapport à un certain nombre de facteurs qui affectent les êtres humains. Il a défini la biodiversité comme une interaction complexe entre les choses vivantes et a identifié les activités humaines qui provoquent la perte de biodiversité. Il a démontré que le déclin général de la biodiversité est en train d’avoir des répercussions négatives sur la population animale, halieutique et aviaire, et a insisté sur le fait que protéger la biodiversité, c’est se protéger soi-même. Weber a expliqué les dangers liés à la monoculture en relevant que les engrais chimiques utilisés dans l’agriculture tuent les pollinisateurs et aggravent la perte de biodiversité. Il a rappelé la récente étude qui montre que le changement climatique est en train de raccourcir les cycles de vie de la faune et de la flore, et a plaidé pour d’un mécanisme qui mobiliserait les connaissances globales sur la biodiversité afin de répondre aux questions des décideurs. Il a conclu que tout mécanisme doit être multidisciplinaire, orienté vers la prise de décision, coopératif et éviter la duplication d’efforts.

Le Processus consultatif: Organisation, Résultats et Agenda : Didier Babin, Secrétaire exécutif du processus vers un IMoSEB et Point focal national pour la France de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (OSASTT) de la CDB, a exposé les grandes lignes de l’histoire du processus vers un IMoSEB, expliquant qu’il s’agit d’un processus exploratoire destiné à rassembler un large éventail de parties prenantes. Babin a indiqué que tout IMoSEB doit former une interface entre les banques des connaissances, l’expertise scientifique, les hommes politiques, les consommateurs et les média. Il a résumé les objectifs du processus qui sont les suivants : identifier les écarts entre la politique publique et la science ; partager les expériences et les points de vue relatifs à tout mécanisme éventuel ; établir les schémas de prise des décisions qui touchent la biodiversité ; produire des études sur la mobilisation et l’utilisation de l’expertise et effectuer l’analyse des modèles existants de fourniture d’expertise scientifique. Il a indiqué que le premier défi du 21e siècle consiste à atteindre la durabilité écologique et a exhorté les participants à faire des recommandations déterminantes pour un IMoSEB.

Consultation régionale nord-américaine : Weber a fait une présentation au nom de Marthe Mapangou de l’Observatoire national de la biodiversité du Gabon et membre du Comité exécutif du processus vers un IMoSEB, sur les besoins et options identifiés au cours de la consultation régionale nord-américaine tenue à Montréal les 30 et 31 janvier 2007. Weber a souligné la nécessité de: fournir une expertise scientifique fiable et indépendante; informer la prise de décision sur la biodiversité et guider les processus environnementaux multilatéraux; renforcer les capacités; mettre en commun l’expertise et les ressources; améliorer les capacités de prévision des impacts des changements survenus dans la biodiversité; fournir des avis scientifiques sur les menaces émergeantes à l’instar de la grippe aviaire; et améliorer l’opportunité et l’accès des connaissances scientifiques. Il a résumé les quatre options formulées par le Comité exécutif de l’IMoSEB et débattues par les participants à la consultation de Montréal, à savoir : mise sur pied d’un partenariat avec les dispositifs existants; création d’un nouveau mécanisme doté de composantes intergouvernementales et non gouvernementales; inviter le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat à créer un nouveau dispositif dédié à la biodiversité; et renforcement du réseau existant de scientifiques par le biais d’un petit mécanisme de coordination. Il a indiqué que le consensus n’a été réalisé sur aucune option en particulier et a attiré l’attention sur le scepticisme en ce qui concerne la création d’un nouveau mécanisme, soulignant la nécessité de définir une niche pour l’IMoSEB. Weber a également parlé des recommandations de la réunion de Montréal, y compris celle d’envisager d’autres modèles s’inspirant davantage des connaissances traditionnelles et des leçons tirées d’expériences de réussite.

Processus de prise de décision sur la biodiversité en Afrique : Félix Dakouo du Ministère de l’environnement et de l’Assainissement du Mali, a souligné que la perte de biodiversité aura des répercussions plus désastreuses dans les zones rurales africaines où la survie des populations dépend des ressources biologiques. Il a soutenu que les décisions sur la biodiversité africaine devront prendre en compte les connaissances et les valeurs traditionnelles sans être dissociées de l’économie et du développement. Dakouo a insisté sur la participation des acteurs locaux et sur la nécessité de renforcer les droits des populations locales.

Jean-Claude Nguinguiri de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), Gabon a présenté un aperçu des processus de prise de décision sur la biodiversité en Afrique du point de vue d’un chercheur travaillant pour une organisation internationale. Il a relevé que les 60 pays membres de l’OIBT parmi lesquels 12 pays africains, se sont accordés sur les engagements collectifs en ce qui concerne les questions telles que l’élaboration de directives sur la gestion forestière durable. Il a parlé des facteurs impliqués dans la prise de décision liée la biodiversité au niveau local, national et global, insistant sur l’exécution d’engagements internationaux et sur l’importance croissante des facteurs de marché dans la prise de décision. Il a relevé que la prise de décision est une question de compromis entre les différentes priorités et a plaidé pour une approche inter sectorielle. À propos du rôle de la science dans la prise de décision, il a mis l’accent notamment sur la fourniture des avis scientifiques et technologiques, l’analyse de l’état de l’environnement et des zones protégées. Faisant référence aux résultats d’une étude effectuée par l’OIBT en 2003 sur les capacités en matière de recherche forestière dans le Bassin du Congo, il a déploré la pénurie de chercheurs, l’insuffisance des fonds, la désuétude des équipements techniques et le manque de collaboration. Il a proposé que tout mécanisme international sur la biodiversité doive être interactif, s’inspirer des réalités locales et s’accompagner d’un renforcement des capacités aux niveaux régional et national.

Discussions : Au cours des discussions qui ont suivi, plusieurs scientifiques ont argué que les filières officielles posent un défi à la communauté scientifique dans sa volonté d’influencer la politique. En réponse, un certain nombre de participants du secteur public ont souligné la complexité des rapports sur la science de la biodiversité. Certains ont partagé ce point de vue, indiquant que la solution réside dans un bon recentrage des questions de recherche et un « regroupement » appropriée des résultats. D’autres ont indiqué que le problème vient du manque de volonté politique et du peu d’intérêt du secteur public. Pour illustrer ce point, un participant a affirmé avoir envoyé une publication à 11 départements gouvernementaux sans recevoir aucune réponse. En réaction, il a été rétorqué que le secteur public n’a pas la capacité pour agir dans le sens des recommandations scientifiques.

En réponse à l’appel lancé précédemment pour la non-duplication des efforts, un participant a prôné « l’intelligence collective », tandis que d’autres ont insisté sur le fait que tout IMoSEB devra avoir une portée régionale et nationale. D’autres ont mis l’accent sur le niveau local, et ont exhorté les scientifiques à collaborer avec les détenteurs du savoir traditionnel pour mettre au point un répertoire de ressources naturelles. Un participant a relevé avec préoccupation l’absence de la représentation de la région d’Afrique centrale au sein du Comité directeur. Babin a souligné la nécessité d’éviter la duplication des efforts et de mettre en commun les ressources, ajoutant que la recherche scientifique vise à donner des garanties aux décideurs quant à l’évaluation des menaces. Il a indiqué que la création d’un réseau est vitale pour combler les lacunes entre les chercheurs nationaux et les chercheurs internationaux, et a demandé aux chercheurs de contribuer à l’optimisation des résultats et les applications de la recherche.

Mulongoy a fourni des clarifications sur des questions relatives au mandat et aux activités de l’OSASTT de la CDB. Il a indiqué que cet organe a toujours été critiqué pour avoir quelques fois épousé des points de vue politiques plutôt que scientifiques. Rappelant le combat continu de l’OSASTT pour l’objectivité scientifique, il a ajouté que les avis fournis ne peuvent pas toujours être purement scientifiques, en particulier lorsqu’on travaille avec les communautés locales et lorsque l’on traite des questions telles que les incitatifs.

Pour résumer le débat, Babin a mis l’accent sur : la nécessité de prendre en compte les réalités locales; les avantages que comporte la mise en commun de l’information et des ressources; l’utilisation d’une approche de bas en haut; l’assurance que toutes les parties prenantes ont accès à l’information.

Au cours des discussions qui se sont poursuivies dans l’après-midi, un participant a suggéré que l’objectif d’information de l’IMoSEB devra viser aussi bien les gouvernements que les ONG, de manière à éviter tout conflit d’intérêts que pourrait engendrer un décalage dans les priorités. Faisant suite aux demandes en faveur d’un mécanisme qui s’occupe des lacunes de la conservation de la biodiversité, un participant a recommandé un mécanisme économique et efficace, décentralisé et pratique, accessible aux parties prenantes. Soulignant que la gestion de la biodiversité est multidimensionnelle et nécessite des entités différentes, un participant a fait une mise en garde contre la création d’une entité autonome et a proposé que, la biodiversité étant une ressource nationale, elle devrait être examinée au niveau national. Un participant du Kenya a donné un aperçu des activités entreprises dans son pays pour diffuser l’information scientifique dans les communautés locales, afin de promouvoir la conservation de la biodiversité. La nécessité d’un IMoSEB qui apporte « une valeur ajoutée » aux autres mécanismes intergouvernementaux a été également soulignée.

RECOMMANDATIONS DE LEIPZIG : Dans un exposé le jeudi après midi, le président Diaw a présenté un rapport sur les recommandations des participants à un atelier sur «l’Elaboration d’une interface science-politique pour la gouvernance globale de la biodiversité» tenu à Leipzig, Allemagne. Il a expliqué que 25 experts avaient fait un certain nombre de recommandations concernant le mandat, les résultats et le processus vers un IMoSEB. Parlant du mandat, les participants avaient recommandé qu’un IMoSEB devra : couvrir l’interface entre les connaissances scientifiques et la politique pour la gouvernance de la biodiversité; inclure toutes les formes de connaissances pertinentes dans la prise de décision; rassembler et reconnaître les différentes perspectives et valeurs; et favoriser le dialogue et les échanges. À propos des résultats, il a parlé de : l’élaboration de scenarii reliant le changement de la biodiversité au futur de l’espèce humaine; l’identification de lacunes dans les connaissances; l’analyse des causes de la perte de biodiversité; et une stratégie de communication globale et de proximité. Parlant du processus, il a souligné que les participants à l’atelier de Leipzig avaient recommandé qu’un IMoSEB devra : être indépendant avec une participation élargie de parties prenantes, être reconnu et posséder des structures institutionnelles appropriées et un financement sécurisé; et s’appuyer sur les réseaux existants. Il a ensuite résumé les questions soulevées, notamment le financement, le cadre institutionnel et la reconnaissance de l’IMoSEB.

ASPECTS INSTITUTIONNELS ET FINANCIERS D’UN IMoSEB: Le vendredi après-midi, lors d’une séance plénière présidée par Dakouo, les participants ont examiné les aspects institutionnels et financiers d’un IMoSEB. Weber a ouvert le débat en expliquant que le Secrétariat de l’IMoSEB a entrepris des études de cas pour identifier les besoins et examiner les options possibles, afin d’éviter toute duplication avec les mécanismes existants et de présenter le rapport au Comité directeur international en octobre 2007. Mapangou a souligné la nécessité de veiller à ce que l’IMoSEB ne soit pas une version améliorée de autres mécanismes scientifiques existants. Ivar Baste du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et membre du Comité exécutif de l’IMoSEB, a relevé que la Consultation régionale africaine a permis d’identifier clairement un large éventail de besoins et que la communauté internationale recherche un consensus sur l’examen de ces besoins. Il a ajouté qu’il est encore trop tôt pour identifier les aspects financiers et institutionnels de la solution.

Les participants ont demandé plus de temps pour examiner à fond les aspects institutionnels et financiers, et d’autres ont de nouveau insisté sur les mécanismes et initiatives existants. Relevant que l’écart entre la science et la prise de décision a déjà été établi en Afrique, un participant a plaidé pour un IMoSEB “modeste” et travaillant avec les structures comme le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Faisant référence aux consultations au sein de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) et à la Conférence africaine ministérielle sur l’environnement (CMAE), un autre participant a suggéré un IMoSEB qui serait un mécanisme hybride réunissant les états et la société civile. Un participant a indiqué que les membres du Groupe de travail I se sont interrogés sur la distinction entre un IMoSEB et l’OSASTT de la CDB, et ont convenu qu’un IMoSEB serait chargé de traiter avec plus de précision les problèmes scientifiques. Il a prôné une étude scientifique pour identifier l’état de la science en Afrique, conduite par les correspondants locaux de la CDB qui présenteront leurs résultats au Comité directeur de l’IMoSEB.

En réponse à la proposition d’un participant relative à un projet de l’IMoSEB en Afrique, Babin a expliqué que l’esquisse d’un projet pilote africain a été préparée et attendait la contribution des parties prenantes pour acquérir une légitimité. Un participant a suggéré qu’un IMoSEB pourrait suivre l’exemple d’une organisation de droit de l’environnement qui fonctionne sur un petit budget tout en réussissant à utiliser l’expertise d’un groupe international de consultants juridiques.

Weber a réitéré l’importance des consultations régionales, soulignant que les idées qu’a générées cette réunion ont une portée régionale et diffèrent des résultats de la Consultation nord américaine.

GROUPES DE TRAVAIL

Le jeudi après-midi, Babin a expliqué en plénière l’organisation des discussions au sein des trois groupes de travail. Ainsi, il a indiqué que le Groupe de travail I allait examiner les besoins et options pour un IMoSEB; le Groupe de travail II, l’expertise pour l’Afrique tandis que le Groupe de travail III allait se pencher sur la question des utilisateurs finaux potentiels de l’IMoSEB. Il a également expliqué que tous les trois groupes avaient la latitude d’examiner les besoins et options. Les groupes se sont réunis le vendredi dans la matinée et les participants étaient de nouveau en plénière cet après-midi là pour écouter les comptes-rendus des rapporteurs et des modérateurs sur les questions soulevées. Le chapitre suivant présente un résumé des principales questions débattues dans chaque groupe de travail

GROUPE DE TRAVAIL I : Ayant pour modérateur Ivar Baste du PNUE, et comme rapporteur Jameson Seyani de National Herbarium and Botanic Gardens et président de l’AETFAT, ce groupe de travail comprenait des participants venus du Cameroun, Kenya, Benin, Liberia et Malawi. Le groupe a examiné les besoins pour un IMoSEB en s’appuyant sur le document intitulé « Besoins et Options » préparé par le Secrétariat de l’IMoSEB.

À propos des besoins, le groupe a examiné la manière dont la communauté scientifique pourrait fournir efficacement des informations aux différents niveaux de prise de décision, et bon nombre de participants ont mis l’accent sur le niveau local de la prise de décision, soulignant que les organisations locales et les communautés autochtones ont le droit à l’information. Un participant a relevé l’existence dans certains cas, de conflit d’intérêt entre les dirigeants politiques et les chercheurs, ce qui entraîne des compromis.

Les participants sont parvenus à un consensus sur la nécessité urgente de mettre au point un répertoire des ressources naturelles en Afrique, notamment les connaissances scientifiques et le savoir traditionnel liés à ces ressources, et sur la nécessité aussi de présenter aux décideurs et au public ces connaissances de manière à mettre en relief aussi bien la valeur de la biodiversité que les répercussions potentielles d’activités humaines. Alors qu’un participant arguait que la connaissance n’a aucun pouvoir sans législation, d’autres ont souligné que plusieurs pays africains disposent du cadre règlementaire pertinent, mais que l’application des lois laisse à désirer.

Un participant a relevé la nécessité de surveiller et de règlementer l’importation et l’utilisation des produits dangereux pour l’environnement, insistant sur le rôle qu’un IMoSEB pourrait jouer en tant que système d’alerte rapide dans le domaine de la biodiversité.

À propos des options, les participants se sont accordés sur la nécessité d’un IMoSEB et bon nombre d’entre eux ont souligné qu’un tel mécanisme devra être indépendant, assurer un meilleur fonctionnement des mécanismes existants et promouvoir : le renforcement des capacités; la diffusion des informations existantes; et entreprendre de nouvelles études sur la biodiversité. Ils ont mis l’accent sur le renforcement des systèmes et réseaux existants pour permettre d’acheminer l’information scientifique au niveau pertinent de prise de décision et ont rappelé les échecs des mécanismes existants. D’autres participants ont fait une mise en garde contre la mise en place d’un nouveau mécanisme sans planification appropriée. Ils ont également examiné une certaine forme d’approche de réseau non-bureaucratique ayant une dimension régionale, nationale et locale, ainsi que la proposition d’encourager le projet pilote d’un IMoSEB en Afrique.

Présentation du rapport à la plénière : Le vendredi après-midi, le modérateur du groupe de travail Baste a présenté à la plénière le rapport sur les discussions du groupe, relevant que le groupe a mis l’accent sur la nécessité des systèmes de soutien des connaissances, pour permettre à la prise de décision d’interagir aux niveaux local, national, régional et international. Il a rappelé la recommandation relative à la mise au point d’un répertoire des connaissances sur la biodiversité en Afrique et à la promotion de l’interaction entre les fournisseurs de connaissances et les utilisateurs, et a insisté sur le rôle de la science dans l’identification de la valeur de la biodiversité.

Pour ce qui est des Options, Baste a rapporté que le groupe a souligné une fois de plus la nécessité d’une meilleure interface entre la science et la prise de décision, soutenant qu’il existe assurément un certain nombre de dispositifs et de mécanismes qui s’occupent des questions de biodiversité, mais que leur fonctionnement laisse à désirer. Il a indiqué que les participants sont parvenus à un consensus sur la nécessité d’un IMoSEB en Afrique pour « injecter la science dans les processus existants » et améliorer les structures actuelles. Il a reconnu le scepticisme quant à l’opportunité d’un mécanisme intergouvernemental. Relevant que le groupe a examiné les cadres juridiques potentiels et mis en relief les institutions existantes susceptibles d’accueillir l’IMoSEB, Baste a souligné l’importance de la CBD. Il a également indiqué que le groupe a examiné la possibilité du projet pilote d’un IMoSEB en Afrique.

 Après la présentation de Baste, un participant a ajouté que plusieurs membres du groupe avaient insisté sur la nécessité de doter le mécanisme d’un financement adéquat.

GROUPE DE TRAVAIL II : Ce groupe avait pour modérateur Marthe Mapangou et Jo Mulongoy en était le rapporteur. Il était constitué de participants originaires de différents pays, notamment du Kenya, Gabon, Cameroun, Éthiopie, Mali et République démocratique du Congo. Ce groupe a examiné rapidement les besoins et options avant de passer à la question de l’expertise pour l’Afrique. Les participants ont mis en relief la nécessité d’une meilleure compréhension de la biodiversité et du potentiel des ressources dont elle dispose. Ils ont également recommandé, pour la création d’un IMoSEB, de prendre en compte les structures existantes, pour pouvoir améliorer les initiatives en cours. La nécessité d’intégrer pleinement les connaissances traditionnelles a été soulignée par de nombreux participants.

Mulongoy a mis l’accent sur la nécessité de travailler au niveau national, régional et sous-régional. Faisant référence aux groupes de questions liées comme «familles thématiques», il a souligné la consolidation et l’amélioration des systèmes existants pour encourager ce genre de collaboration.

S’adressant au groupe de travail, Babin a suggéré, pour un IMoSEB, une structure qui combinerait les connaissances, l’expertise et la science et s’appuyant sur des réseaux organisés impliquant une coopération sud-sud reconnue, ce qui permettrait des échanges à l’intérieur du continent. À propos de l’importance de l’introduction des idées scientifiques dans les structures de la gouvernance, il a insisté sur la nécessité de mieux comprendre le processus de prise de décision. En réponse, un participant a prôné un centre d’excellence pour rassembler l’information par l’intermédiaire des coordonnateurs nationaux et des autorités nationales chargées de la gestion environnementale, et la mise en place de partenariat avec les ONG et autres institutions.

Présentation du rapport à la plénière : Le vendredi après-midi, le rapporteur du groupe de travail II Mulongoy a présenté les résultats des discussions du groupe sur la mobilisation de l’expertise nécessaire pour l’Afrique. A propos des mesures à prendre, il a fait savoir que le groupe a proposé d’avoir comme fondement les expériences acquises et les réseaux actuels, et de s’inspirer des leçons apprises et des modèles régionaux et internationaux existants. Il a cité la Commission de Survie des Espèces de l’Union Mondiale pour la Nature (UICN) comme une institution reconnue et dont l’IMoSEB pourrait s’inspirer, dans la mesure où son travail consiste à rassembler les chercheurs. Pour mobiliser l’expertise au niveau national, régional et international, il a préconisé une plus grande utilisation des outils de recherche et du partage de l’intelligence, mettant en relief la nécessité d’assurer la validité et le droit de propriété sur l’information scientifique

Parlant des besoins spécifiques, il a mis en relief la nécessité d’une expertise pour les ressources taxonomiques et biologiques. Mulongoy a remarqué qu’il faudrait prendre des mesures en intégrant les connaissances traditionnelles. Il a expliqué comment l’on pourrait se servir du concept de «familles thématiques» pour mobiliser le soutien. Pour ce qui est de savoir s’il faudrait accorder la priorité aux individus ou aux institutions, il a suggéré que cette question soit examinée au cas par cas. Il a insisté sur la nécessité d’inclure le savoir traditionnel dans les structures socio-économiques et dans la législation nationale, et sur l’importance de la coopération sud-sud. Il a également mentionné la possibilité de rassembler l’expertise en vue de partager l’information et les ressources. Il a conclu en soulignant la nécessité de garantir la durabilité de la formation des chercheurs afin d’institutionnaliser cet outil.

GROUPE DE TRAVAIL III : Ce groupe de travail devait examiner la question relative aux utilisateurs d’un IMoSEB. Ayant pour modérateur Jacques Weber et comme rapporteur Hanta Rabetaliana de l’UICN et gouverneure régional au Madagascar, ce groupe était formé de participants venus du Gabon, Sénégal et République démocratique du Congo notamment. Ouvrant les discussions, Weber a parlé de l’injustice résidant dans le fait que les pays dotés d’une biodiversité riche sont pauvres sur le plan économique et a exprimé l’espoir de voir un IMoSEB contribuer à l’amélioration de cette situation. Rabetaliana a recentré le débat en posant la question de savoir quelle aide un IMoSEB pourrait lui apporter en tant que gouverneur régional au Madagascar. Les participants ont convenu que l’IMoSEB obtiendrait la recherche scientifique des institutions académiques, instituts de recherche et des ONG, entre autres sources, et que ses « utilisateurs » incluraient les décideurs à tous les niveaux, le secteur privé et les organisations d’intérêt public. Ils ont ajouté que les communautés locales devront être considérées comme les dépositaires du savoir traditionnel et bénéficiaires nécessiteux de l’aide d’un IMoSEB.

À la question de savoir si un IMoSEB devra agir comme un groupe de pression, il a été convenu que le mécanisme fera des recommandations scientifiques tout en restant apolitique. Les participants ont relevé l’importance de la diffusion de l’information, et ont mis en relief le rôle vital de l’internet dans la facilitation d’un réseau d’information et d’expertise. À propos de la question de structure, les participants ont convenu qu’un IMoSEB devra s’appuyer sur les réseaux scientifiques existants.

Présentation du rapport à la plénière : Le vendredi après-midi, Rabetaliana, la rapporteuse du groupe de travail III, a présenté à la plénière le rapport sur les discussions du groupe. Elle a expliqué que les participants ont examiné quatre principales questions : l’opportunité de la connaissance relative à la gestion de la biodiversité; la pertinence des connaissances actuelles et les problèmes de diffusion de l’information; l’accès des décideurs aux connaissances existantes; et le mécanisme le plus efficace pour la diffusion de l’information et l’identification des bénéficiaires potentiels.

Elle a rapporté que les participants ont fait un certain nombre de recommandations, à savoir : favoriser une large diversification des utilisateurs et ne pas se limiter aux intérêts privés; valoriser le savoir des communautés indigènes; diffuser l’information scientifique sur l’environnement et intervenir rapidement sur les questions de biodiversité, sans agir comme groupe de pression; et éviter la duplication du travail d’autres organismes scientifiques aux niveaux international et national.

DISCUSSION : De retour à la plénière après la présentation des rapports, les participants ont repris le débat sur des questions soulevées lors des discussions au sein des groupes. Un participant a recommandé des études à la base pour identifier les projets en cours. Un autre a relevé que le consensus sur la mise en place d’un IMoSEB en Afrique s’explique par l’échec des mécanismes existants à résoudre adéquatement les problèmes en Afrique et a souligné le rôle potentiel d’un IMoSEB dans la redynamisation de ces structures.

Un participant du Burundi a cité l’exemple d’une maladie inconnue qui a décimé la population des oiseaux d’une région. Il a indiqué que les connaissances et le réseau d’information d’un IMoSEB auraient pu conduire les chercheurs à découvrir la cause de ces pertes. Rappelant la nécessité de renforcer la capacité des pays en développement, d’accroître la coopération régionale et de promouvoir un réseau africain des connaissances, un autre participant a observé qu’un IMoSEB est conforme à ce cadre et répond bien à un appel plus large en faveur d’une réforme des Nations Unies.

Mettant en relief le fossé entre les pays développés et ceux en développement, un participant a fait référence à la déclaration de Marc Ravalomanana, Président de Madagascar, lors de la Conférence de Paris en 2005 qui disait que l’Afrique ne peut pas assurer une gestion durable de sa biodiversité si les décisions ne s’appuient pas sur la recherche scientifique. Baste a donné un aperçu des activités du PNUE sur le renforcement des réseaux, notamment le Partenariat Pauvreté et Environnement, et la Stratégie de surveillance de l’environnement du PNUE.

Les ressources financières sont considérées comme étant la pièce maîtresse de la mise en place d’un IMoSEB. Les participants se sont accordés pour dire qu’un IMoSEB qui n’attire pas les fonds est voué à l’échec. Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a été mentionné comme une source de financement possible.

RAPPORT

Le samedi dans la matinée, Babin a présenté à la plénière le projet de rapport de l’atelier. À propos des besoins, le projet de rapport met en relief la nécessité de promouvoir l’interface science – politique pour faciliter la bonne gouvernance à l’intérieur de la gestion de la biodiversité. Pour ce qui est des options, l’IMoSEB envisagé devra être une valeur ajoutée aux mécanismes existants tout en évitant la duplication des efforts. Il devra avoir pour rôle de faciliter l’accès à l’information pertinente sur la prise de décision relative à la biodiversité à travers la mobilisation de l’expertise locale et internationale, et la mise en place d’un système d’alerte rapide sur les menaces émergeantes. L’IMoSEB devra consister en un réseau de connaissance pour soutenir et informer les décideurs, et tenir compte de l’expertise institutionnelle existante au niveau local et international. Les recommandations incluent la mise en œuvre éventuelle d’un projet pilote en Afrique pour mieux identifier les obstacles et les opportunités et proposer des solutions concrètes pour faciliter la collaboration avec le NEPAD, le PNUE et les organisations sous-régionales. Le mécanisme devra aussi intégrer les connaissances traditionnelles et les aspects socio-économiques sous réserve de la législation locale et nationale, et créer des synergies entre les détenteurs du savoir traditionnel et les experts scientifiques et entre les différents regroupements thématiques.

En réponse, des participants ont proposé des ajouts et des modifications au texte. Plusieurs d’entre eux ont suggéré de clarifier et d’insister sur le rôle du savoir traditionnel dans la structure d’un IMoSEB et ont relevé que les forums des réseaux autochtones ont un rôle permanent à jouer dans les consultations et la prise de décision. Parlant de la voie à suivre, un participant a souligné que le rapport doit refléter mieux les questions qui ont émergé de la Consultation africaine.

Au cours de la discussion qui a suivi, les participants ont proposé des modifications mineures dans l’introduction ainsi que d’autres changements aux principales conclusions. Concernant les besoins identifiés, les modifications incluaient : la référence aux questions autres que la connaissance scientifique qui ont un impact sur la prise de décision; inclure l’appel en faveur d’un IMoSEB qui contribue à la diffusion des connaissances existantes, la méthodologie et la formation pour promouvoir l’information relative aux ressources naturelles en Afrique et leur potentiel pour le développement économique et social. Pour ce qui est des options, la modification consiste à prendre note que les participants ont convenu qu’un IMoSEB devra prendre la forme d’une structure approuvée et appuyée par les gouvernements. Quant au rôle de l’IMoSEB, le rapport a été révisé pour insister sur son caractère indépendant et sur le fait que tout mécanisme de ce genre devra être « léger, adaptable, flexible, décentralisé et non-bureaucratique. » Les participants ont aussi décidé de modifier le rapport pour mettre l’accent sur la nécessité pour l’Afrique de tenir compte des connaissances traditionnelles et ont souligné la difficulté pratique rencontrée dans l’acquisition de ces connaissances, avant d’ajouter que le texte fait référence aux connaissances traditionnelles éprouvées.

Les participants ont souligné que les scientifiques seront à la fois des fournisseurs et des utilisateurs de l’information. Après avoir passé en revue les organisations et les réseaux susceptibles de collaborer avec un IMoSEB, ils ont fait un certain nombre de suggestions pour une liste non-exhaustive. Babin a pris des dispositions pour la production d’un projet de rapport amendé en vue de la distribution.

SCÉANCE PLÉNIÈRE DE CLÔTURE

Le samedi dans la matinée, Thomas Dongmo du Ministère de la recherche scientifique et de l’innovation du Cameroun a, au nom de Madeleine Tchuenté, loué les efforts des participants et souligné l’importance d’un IMoSEB qui viendrait s’ajouter aux mécanismes existants. Il s’est félicité de la perspective d’un projet pilote en Afrique et a invité les participants à devenir des ambassadeurs de la politique de la science et de la biodiversité. La réunion a été close à 12h36.

PROCHAINES RÉUNIONS

CONSULTATIONS RÉGIONALES SUR L’IMOSEB : Suite à la première consultation régionale sur le Processus consultatif vers un IMoSEB organisée en fin janvier 2007 à Montréal et à la deuxième consultation tenue à Yaoundé en début mars, une série d’autres consultations régionales est prévue en Europe, Asie, Océanie-Pacifique, et Amérique latine et Caraïbes. Pour plus d’informations, contacter le Secrétariat exécutif de l’IMoSEB; e-mail : e-mail: executive-secretariat@imoseb.net; internet: http://www.imoseb.net

14e RÉUNION DU COMITÉ SCIENTIFIQUE DE LA CONVENTION SUR LES ESPÈCES MIGRATRICES : Cette réunion du Comité scientifique de la CMS se tiendra du 14 au 17 mars 2007 à Bonn, Allemagne. Pour plus d’informations, contacter le Secrétariat de la CMS; tel: +49-228-815-2401/02; fax: +49-228-815-2449; e-mail: secretariat@cms.int; internet: http://www.cms.int/bodies/ScC_mainpage.htm

JOURNÉE INTERNATIONALE 2007 DE LA BIODIVERSITÉ : La Journée internationale de la Biodiversité sera célébrée partout dans le monde le 22 mai. En 2007, cette journée se focalisera sur la biodiversité et le changement climatique. Pour plus d’informations, contacter le Secrétariat de la CDB; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; internet: http://www.biodiv.org/programmes/outreach/awareness/biodiv-day-2007.shtml

ECO SUMMIT 2007 : Cette réunion se penchera sur les questions de « Complexité et Durabilité écologiques : Défis et Possibilités pour l’Écologie du 21e Siècle. » Cet évènement se déroulera à Beijing, Chine, du 22 au 27 mai 2007. Pour plus d’informations, contacter Yan Zhuang, Dong Li ou Aiyun Song du Secretariat de la Conference à Beijing,; tel: +86-10-6284-9113; e-mail: ecosummit2007@rcees.ac.cn; internet: http://www.ecosummit2007.elsevier.com/

14e RÉUNION DE LA CONFÉRENCE DES PARTIES À LA CITES : La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) tient sa 14e réunion de la Conférence des Parties du 3 au 15 juin à La Haye, les Pays Bas. Pour plus d’informations, contacter le Secrétariat de la CITES; tel: +41-22-917-8139; fax: +41-22-797-3417; e-mail: cites@unep.ch; internet: http://www.cites.org/eng/news/calendar.shtml

ONZI�ME SESSION DE LA COMMISSION DES RESSOURCES G�N�TIQUES POUR L�ALIMENTATION ET L�AGRICULTURE : La CRGAA-11 se tiendra au si�ge de la FAO � Rome du 4 au 8 juin 2007. Pour plus d�informations, contacter Jos� Esquinas, Secr�tariat du CRGAA; tel: +39-6-570-54986; fax: +39-6-570-53057; e-mail: jose.esquinas@fao.org; internet: http://www.fao.org/ag/cgrfa

L�OSASTT-12 DE LA CONVENTION SUR LA DIVERSIT� BIOLOGIQUE (CDB) : La douzi�me r�union de l�Organe Subsidiaire charg� de fournir des Avis Scientifiques, Techniques et Technologiques de la CDB (OSASTT-12) se tiendra � Paris, France du 2 au 6 juillet 2007. Pour plus d�informations, contacter le Secr�tariat de la CDB; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; internet: http://www.biodiv.org/meetings/default.shtml

DEUXI�ME R�UNION DU GROUPE DE TRAVAIL DE COMPOSITION NON LIMIT�E DE LA CDB SUR L�EVALUATION DE L�APPLICATOION DE LA CONVENTION : La deuxi�me r�union du Groupe de travail de composition non limit�e sur l�evaluation de l�application de la Convention est pr�vue du 9 au 13 juillet 2007 � Paris, France. Pour plus d�informations, contacter le Secr�tariat de la CDB; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; internet: http://www.biodiv.org/meetings/default.shtml

PREMI�RE CONF�RENCE INTERNATIONALE TECHNIQUE SUR LES RESSOURCES G�N�TIQUES ANIMALES : Cette conf�rence examinera les priorit�s pour l�utilisation durable, le d�veloppement et la conservation des ressources g�n�tiques animales. Elle se d�roulera � Interlaken, Suisse, du 3 au 7 septembre 2007. Pour plus d�informations, contacter Ir�ne Hoffmann, Chef du service de production animale FAO; tel: +39-6-570-52796; e-mail: irene.hoffmann@fao.org; Internet: http://www.fao.org/ag/againfo/programmes/en/genetics/angrvent2007.html

COMIT� DIRECTEUR INTERNATIONAL DE L�IMoSEB : Le Comit� directeur international de l�IMoSEB se r�unira � la fin de 2007 (les dates et le lieu exacts ne sont pas encore fix�s), pour finaliser les recommandations et les propositions � partir des observations r�sultant des consultations, afin de les soumettre pour examen � la CdP-9 de la CDB en mai 2008. Pour plus d�informations, contacter le Secr�tariat ex�cutif de l�IMoSEB; e-mail: executive-secretariat@imoseb.net; internet: http://www.imoseb.net

CINQUI�ME CONF�RENCE DE TRONDHEIM SUR LA BIODIVERSIT� : La Conf�rence de Trondheim est pr�vue du 29 octobre au 2 novembre 2007. Organis�e par le gouvernement norv�gien, en collaboration avec le PNUE, cette conf�rence a pour but d�aider la CDB � pr�parer la CdP-9 qui se tiendra en 2008. Les principaux objectifs de cet �v�nement sont; illustrer et mettre en exergue le r�le de la biodiversit� dans l�all�gement de la pauvret� et la r�alisation des Objectifs du Mill�naire pour le d�veloppement; examiner les progr�s accomplis vers la r�alisation de l�objectif 2010 visant � r�duire de mani�re significative le rythme actuel de perte de biodiversit�; et donner des aper�us et des id�es sur le renforcement de la mise en �uvre du Plan strat�gique de la CDB. Pour plus d�informations, contacter le D�partement de la gestion de la nature de Norv�ge; e-mail: postmottak@dirnat.no; internet: http://english.dirnat.no/wbch3.exe?p=2392.

L�OSASTT-13 DE LA CDB : La 13e r�union de l�OSASTT de la CDB se tiendra du 18 au 22 f�vrier 2008 � Rome, Italie. Pour plus d�informations, contacter le Secr�tariat de la CDB; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; internet: http://www.biodiv.org/meetings/default.shtml

CdP/RdP-4 AU PROTOCOLE SUR LA BIOS�CURIT� : La quatri�me Conf�rence des Parties si�geant en tant que R�union des Parties au Protocole de Cartagena sur la Bios�curit� se tiendra � Bonn, Allemagne, du 12 au 16 mai 2008. Pour plus d�informations, contacter le Secr�tariat de la CDB; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; internet: http://www.biodiv.org/meetings/default.shtml

CdP-9 DE LA CDB : La neuvi�me Conf�rence des Parties � la Convention sur la diversit� biologique se tiendra � Bonn du 19 au 30 mai 2008. Cette conf�rence est organis�e par le Secr�tariat de la CDB. Pour plus d�informations, contacter le Secr�tariat de la CDB; tel: +1-514-288-2220; fax: +1-514-288-6588; e-mail: secretariat@biodiv.org; internet: http://www.biodiv.org/meetings/default.shtml

GLOSSAIRE
 

AETFAT
CDB
OSASTT
CdP
IFB
OIBT
IMoSEB
NEPAD

Association pour l��tude taxonomique de la flore d�Afrique centrale
Convention sur la diversit� biologique
Organe subsidiaire charg� de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques
Conf�rence des Parties
Institut Fran�ais de la Biodiversit�
Organisation internationale des bois tropicaux
M�canisme international d�expertise scientifique sur la biodiversit�
Nouveau partenariat pour le d�veloppement de l�Afrique
 

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Le Bulletin de la Consultation r�gionale africaine vers un IMoSEB est une publication de l�Institut international du d�veloppement durable (IIDD) <info@iisd.ca>, �diteurs de Bulletin des N�gociations de la Terre � <enb@iisd.org>. Ce num�ro a �t� r�dig� et �dit� par Asheline Appleton, Leonie Gordon et Harry Jonas. Traduction fran�aise : H�l�ne Kom - R�vision : Pia M. Kohler, Ph.D. �dition: Elsa Tsioumani <elsa@iisd.org>. Directeur des Services d�information de l�IIDD: Langston James �Kimo� Goree VI <kimo@iisd.org>. Le financement de la couverture de cette r�union a �t� fourni par le Secr�tariat de l�IMoSEB. L�IIDD peut �tre joint au 161 Avenue East, 6th Floor, Winnipeg, Manitoba R3B 0Y4, Canada; tel: +1-204-958-7700; fax: +1-204-958-7710. Les opinions exprim�es dans le Bulletin appartiennent � leurs auteurs et ne refl�tent pas forc�ment les vues de l�IIDD. Des extraits du Bulletin peuvent �tre utilis�s dans d�autres publications moyennant citation acad�mique appropri�e. Les versions �lectroniques du Bulletin sont transmises � travers notre liste de distribution e-mail (formats HTML et PDF) et sont disponibles sur le Site web <http://www.iisd.ca/>. Pour plus de renseignements sur le Bulletin, y compris les demandes de services de couverture de vos �v�nements, contacter le Directeur des services d�information de l�IIDD <kimo@iisd.org>, +1-646-536-7556 ou 212 East 47th St. #21F, New York, NY 10017, USA.